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Clôture de Wall Street : l'emploi US déçoit, mais la Bourse est au sommet

Clôture de Wall Street : l'emploi US déçoit, mais la Bourse est au sommet
Clôture de Wall Street : l'emploi US déçoit, mais la Bourse est au sommet
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a encore progressé vendredi, malgré l'annonce de créations d'emplois très inférieures aux attentes en avril aux Etats-Unis... Cette nouvelle a cependant réduit les craintes d'inflation et de hausses des taux de la Fed, entraînant une détente des taux d'intérêts, ce qui a soulagé les investisseurs en actions. Le Dow Jones et le S&P 500 ont signé de nouveaux records en clôture tandis que le Nasdaq a rebondi. Du côté des valeurs, les fabricants de vaccins contre le Covid-19 sont repartis en hausse, alors que les craintes d'une levée des brevets sur leurs sérums s'estompent.

A la clôture, l'indice Dow Jones a progressé de 0,66% à 34.777 points, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 0,74% à 4.232 pts, de nouveaux sommets donc, pour ces deux indices. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a gagné 0,88% à 13.752 pts et perd désormais moins de 3% par rapport à son précédent record du 26 avril, à 14.138 pts.

Sur l'ensemble de la semaine, le DJIA a gagné 2% et le S&P 500 a pris 1,2%, mais le Nasdaq a corrigé de 1,5%, victime des valorisation très élevées et de la rotation sectorielle vers les valeurs cycliques.

Les cours des fabricants de vaccins contre le Covid-19 ont rebondi vendredi, relativisant les craintes d'une levée des protections de la propriété intellectuelle pour ces vaccins. Pfizer a repris 0,9% (après -1% jeudi), BioNTech a rebondi de 9,3% (-1,6% jeudi), Moderna a avancé de 1,6% (-1,4% jeudi) et AstraZeneca a pris 0,6% (-0,3% jeudi). Johnson & Johnson a gagné 0,45% (après +0,47% jeudi) et Novavax a grimpé de 2% (après +0,45% jeudi). Alors que les Etats-Unis se sont dit favorables à la levée temporaire des brevets, le gouvernement allemand s'est en revanche montré défavorable à cette idée.

"Enorme surprise", seulement 266.000 créations de postes en avril aux Etats-Unis

Les chiffres mensuels du marché du travail aux Etats-Unis ont donc jeté un froid dans les salles de marché puisque seulement 266.000 emplois non-agricoles ont été créés le mois dernier contre un consensus de place logé à près d'un million !

Le taux de chômage a par ailleurs augmenté de 6% en mars à 6,1%, a annoncé le département américain du Travail. Le consensus misait sur une baisse à 5,8%. Autre mauvaise nouvelle : le nombre de créations d'emplois en février et mars a été révisé en baisse de 78.000 en cumulé sur les deux mois. Enfin, le salaire hebdomadaire moyen a augmenté de 0,7% après un recul de 0,1% en mars et contre une stabilité anticipée par le marché.

"C'est une grosse surprise", explique à 'Bloomberg', Matt Maley, directeur de la stratégie de marché chez Miller Tabak & Co. "Cela va jeter un grand coup d'arrêt à la grande rotation à laquelle nous avons assisté récemment. La baisse du rendement à 10 ans aux Etats-Unis va nuire aux banques et aider les technologies. Elle devrait également poser quelques problèmes aux matières premières qui se sont très fortement redressées dans l'attente d'une hausse de l'inflation".

Le patron de la Fed de Minneapolis Neel Kashkari a déclaré à 'Bloomberg Television' que les chiffres de l'emploi montrent que l'économie américaine est encore loin d'avoir retrouvé le plein emploi. Il a ajouté avoir "zéro sympathie" pour les critiques venues de Wall Street contre le soutien massif de la Fed alors que des millions d'Américains sont encore sans emploi.

La secrétaire au Trésor Janet Yellen a elle aussi souligné que ces chiffres montrent à quel point "le chemin sera encore long avant la reprise complète de l'économie américaine". Elle s'est malgré tout dit confiante que "l'économie sera forte et prospère cette année et en 2022".

Les taux font du yo-yo, le cuivre bat des records

Sur les marchés obligataires, les taux se sont montrés très volatils après l'annonce des chiffres de l'emploi. Ils ont d'abord décroché avant de refaire leur retard. Le rendement du T-Bond américain à 10 ans est ainsi tombé jusqu'à 1,47%, après l'annonce des chiffres de l'emploi (contre 1,57% jeudi soir) avant de revenir à 1,57%... Le taux du "30 ans" a chuté jusqu'à 2,20% (contre 2,24% jeudi soir) avant de remonter à 2,27%...

Du côté des changes, l'indice du dollar a cédé 0,8% à 90,22 points face à un panier de devises de référence. A l'inverse, l'euro a gagné 0,86% face au billet vert à 1,2168$ dans les échanges interbancaires à New York.

