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Clôture de Wall Street : l'espoir d'une baisse de taux soutient encore la cote

Clôture de Wall Street : l'espoir d'une baisse de taux soutient encore la cote
Clôture de Wall Street : l'espoir d'une baisse de taux soutient encore la cote
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après des débuts hésitants, Wall Street a finalement inscrit mercredi une deuxième séance de hausse d'affilée, dans le double espoir d'une embellie sur le front commercial et de baisses de taux de la Fed. Jerome Powell, président de la Fed, a en effet entrouvert mardi la voie à un assouplissement monétaire. Son message a été d'autant mieux perçu que plusieurs indicateurs économiques, notamment sur l'emploi, ont fortement déçu ce mercredi. Les taux d'intérêts se sont stabilisés après leur récent plongeon, tandis que le pétrole a coulé après l'annonce d'une forte hausse des stocks de brut aux Etats-Unis.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,82% à 25.539 points (après +2,06% mardi) tandis que l'indice large S&P 500 progressait de 0,82% à 2.826 pts (+2,14% mardi), et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, grimpait de 0,64% à 7.575 pts, après un bond de 2,65% la veille.

Sur le marché des changes, le dollar a rebondi après 3 séances de baisse. L'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) a progressé mercredi de 0,27% à 97,33 points. L'euro a cédé 0,23% à 1,1225$ à la veille d'une décision de politique monétaire de la BCE, qui devrait continuer de tenir un discours accommodant.

Le calme revient sur les marchés de taux, la Fed prête à agir ?

Les marchés obligataires américains ont enfin soufflé après le récent "rally" des cours, qui a entraîné un plongeon des taux souverains, et une inversion de la courbe des taux sans précédent depuis 2007, avant la crise des "subprimes" et la récession de 2008-2009.

Le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, est resté stable mercredi à 2,12%, tandis que celui du T-Bond à trois mois a cédé 1 pdb à 2,34%. L'écart entre les deux taux (22 pdb) reste au plus haut depuis 2007 et signale toujours une crainte de récession.

Les marchés de taux se sont calmés après des déclarations de responsables de la Fed, notamment son président, Jerome Powell, qui a ouvert la voie vers de nouveaux assouplissements monétaires. Powell a indiqué mardi que la banque centrale agirait de manière "appropriée" face aux risques nés des tensions commerciales, ce qui a été interprété par les marchés comme une quasi-promesse de baisse des taux.

Lundi, James Bullard, le président de la Fed de St. Louis, était allé plus loin, en indiquant qu'une baisse de taux "pourrait être bientôt justifiée" au vu de la montée des risques de ralentissement de l'économie et de la faiblesse de l'inflation. Le 31 mai, le vice-président de la Fed, Richard Clarida, avait estimé que la Fed pourrait envisager une baisse des taux directeurs en cas de ralentissement plus marqué que prévu, ou en cas de faiblesse persistante de l'inflation.

La probabilité d'au moins une baisse de taux d'ici à la fin 2019 approche désormais les 100%, à 98,2% mercredi soir, selon l'outil FedWatch du CME Group. Les marchés tablent désormais sur 2 voire 3 baisses de taux directeurs d'ici à la fin 2019, dans un contexte anxiogène de guerre commerciale.

Le Mexique et la Chine se montrent prêts à négocier

Sur ce front de la guerre commerciale, les investisseurs ont repris un peu espoir sur le dossier du Mexique. Alors qu'une délégation mexicaine de haut rang se trouve aux Etats-Unis, le conseiller à la Maison Blanche, Peter Navarro, a indiqué mercredi sur la chaîne 'CNN' qu'il était encore temps pour les responsables mexicains d'empêcher l'entrée en vigueur de taxes d'importation de 5% dès le 10 juin.

Mardi soir déjà, le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador s'était montré optimiste sur la possibilité de parvenir à un accord avec Washington. "Les pourparlers se passent bien (...) Je suis optimiste" a-t-il déclaré à la presse, ajoutant que "je pense que la rencontre de demain (mercredi avec le secrétaire d'Etat Mike Pompeo) va être importante et que nous trouverons un accord avant le 10 juin".

Depuis Londres, où il est en visite d'Etat, Donald Trump s'est montré moins conciliant en affirmant que"les taxes douanières seront probablement en vigueur" malgré les discussions en cours avec le Mexique au sujet de l'immigration clandestine.

Par ailleurs, la Chine s'est montrée plus souple mardi, après une semaine de rhétorique musclée entre Pékin et Washington... Le ministère chinois du commerce a appelé a un dialogue continu pour résoudre les différends commerciaux. La Chine "continue de penser que les différends et les frictions entre les deux parties devraient à la fin se résoudre via le dialogue et la consultation". Toutefois, "les consultations doivent être basées sur le respect mutuel, l'égalité et le bénéfice mutuel" des parties en présence, a ajouté le ministère.

En fin de semaine, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin doit s'entretenir avec le gouverneur de la Banque populaire de Chine et aura d'autres entretiens bilatéraux en marge du G20 Finances, qui se tient du 7 au 9 juin à Fukuoka, au Japon.

Ce sera l'occasion de renouer le dialogue et de savoir si la rencontre tant attendue entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping à l'occasion du sommer du G20 d'Osaka, le 28 et 29 juin, pourra se dérouler. La Chine avait laissé planer un doute en fin de semaine dernière sur cette question, accusant Washington d'être seul responsable de l'impasse actuelle dans les négociations.

