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Clôture de Wall Street : l'appétit du risque revient à New York

Clôture de Wall Street : l'appétit du risque revient à New York
Clôture de Wall Street : l'appétit du risque revient à New York
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après une semaine de correction, Wall Street est reparti en hausse lundi, soutenu par l'adoption par la chambre des représentants du plan Biden de 1.900 milliards de dollars, ainsi que par des indicateurs d'activité manufacturière plus vigoureux que prévu aux Etats-Unis et dans la zone euro. Les marchés obligataires se sont calmés après les tensions de la semaine passée sur la dette souveraine. Les déclarations de Jerome Powell excluant tout resserrement monétaire par la Fed avant longtemps ont contribué à rassurer les marchés.

A la clôture de cette première séance de mars, le Dow Jones a regagné 1,95% à 31.535 points, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 2,38% à 3.901 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a rebondi de 3,01% à 13.588 pts.

La semaine dernière, le DJIA avait reculé de 1,8%, le S&P 500 avait cédé 2,5% et le Nasdaq avait abandonné 4,9%, les valeurs technologiques étant parmi les plus fortement affectées par la hausse des taux. Malgré cela, sur le mois de février, les trois indices avaient progressé respectivement de 3,2%, 2,6% et 0,9%, après un recul respectif de 2%, 1,1% et 1,7% en janvier.

Le bitcoin regagnait lundi soir environ 11% sur 24h, autour de 48.560$ après avoir vécu une semaine difficile suivant un pic à 54.600$, le 22 février dernier.

Près de 50 millions d'Américains ont reçu au moins une dose de vaccin

Parmi les valeurs en vue, Johnson & Johnson a gagné 0,5% après avoir reçu samedi le feu vert des autorités de santé américaines pour mettre sur le marché en urgence son vaccin contre le Covid-19, qui a pour avantage de ne nécessiter qu'une seule injection, avec un taux d'efficacité estimé à 72%. Selon le patron de J&J, le vaccin du laboratoire américain pourra commencer à être injecté dans un délai de 48 heures. "Nous sommes en train de livrer 4 millions de doses en ce moment même", a ainsi déclaré Alex Gorsky, le directeur général du groupe à la chaîne 'NBC News'. "Nous nous engageons à livrer 100 millions de doses d'ici à juin et jusqu'à un milliard de doses d'ici à la fin 2021", a -t-il poursuivi.

L'arrivée de ce troisième vaccin aux Etats-Unis, après ceux de Pfizer (+0,6%)/BioNTech (+1,08%) et Moderna (+1,6%), a contribué à soutenir l'espoir d'une reprise économique solide en 2021, grâce à l'accélération de la campagne de vaccination. Aux Etats-Unis, 49,8 millions de personnes (environ 15% de la population) ont reçu au moins une dose, dont environ la moitié à déjà reçu deux doses.

Le plan Biden en route vers le Sénat

Les marchés financiers ont salué le vote, dans la nuit de vendredi à samedi, par la Chambre américaine des représentants, du plan de relance de 1.900 milliards de dollars présenté par Joe Biden. Cet "American Rescue Plan" doit notamment financer la campagne de vaccination et l'achat de fournitures médicales. Il offre en outre des mesures nouvelles de soutien aux ménages, aux petites entreprises et aux autorités locales, dont un chèque de 1.400$ d'aide directe à la plupart des Américains.

Le texte doit désormais être adopté par le Sénat, où les Démocrates affichent une courte majorité de 51 contre 50, grâce au vote de la vice-présidente Kamala Harris. Le président américain a remercié la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, et demandé au Sénat d'adopter rapidement le projet de loi, alors qu'il n'y a selon lui "pas de temps à perdre". L'objectif est de promulguer la loi avant le 14 mars, date à laquelle une partie des aides prévues par les plans précédents arrivent à leur terme.

L'activité manufacturière en forme aux Etats-Unis et en Europe

Sur le front macroéconomique, aux Etats-Unis, l'indice PMI manufacturier final est ressorti à 58,6 en février, contre une lecture flash de 58,5 et un consensus de 58,5. L'ISM manufacturier a grimpé pour sa part à 60,8 en février, contre 58,9 de consensus et 58,7 un mois auparavant, ce qui signale une accélération de l'expansion de l'activité manufacturière nationale américaine.

Par ailleurs, les dépenses de construction du mois de janvier se sont établies en croissance de 1,7% en comparaison du mois antérieur, contre +0,8% de consensus et +1% un mois avant. L'indicateur majeur de cette semaine sera la publication, vendredi, des chiffres de l'emploi en février. Les économistes anticipent la création d'environ 180.000 postes, après +49.000 en janvier (une déception) et la destruction de 140.000 postes en décembre (une grosse déception...) La crise du Covid a détruit environ 21 millions d'emplois aux Etats-Unis en mars-avril 2020, dont un peu plus de 12 millions ont été recréés depuis.

Dans la zone euro, l'indice PMI manufacturier final s'est établi à 57,9 en février contre 54,8 en janvier (estimation Flash : 57,7). L'indice met ainsi en évidence une expansion du secteur pour un huitième mois consécutif et la plus forte amélioration de la conjoncture depuis trois ans.

En revanche, l'activité a un peu déçu en Chine, où l'indice PMI manufacturier Caixin-Markit s'est tassé à 50,9 en février contre 51,5 en janvier.

Le T-Bond à 10 ans fait une pause autour de 1,4%

Sur les marchés obligataires, le calme est revenu lundi, les craintes inflationnistes liées à la reprise et aux plans de relance s'étant un peu estompées. Auditionné par le Congrès américain, le président de la Fed, Jerome Powell, a répété par deux fois la semaine dernière que la banque centrale n'avait aucune intention de resserrer sa politique monétaire avant longtemps, estimant que l'économie américaine était loin d'avoir surmonté la crise sanitaire. Il s'est montré peu préoccupé par une flambée durable de l'inflation, laissant entendre que les prix pourraient connaître temporairement un passage au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed sans déclencher de remontée des taux directeurs.

