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Clôture de Wall Street : la Fed souffle un air d'assouplissement

Clôture de Wall Street : la Fed souffle un air d'assouplissement
Clôture de Wall Street : la Fed souffle un air d'assouplissement
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a terminé en légère hausse mercredi après les annonces de la Fed, qui ont globalement satisfait les investisseurs, en ouvrant la voie à des baisses de taux face à une conjoncture économique marquée par la hausse des incertitudes. La Fed a maintenu ses taux directeurs pour l'heure à 2,25-2,50% mais a promis de "surveiller de près" la conjoncture et d'agir "de façon appropriée" si nécessaire. Mardi en Europe, Mario Draghi a lui aussi fait savoir que la BCE était prête à prendre de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire dans les prochains mois...

En léger recul avant la Fed, les indices boursiers se sont ensuite orientés en légère hausse. A la clôture, le Dow Jones a gagné 0,15% à 26.504 pts (après +1,35% mardi), tandis que le S&P 500 a avancé de 0,30% à 2.926 pts (après +0,97%), et que le Nasdaq Composite a avancé de 0,42% à 7.987 pts (+1,39% mardi). Plus tôt en Europe, l'indice EuroStoxx 50 a aussi fait du surplace (+0,05%) tandis qu'à Paris, le CAC 40 a avancé de 0,16% après un bond de 2,2% mardi soir.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) a nettement reculé de 0,40% à 97,26 points, après les annonces accommodantes de la Fed. L'euro a regagné 0,35% à 1,1231$ après être tombé mardi sous le seuil de 1,12$ en réaction aux propos très "colombes" de Mario Draghi le patron de la BCE, qui envisage de nouveaux assouplissements monétaires.

Sur le marché obligataire américain, le rendement de l'emprunt d'Etat de référence, le T-Bond à 10 ans, a replongé de 3 points de base à 2,03% après la Fed, retombant à son plus bas niveau depuis octobre 2016. En Europe, le taux du Bund allemand à 10 ans, a fini mercredi à -0,29% (+ 3 pdb) mais reste très proche de son plancher historique de la veille...

Les taux souverains se sont écroulés et l'indice Dow Jones a bondi de près de 7% depuis le 4 juin, date à laquelle le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, a pour la première fois ouvert la voie à une baisse de taux.

La Fed promet d'agir de façon "appropriée"

La Réserve Fédérale américaine a donc maintenu mercredi l'objectif du taux des fed funds à 2,25-2,50%, comme le prévoyaient les marchés, tout en ouvrant la voie à des assouplissements dans les prochains mois. A noter que si 9 membres du Comité de politique monétaire ont voté en faveur de ce statu quo, il y a eu un vote contre, celui de James Bullard. Le patron de la Fed de St-Louis était favorable à une baisse d'un quart de point du taux des fed funds dès ce mercredi.

La banque centrale a en outre retiré de son communiqué le fait de se montrer "patiente" dans sa future politique monétaire, ce qui a été interprété comme une porte ouverte à une prochaine baisse des taux directeurs.

La Fed, s'est dit prête à agir de façon "appropriée" face aux "incertitudes croissantes" sur l'économie américaine, ajoutant qu'elle "surveillerait de près" les données macro-économiques à la lumière de ces incertitudes. Malgré une expansion modérée de l'activité économique, un marché de l'emploi solide et une inflation proche de son objectif de 2%, la Fed indique que "les incertitudes sur les perspectives économiques se sont accrues".

Jerome Powell entend finir son mandat malgré Trump

A noter que Donald Trump, qui lançait ce mercredi en Floride sa campagne en vue de la présidentielle de 2020, n'a pas réagi dans l'immédiat aux annonces de la Fed. Le président américain accable régulièrement la banque centrale et son président Jerome Powell de critiques pour avoir relevé trop haut ses taux.

L'agence 'Bloomberg' a même rapporté mercredi que la Maison blanche aurait envisagé de rétrograder Jerome Powell au rang de simple gouverneur, lui retirant de facto son poste de président de la Fed.... Des juristes auraient étudié cette question plus tôt cette année, a précisé l'agence d'information.

