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Clôture de Wall Street : l'escalade des taxes finalement bien digérée

Clôture de Wall Street : l'escalade des taxes finalement bien digérée
Clôture de Wall Street : l'escalade des taxes finalement bien digérée
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — En Bourse, il arrive souvent que les mauvaises nouvelles longtemps redoutées par les marchés, provoquent finalement un effet de soulagement lorsqu'elles se concrétisent. Ainsi, la confirmation par Donald Trump, tard lundi soir, de l'instauration de nouvelles taxes sur 200 milliards de dollars de marchandises chinoises, a finalement été bien accueillie à Wall Street, mais aussi sur les autres Bourses mondiales, où l'on a "vendu la rumeur, mais acheté la nouvelle".

Mardi à la clôture, l'indice Dow Jones a repris 0,71% à 26.246 points, tandis que l'indice large S&P 500 a pris 0,54% à 2.904 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a rebondi de 0,76% à 7.956 pts, après une chute de 1,43% lundi, juste avant les annonces du président américain.

Donald Trump a donc annoncé lundi soir la création de taxes de 10% sur 200 Mds$ supplémentaires d'importations chinoises. Ces taxes prendront effet dès lundi prochain, le 24 septembre, et il est prévu qu'elles montent à 25% au 1er janvier 2019, selon un communiqué de Donald Trump...

"Si la Chine venait à prendre des mesures de représailles contre nos agriculteurs ou autres industries, nous mettrions en oeuvre immédiatement la phase 3, à savoir des tarifs douaniers sur quelque 267 milliards de dollars d'importations supplémentaires", a ajouté le locataire de la Maison Blanche. En comptant les 50 Mds$ de bien chinois déjà taxés cet été, cette phase 3 reviendrait à taxer la totalité des importations chinoises, qui ont atteint 505 Mds$ en 2017.

Les marchés espèrent un compromis d'ici à la fin de l'année

"En tant que président, il est de mon devoir de protéger les intérêts des travailleurs et travailleuses, des agriculteurs, des éleveurs, des entreprises et de notre pays" a écrit Trump, en estimant que "la Chine a eu de nombreuses occasions de répondre pleinement à nos préoccupations".

Pékin a réagi dès mardi en imposant, là aussi à partir du 24 septembre, des taxes d'importations sur 60 Mds$ d'importations américaines. Ces taxes seront de 5% à 10% selon les produits, contre 5% à 25% initialement envisagés. Elles s'appliqueront à plus de 5.200 produits américains importés, selon le ministère chinois des Finances. Des produits qui devaient être taxés à 25%, comme le GNL, le seront à 10%.

Les investisseurs voient d'un bon oeil le fait que les Etats-Unis comme la Chine, ont mis en oeuvre une stratégie de riposte graduée, qui pourrait laisser la voie ouverte à des négociations pour que les deux pays parviennent à un compromis acceptable pour réduire le déséquilibre dans leurs échanges commerciaux. Le déficit des Etats-Unis s'est établi en 2017 à environ 375 Mds$ selon le département du Commerce (505 Mds$ d'importations venues de Chine contre 130 Mds$ d'exportations vers ce pays)

"Une fois encore, j'exhorte les dirigeants chinois à prendre rapidement des mesures pour mettre fin aux pratiques commerciales déloyales de leur pays. J'espère que cette situation commerciale sera finalement résolue par moi-même et le Président chinois Xi, pour qui j'ai beaucoup de respect et d'affection", a conclu le dirigeant américain dans un très officiel communiqué publié lundi soir sur le site internet de la Maison Blanche.

Accalmie sur le dollar, taux d'intérêts et pétrole en hausse

Sur le marché des changes, le dollar s'est stabilisé après avoir reculé la veille sous l'effet des tensions commerciales. L'indice du dollar, qui reflète l'évolution du billet vert face à 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, dollar canadien, yen et couronne suédoise) a repris mardi soir 0,14% à 94,63 points. L'euro a cédé 0,11% à 1,1671$.