L'envolée des prix des matières premières continue aussi d'être surveillée de près alors que le cuivre a par exemple atteint un plus haut historique vendredi matin à plus de 10.200$ la tonne. Le métal rouge, considéré comme un très bon indicateur économique, a gagné plus de 30% depuis le premier janvier et a été multiplié par deux depuis son point bas de mars 2020. Plus globalement, l'indice 'Bloomberg Commodity Spot' a bondi à son plus haut niveau depuis 2011.

La Fed met en garde sur les risques de marché

Les records alignés par Wall Street depuis plusieurs mois, la forte hausse des matières premières ainsi que l'euphorie autour des cryptos n'ont pas échappé à la Fed. Dans son rapport semestriel sur la stabilité financière, la Réserve fédérale affirme que l'appétit croissant pour le risque sur une variété de marchés d'actifs tend les valorisations et crée des vulnérabilités dans le système financier américain.

"Les vulnérabilités associées à un appétit élevé pour le risque augmentent", a déclaré Lael Brainard, gouverneur de la Fed et responsable du comité de stabilité financière. "La combinaison de valorisations tendues avec des niveaux très élevés d'endettement des entreprises mérite d'être surveillée en raison du potentiel d'amplification des effets d'un événement de réévaluation des prix". Dans cet environnement, les prix peuvent être vulnérables à des "baisses significatives" si l'appétit pour le risque diminue... Si même la Fed le dit.

Sur les marchés pétroliers, les cours du brut ont fini la semaine en légère hausse, les investisseurs tablant sur une demande accrue de brut cet été à la faveur de la levée des restrictions aux Etats-Unis et en Europe. L'optimisme est cependant tempéré par la montée des nouvelles vagues de Covid-19 en Inde, au Japon et au Brésil. Le baril de brut léger américain WTI a gagné vendredi 0,3% à 64,90$ sur le Nymex pour le contrat à terme de juin, et a bondi de 2,1% sur l'ensemble de la semaine. Le Brent a pris 0,28% à 68,28$ (contrat de juillet) vendredi soir.

L'or a profité des chiffres de l'emploi US, qui font penser que la Fed ne relèvera pas ses taux de sitôt. L'once de métal jaune a gagné 0,9% à 1.831,30$, au plus haut de le 10 février. Sur la semaine, la "relique barbare" a repris non moins de 3,6%.

Enfin, sur le marché des "cryptos", en fin de soirée vendredi, le bitcoin gagnait 3% sur 24h, autour de 57.718$ sur la plateforme Bitfinex, alors que l'Ether prenait 1,2% à 3.510$, toujours proche de ses plus hauts historiques.

VALEURS A SUIVRE

Malmené par la rotation sectorielle qui a vu les actions plus sensibles à la conjoncture se distinguer cette semaine, le secteur technologique a retrouvé des couleurs ce vendredi, à l'image de Roku (+11,5%). Parmi les GAFAM, Apple (+0,5%) Facebook (-0,29%), Alphabet (+0,6%), Amazon (-0,45%) et Microsoft (+1%) ont fini en ordre dispersé.

* Square a bondi de 4,1% après avoir dévoilé des résultats trimestriels nettement supérieurs au consensus. La société de paiement, dirigée par le patron de Twitter Inc, Jack Dorsey, a enregistré un bénéfice net de 39,01 millions de dollars, soit 8 cents par action, pour le trimestre clos en mars, contre une perte de 105,9 millions de dollars, soit 24 cents par action, un an plus tôt. Le bpa ajusté est ressorti à 41 cents contre 16 cents de consensus. Les revenus nets ont été multipliés par près de quatre à 5,06 milliards de dollars, contre 3,37 Mds$ de consensus. La firme a bénéficié à plein de la forte demande de bitcoins qui a entraîné une hausse des transactions en crypto-monnaies sur son service de paiement de pair à pair Cash App. Cash App a généré 3,51 milliards de dollars de revenus en bitcoins et 75 millions de dollars de bénéfices bruts en bitcoins au cours du premier trimestre, chacun ayant été multiplié par environ onze d'une année sur l'autre.

* Peloton Interactive (stable) a vécu une séance très volatile, avec un gain de plus de 6% au plus haut de la séance avant de perdre tous ses gains. Le fabricant d'équipements sportifs connectés à domicile divise les analystes après ses comptes trimestriels, et après un important rappel de ses tapis de course suite à de nombreux accidents chez ses clients. Sur son 3e trimestre fiscal, la société a annoncé jeudi soir avoir doublé ses ventes sur un an, à 1,26 milliard de dollars contre 1,12 Md$ attendu par le consensus. Mais en raison d'une hausse de ses coûts, Peloton a affiché une perte nette de 8,6 millions de dollars, soit 3 cents par action, même si les analystes s'attendaient à une perte plus élevée de 12 cents. Un an plus tôt, au 1er trimestre 2020, Peloton avait affiché des ventes de 525 M$ pour une perte nette de 20 cents par action. Le groupe a révisé en légère baisse ses prévisions de vente pour le 4e trimestre et l'exercice en cours, en raison du report du lancement de son tapis de course "Tread", qui devra être modifié pour éviter les accidents.

