Cotation du 16/10/2018 à 22h47 Dow Jones Industrial +2,17% 25 798,42
  • DJIND - US2605661048

Clôture de Wall Street : la géopolitique fait trembler les marchés

Clôture de Wall Street : la géopolitique fait trembler les marchés
Clôture de Wall Street : la géopolitique fait trembler les marchés
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La géopolitique est revenue au premier plan des préoccupations des marchés financiers jeudi, même si les indices américains sont parvenus à réduire leurs pertes en clôture. D'une part, Donald Trump a annulé son sommet prévu le 12 juin avec le leader nord-coréen Kim Jong-Un. D'autre part, le président américain envisage de taxer les automobiles importées, ce qui a fait remonter d'un cran les tensions commerciales. Le dollar s'est affaibli jeudi, de même que le pétrole dans la crainte que l'Opep et la Russie ne mettent fin dès juin à leurs limitations de production.

Après avoir cédé près de 1% en séance, les principaux indices ont fini en baisse plus modérée. L'indice Dow Jones a reculé de 0,30% à 24.811 pts, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 0,20% à 2.727 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a fini proche de l'équilibre (-0,02%) à 7.424 pts.

Yen et or font office de valeurs refuge

Sur le marché des changes, le dollar a été fragilisé par les derniers développements géopolitiques ainsi que par les Minutes de la Fed, qui n'a pas signalé son intention de relever ses taux plus de 3 fois cette année dans ses Minutes publiées mercredi soir.

L'euro a regagné 0,27% à 1,1727$ après un recul de 0,65% la veille, lié aux inquiétudes venant d'Italie. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises, a reculé de 0,25% à 93,76 points. Face au yen japonais, le billet vert cédait même 0,6%, le yen servant de valeur refuge dans un contexte géopolitique tendu par l'annonce, jeudi, de l'annulation par Donald Trump de son sommet prévu avec le leader nord-coréen Kim Jong-Un, le 12 juin prochain à Singapour. Autre signe de l'attrait pour les valeurs refuge, l'or a pris plus de 1%, repassant les 1.300 dollars l'once, à 1.309,50$.

Sur le marché obligataire américain, le rendement du T-Bond à 10 ans s'est détendu, repassant sous le seuil psychologique des 3% à 2,98% jeudi soir, dans le sillage des Minutes de la Fed.

Dans ce compte-rendu de sa réunion de mai, la banque centrale américaine a indiqué qu'une majorité de ses membres comptaient relever à nouveau "bientôt" le taux de "fed funds" (sans doute le 13 juin prochain), mais elle n'a pas signalé de risque de surchauffe de l'économie américaine, qui l'obligerait à accélérer le rythme de sa normalisation monétaire.

Les banquiers centraux ont même suggéré qu'ils pourraient laisser l'inflation dépasser leur objectif de 2% pendant "une période temporaire", afin de laisser une marge de croissance à l'économie américaine.

Pyongyang digère mal d'être comparé à la Libye de Khadafi

Donald Trump vient donc d'annuler le sommet prévu avec la Corée du Nord, dans une lettre diffusée par la Maison Blanche et sur son compte Twitter. Le président des Etats-Unis explique sa décision par "l'incroyable colère" et "l'hostilité ouverte" de la dernière déclaration de son interlocuteur. Donald Trump dit avoir toutefois apprécié la patience et les efforts antérieurs de Kim Jong-un dans le cadre des récentes négociations et discussions concernant ce sommet tant espéré.

La Corée du Nord avait pourtant fait preuve de bonne volonté en montrant, jeudi, devant les médias le démantèlement de son site d'essais nucléaires de Punggye-ri, ce qui signalait une volonté d'apaisement de Pyongyang avant le sommet tant attendu. Toutefois, une déclaration du vice-président américain Mike Pence, menaçant à demi-mot Kim Jong-Un de subir le même sort que Mouammar Khadafi en Libye, a déclenché mercredi la colère de Pyongyang.

