Cotation du 18/04/2019 à 22h50 Dow Jones Industrial +0,42% 26 559,54
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Clôture de Wall Street : la Fed fait renaître le goût du risque !

Clôture de Wall Street : la Fed fait renaître le goût du risque !
Clôture de Wall Street : la Fed fait renaître le goût du risque !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les marchés américains ont repris le chemin de la hausse jeudi, saluant le pas supplémentaire effectué mercredi par la Réserve fédérale vers une politique monétaire plus accommodante. Les négociations commerciales entre Washington et Pékin ont été reléguées au second plan pour le moment, alors qu'une délégation américaine de haut rang est attendue la semaine prochaine à Pékin. Le dollar a repris de la hauteur jeudi, et les taux des emprunts américains sont restés sous pression.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,84% à 25.962 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 1,09% à 2.854 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a bondi de 1,42% à 7.838 pts.

Le S&P 500 et la Nasdaq sont désormais de retour à leurs plus hauts niveaux depuis 5 mois, alors que le DJIA avait franchi début mars les seuil des 26.000 points, mais a été retenu par la sous-performance récente de l'action Boeing.

Les "technos" et l'immobilier en fête, les banque un peu moins...

Du côté des valeurs, les technos ont mené la danse, à commencer par Apple, qui a flambé de 3,68% à 195,09$, après des recommandations positives de brokers et avant le lancement de son service de vidéo en streaming attendu lundi prochain. En séance, le géant des smartphones a même repris la place de première capitalisation boursière mondiale, mais à la clôture, Microsoft (+2,3%) est parvenu à lui reprendre in extremis. Le fabricant de puces de mémoire Micron Technology (+9,6%) a bondi après la publication de trimestriels supérieurs aux attentes.

La plupart des secteurs ont fini en hausse, à commencer par les technologiques (+2,4% pour l'indice S&P sectoriel) et l'immobilier (1,78%), qui profiteront plus particulièrement d'un environnement de taux d'intérêts modérés. En revanche, le secteur financier a reculé (-0,3%) les banques étant perdantes dans un tel environnement.

Pause pour le pétrole, rebond pour le dollar

Les cours du pétrole ont fait une pause jeudi, proches de leurs plus hauts niveaux depuis 4 mois. Le contrat à terme de mai sur le brut léger américain WTI a cédé 0,42% à 59,98$ le baril sur le Nymex, tandis que l'échéance de mai sur le Brent fléchissait de 0,93% à 67,86$ le baril au moment de la clôture du Nymex. La veille, les cours avaient bondi de 1,3%, après l'annonce d'une forte baisse surprise des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine passée.

Sur le marché des changes, le dollar a vivement rebondi, après son recul initial, mercredi, suivant les annonces de la Fed. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de devises de référence, a regagné 0,69% à 96,42 points, tandis que l'euro a cédé 0,39% à 1,1366$ après avoir dépassé mercredi le seuil de 1,14$. La livre sterling reculait de 0,7% à 1,3101$ alors que le Conseil européen examinait jeudi soir la demande du Royaume-Uni de reporter le Brexit jusqu'au 30 juin.

La Fed n'envisage plus de relever ses taux directeurs cette année

Sur le marché obligataire américain, le rendement du T-Bond à 10 ans, s'affichait à 2,54% (+1 point de base), proche de son plus bas niveau depuis un an. Ce taux avait dépassé les 3% à l'automne 2018 lorsque la Fed envisageait encore de remonter ses taux par trois fois en 2019.

Cette perspective est désormais écartée, puisque le banque centrale américaine a fait savoir mercredi qu'elle n'avait plus l'intention de relever ses taux directeurs en 2019, et qu'en 2020 elle n'envisageait qu'un seul tour de vis. Elle a comme prévu maintenu son taux des "fed funds" dans une fourchette de 2,25% à 2,5%, et a révisé en baisse son objectif de fin d'année à 2,4%, ce qui signifie donc qu'elle ne compte plus durcir sa politique monétaire cette année. Lors des précédentes projections faites en décembre, la Fed voyait encore le taux monter à 2,9% fin 2018, ce qui impliquait deux autres tours de vis cette année.

En outre, la Fed a indiqué mercredi qu'elle mettra fin en septembre à son programme de réduction du bilan, ce qui revient à assouplir encore sa politique monétaire. Elle commencera dès le mois de mai à racheter progressivement des obligations d'Etat pour remplacer les titres arrivés à échéance, ce qui aura pour effet de soutenir les cours et donc, de maintenir une pression baissière sur les taux (qui évoluent mécaniquement en sens inverse des prix des obligations).

