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Clôture de Wall Street : l'appétit du risque revient grâce à Jerome Powell !

Clôture de Wall Street : l'appétit du risque revient grâce à Jerome Powell !
Clôture de Wall Street : l'appétit du risque revient grâce à Jerome Powell !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les actions américaines ont vivement rebondi mercredi dans l'espoir que la Fed fera bientôt une pause dans son cycle de hausse des taux, sur fond de montée des risques sur la croissance mondiale. Les craintes sur le commerce sont passées au second plan après que Jerome Powell, le patron de la Fed, a estimé que les taux étaient actuellement "juste en dessous" du niveau neutre. Le pétrole est reparti en baisse après une nouvelle hausse des stocks de brut aux Etats-Unis, tandis que le dollar a reculé et que les valeurs technologiques ont repris une partie du terrain perdu ces dernières semaines. Apple (+3,8%) est parvenu à conserver son titre de première capitalisation boursière mondiale, que Microsoft (+3,7%) tente de lui ravir depuis 3 séances.

A la clôture, l'indice Dow Jones a bondi de 2,5% à 25.366 points, tandis que l'indice large S&P 500 a gagné 2,30% à 2.743 pts et que l'indice Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a grimpé de 2,95% à 7.291 pts.

Le taux des "Fed funds" désormais "juste en dessous" d'un niveau neutre

Sur le marché des changes, l'indice du dollar a nettement reculé après les propos de Jerome Powell, qui font espérer une pause dans la hausse des taux, après le geste attendu lors de la réunion de décembre. L'indice du dollar a chuté de 0,62% à 96,76 points, tandis que l'euro a bondi de 0,8% à 1,1381$, et que la livre sterling a gagné 0,75% à 1,2838$, malgré la publication d'un rapport de la Banque d'Angleterre mettant en garde contre les risques d'un Brexit dur. Dans le scénario noir d'un Brexit sans accord , la livre chuterait de 25%, le selon la BOE, tandis que le PIB britannique plongerait de 8% et les prix de l'immobilier de 30% !

Dans un discours devant l'Economic Club de New York, Jerome Powell a indiqué mercredi que le taux des "Fed funds" était désormais "juste en dessous" d'un niveau qu'il juge "neutre" pour l'économie, laissant entendre que la Fed pourrait faire une pause après la prochaine hausse des taux attendue en décembre. "Les taux d'intérêts sont toujours bas selon les critères historiques et ils demeurent juste au-dessous (...) d'un niveau qui serait neutre pour l'économie, c'est-à-dire sans stimuler, ni ralentir la croissance", a déclaré Jerome Powell.

Début octobre, Jerome Powell se montrait bien plus "faucon", estimant que la Fed pourrait "aller au-delà du niveau neutre" et ajoutant que "nous sommes encore loin" de ce niveau neutre... Toutefois, depuis deux mois, la Bourse américaine abandonné environ 8% et les tensions commerciales se sont accrues, faisant craindre un ralentissement économique mondial.

Donald Trump ne décolère pas contre Powell et la Fed

Mercredi, dans son intervention, le patron de la Fed n'a pas du tout évoqué les critiques récurrentes de Donald Trump envers lui-même et la Fed. Le président américain vient justement de lancer une nouvelle offensive contre la politique monétaire. Cité mardi soir par le site du 'Washington Post', M. Trump a ainsi répété que la hausse des taux de la Fed freine et pèse sur l'économie américaine.

"Jusque là, je ne suis pas, ne serait-ce même qu'un peu, satisfait de la nomination de Jay (Powell)", a même précisé Donald Trump, "Même pas un peu. Et je ne blâme personne, mais je dis juste que je pense que la Fed est loin de faire ce qu'il faut", a-t-il encore taclé. "Je fais des affaires, et je ne veux pas être incommodé par la Fed", a aussi glissé le président américain, qui ajoute fonctionner à l'instinct.