Les automobiles importées dans le collimateur de Trump

Sur le front commercial, Donald Trump envisage de taxer non seulement l'acier et l'aluminium, mais aussi désormais les automobiles importées aux Etats-Unis. Selon le 'Wall Stret Journal' ces taxes pourraient atteindre jusqu'à 25% sur les véhicules importés, ce qui a pesé jeudi sur les cours de Bourse des groupes automobiles européens (-1,7% pour BMW, -2,7% pour Daimler), japonais (-1,7% pour Nissan, -3% pour Toyota) et sud-coréens (-3,1% pour Hyundai).

Comme pour les métaux, Trump a évoqué des motifs de sécurité nationale pour défendre ces industries "cruciales" pour les Etats-Unis. Quant aux négociations avec la Chine, elles ne semblent guère progresser. Mardi, Donald Trump avait annihilé le sentiment positif découlant de l'accord de principe conclu entre les USA et la Chine. Trump ne s'estime en effet "pas satisfait" des discussions commerciales et juge qu'il reste encore "beaucoup de chemin à parcourir".

L'Opep et la Russie vont-ils lâcher du lest en juin ?

Les marchés pétroliers ont continué de reculer jeudi après la hausse surprise des stocks de brut américains la semaine passée et des craintes de hausses de la production de l'Opep. Sur le Nymex, le baril WTI a cédé jeudi 1,57%, à 70,71$, tandis que le Brent de la Mer du Nord a lâché 1,27% à 78,79$.

Les cours de l'or noir sont ébranlés depuis deux jours par des rumeurs selon lesquelles l'OPEP pourrait décider d'augmenter sa production dès le mois de juin, compte-tenu des problèmes actuels d'approvisionnement, notamment en provenance du Venezuela, ainsi que des risques de sanctions pesant sur l'Iran. Jeudi, le ministre russe de l'Energie Alexandre Novak a ainsi déclaré à l'agence 'Interfax' que l'encadrement de la production, en vigueur depuis le 1er janvier 2017, pourrait être levé "en douceur" si l'Opep et ses alliés jugent le marché rééquilibré.

VALEURS A SUIVRE

Les pétrolières ont subi des prises de bénéfices dans le sillage du reflux des cours du pétrole : -1,6% pour Chevron, -2,3% pour ExxonMobil et -2,4% pour Transocean.

General Electric a rebondi de près de 3%, après avoir plongé mercredi de plus de 7%, affichant sa pire séance en 9 ans, suite aux commentaires du directeur général John Flannery durant une conférence industrielle. Les opérateurs ont sanctionné la valeur, craignant pour le dividende de GE et sa génération de cash flow, dans un contexte toujours difficile.

Netflix a progressé de 1,3%, portant sa capitalisation boursière à un montant record de 153 milliards de dollars (130 MdsE), dépassant pour la première fois celle de Walt Disney (152 Mds$). Il faut dire que le cours de Bourse de Netflix a bondi de 82% depuis le début de l'année, alors que celui de Disney a reculé de 4,3%.

Netflix devient ainsi, selon ce critère boursier, le n-1 mondial du divertissement, alors que Disney travaille à se maintenir au sommet. Walt Disney (-0,7%) et un autre géant des médias Comcast (-0,7%) poursuivent ainsi leur bataille pour les actifs de la 21st Century Fox (+0,4%). Disney a proposé un accord de 52 Mds$ en actions (66 Mds$ dette comprise) pour les actifs divertissement de la Fox, comprenant les studios de cinéma, les chaines câblées et la part dans Sky. Mais jeudi, le câblo-opérateur Comcast a confirmé qu'il préparait une offre estimée "supérieure", entièrement en numéraire, pour les actifs de Fox...

Williams-Sonoma (+5,6%). Le groupe a dépassé les attentes en matière de profit et de revenus. Les estimations du second trimestre fiscal sont par ailleurs ressorties robustes. Le bénéfice net du 1er trimestre est ressorti à 45 M$ soit 54 cents par titre, contre 40 M$ un an avant. Le bpa ajusté s'est élevé à 67 cents, alors que les revenus ont atteint 1,2 Md$. Le consensus était de 58 cents de bpa ajusté pour 1,16 Md$ de ventes. Sur l'exercice, le groupe anticipe désormais un bpa allant de 4,15 à 4,25$, pour des revenus allant de 5,5 à 5,66 Mds$.