Une délégation américaine à Pékin les 28 et 29 mars

Sur le front commercial, malgré les tensions évoquées ces derniers jours, les négociations se poursuivent activement entre Washington et Pékin en vue de parvenir à un accord. Le ministère chinois du commerce a indiqué jeudi que la délégation américaine menée par Robert Lighthizer, le représentant au commerce, et Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, se rendrait à nouveau en Chine les 28 et 29 mars pour une nouvelle série de pourparlers.

Le vice-Premier ministre Liu He, responsable des négociations côté chinois, se rendra aux Etats-Unis début avril, a précisé Pékin, confirmant des informations publiée ces derniers jours dans la presse américaine et chinoise.

Les discussions ont patiné ces derniers jours en raison de la volonté de Pékin d'obtenir une levée des droits de douane sur ses exportations dès la signature de l'accord, ce que refuse Washington, qui veut s'assurer que la Chine mettra bien en oeuvre les dispositions, notamment concernant le respect de la propriété intellectuelle.

Donald Trump a ainsi affirmé mercredi que les droits de douane sur environ 250 milliards de dollars de produits chinois pourraient être maintenus pour une durée "considérable"... "Nous ne parlons pas de les lever, nous parlons de les maintenir pendant une période de temps considérable, parce que nous devons nous assurer que si nous concluons un accord avec la Chine, cette dernière s'y conformera", a indiqué Donald Trump à des journalistes depuis la Maison Blanche. "Ils ont eu beaucoup de problèmes à respecter certains engagements" par le passé, a-t-il ajouté, à propos des autorités chinoises.

Des statistiques plutôt solides outre-Atlantique

Les statistiques du jour sont plutôt positives outre-Atlantique, puisque les inscriptions au chômage et l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie ont agréablement surpris. Les inscriptions nouvelles au chômage pour la semaine close au 16 mars sont ressorties ainsi au nombre de 221.000, contre un consensus de 225.000 et un niveau (révisé) de 230.000 pour la semaine antérieure.

L'indice manufacturier régional de la Fed de Philadelphie pour le mois de mars 2019 s'est pour sa part établi à 13,7, contre un consensus de 5,5 et un niveau antérieur négatif de 4,1. Cet indicateur traduit donc le retour à une forte expansion de l'activité manufacturière dans la région considérée.

L'indice des indicateurs avancés américains du Conference Board pour le mois de février 2019 est ressorti en progression de 0,2% en comparaison du mois antérieur, un rythme supérieur au consensus de place de +0,1%, et après une évolution quasiment nulle pour le mois de janvier 2019.

VALEURS A SUIVRE

Levi Strauss a bondi de 31,8% à 22,42$ pour son grand retour à Wall Street. Le fabricant de jeans a placé pour 623 millions de dollars de titres dans le cadre de son 'IPO' (introduction en bourse). Le fabricant de jeans était ainsi valorisé 6,6 milliards de dollars à son prix d'introduction de 17$, supérieur à la fourchette indicative (14 à 16$ par action).

Sur le montant total de la levée de fonds, 161 millions de dollars concernent l'émission d'actions nouvelles, tandis que 462 millions de dollars correspondent à des cessions d'actionnaires historiques. Les produits de l'opération doivent servir notamment au développement de la gamme, a affirmé le groupe contrôlé par la famille héritière (Haas).

Apple s'est adjugé 3,68% à à 195,09$, pour une capitalisation boursière qui revient au-dessus de 900 milliards de dollars, après des recommandations positives de brokers et avant le lancement de son service de vidéo en ligne attendu lundi prochain. En séance, le géant des smartphones a repris à Microsoft (+2,3%) la place de première capitalisation boursière mondiale, mais Microsoft est resté en tête à la clôture, avec une capitalisation de 922 Mds$ contre 920 Mds$ pour Apple.

De source de marché, la firme Needham a relevé son conseil sur Apple à "achat fort" contre "achat" auparavant avec un objectif de cours de 225$, contre 180$. JP Morgan a de son côté confirmé un avis positif avec un objectif de 228$, et enfin, Wedbush a rehaussé son objectif à 215$.

