Cotation du 19/02/2019 à 18h49 Dow Jones Industrial +0,13% 25 916,39
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Clôture de Wall Street : l'aversion au risque refait surface...

Clôture de Wall Street : l'aversion au risque refait surface...
Clôture de Wall Street : l'aversion au risque refait surface...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — A l'issue d'un week-end de trois jours, Wall Street a renoué mardi avec la baisse... L'appétit du risque, qui a permis un vif rebond de début d'année, semble désormais quelque peu rassasié. Les investisseurs sont rattrapés par les doutes sur la croissance mondiale, notamment en Chine, après une nouvelle révision à la baisse par le FMI des perspectives de croissance mondiale. Le "shutdown" d'une partie de l'administration américaine, qui entre dans son deuxième mois, menace désormais de peser sur l'activité aux Etats-Unis, tandis qu'en Europe, les incertitudes sur le Brexit et le ralentissement de l'économie allemande sont aussi préoccupants.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé mardi 1,22% à 24.405 points en clôture, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 1,42% à 2.632 pts, et que l'indice Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a fléchi de 1,91%, à 7.020 pts. Presque tous les indices sectoriels du S&P 500 ont subi des dégagements mardi, à commencer par l'industrie (-2,2%), l'énergie (-2,1%), et les technologiques (-1,9%).

La semaine dernière, les trois indices américains avaient progressé de 2,9% (DJIA), 2,8% (S&P 500) et 2,6% (Nasdaq). Depuis leurs plus bas niveaux de décembre, ils ont effacé environ la moitié de leur baisse de l'ordre de 20% subie fin 2018 dans la crainte d'un accident de parcours de l'économie mondiale.

Les obligations comme valeurs-refuge, le dollar hésite, le pétrole rechute

Sur le marché des changes, le dollar a fini quasi-stable mardi. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence, a cédé 0,01% à 96,33 points. L'euro a fini en léger recul (-0,06%) à 1,1357$, tandis que la livre sterling a repris de la hauteur (+0,50% à 1,2956$), les marchés tablant sur un report ou une suspension du Brexit, face aux difficultés de Theresa May de faire accepter son "Plan B" par le parlement britannique.

Sur les marchés obligataires américains, les cours ont profité du retour de l'aversion au risque des investisseurs, qui se sont rabattus sur les obligations en tant que valeurs-refuge. Les taux (qui évoluent en sens inverse des cours) ont en conséquence nettement reculé. Le rendement du T-Bond à 10 ans a cédé 4 points de base mardi pour finir à 2,74%.

Le pétrole a fait l'objet de prises de bénéfices après avoir flambé ces dernières semaines. Le contrat à terme de février sur le brut léger américain WTI a perdu mardi 2,29% à 52,57$ le baril, tandis que l'échéance mars sur le Brent a lâché 1,98% à 61,50$. A la fin de la semaine dernière, le WTI regagnait plus de 16% depuis le 1er janvier et 27% par rapport à ses plus bas niveaux du 24 décembre dernier, à 42,36$. Les cours ont été soutenus notamment par l'accord des pays dits de "l'Opep+" qui ont commencé en janvier à réduire leur production de 1,2 million de barils par jour.

La croissance chinoise donne de sérieux signes de faiblesse

Après un début d'année marqué par les espoirs d'accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine, ainsi qu'un rebond en partie technique après le plongeon de décembre, les investisseurs se montrent désormais plus prudents. Ils ont notamment été refroidis par la publication du PIB de la Chine au quatrième trimestre et sur l'ensemble de 2018, qui a confirmé un net ralentissement de la croissance.

La décélération a été continue sur l'ensemble de l'année en Chine : la hausse du PIB s'est établie à +6,4 % au 4ème trimestre en rythme annuel, après +6,8 % au 1er, +6,7 % au 2ème et +6,5 % au 3ème. Sur l'ensemble de l'année, elle s'établit à 6,6%, son rythme le plus lent depuis 28 ans !