Les cours du pétrole sont repartis en nette baisse, mercredi, après la publication d'une nouvelle hausse, pour la 10ème semaine consécutive des stocks de brut aux Etats-Unis. Les stocks ont bondi de 3,6 millions de barils la semaine dernière, alors que le consensus tablait sur un accroissement de 1,1 million. Le contrat janvier sur le brut léger américain (WTI) a reculé de 2,41%, à 50,29$ le baril, tandis que le Brent a perdu 2,41% à 58,76$. Les deux variétés de pétrole ont abandonné plus de 30% depuis début octobre dans la crainte d'un excès d'offre sur le marché en 2019.

Incertitude sur un accord Etats-Unis-Chine au G20 de Buenos Aires

L'Opep et ses alliés doivent discuter d'une baisse de leur production le 6 décembre prochain à Vienne. D'ici là, lors du G20 de Buenos Aires, vendredi et samedi, les dirigeants saoudiens et russes doivent se rencontrer, en sachant que Moscou a été jusqu'ici réticent à toute nouvelle réduction de production, alors que l'Arabie saoudite souhaite une baisse d'au moins 1 million de barils par jour l'an prochain.

L'autre sujet de préoccupation du marché reste bien entendu l'avenir du commerce mondial, à l'approche du sommet du G20 de vendredi et samedi à Buenos Aires, en Argentine. Donald Trump doit dîner samedi soir avec Xi Jinping, une rencontre qui s'annonce cruciale, alors que les deux géants économiques mondiaux tentent de trouver un accord pour rééquilibrer leurs échanges commerciaux, qui penchent actuellement nettement en faveur de Pékin.

Mardi soir, Larry Kudlow, le conseiller économique spécial de la Maison Blanche, s'est montré modérément optimiste sur la conclusion d'un compromis entre les Etats-Unis et la Chine. Selon M. Kudlow, le président américain pense qu'il y a une "bonne chance" qu'un accord commercial soit conclu avec la Chine, mais sous certaines conditions.

De son côté, Donald Trump alterne les déclarations positives (Pékin souhaite un accord, répète-t-il régulièrement) et les menaces de taxation de l'ensemble des produits chinois importés aux Etats-Unis. Dans un entretien publié mardi par le 'Wall Street Journal', Donald Trump a répété qu'il entendait toujours appliquer des prélèvements douaniers majorés à 25% sur 200 Mds$ d'importations chinoises déjà taxées à 10% depuis la fin septembre. Il a jugé "hautement improbable" qu'il accède à la demande éventuelle de Pékin de reporter cette mesure.

Des statistiques toujours solides aux Etats-Unis

La publication de la balance commerciale des Etats-Unis en octobre a donné des arguments à Trump avec un déficit alourdi à 77,2 milliards de dollars, contre -76,9 Mds$ de consensus et -76,3 Mds$ en septembre.

Par ailleurs, la seconde lecture du PIB des Etats-Unis pour le troisième trimestre est ressortie conforme aux attentes, à 3,5% en rythme annuel (comme en première lecture), après +4,2% au 2ème trimestre. L'indice des prix rattaché au PIB a atteint 1,7% (également confirmée et en ligne avec le consensus). En revanche, les dépenses réelles de consommation ont progressé un peu moins que prévu, de 3,6%, contre 3,7% de consensus et 4% pour l'estimation initiale.

Les ventes de logements neufs ont été moins nombreuses que prévu en octobre, à 544.000 unités contre un consensus de 575.000. Les ventes de septembre ont en revanche été révisées à la hausse, à 597.000 unités contre 553.000 précédemment estimées. Enfin, l'indice manufacturier de la Fed de Richmond est ressorti à 14 en novembre, contre un consensus de 15 et un niveau de 15 en octobre.

VALEURS A SUIVRE

Les grandes valeurs internet et technologiques ont mené le rebond du jour. Le match Apple-Microsoft pour la place de première capitalisation boursière s'est poursuivi pour la 3ème séance consécutive. Une nouvelle fois, Microsoft a dépassé Apple en séance, avant de terminer juste derrière la firme à la pomme. A la clôture, l'action Apple a bondi de 3,85%, correspondant à une capitalisation de 858 Mds$, alors que Microsoft a gagné 3,7%, avec une capitalisation de 853 Mds$.

Parmi les autres grands du secteur technologique, Amazon a rebondi de 6%, Facebook a gagné 1,3%, Alphabet a repris 3,7%, Netflix a gagné 6% et IBM a avancé de 2,4%.

