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Clôture de Wall Street : la baisse l'emporte, Apple plombe l'ambiance

Clôture de Wall Street : la baisse l'emporte, Apple plombe l'ambiance
Clôture de Wall Street : la baisse l'emporte, Apple plombe l'ambiance
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Malgré une tentative de rebond matinal, la Bourse de New York a terminé en net recul, vendredi, les investisseurs s'interrogeant sur les risques liés au ralentissement conjoncturel et sur les effets du futur "tapering" des banques centrales. L'annonce d'une forte hausse des prix à la production en août aux Etats-Unis a entretenu les attentes de réduction des achats d'actifs de la Fed. Les taux souverains se sont tendus des deux côtés de l'Atlantique, tandis que le pétrole a rebondi et que l'or a rechuté. L'action Apple a perdu 3,3%, plombant les indices américains, après une décision de justice favorable aux développeurs dans son procès avec Epic Games.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,78% à 34.607 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,77% à 4.458 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a reculé de 0,87% à 15.115 pts, sa 3e baisse d'affilée. Le DJIA et le S&P 500 ont enchaîné quant à eux 5 séances consécutives de repli, face à la montée des incertitudes ("tapering", variant delta, blocages au Congrès US...).

Sur l'ensemble de cette semaine de 4 jours (lundi était férié pour Labor Day), le DJIA a cédé 2,1%, le S&P 500 a lâché 1,7% et le Nasdaq a concédé 1,6%.

Le cours du pétrole brut léger américain WTI a rebondi vendredi de 2,3% à 69,72$ le baril (contrat à terme d'octobre) et a repris 0,6% sur la semaine. L'or a rechuté de 0,4% pour finir à 1.792,10$ l'once (contrat à terme de décembre), et affiche une chute de 2,3% sur la semaine. L'indice du dollar gagnait 0,14% à 92,61 points face à un panier de devises, et l'euro a cédé 0,1% à 1,1813$ face au billet vert, au lendemain des annonces de la BCE. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans remontait de 4 points de base à 1,34%, et celui du Bund allemand à 10 ans a repris 3 pb à -0,33%.

Le bitcoin est reparti en baisse de 2,2%, cotant en fin de soirée autour de 45.610$ sur plateforme Bitfinex. Les cryptomonnaies ont vécu une semaine très heurtée depuis que le bitcoin est devenu mardi une monnaie légale au Salvador, une première mondiale.

+8,3% pour les prix à la production en août aux USA !

La publication, vendredi, de l'indice américain des prix à la production, a renforcé les spéculations sur la réduction de la voilure de la Fed, qui pourrait donner des précisions sur ses projets de "tapering" les 22 septembre à l'issue de sa prochaine réunion. Les prix à la production ont ainsi bondi de 0,7% en août sur un mois, contre 0,6% de consensus. Par rapport à août 2020, ils ont grimpé de 8,3%, un record ! Hors alimentaire et énergie, le 'PPI' américain augmente encore de 0,6%, contre 0,5% de consensus (+7,3% en comparaison de l'an dernier).

Jeudi en Europe, la BCE a annoncé un léger fléchissement de ses achats d'actifs, qualifié de "recalibrage" plutôt que de "tapering", signalant une approche très prudente dans le retrait progressif de son soutien. La banque centrale européenne a revu en hausse ses prévisions de croissance et d'inflation pour 2021, tout en estimant que la poussée inflationniste actuelle serait passagère, liée à la sortie de la crise du Covid.

Risque de correction accru par les fortes valorisations

Les hésitations des marchés se reflètent dans les dernières notes des grandes banques à leurs clients investisseurs... Ainsi, après Morgan Stanley, Citigroup et Credit Suisse en début de semaine, les stratégistes actions de Deutsche Bank ont publié vendredi à leur tour une note prudente, évoquant le risque de correction sur les marchés d'actions aux Etats-Unis. DB souligne la forte valorisation actuelle, avec un PER de l'ordre de 21 fois les profits attendus sur les 12 prochains mois sur le S&P 500. Les stratégistes des grandes banques listent une série de facteurs de risque présents à l'orée de l'automne, alors que les mois de septembre et octobre sont historiquement parfois chahutés en Bourse.

