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Clôture de Wall Street : hésitations après la baisse des taux de la Fed

Clôture de Wall Street : hésitations après la baisse des taux de la Fed
Clôture de Wall Street : hésitations après la baisse des taux de la Fed
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a fini sur une note mitigée, mercredi, les investisseurs étant partagés sur l'analyse des dernières annonces de la Réserve fédérale américaine. Celle-ci a comme espéré par la Bourse, abaissé d'un quart de point son principal taux directeur, à 1,75%-2%, mais ses membres sont apparus indécis et divisés sur la future politique monétaire, ce qui a dérouté les marchés. Donald Trump a de son coté affiché sa défiance, en accusant la banque centrale de ne pas avoir de "tripes"...

Les indices boursiers ont dans un premier temps réagi à la baisse après les annonces de la Fed, mais ont ensuite remonté la pente. A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,13% à à 27.147 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fini stable (+0,03%) à 3.006 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a reculé de 0,11% à 8.177 pts. Plus tôt en Europe, l'EuroStoxx 50 a fini en hausse de 0,19% et le CAC 40 a terminé proche de l'équilibre (+0,09%).

Sur le marchés des changes, l'indice du dollar a progressé de 0,29% après la Fed à 98,54 points, tandis que l'euro a cédé 0,33% à 1,1035$ face au billet vert. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain (T-Bond) à 10 ans a fini stable à 1,80%, après être tombé jusqu'à 1,75% avant les annonces de la Fed.

La Fed divisée sur sa future politique

Comme espéré par les marchés, la Fed a donc réduit mercredi les taux des "fed funds" d'un quart de point pour les ramener à 1,75%-2%, son deuxième geste d'assouplissement monétaire depuis celui du 31 juillet dernier. La Fed a justifié cette baisse, largement attendue par les acteurs de la finance mondiale, par la faiblesse de l'investissement et des exportations, tout en notant la solidité du marché de l'emploi et la hausse des dépenses des ménages.

Mais les membres de la banque centrale ont affiché de fortes divisions quant aux prochaines étapes de la politique monétaire américaine. Les nouvelles projections de la Fed, publiées mercredi, montrent ainsi que 5 membres veulent garder les taux à leur niveau actuel d'ici à la fin de l'année, tandis que 5 autres veulent les abaisser encore d'un quart de point, et que 7 d'entre eux jugent appropriée une baisse d'un demi-point d'ici à décembre.

Lors de sa conférence de presse, le président de la Fed Jerome Powell a cependant queue peu rassuré les marchés, en indiquant que la banque centrale pourrait reprendre ses achats de titres plus tôt que prévu. Il a toutefois écarté l'idée de recourir à des taux négatifs en cas de récession, "je ne pense pas que ceux-ci seront en tête de notre liste", a ainsi déclaré le président Powell, tout en affirmant que la Fed se préparait à "être agressive s'il s'avère que c'est nécessaire".

Comme on pouvait s'y attendre, les annonces de la Fed n'ont pas suffi à satisfaire Donald Trump. Le président américain, qui réclame à la banque centrale des baisses spectaculaires afin d'affaiblir le dollar et de relancer l'économie américaine, s'est fendu d'un nouveau tweet comminatoire, jugeant que "Jay Powell et la Réserve fédérale échouent encore une fois. Pas de "tripes", pas de sens, pas de vision ! Un très mauvais communicant!"

En fin de conférence de presse, Jerome Powell lui a indirectement répondu en indiquant que"le moral à la Fed était au beau fixe, malgré les critiques de Donald Trump."

Injection massive de liquidités

Par ailleurs, les marchés s'inquiètent de la crédibilité de la Fed, qui a été contrainte d'intervenir depuis 48 heures pour calmer les marchés monétaires, où les taux au jour le jour ont flambé mardi, créant une crainte de manque de liquidités. Afin de calmer les esprits, la banque centrale a abaissé mercredi le taux sur les réserves excédentaires (le taux auquel sont rémunérées les dépôts des banques auprès de la Fed) à 1,8% contre 2,1% auparavant.

La Fed a effectué mardi une "injection technique de liquidités" portant sur 53 milliards de dollars d'actifs, afin de maintenir les taux à court terme près de sa cible. Elle est ensuite intervenue une deuxième fois, mercredi, à hauteur de 75 Mds$, à travers son outil de prise de fonds en pension (repo), a indiqué l'antenne de New York de la Banque centrale.

Les analystes expliquaient l'envolée des taux au jour le jour par des facteurs techniques liés à une forte demande de liquidités, notamment de la part des entreprises qui doivent faire face ces jours-ci à d'importantes échéances fiscales. Par ailleurs, le besoin de financement du gouvernement ainsi que la décrue des réserves de la Fed dans le cadre de la réduction de son bilan figuraient parmi les raisons avancées par les analystes pour expliquer ces tensions sur les marchés du refinancement à court terme.

Cette intervention, un événement sans précédent depuis 2008, en pleine crise des crédits subprimes, a rendu les marchés nerveux, des analystes soulignant qu'elle fait courir à la Fed le risque de perdre le contrôle des taux à court terme, qui sont son principal outil de pilotage de la politique monétaire.

Le pétrole reflue, Trump promet des sanctions accrues contre l'Iran

Les questions monétaires n'ont pas effacé les craintes de tensions au Moyen-Orient, même si un conflit militaire avec l'Iran semble écarté par la majorité des observateurs. Les cours du pétrole ont corrigé mercredi pour la 2è séance, après leur envolée de lundi.

Le brut léger américain WTI a cédé 2,07% à 58,11$ le baril (contrat à terme d'octobre) sur le Nymex, après +14,7% lundi et -6% mardi. Le Brent a perdu 1,47% à 63,60$, après une hausse de 14,07% lundi et un recul de 6,5% mardi.

