Cotation du 11/12/2018 à 22h53 Dow Jones Industrial -0,22% 24 370,24
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Clôture de Wall Street : la hausse des taux gâche la fête

Clôture de Wall Street : la hausse des taux gâche la fête
Clôture de Wall Street : la hausse des taux gâche la fête
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les récents records sur le Dow Jones ont été balayés d'un trait, jeudi, les principaux indices reculant nettement face à une brusque remontée des taux d'intérêts depuis 24 heures. Le rendement du T-Bond à 10 ans a bondi de 3,07% à 3,19% en deux séances, montant à son plus haut niveau depuis juin 2011, après la publication d'indicateurs macro-économiques très solides en septembre aux Etats-Unis, et des commentaires plus "faucons" que prévu du président de la Fed, Jerome Powell.

A la clôture, l'indice Dow Jones a chuté jeudi de 0,75% à 26.627 points, au lendemain d'un sommet historique, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,82% à 2.901 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a plongé de 1,81% pour finir à 7.879 pts. Seules quelques valeurs jugées défensives (+1,3% pour l'opérateur télécoms Verizon) et des financières (un secteur qui profite de la hausse des taux ) sont parvenues à progresser lors de cette séance difficile.

Le dollar ferme et les taux à 10 ans au plus haut depuis 2011

Sur le marché des changes, le dollar a signé une 6ème séance haussière soutenu par la remontée des rendements aux Etats-Unis. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à 6 devises de référence, dont l'euro, s'est apprécié de 0,01% à 95,77 points. L'euro, tombé en séance sous le seuil psychologique de 1,15$, a regagné du terrain pour finir en hausse, mettant fin à une série de 6 séances baissières. La devise européenne a gagné 0,3% 1,1515$, le risque lié à la dette italienne semblant moins imminent depuis les concessions annoncées mercredi par Rome sur son déficit public.

Les marchés obligataires américains ont connu une séance moins agitée jeudi que la veille, mais les taux ont continué de se tendre. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain (T-Bond) à 10 ans est passé en deux séances de 3,07% mardi à 3,18% jeudi soir (+11 points de base), remontant à son plus haut niveau depuis la mi-2011. En séance , le taux à 10 ans est même monté jeudi jusqu'à 3,23%.
Le T-Bond à deux ans rapportait jeudi soir 2,87% contre 2,81% mardi soir, au plus haut depuis la fin 2007, tandis que le taux du T-Bond à 30 ans a fini à 3,34% jeudi soir contre 3,21% mardi soir, au plus haut depuis juin 2014.

La Fed plus pressée que prévu de relever ses taux directeurs ?

En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans a grimpé jeudi de 6 pdb à 0,53%, celui de l'OAT française a pris 6 pdb 0,87% et celui du Gilt britannique a bondi de 9 pdb 1,66%. Ailleurs, les taux se sont tendus en Asie, tandis que les monnaies des pays émergents ont été chahutées.

Les investisseurs ont réagi de façon épidermique à une salve d'indicateurs macro-économiques très solides aux Etats-Unis sur le front de l'emploi, de l'activité, comme de la consommation, qui ont fait écho à des propos très optimistes du président de la Fed, Jerome Powell. Dans un discours prononcé mardi à Boston, le banquier central a salué des perspectives économiques "remarquablement positives" pour les Etats-Unis, combinant un chômage très bas et une inflation maîtrisée.

M. Powell a estimé que le taux de chômage devrait rester en deçà de 4% pendant encore deux ans au moins et l'inflation demeurer modérée même avec les revalorisations salariales.

Il a en outre confirmé que la banque centrale américaine allait continuer à remonter ses taux directeurs progressivement, ajoutant que la Fed était très attentive au risque de surchauffe de l'économie. Elle pourrait monter ses taux directeurs au-delà de ses niveaux neutres (ni encouragement, ni frein à l'économie), même si on en est encore loin, a-t-il conclu. Ces propos ont entraîné des spéculations sur des hausses de taux supérieures aux attentes des marchés, si l'économie menace de surchauffer.

Coup de froid sur le pétrole

La Fed a relevé la semaine dernière ses taux directeurs pour la 3ème fois cette année pour les porter entre 2% et 2,25%, et a retiré de son communiqué le terme "accommodant" qui désignait sa politique monétaire depuis près de 10 ans. Jerome Powell avait alors souligné la vigueur de la croissance et du marché de l'emploi aux Etats-Unis, ainsi que la modération de l'inflation, qui devrait demeurer proche de l'objectif de 2% que s'est fixé la banque centrale américaine.

Une quatrième hausse d'un quart de point du taux des "fed funds" semble se profiler de façon quasi-certaine pour la réunion de décembre, suivie de 3 autres hausses en 2019 sauf accident conjoncturel.

Jeudi, les cours du pétrole ont abandonné 2% à 3%, réagissant à retardement à une nouvelle publiée 24 heures plus tôt. Des sources citée par l'agence 'Reuters' évoquaient mercredi un accord secret entre la Russie et l'Arabie saoudite pour relever leur production afin de compenser le recul des exportations iraniennes à partir du 4 novembre (date d'entée en vigueur des sanctions américaines contre Téhéran).

