Cotation du 11/06/2021 à 23h16 Dow Jones Industrial +0,04% 34 479,60
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Clôture de Wall Street : la hausse l'emporte, nouveau record pour le Dow Jones

Clôture de Wall Street : la hausse l'emporte, nouveau record pour le Dow Jones
Clôture de Wall Street : la hausse l'emporte, nouveau record pour le Dow Jones
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — A l'issue d'une séance volatile, la hausse l'a emporté jeudi soir à la Bourse de New York, où le Dow Jones a inscrit un nouveau sommet historique, tandis que le Nasdaq est parvenu à rebondir après 4 séances de baisse. Les craintes d'inflation continuent de préoccuper les investisseurs, alors que la reprise économique s'accélère et que le marché de l'emploi s'améliore aux Etats-Unis. Du côté des valeurs, les résultats de PayPal (+1,8%) sont salués, tandis qu'Uber (-8,9%) a déçu par la hausse des coûts liés à ses chauffeurs.

A la clôture, l'indice Dow Jones a progressé de 0,93% à 34.548 points, un nouveau record donc, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 0,83% à 4.201 pts. En recul pendant une partie de la journée, le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a finalement rebondi de 0,37% à 13.632 pts. Le Nasdaq a ainsi mis fin à une série de 4 séances de baisse, mais il perd encore 3,6% par rapport à son dernier record du 26 avril, à 14.138 pts.

La possible levée des brevets sur les vaccins anti-Covid pèse sur le secteur de la santé

La totalité des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini dans le vert jeudi, à commencer par les biens de consommation de base (+1,3%) et les financières (+1,4%). Les services de communication (+1,1%) et les technologiques (+1%) ont rebondi, et le secteur de la santé, qui avait pesé en début de séance, s'est hissé près de l'équilibre en fin de séance (+0,07%).

Les fabricants de vaccins contre le Covid-19 ont subi une forte pression vendeuse, après la proposition américaine d'une levée temporaire des protections de la propriété intellectuelle pour ces vaccins. Après un début de séance en chute de 3% à 5%, les titres se sont repris par la suite. A la clôture, Pfizer (-1%), BioNTech (-1,6%) Moderna (-1,4%), AstraZeneca (-0,3%) ont reculé, mais Johnson & Johnson (+0,47%) et Novavax (+0,45%) ont progressé.

Un million de créations d'emplois attendues en avril aux Etats-Unis

Par ailleurs, les investisseurs ont pris connaissance jeudi de nouveaux indicateurs de conjoncture confirmant la vigueur de la première économie mondiale, ce qui a continué à alimenter les craintes d'un dérapage de l'inflation dans les prochains mois et donc d'un resserrement de la politique monétaire.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage sont ainsi retombées sous la barre des 500.000 pour la première fois depuis le début de la pandémie de coronavirus. Pour la semaine close au 31 avril, ces inscriptions ont atteint 498.000, en recul de 92.000 par rapport à la lecture révisée à la hausse de la semaine antérieure de 590.000. Le consensus était positionné à 538.000.

La moyenne à quatre semaines s'établit à 560.000, en repli de 61.000, et également au plus bas depuis la mi-mars 2020. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 24 avril atteint 3,69 millions, en hausse de 39.000 sur sept jours (3,62 millions de consensus).

Des chiffres d'autant plus surveillés qu'ils sont dévoilés à la veille du rapport mensuel sur l'emploi. Selon le consensus, 978.000 créations d'emplois non agricoles sont attendues, contre 916.000 en mars. Certains économistes tablent même sur un million de créations de postes le mois dernier.

L'inflation toujours au centre des préoccupations

Concernant l'inflation, les craintes restent latentes, d'autant plus que la plupart des matières premières évoluent sur des niveaux plus observés depuis de longues années. Pourtant, les responsables de la Fed (à l'exception de Robert Kaplan) multiplient les déclarations rassurantes... Le vice-président de la Fed, Richard Clarida, a ainsi réaffirmé mercredi soir qu'il n'était pas encore temps de commencer à parler de réduire le programme de rachat d'actifs de la banque centrale (120 Mds$ par mois actuellement). "Nous sommes encore loin de nos objectifs, et dans notre nouveau cadre, nous voulons voir des progrès réels et pas seulement des prévisions de progrès", a déclaré Clarida à la chaîne 'CNBC'.

Le patron de la Fed d'Atlanta, Raphael Bostic, a lui aussi déclaré jeudi qu'il était trop tôt pour réduire le programme d'achat d'actifs et a dit qu'il ne pensait pas que la Fed discuterait de ce sujet ni de relever ses taux lors de sa prochaine réunion de la mi-juin. Même si les créations d'emplois dépassaient 1 million pour avril, cela ne changerait pas la donne pour la Fed, a-t-il ajouté, soulignant qu'il manque encore 8,5 millions d'emplois par rapport à la situation précédant la crise sanitaire.

Le président de la Fed de Chicago, Charles Evans avait lui aussi estimé mercredi que le risque de spirale inflationniste était un hypothèse "lointaine", et avait ajouté que la politique monétaire de la Fed devrait rester inchangée pendant "un certain temps".