Mardi, les autorités saoudiennes ont assuré que la production du royaume serait de retour à la normale avant la fin du mois, écartant la crainte d'un choc pétrolier. Les cours du pétrole n'ont par ailleurs pas trouvé de soutien dans la publication des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis. Après plusieurs semaines de baisse, ces stocks sont repartis en hausse 1,1 million de barils, à 417,1 millions de barils, alors que le consensus tablait sur un nouveau repli de 2,3 mb.

Mercredi, le président américain Donald Trump a annoncé qu'il allait "considérablement augmenter les sanctions contre l'Iran", que les Etats-Unis considèrent comme responsable des attaques du week-end contre les installations pétrolières saoudiennes. Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo est arrivé en Arabie saoudite mercredi pour étudier la situation.

Signes de vigueur dans le secteur de la construction

Les données macro-économiques du jour aux Etats-Unis ont témoigné de la vigueur de la croissance, un facteur qui pourrait décourager la Fed d'adopter un ton trop accommodant, malgré les multiples pressions de Donald Trump, qui réclame désormais des taux directeurs ramenés à zéro, voire en terrain négatif.

Les mises en chantier de logements ont ainsi atteint 1,364 million d'unités en août aux Etats-Unis, contre 1,251 million de consensus de place et 1,215 million pour le mois antérieur. La lecture du mois de juillet a d'ailleurs été révisée en hausse, puisqu'elle avait auparavant été évaluée à 1,191 million.

Les permis de construire ont eux aussi dépassé les attentes, au nombre de 1,419 million, contre 1,30 million de consensus et 1,317 million pour la lecture révisée du mois de juillet. La précédente lecture du mois de juillet se situait un petit cran plus haut, à 1,336 million d'unités.

VALEURS A SUIVRE

FedEx (-12,9% !) a décroché après un avertissement lancé par le spécialiste américain du transport de fret sur ses comptes de l'exercice en cours. Le groupe, qui a publié mardi les résultats de son 1er trimestre fiscal après la clôture de Wall Street, a manqué le consensus et en outre a revu en nette baisse ses projections, en citant les tensions commerciales. Dans un communiqué, le directeur général de FedEx, Frederick W. Smith, a expliqué que "nos performances continuent de subir l'impact négatif d'un environnement macro-économique en ralentissement, lié à des tensions commerciales croissantes et à des incertitudes politiques".

Ces commentaires ont donc durement affecté le cours de Bourse de FedEx, mais aussi dans une moindre mesure celui de son principal rival United Parcel Service (UPS), qui a chuté de 1,1%.

Le bénéfice net trimestriel de FedEx a atteint 745 millions de dollars (2,84$ par action) en baisse par rapport à 835 M$ (3,10$ par action) réalisés sur la même période de 2018. Ajusté des éléments exceptionnels, le bénéfice par action s'est élevé à 3,05$ contre 3,46$ un an plus tôt. Le chiffre d'affaires du groupe est ressorti stable sur un an à 17,05 milliards de dollars. Ces chiffres sont inférieurs aux attentes des marchés. Le consensus tablait en effet sur un bénéfice ajusté par action de 3,15$ et sur des ventes de 17,06 Mds$. Pour l'exercice en cours, la société prévoit désormais un bénéfice par action ajusté de 11$ à 13$ par action, alors que le consensus Factset tablait sur un bpa ajusté de 14,68$. La nouvelle guidance a été faite en anticipant une croissance "modérée" de l'économie américaine, et "pas de nouvelle dégradation des conditions économiques internationales".

Plusieurs brokers ont révisé mercredi à la baisse leurs recommandations et/ou leurs objectifs de cours pour FedEx.

Adobe Systems (-1,75%) a publié mardi soir des résultats meilleurs que prévu pour son 3ème trimestre fiscal. Le groupe a en revanche un peu déçu en faisant des prévisions conservatrices pour le 4ème trimestre. L'éditeur américain de logiciels graphiques (Acrobat, Photoshop, InDesign, Illustrator, Flash) a fait état d'un bénéfice net trimestriel de 792,8 millions de dollars, soit 1,63$ par action. Ajusté des éléments non récurrents, le bénéfice par action a atteint 2,05$, en hausse sur un an (1,73$ au T3 2018), alors que le consensus Factset s'établissait un peu plus bas, à 1,97$. Les ventes du trimestre ont totalisé 2,83 milliards de dollars, en hausse de 23,6% par rapport à la même période de 2018 (2,29 Mds$) et légèrement supérieures aux attentes des marchés qui s'élevaient à 2,82 Mds$.

Pour le 4ème trimestre, le fournisseur de logiciels et de services dans le "cloud" s'attend à un bpa ajusté de 2,25$ pour un chiffre d'affaires de 2,97 Mds$. Mais les analystes s'attendaient en moyenne à un bpa de 2,30$ et des ventes de 3,02 Mds$, selon le cabinet Factset.

General Mills (-0,9%), le groupe alimentaire américain connu notamment pour les céréales Cheerios, a livré une performance trimestrielle décevante. Les revenus ont reculé de 2% à environ 4 milliards de dollars, contre un consensus de 4,1 milliards. Hors éléments, le bénéfice par action s'est établi à 79 cents, en ligne quant à lui avec les prévisions des analystes de la place, grâce aux efforts de réduction des coûts. Les ventes sur la zone Amérique du Nord sont restées stables à 2,4 milliards de dollars. Les ventes internationales, affectées notamment par un dollar fort, ont régressé en comparaison de l'an dernier. Rare motif de satisfaction, l'activité dédiée aux animaux de compagnie a progressé de 7% en glissement annuel.

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