Lors de sa conférence de presse, Jerome Powell a réagi en affirmant qu'il avait bien l'intention de mener son mandat de quatre ans à son terme à la tête de la Fed. "Je pense que la loi est claire, c'est que j'ai quatre années pleines de mandat et je compte bien les mener à terme", a-t-il déclaré. M. Powell a pris ses fonctions le 5 février 2018, après avoir été nommé par Donald Trump, qui a dit par la suite avoir regretté son choix...

Deux à trois baisses des taux attendues d'ici à décembre

Les marchés financiers croient en tout cas dur comme fer à plusieurs baisses de taux d'ici à la fin de l'année, à commencer par la prochaine réunion de la fin juillet. Selon l'outil FedWatch du CME Group, basé sur les contrats à terme sur les "fed funds", la probabilité d'une baisse le 31 juillet est ainsi montée à... 100% mercredi soir ! Elle était de "seulement" 82,2% avant les annonces de la Fed. La probabilité est de 66,5% pour une baisse d'un quart de point et de 31,4% pour un recul d'un demi-point, selon les "futures".

D'ici à la dernière réunion de l'année, prévue le 11 décembre, les marchés s'attendent aussi à 100% à des baisses de taux. La majorité des paris portent sur deux ou trois abaissements d'un quart de point.

De son côté, la Fed ne va pas si loin dans ses nouvelles projections publiés mercredi. Elles montent que ses membres sont assez divisés sur l'opportunité d'assouplir la politique monétaire. Sur 17 membres, 8 prévoient une ou deux baisses en 2019, 8 un statu quo et 1 une hausse. Les projections médianes montrent que la Fed prévoit toujours un taux des fed funds à 2,4% à la fin de l'année (sans changement par rapport à ses dernières projections de mars), ce qui impliquerait non pas une baisse mais une stabilité des taux.

La rencontre Trump-Xi confirmée pour la semaine prochaine

Les questions monétaires ont largement dominé les esprits à Wall Street ce mercredi, reléguant au second plan le suspense sur les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Mardi, il a enfin été confirmé par les deux pays que Donald Trump et Xi Jinping se rencontreraient la semaine prochaine, en marge du sommet du G20 qui se tiendra à Osaka au Japon les 28 et 29 juin.

Les deux dirigeants auront fort à faire pour faire renaître la confiance et aplanir les différends qui se sont multipliés depuis l'échec des dernières négociations en mai. Les Etats-Unis ont accusé la Chine d'avoir renié ses engagements, puis ont placé Huawei, le géant chinois des télécoms sur liste noire, en invoquant des questions de sécurité nationale.

Les deux pays ont relevé leurs droits de douane depuis mai, et les Etats-Unis menacent désormais de taxer la totalité des produits chinois importés , soit 300 milliards de marchandises supplémentaires. De son côté, Pékin a démenti les accusations de Washington, menaçant de nouvelles représailles douanières mais aussi de restrictions de ses livraisons de terres rares aux Etats-Unis...

Le pétrole tiraillé entre des facteurs divergents

Le pétrole s'est montré hésitant, mercredi, partagé entre les facteurs haussiers (tensions dans le Golfe, accord Opep+) et baissiers (ralentissement conjoncturel mondial). Le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI a cédé 0,26% à 53,76$ sur le Nymex, après une flambée de 3,8% mardi, tandis que le Brent d'échéance août cédait 0,51% à 61,82$ (après +1,97% mardi) au moemnt de la clôture du Nymex.

Le cours du WTI reste sur le seuil du marché baissier où il est tombé la semaine passée, après une chute supérieure à 20% par rapport à ses sommets annuels d'avril dernier à plus de 66$.

Dans le Golfe, les Etats-Unis ont affirmé mercredi détenir des preuves de l'implication de l'Iran dans les attaques subies par deux pétroliers la semaine dernière près du détroit d'Ormuz.

VALEURS A SUIVRE

Apple (-0,3%) évaluerait l'opportunité et le coût d'une sortie partielle de Chine, dont le groupe dépend grandement pour son approvisionnement. Il s'agirait plus concrètement, pour le groupe à la pomme, de transférer 15 à 30% de la capacité de production actuellement localisée en Chine dans le cadre d'une restructuration de la chaîne d'approvisionnement.

Le groupe californien de Cupertino aurait ainsi demandé à ses fournisseurs majeurs de mesurer les implications d'une telle décision en matière de coût, croit savoir 'Nikkei Asian Review' ce mercredi. Les capacités de production concernées des fournisseurs seraient alors relocalisées en Asie du Sud-Est. Les fournisseurs en question seraient Foxconn, Pegatron, Wistron, Quanta computer, Compal, Inventec, Goertek et Luxshare-ICT, détaille le Nikkei...