Le contrat à terme de novembre sur le brut léger américain WTI a abandonné jeudi 2,72% à 74,33$ le baril sur le Nyse, tandis que l'échéance de décembre sur le Brent de Mer du Nord a perdu 1,98% à 84,58$ le baril. Les deux variétés de pétrole évoluaient depuis plusieurs séances à leurs plus hauts niveaux depuis 4 ans, en novembre 2014.

Les indicateurs du jour ont une nouvelle fois confirmé la bonne santé de l'économie américaine. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont reculé de 8.000 à 207.000, un chiffre inférieur aux attentes du consensus, qui tablait sur 215.000 demandeurs d'emplois supplémentaires. Par ailleurs, les commandes industrielles ont augmenté de 2,3% en août sur un mois, contre +2,1% de consensus de place et après -0,5% en juillet.

VALEURS A SUIVRE

Les valeurs technologiques, qui affichent les meilleures progressions depuis le début de l'année, ont subi jeudi des prises de bénéfices appuyées, notamment sur Facebook (-2,2%), Amazon (-2,2%), Alphabet (-2,8%), Apple (-1,7%), Netflix (-3,5%), Intel (-1,3%) et AMD (-2,3%).

Apple (-1,7%) et Amazon (-2,2%) ont été particulièrement chahutés, après des révélations de presse sur une possible affaire d'espionnage chinois... Ainsi, selon le magazine 'Business Week', l'équipementier chinois Super Micro aurait pu insérer dans ses serveurs des "puces" destinées à espionner les équipements de centres de données d'Amazon, d'Apple et d'autres groupes. Ces minuscules "puces" auraient été intégrées dans les équipements durant leur phase de production. Des pirates chinois auraient ensuite pu espionner jusqu'à une trentaine de compagnies, selon l'agence 'Bloomberg', qui précise que le problème aurait été identifié dès 2015 et confirmé par des enquêteurs indépendants de sécurité engagés par les fournisseurs de services 'cloud'. Les journalistes affirment qu'Apple aurait retiré alors les serveurs de Super Micro, avant de couper tout lien en 2016. Une enquête aurait par la suite été conduite, impliquant des agences gouvernementales. Apple et Amazon Web Services démentent que ces faits soient liés à des problèmes de 'puces espionnes'. Relatif soulagement toutefois, aucune donnée de consommateur n'aurait été subtilisée.

Facebook (-2,2%). Le Commissariat irlandais à la protection des données, régulateur européen du web, a ouvert une investigation formelle à propos de la faille ayant compromis les données de 50 millions d'utilisateurs du réseau social de Menlo Park. Le gendarme irlandais des données est le régulateur qui suit les pratiques de Facebook dans l'Union européenne. Le groupe californien risque, au maximum, une amende de 1,6 Md$.

Dans le marché baissier de ce jeudi, les banques ont mieux tiré leur épingle du jeu, leurs résultats profitant d'un environnement de taux d'intérêts plus élevés. Parmi les principales valeurs figurent Goldman Sachs (-0,13%), Morgan Stanley (+0,3%), JP Morgan Chase (+0,9%), Bank of New York Mellon (+0,9%) et Bank of America (+1,4%).

A la hausse également, Constellation Brands (+5,4%). Le groupe de boissons alcoolisées a relevé ses anticipations de profits pour l'exercice 2019. Le bpa est désormais anticipé entre 9,60 et 9,75$ sur une base ajustée. Pour le trimestre clos fin août 2018, le bénéfice net part du groupe s'est élevé à 1,15 Md$ et 5,87$ par titre, contre 502 M$ un an avant. Les ventes se sont appréciées de 10% à 2,3 Mds$. Le bpa ajusté a représenté 2,87$, contre 2,59$ de consensus.

HP Inc (+1,4%) vise un bénéfice par action GAAP compris entre 2,04 et 2,14$, et un bpa non-GAAP allant de 2,12 à 2,22$ pour l'exercice 2019. Le free cash flow devrait ressortir à "au moins" 3,7 Mds$ sur l'exercice. A long terme, HP prévoit de reverser entre 50 et 75% du free cash flow annuel à ses actionnaires, avec 75% sur l'exercice 2019. Le groupe annonce d'ailleurs une hausse de 15% de son dividende trimestriel.

Pier 1 Imports (-1,9%) a publié ses résultats du second trimestre fiscal. La perte nette ressort à 51,1 M$ (0,63$ par action), contre une perte de 7,8 M$ (0,10$ par action) un an avant. Les revenus s'affichent à 355,3 M$, contre 407,6 M$ un an plus tôt. A magasins comparables, les ventes plongent de 11,4%. Les analystes anticipaient en moyenne une perte par action trimestrielle de 0,60$, pour des revenus de 361 M$.

General Motors (+0,7%). 'Consumer Reports' a décerné au mode Super Cruise de Cadillac le titre de meilleur système d'aide à la conduite. 'CR' a testé les quatre systèmes les plus populaires.

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