L'activité et l'emploi ont flanché en mai outre-Atlantique

Les dernières statistiques publiées mercredi montrent que l'économie américaine commence à être affectée par la crainte d'une forte remontée des barrières douanières. Ainsi, les créations d'emplois sont ressorties extrêmement faibles dans le secteur privé en mai, à seulement 27.000, contre un consensus de place de 175.000 et après 271.000 en avril, selon le rapport mensuel ADP sur l'emploi dans le secteur privé. Les chiffres globaux (privé et public) du mois de mai seront publiés vendredi. Le consensus compilé par 'Bloomberg' table sur 180.000 créations d'emplois et un taux de chômage maintenu à 3,6%, avec une croissance solide des salaires horaires de 3,2% sur un an.

Par ailleurs, l'indice Markit PMI final des services est ressorti conforme aux attentes en mai, mais à 50,9, il frôle le seuil des 50, qui sépare l'expansion de la contraction. L'indice composite américain final du mois de mai (services et manufacturier) est également situé à 50,9, en nette baisse par rapport à avril où il était encore à 53. Ces chiffres sont plutôt préoccupants, puisqu'ils traduisent un ralentissement de l'expansion américaine en mai, au plus bas depuis cinq ans et demi si l'on excepte le mois de février 2016.

De façon assez paradoxale, l'indice ISM des services pour mai (calculé selon une autre méthodologie) est ressorti très supérieur aux attentes à 56,9 contre 55,8 de consensus et après 55,5 en avril. L'ISM montre donc une accélération de la croissance dans les services aux USA en mai, alors que l'indice Markit PMI final des services traduit au contraire un ralentissement...

Le pétrole est reparti en nette baisse, mercredi, après la publication d'un bond des stocks de brut de 6,8 millions de barils la semaine dernière aux Etats-Unis. En outre, la production de pétrole aux Etats-Unis a une nouvelle fois atteint un record à 12,4 millions de barils par jour. Mercredi, le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI a chuté de 3,37% à 51,68$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance août perdait 2,2% à 60,63$ à Londres, au moment de la clôture du Nymex.

VALEURS A SUIVRE

Salesforce.com (+5%) a dépassé les attentes de bénéfices pour le premier trimestre fiscal et dopé ses prévisions pour l'exercice 2020, avec la progression des revenus 'cloud'. Le géant des logiciels CRM a annoncé un bénéfice net trimestriel de 392 M$ soit 49 cents par titre, contre 344 M$ un an avant. Le bpa ajusté, de 93 cents, est à comparer à un consensus de 61 cents.

GameStop (-35,5% !) s'est effondré, affecté par la chute des ventes de consoles, alors que PS4 et Xbox One s'affichent en fin de cycle. Le détaillant a annoncé un bénéfice du premier trimestre de 7 M$ et 7 cents par titre, contre 28 M$ un an avant. Le bpa ajusté est également ressorti à 7 cents, pour de revenus en vif déclin à 1,55 Md$. Le consensus était de 3 cents de perte ajusté par titre et 1,64 Md$ de revenus. Le groupe table, pour 2019, sur une chute des ventes de 5 à 10%. Il a par ailleurs 'coupé' son dividende.

Uber (+5,2% à 45$). Après une chute initiale lors de son introduction en Bourse le 10 mai dernier, l'action du groupe de VTC a retrouvé ce mercredi soir son cours d'IPO de 45$. Le titre a bénéficié d'une série de publications de notes d'analystes, intervenues à l'issue de la période de "blackout" suivant l'introduction en Bourse. La plupart recommandent positivement l'action, avec un objectif de cours de 50$ à 62$ selon les courtiers. Le rival d'Uber, Lyft, a lui aussi bondi mercredi (+6,49% à 53$), mais il reste très en-dessous de son cours d'introduction, à 72$ le 29 mars dernier.

American Eagle (+0,1%). La chaîne américaine de vêtements a publié des revenus record pour le premier trimestre. Sur le trimestre clos début mai 2019, le bpa s'est élevé à 23 cents, alors que le bpa ajusté a augmenté de 4% à 24 cents. Les revenus totaux se sont appréciés de 8% à 886 millions, alors que la croissance à comparable a représenté 6%.

Campbell Soup (+10%) a relevé ses prévisions annuelles. Le groupe table désormais sur un bénéfice ajusté annuel par action allant de 2,50 à 2,55$. Sur le troisième trimestre fiscal, clos fin avril, le bénéfice net part du groupe a représenté 84 M$ soit 28 cents par titre, contre une perte de 393 M$ et 1,31$ par action un an auparavant. Le bpa ajusté a représenté 56 cents, contre 47 cents de consensus.

Brown-Forman (+4,8%), connu pour sa marque Jack Daniel's, a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal clos fin avril 2019 un bénéfice net de 159 M$ et 33 cents par titre, contre 110 M$ un an avant. Le consensus était de 30 cents de bpa. Les revenus ont augmenté de 1% à 744 millions, contre 762 millions de consensus. Sur l'exercice 2020, la compagnie envisage un bpa allant de 1,75 à 1,85$.

Ford Motor (-1,4%). Les autorités chinoises ont infligé une amende de 163 millions de yuans à la coentreprise formée par Ford et Changan Automobile pour infraction au droit de la concurrence.

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