Le groupe basé à New York, qui a vu les commandes exploser avec la crise du Covid-19, a expliqué avoir fait face à une hausse de ses coûts, notamment de transport, alors qu'il s'est efforcé de réduire les délais de livraison, qui ont été allongés par les difficultés liées à la crise du coronavirus, au moment où les commandes ont bondi.

* Pfizer (+0,9%). Les fabricants de vaccins contre le Covid-19 sont une nouvelles fois surveillés, après la proposition américaine d'une levée temporaire des protections de la propriété intellectuelle pour ces vaccins.

* BioNTech (+9,3%). La biotech allemande qui a mis au point avec Pfizer le vaccin anti-Covid le plus utilisé dans le monde, profite des déclarations du gouvernement allemand, qui s'est montré défavorable à l'idée de suspendre les brevets sur les vaccins anti-Covid. L'approvisionnement est "une préoccupation majeure du gouvernement", mais le problème vient "de la production, non des brevets", a notamment commenté jeudi une porte-parole du gouvernement. "La protection de la propriété intellectuelle est une source d'innovation et doit le rester à l'avenir", a-t-elle ajouté.

* Shake Shack a plongé de 15,3% après avoir dévoilé des revenus un peu courts par rapport au consensus. Les recettes ont en effet progressé de 8,5% sur les trois mois clos fin mars à 155,3 millions de dollars (+5,7% en comparable), contre 161,6 M$ attendus. Le bénéfice net par action est ressorti à 4 cents là où les analystes tablaient une perte de 9 cents. Le management table sur des ventes comprises entre 174 et 180 M$ sur le trimestre en cours, au niveau du consensus dans le haut de fourchette. "Compte tenu de l'incertitude substantielle et de l'impact économique important résultant de la pandémie de Covid-19, la société ne fournit pas de prévisions complètes pour l'exercice se terminant le 31 décembre ", a précisé la chaîne de burgers. "Nous savons que le retour du trafic commercial, des événements et du tourisme dans des villes comme NYC, Chicago et LA sera la clé de notre rétablissement complet", a souligné le DG Randy Garutti.

* Beyond Meat (-7%). Le spécialiste des steaks aux protéines végétales a dévoilé une perte trimestrielle plus importante que prévu, en raison de la hausse des coûts de transport, du lancement de nouveaux produits et de la fermeture des restaurants. Sur le trimestre clos fin mars, le groupe californien a essuyé une perte ajustée par action de 42 cents contre 19 cents attendus par les analystes. Les revenus ont progressé de 11% à 108,2 M$, contre un consensus de 113,7 M$."À plus court terme, nous revenons prudemment à la pratique consistant à émettre des prévisions, en commençant par les revenus nets, car nous avons récemment commencé à observer un lent ralentissement au sein des services alimentaires, tant au niveau national que sur certains marchés internationaux", a déclaré le PDG Ethan Brown. Le groupe vise des ventes entre 135 et 150 M$ sur le trimestre en cours, contre un consensus de 142,8 M$.

* Citigroup (+0,4%) étudie la possibilité de fournir des services liés aux cryptomonnaies face à l'intérêt de ses clients, a rapporté vendredi le 'Financial Times'.

* Goldman Sachs (+1,3%) se lance dans le trading de crypto-monnaies ! La banque de Manhattan devient la première de Wall Street à s'aventurer dans ce type d'activité. Dans un mémo interne obtenu par 'CNBC', GS a informé son personnel évoluant dans sa division de marchés qu'une équipe dédiée au trading des monnaies virtuelles a été formée au sein de sa branche de 'négociation de devises et des marchés émergents', sous la responsabilité de Rajesh Venkataramani. La banque n'achète et ne vend pas directement des cryptos dont le Bitcoin, mais négocie des produits dérivés basés sur les futurs et contrats à terme sur le Bitcoin. "À l'avenir, alors que nous continuons à élargir notre présence sur le marché, bien que de manière mesurée, nous intégrons de manière sélective de nouveaux fournisseurs de liquidités pour nous aider à étendre notre offre", détaille M. Venkataraman dans le mémo.

En outre, le dirigeant explique que l'établissement a lancé hier son 'tableau de bord' des actifs numériques, qui fournit à ses clients des données et des informations quotidiennes et intra-journalières sur le marché des crypto-monnaies. Les banques, dont GS et sa rivale Morgan Stanley, ont annoncé leur intention de proposer des investissements en bitcoins à leurs clients fortunés dans leurs divisions de gestion de patrimoine, mais elles se sont jusqu'ici tenues à l'écart de cet actif volatil dans leurs opérations de trading.

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