Le rendement du T-Bond à 10 ans, qui avait flambé jeudi dernier jusqu'à 1,54% en séance (contre 0,9% fin 2020), avant de refluer à 1,43% vendredi soir, s'est stabilisé lundi à 1,44%. Le rendement du T-Bond à 30 ans était à 2,22%, encore en hausse de 5 points de base, contre 1,66% fin 2020. En février, les taux souverains américains à 10 et 30 ans ont connu leur plus forte poussée haussière depuis 2016.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises de référence) a gagné lundi 0,17% à 91,04 points, tandis que l'euro a cédé 0,24% à 1,2045$ face au billet vert.

Suspense avant la réunion de l'Opep+ de jeudi

Le pétrole a fini dans le rouge, après un début de séance positif, à l'approche de la réunion de l'Opep+ prévue plus tard cette semaine. Les cours de l'or noir ont bondi d'environ 25% depuis le début de l'année, dans l'espoir d'une reprise économique vigoureuse d'ici à la fin 2021 grâce aux campagnes de vaccination contre le coronavirus.

Lundi soir, le contrat à terme d'avril sur le baril de pétrole brut WTI s'est replié de 1,4% à 60,64$ sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance avril a fléchi de 1,1% à 63,69$. A respectivement 63,81$ et 67,70$ le baril, les deux contrats de référence avaient touché jeudi dernier des niveaux plus vus depuis le 8 janvier 2020, avant de se replier vendredi.

Les vingt-trois membres de l'Opep+ se réuniront jeudi pour statuer sur leur niveau de production à partir du mois d'avril. La hausse des prix du brut et les espoirs de reprise de la demande mondiale pourraient les inciter à accroître leur production. L'Arabie saoudite pourrait ainsi cesser de réduire unilatéralement sa production de 1 million de barils par jour, comme elle l'avait fait en février et mars. En outre, le reste du groupe pourrait réclamer une hausse d'au moins 500.000 bj. Certains experts envisagent donc une rallonge assez importante, de 1,5 à 2 millions de barils par jour au total à partir d'avril, ce qui pourrait entraîner une rechute des cours du brut.

VALEURS A SUIVRE

Johnson & Johnson (+0,5%). Les premières livraisons du vaccin du laboratoire américain contre le nouveau coronavirus devraient débuter incessamment, avec des doses disponibles dès demain mardi. Un comité de conseil des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies a recommandé à l'unanimité d'utiliser ce vaccin pour les personnes âgées de 18 ans et plus. Il s'agit donc du troisième vaccin anti-covid autorisé aux USA, après ceux de Pfizer / BioNTech et de Moderna. En outre, le vaccin de J&J est le premier ne nécessitant que l'administration d'une dose. Il serait par ailleurs plus facile à livrer ou conserver. J&J entend livrer plus de 20 millions de doses d'ici fin mars.

Moderna (+1,6%). AstraZeneca (-0,6%) a cédé la totalité de sa participation de 7,7% dans le laboratoire américain Moderna durant l'exercice 2020, selon le rapport annuel du groupe anglo-suédois. Le Times a estimé pour sa part que cette cession avait rapporté plus d'un milliard de dollars à AstraZeneca.

Twilio (+5,8%) a grimpé avec la spéculation à Wall Street, alors que selon le WSJ, le spécialiste des services informatiques en ligne étudierait un investissement de 750 millions de dollars dans la firme télécom Syniverse.

Netflix (+2,2%), leader de la vidéo en streaming qui fait désormais face à une rude concurrence, est tout de même ressorti comme l'un des grands gagnants de la cérémonie des Golden Globes avec quatre récompenses dimanche dans la catégorie cinéma et six pour les productions destinées à la télévision.

Plug Power a bondi de 8,4% à 52,46$, après une recommandation positive de JP Morgan, dont l'analyste Paul Coster a jugé que le titre est "à un prix attractif" et offre de nombreuses opportunités de croissance à long terme. Rappelons que Plug Power est une entreprise américaine spécialisée dans le développement de piles à combustible à hydrogène destinées aux véhicules électriques. La société a notamment conclu récemment un partenariat avec Renault. JP Morgan est passé lundi de "neutre" à "surpondérer" (achat) sur Plug Power avec un objectif de 65$, offrant un potentiel de l'ordre de 25% sur le cours actuel.

Berkshire Hathaway (+3,6%), la firme d'investissement du légendaire oracle d'Omaha, Warren Buffett, a publié ce week-end un bénéfice net trimestriel de 35,8 milliards de dollars et un bénéfice annuel de plus de 42,5 milliards, grâce aux plus-values générées par son portefeuille. Le bénéfice d'exploitation, plus représentatif de l'activité, a néanmoins reculé de 9% à 21,9 milliards de dollars sur l'exercice clos. Berkshire a consacré par ailleurs un record de 24,7 milliards aux rachats de ses propres actions en 2020.

Boeing (+5,8%). La direction chinoise de l'aviation civile a indiqué que ses principaux problèmes de sécurité concernant le 737 MAX devaient être correctement évalués. La Chine dit coopérer avec l'Américain en vue de la remise en service du modèle. De son côté, le groupe aérien public saoudien Saudi Arabian Airlines envisage, selon le site d'information Maaal cité par Reuters, de commander 70 appareils à Airbus et Boeing.

Zoom Video Communications (+9,6%) et Novavax (+3,9%) comptent parmi les publications financières attendues après la clôture.

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