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Clôture de Wall Street : la crise italienne s'étend aux Etats-Unis

Clôture de Wall Street : la crise italienne s'étend aux Etats-Unis
Clôture de Wall Street : la crise italienne s'étend aux Etats-Unis
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les turbulences se sont emparées des marchés financiers mondiaux, mardi, sur fond de craintes venues d'Italie, où la tentation populiste pourrait fragiliser la zone euro. Wall Street n'a pas été épargnée, et le secteur bancaire a été particulièrement attaqué mardi (-3,4% pour Goldman Sachs). Les taux d'intérêts italiens ont flambé, tandis que les taux américains ont chuté, les obligations d'Etat faisant office de valeurs refuge. Le pétrole a poursuivi sa correction, tandis que le dollar s'est renforcé, notamment face à un euro plombé par la crise politique italienne.

Alors que lundi était férié sur les marchés américains, l'indice Dow Jones a reculé mardi de 1,58% à 24.361 pts à la clôture, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 1,16% à 2.689 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a mieux résisté, en recul de 0,50% à 7.396 pts. La semaine dernière, le Dow Jones avait légèrement progressé de 0,15%, le S&P 500 avait avancé de 0,3%, et le Nasdaq s'était apprécié de 1%.

Le dollar et les obligations américaines font office de valeurs refuge

Sur le marché des changes, le dollar a progressé, notamment au détriment de l'euro, qui a souffert de la perspective d'une nouvelle victoire possible des partis anti-européens, M5S et La Ligue, lors des nouvelles élections italiennes qui se tiendront sans doute à l'automne. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises, a progressé de 0,7% à 94,84 points, au plus haut depuis début novembre 2017. L'euro s'est à l'inverse tassé de 0,75% à 1,1528$, cédant aux inquiétudes politiques venues d'Italie, mais aussi d'Espagne, où le gouvernement devra faire face à une motion de censure vendredi.

Alors que les investisseurs fuient la dette italienne, faisant s'envoler les taux d'intérêts, le célèbre milliardaire et spéculateur George Soros a estimé mardi que l'Europe est "en danger existentiel". Le rendement du l'emprunt d'Etat italien à 2 ans s'est envolé à 2,74% mardi soir contre 0,93% la veille, tandis que celui du 10 ans italien est monté à 3,16% contre 2,68% lundi soir. L'écart entre le taux italien à 10 ans et le Bund allemand à 10 ans (0,26%) est remonté au plus haut depuis 2013, à 2,9 points, traduisant la défiance des investisseurs vis-à-vis de la dette italienne.

Face à ces doutes, les obligations d'Etat américaines ont profité d'un afflux de capitaux vers des actifs jugés peu risqués, ce qui a entraîné une détente des taux d'intérêts (qui évoluent à l'inverse des prix des obligations). Le rendement du T-Bond à 10 ans est ainsi retombé mardi à 2,78% (-15 points de base !) alors qu'il avait culminé le 17 mai dernier à 3,11%, au plus haut depuis 7 ans, un niveau qui menaçait alors de peser sur l'attractivité des marchés d'actions...

Le pétrole poursuite sa correction

Le marché pétrolier est resté sous pression mardi, toujours affecté par la perspective d'une hausse de la production de l'Opep et de la Russie, qui doivent se réunir le 23 juin prochain à Vienne pour réexaminer leur accord de maîtrise de la production. Mardi soir, le baril de pétrole brut léger américain a cédé 1,69% à 66,73$ (contrat à terme de juillet), tandis que le Brent de la Mer du Nord a moins souffert (-0,07%, à 75,25$).

Le WTI a désormais perdu près de 10% en une semaine et le Brent de la Mer du nord a cédé 5,7%. L'Arabie Saoudite, chef de file de l'Opep, et la Russie pourraient rouvrir les vannes d'environ 1 million de barils par jour, afin de compenser les perturbations de production, en particulier au Venezuela.

Le sommet Trump-Kim du 12 juin à nouveau à l'agenda

Sur le plan géopolitique, les tensions sont quelque peu retombées, le président américain Donald Trump semblant à nouveau enthousiaste à l'idée de rencontrer le 12 juin son homologue nord-Coréen Kim Jong-Un. Le président américain avait pourtant sèchement annulé la semaine dernière ce sommet historique. Depuis, le ton s'est adouci, et un responsable nord-coréen de haut rang est en route pour New York pour préparer la rencontre.

Sur le plan macro-économique aux Etats-Unis, l'indice S&P Corelogic Case-Shiller a montré que les prix de l'immobilier ont augmenté en mars de 0,5% en comparaison du mois antérieur (indicateur '20 City' ajusté des variations saisonnières), contre +0,7% de consensus et +0,8% un mois avant. Le '20 City' hors ajustements saisonniers progresse de 1% en comparaison du mois antérieur et de 6,8% en glissement annuel.

Par ailleurs, l'indice de confiance des consommateurs américains mesuré par le Conference Board pour le mois de mai est ressorti à 128, contre un consensus de place de 128,6 et un niveau révisé à 125,6 pour le mois d'avril. L'indice est proche des 130 depuis le mois de février, soutenu notamment par de solides chiffres de l'emploi.

VALEURS A SUIVRE

Le secteur bancaire a souffert de la détente sur les taux américains, ainsi que du risque accru sur la dette italienne. Le cours de Goldman Sachs a chuté de 3,4%, celui Morgan Stanley a abandonné 5,7%, Bank of America a chuté de 4% et JP Morgan Chase a lâché 4,3%.

Les pétrolières n'en menaient pas large non plus, plombées par la chute des cours du brut : -0,37% pour ExxonMobil, -0,6% pour Chevron, -1% pour Transocean et -0,77% pour Schlumberger.

Apple (-0,36%). La firme californienne pourrait opter pour des écrans OLED pour ses trois prochains smartphones... Les rumeurs relatives aux prochains modèles de l'iPhone vont bon train. Les interrogations concernant les futurs écrans des smartphones d'Apple font particulièrement parler depuis de longs mois déjà. La firme californienne a opté pour des écrans OLED, au détriment des écrans à cristaux liquides (LED) actuels... L'information profite tout particulièrement au titre Universal Display ce jour.

Walt Disney (-2,4%). Les débuts dans les salles obscures sont mitigés pour 'Solo : A Star Wars Story', film dérivé de la franchise de la Guerre des étoiles. Le film a profité pour sa sortie d'un week-end prolongé par le Memorial Day, jour férié lundi aux Etats-Unis, mais n'a cumulé en quatre jours "que" 103 millions de dollars de recettes à travers 4.381 salles d'Amérique du Nord. Ses recettes mondiales hors-Amérique du Nord n'atteignent en trois jours que 65 millions de dollars. Dans un autre registre, Disney peaufinerait son financement au cas où la 21st Century Fox désirerait du cash dans le cadre de son offre de rachat d'actifs. Dans le même temps, Comcast préparerait son offre rivale en cash sur les actifs de la Fox, d'après les sources de CNBC.

Qualcomm (-1,8%) et NXP Semiconductors (-0,4%). La Chine serait prête à approuver l'acquisition programmée du groupe néerlandais par Qualcomm, à condition toutefois que les Etats-Unis lèvent les sanctions contre le groupe chinois ZTE.

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