Sur les marchés obligataires américains, les cours ont reculé et les taux d'intérêts se sont tendus. Le rendement de l'emprunt d'Etat à 10 ans a grimpé mardi de 6 points de base pour atteindre 3,06%.

Le pétrole était de son côté orienté à la hausse. Le contrat à terme d'octobre sur le brut léger américain (WTI) a pris 1,36%, à 69,85$ le baril, tandis que le contrat de novembre sur le Brent de Mer du Nord a gagné 1,26%, à 79,03$ le baril. Dimanche prochain, les ministres de l'Opep et de pays hors Opep (dont la Russie) doivent se réunir à Alger, et selon l'agence 'Reuters', ils n'auraient pas prévu dans l'immédiat de modifier leur production.

L'Opep ne semblerait donc pas disposée à ouvrir les vannes pour compenser la réduction de l'offre iranienne, qui doit résulter de l'imposition de nouvelles sanctions américaines le 4 novembre. Selon des sources saoudiennes citées par 'Bloomberg', l'Arabie saoudite se satisferait d'un cours du brut au-dessus de 80$, au moins à court terme, même si à plus long terme, les perspectives du marché restent assombries par les querelles commerciales entre les Etats-Unis et plusieurs de leurs partenaires commerciaux (Chine, UE, Canada, Japon...)

VALEURS A SUIVRE

L'action Apple (+0,17%) a retrouvé un peu de couleur mardi, après une chute de 2,6% la veille... La plupart de ses produits, dont l'iPhone, l'Apple Watch et les écouteurs intra-auriculaires Airpods ont été épargnés par les nouvelles taxes. Les montres et bracelets de fitness connectés vendus par d'autres marques américaines, comme Fitbit, sont eux aussi exonérés de droits de douanes. L'action Fitbit, qui avait perdu 1% lundi, a fini mardi sur un vif rebond de 6,4% !

Mardi, Tim Cook, le directeur général d'Apple s'est montré assez optimisme quant à l'issue des négociations commerciales entre Washington et Pékin. "Je suis optimiste car le commerce fait partie de ces choses où il n'y a pas de jeu à somme nulle", a estimé Cook sur 'Good Morning America', programme d''ABC News'. "Nous pouvons échanger quelque chose et nous pouvons tous les deux gagner", a assuré le patron du groupe de Cupertino.

"L'iPhone est assemblé en Chine, mais les composants viennent de partout", a exliqué le CEO du groupe californien. "Je ne veux pas parler à leur place, mais je pense qu'ils ont regardé cela et se sont dit que ça n'était pas vraiment positif pour les Etats-Unis de mettre une taxe sur ce type de produit". En revanche, les produits d'Apple seraient nécessairement touchés, cette fois, si Donald Trump mettait à exécution ses pires menaces en taxant la totalité des importations provenant de Chine.

Tesla a fini en net recul, de 3,35% à 284,96$, après des informations de 'Bloomerg' faisant état de l'ouverture d'une enquête pour fraude par le Département américain de la Justice (DoJ). Le parquet fédéral américain veut savoir s'il y a eu fraude lorsqu'Elon Musk a publié le 7 août dernier un "tweet", dans lequel il faisait état d'un projet de retrait de la cote du constructeur de voitures électriques.

Musk assurait dans ce message que le financement de cette opération, d'un montant évalué à 72 milliards de dollars (62 MdsE) était "garanti" au prix de 420$ par action. Ce projet a ensuite été abandonné le 24 août.

Tesla a réagi mardi en affirmant que la justice avait simplement réclamé des documents au sujet de l'annonce par son PDG Elon Musk. "Nous n'avons pas reçu de convocation, de demande de témoignage ni aucune autre procédure officielle", a écrit un porte-parole de Tesla dans un courriel de réponse à l'agence 'Reuters'.