En revanche, Robert Kaplan, qui s'était déjà distingué il y a quelques jours, a répété jeudi qu'il "aimerait entamer des discussions pour parler du tapering plutôt tôt que tard". Selon le président de l'antenne de Dallas de la Fed, les achats de titres par la Fed peuvent "créer des excès et des déséquilibres".

Sur les marchés obligataires, la situation est restée calme malgré les inquiétudes inflationnistes. Le rendement du T-Bond américain à 10 ans s'est détendu légèrement à 1,57% (-1 point de base), loin de ses plus haut vers 1,76% atteints en mars. Le taux US à 30 ans a aussi reculé d'un point de base à 2,24%. Du côté des changes, l'indice du dollar a reculé de 0,43% à 90,92 points face à un panier de devises de référence. L'euro a repris 0,47% face au billet vert à 1,2061$ dans les échanges interbancaires.

Deuxième séance de repli pour le pétrole

Le pétrole s'est retourné à la baisse, mais les cours restent proches de leur plus haut de la mi-mars. L'optimisme sur la croissance de la demande continue de côtoyer les inquiétudes concernant les nouvelles vagues de Covid-19 en Inde, au Japon et au Brésil. Les investisseurs voient en revanche d'un bon oeil les calendriers de levée des restrictions anti-Covid prises par plusieurs pays européens, dont la France, l'Italie et l'Allemagne.

Le baril de brut léger américain WTI a reculé de 1,4% à 64,71$ sur le Nymex pour le contrat à terme de juin, tandis que le Brent a redonné 1,3% à 68,09$ (contrat de juillet). Mercredi, les deux variétés de pétrole avaient cédé 0,1%.

Enfin, sur le marché des "cryptos", le bitcoin cédait en fin de soirée 1,9% sur 24h, autour de 55.900$ sur la plateforme Bitfinex, alors que l'Ether cédait 0,8% à 3.445$, non loin de ses plus hauts historiques.

VALEURS A SUIVRE

* PayPal a grimpé de 1,8% après avoir fait part du meilleur premier trimestre de son histoire et nettement dépassé les attentes des analystes grâce à une augmentation des achats en ligne et des transactions numériques due à la crise du coronavirus. Le groupe californien de San Jose a traité un total de 285 milliards de dollars de paiements au premier trimestre, soit une hausse de 50% par rapport à l'année précédente, et a acquis 14,5 millions de nouveaux clients actifs nets. Le bpa ajusté est ressorti à 1,22$ contre 66 cents un an plus tôt et 1,01$ de consensus. Les revenus ont bondi de 31% à 6,03 Mds$ contre 5,88 Mds$ de consensus. La marge opérationnelle ajustée s'est améliorée de 8 points à 27,7%, contre un consensus de 25%.

"Nos excellents résultats du premier trimestre témoignent de la dynamique soutenue de notre activité, alors que le monde bascule dans l'économie numérique", a déclaré Dan Schulman, PDG de Paypal. PayPal a également déclaré qu'il prévoyait désormais l'ajout de 52 à 55 millions de nouveaux comptes actifs nets en 2021, avec une augmentation d'environ 30% du volume total de paiements sur une base au comptant et sans effet de change.

* Regeneron (+3,3%), le groupe biotechnologique américain, a grimpé après la publication de comptes trimestriels plus solides qu'anticipé. Sur les trois mois clos fin mars, la firme a réalisé un bénéfice net de 1,12 milliard de dollars, soit 10,09 dollars par action, contre 625 M$ et 5,43 dollars titre à la même période de l'année précédente. Hors éléments non récurrents, le bpa a progressé de 6,60 à 9,89 dollars, contre un consensus de 8,68$. Le chiffre d'affaires a augmenté de 38% à 2,53 milliards de dollars, supérieur aux attentes, grâce à un fort rebond des ventes du médicament Eylea contre les maladies oculaires et à la contribution de son cocktail d'anticorps contre le Covid-19.

* Pfizer (-1%). Les fabricants de vaccins contre le COVID-19 ont été sous pression jeudi, après la proposition américaine d'une levée des protections de la propriété intellectuelle pour les vaccins anti-COVID. "Il s'agit d'une crise sanitaire mondiale, et les circonstances extraordinaires de la pandémie de Covid-19 appellent à des mesures extraordinaires", a affirmé la représentante américaine au Commerce, Katherine Tai. L'Union européenne est prête à discuter de la proposition américaine, a de son côté déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Le PDG de Pfizer, Albert Bourla, a en revanche estimé qu'une telle mesure pourrait au contraire aboutir à freiner la production de vaccins. Ouvrir des sites de production du vaccin BioNTech-Pfizer ailleurs que ceux existant aux Etats-Unis et dans l'UE serait compliqué par les goulots d'étranglement sur les matières premières, au risque de "réduire le nombre de doses" produites, a-t-il indiqué à l'agence 'AFP', appelant à "ne pas perturber (les opérations de production) avec des annonces politiquement motivées, des promesses vides".