L Brands (+3,4%). Les comptes trimestriels dévoilés mercredi soir ont dépassé les attentes, mais les prévisions ont déçu. La firme, propriétaire notamment de Victoria's Secret, a dégagé un bénéfice de 47 M$ et 17 cents par action sur le 1er trimestre, contre 94 M$ un an avant. Les ventes se sont appréciées de 8% à 2,6 Mds$ (+3% à comparable). L Brands réduit toutefois ses prévisions 2018, tablant désormais sur un bpa allant de 2,7 à 3$, contre une guidance antérieure allant de 2,95 à 3,25$.

NetApp (+1,9%). Le groupe a publié hier soir un solide quatrième trimestre, mais ses prévisions ressortent prudentes. Sur le T4, le bénéfice net est ressorti à 271 M$ soit 99 cents par action, contre 190 M$ et 68 cents un an plus tôt. Le bpa ajusté a représenté 1,05$, alors que les revenus ont totalisé 1,64 Md$ (1,48 Md$ un an avant). Le consensus était de 1,01$ de bpa ajusté et 1,6 Md$ de revenus. Le groupe table sur un bpa ajusté allant de 76 à 82 cents pour le 1er trimestre, pour des revenus allant de 1,37 à 1,47 Md$.

Hormel Foods (-1,1%). Pour son second trimestre fiscal, le groupe a réalisé un bénéfice de 237 M$ soit 44 cents par action, contre 45 cents de consensus. Les revenus ont totalisé 2,33 Mds$. Le bpa annuel est attendu entre 1,81 et 1,95$, alors que les revenus sont estimés entre 9,7 et 10,1 Mds$.

McKesson (-1,9%). Le distributeur spécialisé dans les fournitures médicales a annoncé une perte nette trimestrielle de 1,15 Md$ et 5,58$ par titre pour le quatrième trimestre fiscal clos fin mars 2018, contre un profit de 3,59 Mds$ un an avant. La perte s'explique notamment par des charges de dépréciations. Le bpa ajusté a représenté 3,49$, contre 3,56$ de consensus. Les revenus ont totalisé 51,6 Mds$, contre 48,7 Mds$ un an plus tôt et 51,4 Mds$ de consensus. Le bpa ajusté de l'exercice 2019 est anticipé entre 13 et 13,8$.

Medtronic (+2%). Le groupe a battu le consensus de profit sur el trimestre clos. Le bénéfice net part du groupe a grimpé de 25% à 1,46 Md$ soit 1,07$ par titre, pour un bpa ajusté de 1,42$ (1,39$ de consensus). Les revenus ont grimpé de 3% à 8,14 Mds$. Le groupe profite de la demande pour ses valves cardiaques et ses appareils pour le diabète. Le bpa ajusté de l'exercice 2019 est attendu entre 5,10 et 5,15$.

Best Buy (-6,6%). Le leader de la distribution de produits d'électronique grand public chute à Wall Street. Pour le 1er trimestre fiscal, le groupe a pourtant annoncé des profits et des revenus supérieurs aux attentes. Le bénéfice net trimestriel a atteint 208 M$ et 72 cents par titre, contre 188 M$ un an avant. Le bpa ajusté a atteint 82 cents, alors que les ventes ont totalisé 9,1 Mds$. Le consensus était de 74 cents de bpa ajusté et 8,7 Mds$ de recettes. La croissance à comparable a dépassé les 7%, plus du double du consensus. Le groupe table, pour le second trimestre, sur un bpa ajusté de 77-82 cents et des revenus de 9,1 à 9,2 Mds$. La croissance à comparable est attendue entre 3 et 4%. Le consensus sur ce T2 était de 82 cents de bpa ajusté et 9,04 Mds$ de revenus.

©2018,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com