Cette année, la perspective d'une réduction du soutien monétaire de la Fed pèse sur les marchés, tandis que le variant delta du coronavirus contribue à ralentir la croissance depuis l'été. Les grands projets de relance du président Biden s'enlisent au Congrès, alors qu'approche aussi une échéance budgétaire importante, nécessitant de relever le plafond de la dette pour éviter un "shutdown" autour de la fin octobre. Sans compter la crainte d'une crise systémique en Chine en cas de débâcle financière du géant immobilier surendetté Evergrande, et les tensions commerciales et politiques lancinantes entre les Etats-Unis et la Chine.

Conversation téléphonique entre Joe Biden et Xi Jinping

A ce sujet, les marchés ont cependant été soulagés d'apprendre que Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping s'étaient parlés au téléphone jeudi soir. Ce n'était que leur deuxième conversation depuis l'entrée en fonction du président américain, et leur premier entretien depuis 7 mois...

Selon la Maison blanche, Joe Biden a évoqué la nécessité d'éviter que la compétition entre les deux pays ne dégénère en conflit. Les deux dirigeants ont eu une "discussion stratégique", notamment sur "des sujets où nos intérêts convergent et d'autres où nos intérêts, valeurs et attentes divergent". De leur côté, les médias chinois ont évoqué une conversation "profonde" et "franche".

Les analystes doutent cependant que des progrès aient été réalisés sur les questions clés, qu'elles soient commerciales ou liées au changement climatique, aux droits de l'homme ou à la transparence sur les origines du Covid-19. Selon les médias d'Etat chinois, Xi a imputé la responsabilité des tensions à Washington, mais a également exprimé l'espoir que les deux pays puissent travailler ensemble et accroître les communications au niveau d'un groupe de travail. Les perspectives d'un sommet Biden-Xi en face-à-face, en marge du G20 à Rome le mois prochain, restent incertaines, alors même que des groupes d'entreprises demandent aux deux dirigeants de lever les barrières commerciales. Les relations bilatérales ont continué à se dégrader après la présidence de Trump, notamment autour de la démocratie à Hong Kong, de Taïwan, des droits de l'homme, du commerce et de la technologie.

La Fed fait durer le suspense sur le calendrier du "tapering"

Sur le front monétaire, les multiples interventions publique de responsables de la Fed continuent d'attiser le suspense sur le calendrier et l'ampleur du futur "tapering". Parmi les dernières déclarations en date, celles de Raphael Bostic, le patron de la Fed de d'Atlanta, d'ordinaire partisan du 'tapering' express, mais qui a un peu adouci son discours jeudi soir. Non moins de six présidents régionaux de la Fed ainsi que la gouverneure Michelle Bowman se sont exprimés jeudi.

Leurs interventions n'ont pas fait sensiblement bouger le consensus des économistes, qui veut que la banque centrale américaine commence à réduire ses achats d'actifs obligataires, actuellement logés à 120 milliards de dollars mensuels, d'ici à la fin de l'année ou en tout début d'année prochaine. La décision concrète ne devrait cependant pas être annoncé à la réunion de septembre, mais à celle de novembre.

Le Livre Beige de la Fed, publié mercredi et qui servira de base pour la prochaine réunion, a souligné que la croissance économique a ralenti aux Etats-Unis cet été pour revenir à un rythme "modéré" en raison du variant delta du coronavirus. En parallèle, la Fed a noté que la hausse des prix et des salaires s'est poursuivie, sur fond de pénuries de composants et de main d'oeuvre. La banque centrale a ainsi estimé que l'inflation était désormais "stable à un niveau élevé"...