Micron Technology (+9,6%). Le fabricant de puces mémoire basé à Boise a publié mercredi après la clôture ses résultats du deuxième trimestre de l'exercice en cours. Les revenus de la société s'élèvent à 5,84 milliards de dollars sur la période contre 7,35 milliards un an plus tôt. Les bénéfices sont quant à eux de 1,62 milliard de dollars sur le trimestre, soit 1,42 dollar par action. Les analystes anticipaient en moyenne un bénéfice net par action ajusté de 1,67 dollar par action. Il est finalement ressorti à 1,71 dollar pour un bénéfice net ajusté de 1,97 milliard de dollars.

Nike (+1,58%) publiera à son tour ses derniers comptes trimestriels après Bourse ce soir à Wall Street. Le concepteur de chaussures et accessoires de sport dévoilera ainsi ses résultats pour le troisième trimestre fiscal. Le bénéfice par action est anticipé à 64 cents selon le consensus, alors que les revenus devraient ressortir voisins de 9,6 milliards de dollars, en augmentation de 7% en glissement annuel. Le titre a pris 16% cette année et compte à ce titre parmi les meilleures performances du Dow Jones.

Boeing (-0,9%) pourrait encore souffrir, alors que le FBI se joindrait à une investigation criminelle à propos du processus de certification du 737 MAX 8, l'appareil impliqué dans deux crashs ayant causé la mort de centaines de personnes. Le commandant de bord de l'avion de la compagnie Ethiopian Airlines qui s'est écrasé il y a une dizaine de jours avec 158 personnes à bord n'aurait cependant pas pu s'entraîner sur le nouveau simulateur conçu pour le Boeing 737 MAX 8, a déclaré un de ses collègues, cité par Reuters. Il devait recevoir une nouvelle formation à la fin mars, deux mois après qu'Ethiopian Airlines eut reçu l'un des simulateurs, a précisé le collègue à Reuters.

Tesla (+0,15%) a consolidé alors que selon le site spécialisé 'Electrek', les hausses de prix programmées par le groupe d'Elon Musk pourraient n'être finalement pas si importantes. Le groupe semble avoir du mal à fixer sa stratégie. Ainsi, quelques jours à peine après avoir annoncé le passage de l'intégralité des ventes en ligne et la proposition d'un Model 3 à 35.000$ seulement, Tesla avait révélé ce mois son intention de relever ses prix d'environ 3% dans le monde. En outre, le groupe californien avait décidé finalement de ne pas totalement démanteler son réseau. Le groupe devait augmenter ses prix après le 18 mars, la hausse ne concernant toutefois que les versions les plus onéreuses des Model 3, S ou X. Le groupe aurait décalé la hausse du fait de l'abondance de commandes.

Biogen s'est effondré de 29% en bourse, après avoir abandonné les essais du traitement d'Alzheimer Aducanumab. Le géant biotechnologique américain, basé dans le Massachusetts, et son partenaire japonais Eisai, ont ainsi annoncé ce jour l'arrêt de deux essais cliniques en phase finale de ce traitement. La déception est donc de taille à Wall Street ce jeudi.

3M (+0,6%). Le groupe industriel diversifié américain table toujours sur un rythme de progression de son bénéfice par action allant de 8 à 11% à moyen terme, sur la période allant de 2019 à 2023.

ConAgra a flambé de 12,7%. Le groupe alimentaire vient en effet de dépasser les attentes en matière de profit pour le trimestre clos. Sur ce troisième trimestre fiscal, le groupe a réalisé un bénéfice net de 242 millions de dollars et 50 cents par action, contre 363 millions de dollars un an plus tôt. Hors éléments, le bpa est ressorti à 51 cents contre 49 cents de consensus. Les revenus se sont élevés à 2,7 Mds$, contre 1,99 Md$ un an auparavant et 2,75 Mds$ de consensus. Le bénéfice ajusté 2019 par action est attendu entre 2,03 et 2,08$.

Guess (-12,5%) a décroché. Le groupe d'habillement de Los Angeles a réalisé un profit trimestriel inférieur aux attentes de marché, et table sur un déficit plus important que prévu sur le trimestre entamé. Le bénéfice net du quatrième trimestre fiscal s'est élevé à 23 M$ soit 28 cents par titre, pour des revenus de 837 millions de dollars à comparer aux 792 M$ de l'année antérieure. Hors éléments, le bpa ajusté s'est élevé à 70 cents, contre 75 cents de consensus.

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