Comme Apple, Amazon (+1,7%) a rebondi mardi, après un plongeon de 3,1% lundi soir. Le titre avait été plombé par un flux d'informations négatives, notamment les tensions commerciales entre Washington et Pékin, ainsi que des révélations du 'Wall Street Journal' affirmant dimanche que des salariés d'Amazon auraient été corrompus et amenés à vendre des données clients. Par ailleurs, la banque Citi Research s'est inquiétée d'une possible enquête antitrust pilotée par Trump et a conseillé à Amazon de se scinder en deux entités.

Oracle (-0,3%) a finalement limité les dégâts après la publication, lundi soir après la clôture, de comptes trimestriels jugés un peu décevants. Le premier trimestre fiscal, achevé le 31 août s'est soldé pour l'éditeur de logiciels de gestion d'entreprise par un bénéfice net de 2,27 Mds$, soit 57 cents par action, contre 2,14 Mds$ un an plus tôt. Ajusté des éléments exceptionnels, le bnpa est de 71 cents par action, un peu supérieur aux attente du consensus qui était de 69 cents. Cependant, le chiffre d'affaires a déçu : il s'est établi à 9,19 Mds$ contre 9,14 Mds$ un an plus tôt, mais il était attendu un peu supérieur, à 9,3 Mds$. Les revenus du "cloud" notamment, ont été inférieurs aux attentes du marché, à 6,61 Mds$ contre 6,68 Mds$ de consensus.

FedEx (-5,5%) a publié également des résultats inférieurs aux attentes pour son premier trimestre fiscal. Les bénéfices ont atteint 835 M$ (3,10$ par action), contre 596 M$ (2,19$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 3,46$, contre 2,51$ un an plus tôt, mais contre 3,82$ attendu par les analystes. Les revenus se sont élevés à 17,1 Mds$, contre 15,3 Mds$ sur la même période de l'exercice précédent, mais inférieurs aux 16,9 Mds$ anticipés par le consensus. Sur l'exercice fiscal 2019, le groupe vise désormais un bpa logé entre 15,85 et 16,45$, contre une précédente fourchette de 15,65/16,25$. Les revenus sont attendus en hausse de 9%.

General Mills (-7 ,6%) a publié des profits trimestriels de 392,3 M$ (0,65$ par action), contre 404,7 M$ (0,69$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 0,71$. Les ventes s'élèvent à 4,09 Mds$, contre 3,77 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,64$, pour des revenus de 4,12 Mds$.

AutoZone (-1,9%) a dévoilé ses résultats du quatrième trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 400 M$ (15,02$ par action), contre 434 M$ (15,27$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 18,54$, en hausse de 21,4%. Les ventes s'élèvent à 3,56 Mds$, contre 3,51 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 17,99$, pour des ventes de 3,60 Mds$. A magasins comparables, les ventes progressent de 2,2%, contre 2,5% de consensus.

Marsh & McLennan (-4%) s'offre le courtier en assurances coté à Londres, JLT (Jardine Lloyd Thompson). Marsh a ainsi accepté de racheter le groupe britannique JLT pour environ 4,3 milliards de livres sterling en numéraire. Par cette opération, le fournisseur américain de services financiers renforce également ses activités mondiales de réassurance.

Visa a repris 1% et MasterCard 1,6%. Les deux groupes, ainsi que plusieurs banques américaines, ont conclu un accord et accepté de payer un total de plus de 6 Mds$, afin de régler un dossier d'entente illicite sur les prix imposés aux commerçants acceptant les cartes de crédit. Visa et Mastercard étaient initialement parvenus à un accord de 7,2 Mds$ avec les commerçants, mais le 'deal' avait été rejeté en appel il y a deux ans, puis l'an dernier par la Cour suprême. JP Morgan Chase, Citigroup et Bank of America comptaient parmi les émetteurs de cartes également cités dans l'action collective. Les compagnies ont déjà payé 5,3 Mds$ et devront encore verser un complément de 900 M$. Visa déboursera à lui seul plus de 4 Mds$.

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