General Motors a regagné 0,7% après sa baisse de 2,5%, la veille, face aux critiques de Donald sur la décision du groupe, lundi, de fermer 5 usines aux Etats-Unis et de supprimer 14.700 emplois, afin de réduire ses coûts et de recentrer sa production sur les SUV, crossovers et pick-ups. Le président américain a tancé Mary Barra, la patronne de GM via Twitter. "Très déçu par General Motors et leur CEO (directrice générale), Mary Barra, pour la fermeture d'usines dans l'Ohio, le Michigan et le Maryland. Rien n'est fermé au Mexique & en Chine. Les U.S. ont sauvé General Motors, et voilà le MERCI que nous recevons! Nous envisageons maintenant de couper toutes les subventions de GM, y compris pour les voitures électriques. General Motors a fait un grand pari sur la Chine il y a des années lorsqu'ils y ont construit des usines (ainsi qu'au Mexique) - je ne pense pas que ce pari sera payant. Je suis ici pour protéger les Travailleurs d'Amérique!", a asséné Trump.

Tesla (+1,1%). Les informations relayées plus tôt dans la semaine à propos d'une possible chute de 70% des ventes chinoises du groupe en octobre pourraient être trompeuses. Hier, un responsable de la China Passenger Car Association (la fédération automobile chinoise) avait fait état à Reuters de ce possible effondrement des ventes. A l'occasion de la conférence East Tech West de CNBC se tenant en Chine, Freeman Shen, directeur général de WM Motor, a qualifié de "trompeuses" ces informations évaluant à seulement 211 le nombre de véhicules électriques écoulés par Tesla sur le marché chinois en octobre. Freeman Shen déclare ainsi : "Je doute de ces chiffres car, en tant que personne ayant travaillé dans l'industrie automobile chinoise durant de nombreuses années... (je sais que) la Chinese Passenger Car Association n'est pas toujours précise".

Tiffany (-11,8%) a déçu en publiant ses résultats du troisième trimestre. Les bénéfices s'élèvent à 94,9 M$ (0,77$ par action), contre 100,2 M$ (0,80$ par action) un an avant. Les ventes s'élèvent à 1,01 Md$, contre 976,2 M$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,77$, pour des ventes de 1,05 Md$. A magasins comparables, les ventes sont en croissance de 2%, contre plus de 5% de consensus. Sur l'exercice, le groupe vise un bpa compris entre 4,65 et 4,80$.

Salesforce (+10,2%) a présenté ses résultats du troisième trimestre. Les revenus s'élèvent à 3,39 Mds$, en croissance de 26% en glissement annuel. Le résultat net est de 105 M$, contre 107 M$ un an plus tôt. Le bénéfice par action ressort à 0,13$, contre 0,14$ un an avant. En non-GAAP, le bpa s'affiche à 0,61$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,50$, pour des revenus de 3,37 Mds$. Sur l'exercice, le groupe vise des revenus compris entre 13,23 et 13,24 Mds$, pour un bpa entre 2,60 et 2,61$.

J.M. Smucker (-7,3%) a annoncé ses résultats du second trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 188,5 M$ (1,66$ par action), contre 194,6 M$ (1,71$ par action) un an avant. En base ajustée, le bpa ressort à 2,17$, contre 2,02$ un an plus tôt. Les ventes montent de 5% à 2,02 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,29$, pour des ventes de 2,05 Mds$. Sur l'exercice, le groupe vise désormais un bpa compris entre 8 et 8,20$, contre une précédente fourchette de 8,40/8,65$. Les ventes sont quant à elles attendues à 7,9 Mds$, contre 8 Mds$ jusqu'ici.

Dick's Sporting Goods (+2,56%) a publié ses résultats du troisième trimestre. Les bénéfices sont de 37,8 M$ (0,39$ par action), contre 36,9 M$ (0,35$ par action) un an avant. Les ventes s'élèvent à 1,86 Md$, contre 1,94 Md$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,26$, pour des ventes de 1,9 Md$. A magasins comparables, les ventes reculent de 6,1%. Sur 2018, le groupe vise désormais un bpa compris entre 3,15 et 3,25$, contre une précédente fourchette de 3,02/3,20$.

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