Même si Pékin a d'ores et déjà annoncé des mesures de soutien de son économie, le ralentissement va se poursuivre en 2019, et pourrait s'accentuer si aucun accord commercial n'est finalement conclu avec les Etats-Unis d'ici à la date-butoir du 1er mars.

Le FMI abaisse ses prévisions de croissance pour 2019 et 2020

Lundi, à la veille de l'ouverture du Forum économique mondial de Davos, le FMI a revu en baisse, pour la 2ème fois depuis octobre dernier, ses prévisions de croissance économique mondiale. La hausse du PIB mondial serait ainsi limitée à 3,5% cette année, au lieu des 3,7% encore prévus en octobre, et 3,9% auparavant... Pour 2020, la croissance est attendue à 3,6% contre 3,7% jusqu'ici...

"Une récession mondiale n'est pas au coin de la rue mais le risque d'un recul plus prononcé de la croissance mondiale a augmenté", a ainsi averti la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. "Cela va être plus laborieux, plus d'efforts seront nécessaires", a-t-elle prévenu, citant la guerre commerciale, le ralentissement de la zone euro et le Brexit comme les principaux risques à la croissance.

Des craintes pour la stabilité sociale de la Chine ?

Lundi, des propos du président chinois Xi Jinping, rapportés par l'agence officielle 'Xinhua', ont inquiété les marchés. Le dirigeant a réuni des hauts responsables de parti communiste, insistant sur la nécessité pour eux de maintenir la stabilité politique du pays, face au ralentissement économique.

Selon 'Xinhua', M. Xi a mis en garde ces responsables du PC contre les "cygnes noirs", des événements imprévisibles et bouleversants pour l'économie, et les "rhinocéros gris", à savoir des menaces connues, mais dont les conséquences sont gravement sous-estimées. Certains experts craignent que le manque de croissance n'entraîne des troubles sociaux dans la 2ème économie mondiale.

Les négociations commerciales rencontrent de nouveaux obstacles

Sur le front commercial, des informations du 'Financial Times', ont jeté un froid sur les marchés. Le quotidien britannique a affirmé que les Etats-Unis avaient refusé la tenue d'une réunion préparatoire au prochain round de négociations, prévu les 30 et 31 janvier.

Les sources du 'FT' font état d'un manque de progrès sur les dossiers des "transferts forcés de technologies" et des réformes économiques. La semaine dernière, à l'inverse, les rumeurs en provenance de l'entourage des négociations donnaient le sentiment que le climat était plutôt constructif entre Washington et Pékin.

Washington va demander l'extradition de la responsable de Huawei

Par ailleurs, dans le dossier délicat de Huawei, le géant chinois des équipements télécoms, un nouvel élément de tension est apparu. Selon le quotidien canadien 'The Globe and Mail', les Etats-Unis ont informé les autorités canadiennes qu'ils allaient formuler une demande officielle d'extradition de la directrice financière du groupe chinois de télécoms Meng Wanzhou. Une information confirmée mardi soir par Washington.

Mme Meng a été arrêtée au Canada le 1er décembre à la demande de la justice américaine, soupçonnée d'avoir facilité la vente à l'Iran de matériel Huawei en violation avec l'embargo américain. Par ailleurs, Huawei a été écarté de la plupart des grands appels d'offre aux Etats-Unis et dans d'autres pays pour les réseaux 5G en raison de craintes d'espionnage.

De son côté, Donald Trump n'a pas montré de complaisance envers Pékin, en enjoignant le pays à conclure un "vrai deal" avec les Etats-Unis. Sur son compte Twitter, le président américain a écrit lundi que "la Chine affiche les chiffres économiques les plus faibles depuis 1990 en raison des tensions commerciales avec les U.S. et des nouvelles politiques. Cela ferait tellement sens que la Chine fasse enfin un Vrai Deal et arrête de jouer!".

Alors que le "shutdown" se poursuit aux Etats-Unis, entrant dans son 2ème mois, le marché du logement a montré de nouveaux signes de faiblesse outre-Atlantique.