* Moderna (-1,4%) a aussi été affecté par la possible levée des brevets sur les vaccins anti-Covid. La biotech américaine a pourtant publié jeudi le premier bénéfice de son histoire. Au 1er trimestre, le bénéfice net a atteint 1,2 Md$, soit 2,84$ par action, contre une perte de 124 M$ et 35 cents par action au premier trimestre 2020. Le consensus tablait sur un bpa de 2,39$. Le chiffre d'affaires a atteint 1,9 milliard de dollars sur la période contre 8 M$ un an plus tôt et 2 Md$ de consensus. Environ 1,7 milliard de dollars des recettes sont issues du vaccin contre le Covid-19. Le groupe s'attend désormais à ce que les ventes de son vaccin s'élèvent à 19,2 Mds$ en 2021, soit une hausse de 4,3% par rapport à la prévision fournie en février.

En outre, Moderna a affirmé que son vaccin contre le Covid-19 est efficace à 96% chez les enfants âgés de 12 à 17 ans. La société de biotechnologies américaine prévoit de soumettre les données relatives à son vaccin à la FDA en vue d'une approbation complète dans le courant du mois. Comme pour les adultes, l'injection chez les adolescents a été généralement bien tolérée et aucun problème de sécurité sérieux n'a été identifié à ce jour, a précisé le groupe basé à Cambridge.

* Uber a chuté de 8,9%. Le groupe a publié mercredi soir après la clôture une perte nette de 108 millions de dollars au 1er trimestre, le plus faible déficit de sa courte histoire, grâce à la vente d'ATG, sa division de voitures autonomes pendant le trimestre passé, une opération qui a entraîné un gain de 1,6 milliard de dollars. Au premier trimestre 2020, le géant américain des VTC avait encaissé une perte nette de 2,9 Mds$, plombé par les confinements liés au coronavirus, qui avaient fait fondre les courses de ses VTC.

Un an plus tard, l'activité de VTC montre fin de signes de reprise, tandis que l'activité de livraison à domicile (qui a profité de la crise sanitaire) continue d'être très dynamique. Malgré ces signes positifs, l'action Uber cédait 4,4% mercredi soir dans les cotations électroniques après la clôture de Wall Street suite à la publication des trimestriels.

Au 1er trimestre, les ventes d'Uber ont reculé de 11% pour revenir à 2,9 Mds$ contre 3,25 Mds$ au 1er trimestre 2020, alors que les analystes tablaient sur des vente de 3,27 Mds$. Le groupe a expliqué que les ventes ont été réduites par des provisions de 600 M$ faites pour octroyer à ses chauffeurs britanniques le statut de travailleurs salariés, suite à une décision de la Cour Suprême britannique. L'Ebitda ajusté du groupe est ressorti en perte de 359 millions de dollars.

* Peloton Interactive (+1,4%) s'est légèrement repris après son plongeon de 14,5% mercredi. Le groupe, l'un des chouchous de Wall Street pendant le confinement, grâce à ses vélos d'appartement et ses tapis de marche connectés, a annoncé mercredi le rappel de 125.000 tapis de course (Tread+) après le décès d'un enfant et de 29 cas de blessures chez des enfants qui ont été happés par l'appareil.

En outre, 1.050 tapis d'un autre modèle (Tread) ont été rappelés préventivement en vue d'être modifiés pour en améliorer la sécurité. Leurs écrans risquaient de se détacher avec un risque de blesser leurs utilisateurs.

Peloton a en outre publié jeudi après la clôture ses comptes du 1er trimestre, affichant une perte inattendue, ce qui a entraîné une nouvelle chute du cours de plus de 5% dans les cotations électroniques après la clôture...

* EQT (-8,7%), le plus grand producteur de gaz naturel américain, a annoncé le rachat de son concurrent Alta Resources pour 2,93 milliards de dollars en numéraire et en actions.

* Honest Co a corrigé de 10,5%. La société de cosmétiques fondée par Jessica Alba s'était envolée mercredi de quelque 44% pour ses débuts à Wall Street. L'entreprise de produits de beauté et de soins personnels fondée par l'actrice en 2011 a levé 413 millions de dollars lors de cette IPO, en vendant 25,8 millions d'actions à 16$ pièce. De quoi valoriser Honest Co près de 1,5 milliard de dollars au cours d'IPO, et plus de 2 Mds$ au cours de clôture de mercredi. Honest est devenue au fil des années une marque reconnue au niveau national et a conclu des partenariats avec des géants du commerce de détail, dont Target et Amazon.com. En forte croissance, la société n'est cependant toujours pas rentable. L'an passé, elle a essuyé une perte de 14,5 M$ pour des revenus de 300,5 M$, en hausse de 28%.

* Norwegian Cruise Line (-6,8%) anticipe une perte au deuxième trimestre mais l'organisateur de croisière a indiqué que les réservations pour le premier semestre 2022 sont supérieures aux niveaux d'avant la pandémie. La compagnie a également réitéré son intention de reprendre la navigation aux États-Unis en juillet.

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