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Clôture de Wall Street : Jerome Powell verse un seau d'eau froide sur la Bourse

Clôture de Wall Street : Jerome Powell verse un seau d'eau froide sur la Bourse
Clôture de Wall Street : Jerome Powell verse un seau d'eau froide sur la Bourse
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York vient de reperdre près de 4% en deux séances, rattrapée par la crainte d'une reprise économique plus lente que prévu face à la crise du coronavirus. Mercredi, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a tenu des propos très prudents et s'attend à une "période prolongée" de croissance faible, conjuguée à une stagnation des revenus aux Etats-Unis. Par ailleurs, la persistance de tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine continue d'inquiéter les investisseurs. Le pétrole a reculé, malgré l'annonce d'une baisse surprise des stocks de brut aux Etats-Unis.

A la clôture, l'indice Dow Jones a perdu 2,17% à 23.247 points (après -1,89% mardi), tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 1,75% à 2.820 pts (-2,05% mardi), et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a abandonné 1,55% à 8.863 pts (-2,07% mardi). Le Nasdaq est désormais retombé dans le rouge depuis le début de l'année (-1,2%), après avoir pointé dans le vert pendant quelques séances. Le DJIA perd 18,4% depuis le début de l'année et le S&P 500 lâche 12,7%.

La totalité des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont baissé mercredi, à commencer par l'énergie (-4,4%), qui souffre de la rechute des cours du brut, et les financières (-3%), ces dernières étant affectées par les craintes de mauvaises créances liées à la crise du Covid-19 ainsi que par les taux toujours plus bas, qui réduisent leurs gains potentiels.

Après un rebond de 25% les marchés saisis par le doute

Lors d'une visioconférence organisée par l'institut Petersen, Jerome Powell a donc arrosé mardi les marchés d'une douche froide, en prévoyant une reprise lente et progressive, soumise aux aléas de la lutte contre le Covid-19. Sa prudence (déjà affichée ces derniers jours par d'autres membres de la Fed) a déprimé la Bourse, où les indices viennent de regagner environ 25% depuis leurs plus bas du 23 mars dernier, dans l'espoir d'un redémarrage rapide, après le déconfinement actuellement en cours aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde.

Mais la reprise "pourrait avoir besoin de temps pour trouver sa dynamique" et elle sera soumise aux progrès de la lutte contre le virus, a prévenu Jerome Powell. "La reprise pourrait prendre un certain temps pour s'accélérer, et le passage du temps pourrait transformer les problèmes de liquidité en problèmes de solvabilité", a prévenu le patron de la banque centrale américaine.

La Fed reste prête à agir, mais pas avec des taux négatifs

Il a assuré que la Fed, qui a lancé de nombreux programmes de soutien depuis mars, se tenait prête à "utiliser tous les outils" nécessaires pour soutenir l'économie. Il a cependant répété sa réticence à porter les taux directeurs en terrain négatif, une mesure que Donald Trump ne cesse de réclamer. Des taux négatifs allégeraient le poids de la dette de l'Etat, dans une période où ses dépenses (et donc ses émissions de dette) ont explosé, faisant flamber le déficit budgétaire à un niveau record en avril.

Alors que le Congrès américain a déjà adopté depuis mars une série de plans de soutien à l'économie, approchant les 3.000 Mds$, Jerome Powell a estimé qu'une plus ample aide fiscale pourrait se révéler nécessaire pour combattre la crise actuelle. A court terme, l'administration Trump a fait connaître son intention de faire une pause afin d'observer l'évolution de la situation sanitaire et économique. Mais les élus démocrates de la chambre des représentants ont présenté mardi un nouveau package géant d'un montant de 3.000 Mds$. Le projet a cependant été rejeté au Sénat, contrôlé par les républicains.

Pas d'actions chinoises dans les fonds de pension fédéraux

Avant le patron de la banque centrale, le Dr Anthony Fauci, le principal conseiller santé de la Maison Blanche, avait lui aussi jeté un froid, mardi, en mettent en garde contre une levée trop rapide des mesures de restriction sanitaires, sous peine de devoir faire face à des conséquences qui "pourraient être très graves".

Sur le front commercial entre les Etats-Unis et la Chine, où le climat s'était détendu en début de semaine, un nouveau sujet de tension est apparu, faisant craindre la poursuite des relations difficiles entres les deux pays.

Ainsi, mercredi, le fonds de pension finançant la retraite des fonctionnaires fédéraux américains (Federal Thrift Savings Plan) a annoncé le report d'une décision d'investissement de 50 milliards de dollars de fonds vers un indice boursier incluant des actions chinoises... Une décision prise notamment en raison d'un "changement significatif de l'environnement économique lié en grande partie à l'impact mondial du Covid-19", a indiqué le fonds.