VALEURS A SUIVRE

Apple (-3,3%) a corrigé après une décision de justice qui a donné partiellement raison au développeur de jeux vidéo Epic Games dans sa bataille contre Apple au sujet du très populaire jeu 'Fortnite', banni de l'App Store depuis l'été 2020. La juge Yvonne Gonzalez-Rogers, de la cour du district nord de Californie, a ainsi considéré qu'Apple devra laisser aux développeurs la possibilité de proposer leurs propres options de paiements à leurs clients. Dans ce cas, le groupe serait ainsi privé des commissions de 15% à 30% prélevées sur ces opérations...

La juge a en revanche estimé qu'Epic Games n'a pas réussi à démontrer qu'Apple avait bâti une position de monopole illégale. Certes, Apple contrôle une "part importante du marché" des transactions dans l'univers des jeux vidéo sur mobile et réalise des "marges extraordinairement hautes ", mais " ces éléments ne suffisent pas à prouver que la conduite [d'Apple] est contraire à la législation antitrust. Le succès n'est pas illégal", a estimé la juge Gonzalez-Rogers.

Kroger (-7,5%) a chuté après ses derniers comptes trimestriels. Le bénéfice net du second trimestre est ressorti à 467 millions de dollars soit 61 cents par titre, contre 819 millions de dollars et 1,03$ par action un an avant. Le bénéfice ajusté par action a été de 80 cents, contre 64 cents de consensus FactSet. Les revenus ont totalisé 31,7 milliards, contre 30,5 milliards un an plus tôt et 30,6 milliards de consensus. Les ventes digitales ont plus que doublé. Les ventes à comparable hors essence ont baissé de 0,6%, contre -3,2% de consensus. Le groupe rehausse sa guidance annuelle de bénéfice ajusté par action.

Amazon (-0,43%) va comme attendu lancer dès le mois prochain ses propres télévisions aux Etats-Unis. Le groupe de Jeff Bezos a annoncé hier une toute nouvelle gamme d'appareils Fire TV avec les premiers téléviseurs intelligents 'construits par Amazon', les téléviseurs intelligents Amazon Fire TV Omni Series et 4-Series, et le tout nouveau Fire TV Stick 4K Max. La Fire TV Omni Series sera disponible en 43" (409,99$), 50" (509,99$) et 55" (559,99$). La Fire TV Omni avec Dolby Vision sera disponible en 65" (829,99$) et 75" (1.099,99$). La Fire TV 4 sera disponible en 43" (369,99$), 50" (469,99$) et 55" (519,99$). Tous les téléviseurs seront disponibles le mois prochain aux États-Unis, exclusivement sur Amazon et Best Buy. Le Fire TV Stick 4K Max sera disponible aux États-Unis pour 54,99$.

Selon Business Insider, l'Américain collabore sur ce sujet avec le Chinois TCL, qui concevra et fabriquera le produit pour le compte d'Amazon. Ce dernier ajoutera donc sa marque et son software. Une conception interne ultérieure serait programmée.

American Outdoor (-1,2%). Le groupe a confirmé une guidance annuelle jugée décevante. Le fabricant américain de produits de sports de plein air et de loisirs anticipe des ventes annuelles en hausse de près de 4% à 287,5 millions de dollars, pour un bénéfice ajusté par action de 2,14$.

Alphabet (-1,8%). Selon l'agence Reuters, la pénurie de composants a poussé Google et le conglomérat indien Reliance Industries à reporter le lancement du smartphone à bas prix que les deux groupes développent ensemble et qui devait sortir aujourd'hui en Inde.

Uber (-1,1%), DoorDash (+1,2%) et Grubhub ont lancé des poursuites contre la ville de New York concernant une nouvelle règlementation limitant de manière permanente leurs commissions aux restaurants, indique le Wall Street Journal. Les groupes de livraison cherchent à obtenir une injonction contre l'application de cette règle, ainsi que des dommages.

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