Cette demande supposée d'Apple est évidemment une conséquence directe de l'affrontement commercial entre Washington et Pékin, qui dure depuis de longs mois et fait planer une lourde incertitude. Néanmoins, selon le quotidien Nikkei, une résolution du conflit commercial ne modifierait pas la décision ultime d'Apple sur la question.

Adobe (+5,2%) a publié mardi soir après la clôture des résultats financiers supérieurs aux attentes au 2ème trimestre fiscal (achevé le 31 mai). Les prévisions sont en revanche ressorties inférieures aux anticipations des analystes, même si elles ont été légèrement revues en hausse par l'éditeur américain de logiciels graphiques (Acrobat, Photoshop, InDesign, Illustrator, Flash).

Le bénéfice net par action est ressorti à 1,83$ en données ajustées des éléments exceptionnels, alors que le consensus de Refinitiv tablait sur un chiffre inférieur, de 1,78$. Les revenus ont totalisé 2,74 milliards de dollars (+24% sur un an) contre 2,71 Mds$ de consensus. En revanche, pour le 3ème trimestre, groupe table sur un bpa ajusté de 1,95$ pour des ventes de 2,8 Mds$, alors que les analystes du consensus Refinitiv visaient 2,05$ par action pour 2,83 Mds$ de chiffre d'affaires.

Oracle (-0,4%), le colosse californien des logiciels d'entreprises, publiera après la clôture de Wall Street ce soir ses comptes pour le quatrième trimestre fiscal 2019. Le groupe devra convaincre les opérateurs, alors que certains doutent visiblement de ses capacités. Macquarie s'est même permis de dégrader la valeur de 'surperformance' à 'neutre' hier, ajustant son objectif de cours de 56 à 55$.

L'analyste de la firme s'inquiète surtout des perspectives du groupe software, qui pourrait par ailleurs couper ses rachats d'actions. Le broker juge en effet que le bilan d'Oracle se détériore, ce qui fait courir le risque d'une dégradation de notation de la dette. Pour Macquarie, Oracle a du mal à exécuter sa stratégie et n'affiche pas auprès des clients de réputation comparable à celles de Microsoft Azure ou Amazon Web Services dans les applications cloud...

Boeing (-1,4%). International Airlines Group (IAG), la maison-mère de British Airways et Iberia, a signé une lettre d'intention portant sur l'achat de 200 737 MAX. La lettre est sujette à un accord formel. La commande, qui atteindrait plus de 24 milliards de dollars au prix catalogue, serait partagée entre des B737MAX8 et des B737MAX10. Des appareils qui seraient livrés entre 2023 et 2027 et seraient équipés de moteurs CFM Leap. Les avions devraient être utilisés par un certain nombre de compagnies aériennes du Groupe, notamment Vueling, LEVEL et British Airways à l'aéroport de Londres Gatwick.

CBS (+1%) envisagerait une nouvelle offre pour l'acquisition de Viacom (+2,2%), d'après les sources bien renseignées du Wall Street Journal. Des échanges préliminaires auraient déjà eu lieu entre les deux groupes concernant l'éventuelle structure d'un rapprochement. Le WSJ ajoute toutefois qu'un accord n'est pas acquis, les discussions pouvant en particulier achopper sur la question cruciale du prix. En cas d'offre effective, il s'agirait de la troisième tentative de combinaison entre les deux groupes.

Jabil (+10,2%) a bondi à Wall Street. Le sous-traitant de production électronique a annoncé des bénéfices supérieurs aux attentes de marché pour son troisième trimestre fiscal, ainsi que des revenus en croissance. Sur le trimestre, les revenus ont totalisé 6,1 Mds$, pour un bpa GAAP de 28 cents et un bénéfice ajusté par action de 57 cents.

Alphabet (stable). Certains actionnaires activistes de la maison-mère de Google entendraient la forcer à procéder à une scission pure et simple de ses activités, avant que les autorités ne l'exigent. Une ONG américaine devrait ainsi présenter une motion dans ce sens lors de l'assemblée générale du groupe prévue ce mercredi à Sunnyvale, croit savoir l'agence Reuters.

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