L'annonce intervient alors que Donald Trump menaçait, selon la presse, de signer un décret présidentiel pour interdire tout placement dans des actions chinoises par ce fonds de pension fédéral, en invoquant des raisons de sécurité nationale.

Le pétrole repart en baisse, inquiétudes sur la demande

Sur le plan macro-économique, l'indice américain des prix à la production a chuté de 1,3% en avril par rapport à mars, alors que le consensus attendait -0,5%. Sur un an, les prix à la production ne progressent plus que de 1,2%. Par ailleurs, l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta, qui mesure les anticipations d'inflation à un an du point de vue des entreprises, est ressorti à +1,5%, contre +1,4% au mois d'avril.

Les cours du pétrole restent volatils, la baisse l'emportant en soirée, malgré un recul surprise des stocks de pétrole brut aux Etats-Unis la semaine passée. Sur le Nymex, le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin a cédé mercredi 1,9% à 25,29$ (après +6,8% mardi), tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet a perdu 2,6% à 29,19$ (après +1,2% mardi).

Aux Etats-Unis, les stocks pétroliers domestiques de pétrole pour la semaine close au 8 mai ont diminué de 0,7 million de barils à 531,5 mb, contre un consensus de +4,9 millions de barils, a annoncé mercredi le Département à l'Energie. De son côté, l'Opep a encore réduit sa prévision de demande mondiale de pétrole, dans son rapport mensuel publié mercredi. Le cartel juge toutefois que l'accord de réduction de production conclu avec d'autres producteurs commence à porter ses fruits. L'OPEP prévoit maintenant pour 2020 une baisse de la demande mondiale de 9,07 millions de barils par jour (environ -9,1%).

Lundi, l'Arabie saoudite a annoncé que sa compagnie Aramco allait réduire sa production d'un million de barils par jour supplémentaires d'ici à juin à 7,492 millions de barils/jour. La semaine dernière, les cours du WTI avaient repris 25% et ceux du Brent 17%, sur fond d'espoirs d'une reprise progressive de la demande mondiale et d'annonces de baisses de production par l'Opep+ ainsi que de nombreux groupes pétroliers américains.

VALEURS A SUIVRE

BlackRock, qui abandonnait 7,8% en clôture hier à Wall Street, a repris 6,9% ce mercredi. PNC Financial Services (-3,2%) qui détenait plus de 22% du capital du géant de la gestion d'actifs, va vendre la totalité de ses parts avec une copieuse plus-value, après deux décennies de présence au tour de table. Selon le directeur général de PNC, William Demchak, le moment était donc venu. Il est probable que la firme désire renforcer ses liquidités afin de faire face à la crise actuelle. PNC pourrait aussi en profiter pour opérer une large acquisition, durant cette période perturbée. Durant la crise de 2008, le groupe en avait profité pour acquérir National City Corp. PNC était entré au capital de BlackRock en 1995.

GrubHub a consolidé de 3,7%, après avoir bondi de 29% mardi, sur des rumeurs de négociations en vue d'un rachat par le groupe de VTC Uber (+1,9%). Selon le 'Wall Street Journal' et 'CNBC', la société de livraisons de repas basée à Chicago pourrait accepter une offre en titres Uber, consistant en 2,15 titres Uber pour une action GrubHub, ce qui valoriserait la société plus de 6 Mds$.

Dans un communiqué envoyé à CNBC, GrubHub n'a pas confirmé ces négociations, mais a indiqué mardi soir que la société étudiait "les opportunités créatrices de valeur", et estimait qu'une consolidation du secteur de la livraison alimentaire "faisait du sens"... Les activités de livraison de repas à domicile ont connu un vif essor depuis la crise du coronavirus, qui a dopé les commandes des internautes confinés.

Après un début de séance dans le vert, Tesla a finalement perdu 2,28%. Le comté d'Alameda, en Californie, pourrait finalement autoriser le groupe d'Elon Musk à rouvrir son usine de Fremont dès la semaine prochaine s'il met en application certaines recommandations additionnelles de sécurité. L'Alameda County Public Health Department semble donc mieux luné, après avoir pris connaissance de plans spécifiques de sécurité Covid-19 de Tesla pour son site de Fremont. Le département de santé du comté dit ainsi avoir mené des discussions productives avec des représentants de Tesla à propos des plans de sécurité et prévention.

"Tesla redémarre la production aujourd'hui contre les règles du comté d'Alameda. Je serai sur la ligne de production avec tout le monde. Si quelqu'un est arrêté, je demande que ce soit seulement moi", avait tweeté lundi un Elon Musk rendu furieux par le refus du comté d'autoriser la réouverture de l'usine. "Oui, la Californie a approuvé, mais un fonctionnaire non élu du comté a illégalement outrepassé. De plus, toutes les autres sociétés automobiles aux Etats-Unis sont autorisées à reprendre. Seul Tesla a été sanctionné. C'est super foiré!", avait ajouté Musk.

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