Les reventes de logements existants sont ainsi ressorties au nombre de 4,99 millions d'unités, contre un consensus de place de 5,22 millions et une lecture révisée à 5,33 millions pour le mois antérieur. Ainsi, ces reventes de logements existants s'établissent en déclin de 6,4% en comparaison du mois antérieur et de 10,3% en glissement annuel...

VALEURS A SUIVRE

Stanley Black & Decker (-15,5%) a dévoilé ses comptes du quatrième trimestre. La perte nette ressort à 66,7 M$ (0,45$ par action), contre un bénéfice de 281,5 M$ (1,84$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action s'affiche à 2,11$. Les revenus montent de près de 5% à 3,63 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,10$, pour des revenus de 3,6 Mds$. Sur 2019, le groupe vise un bpa compris entre 8,45 et 8,65$, contre 8,15$ en 2018, et 8,79$ de consensus...

Johnson & Johnson (-1,3%) a publié ses résultats du quatrième trimestre. Les bénéfices sont de 3,04 Mds$ (1,12$ par action), contre une perte de 10,71 Mds$ (3,99$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 1,97$. Les ventes montent de 1% à 20,4 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,95$, pour des revenus de 20,2 Mds$. Pour 2019, le groupe vise un bpa compris entre 8,50 et 8,65$ (contre 8,18$ en 2018), pour des ventes situées entre 80,4 et 81,2 Mds$ (contre 81,6 Mds$ en 2018).

Travelers (-1,3%) a annoncé ses comptes du quatrième trimestre. Les bénéfices son de 621 M$ (2,32$ par action), contre 551 M$ (1,98$ par action) un an avant. Le bénéfice par action ajusté ressort à 2,13$. Les revenus (primes nettes) s'élèvent à 6,69 Mds$, contre 6,42 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,10$, pour des revenus de 6,74 Mds$.

Halliburton (-3%) a présenté ses résultats du quatrième trimestre. Le résultat net ressort à 664 M$ (0,76$ par action), contre une perte de 824 M$ (0,94$ par action) un an avant. Le bénéfice par action ajusté s'affiche à 0,41$. Les revenus s'affichent à 5,94 Mds$, stables par rapport à l'an dernier. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,37$, pour des revenus de 5,9 Mds$.

MasterCard (-1,2%). La Commission européenne inflige une lourde amende de 571 millions d'euros au groupe américain, lui reprochant d'avoir restreint les possibilités pour les détaillants. "En empêchant les commerçants de profiter de meilleures conditions offertes par des banques établies dans d'autres États membres, les règles imposées par MasterCard ont augmenté artificiellement les coûts des paiements par carte, au détriment des consommateurs et des commerçants de l'Union européenne", selon Margrethe Vestager, commissaire à la concurrence.

eBay (+6,1%). Le fonds activiste Elliott demande au géant américain des enchères en ligne de restructurer son activité et de vendre certains actifs. Le fonds juge qu'eBay pourrait ainsi parvenir à doubler sa valeur de marché dans les deux prochaines années. Elliott possède plus de 4% du capital du groupe de e-commerce, et affirme que le titre pourrait valoir entre 55$ et 63$ en 2020, du moins si le management suit ses préconisations.

Tesla (-1,1%) a reçu des propositions de Tianjin Lishen pour la fourniture de batteries pour sa nouvelle usine de Shanghai (dont la construction vient d'être lancée), mais aucun accord n'aurait été conclu pour l'heure avec le Chinois... Du côté des brokers, Needham vient de livrer pour sa part un avis très prudent, l'intermédiaire s'inquiétant de la vigueur des commandes du Model 3, qui pourraient selon lui fortement décliner au premier ou au second trimestre. Le conseil est à 'sous-performance'.

IBM (-1%). Le groupe informatique devait publier mardi soir, après la clôture de Wall Street, ses résultats du quatrième trimestre.

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