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Clôture de Wall Street : grand écart, le Nasdaq en zone de correction

Clôture de Wall Street : grand écart, le Nasdaq en zone de correction
Clôture de Wall Street : grand écart, le Nasdaq en zone de correction
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a fini en ordre dispersé lundi, la hausse des valeurs cycliques contrastant avec la poursuite de la correction sur les valeurs technologiques. Le Nasdaq a désormais chuté de plus de 10% par rapport à ses récents pics, entrant ainsi en zone de correction. Les cycliques ont profité de l'adoption samedi du vaste plan de relance de Joe Biden par le Sénat américain, qui devrait donner un coup de fouet à l'économie américaine. Le taux souverains à long terme ont continué de se tendre, et le pétrole Brent a franchi les 70$ le baril avant de subir des prises de bénéfices.

A la clôture, le Dow Jones a progressé de 0,97% à 31.802 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,54% à 3.821 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a trébuché de 2,41% pour retomber à 12.609 pts, au plus bas depuis la mi-décembre 2020. Le Nasdaq a désormais cédé 10,5% par rapport à son sommet du 12 février à 14.095 pts, entrant dans la zone de correction des 10%, déjà frôlée jeudi dernier.

La semaine dernière, le Nasdaq avait reculé de 2%, signant sa deuxième semaine de recul consécutive, après -5% la semaine précédente... Le DJIA avait repris 1,8% sur 5 séances et le S&P 500 avait regagné 0,8%.

Lundi, 7 des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini dans le vert, dont les matériaux de base (+1,2%), les "utilities" (+1,3%), les financières (+1,2%) et les industrielles (+1%). A la baisse, les technologiques ont cédé 2,4% tandis que les services de communications ont lâché 1,4%. Parmi les grandes "technos", Apple a perdu 4,1%, Alphabet a cédé 4,2%, Facebook a lâché 3,3%, Microsoft a reculé de 1,8% et Tesla a encore perdu 5,8%, portant sa chute à plus de 35% depuis ses records de la fin janvier.

Le plan Biden va booster la croissance US ce printemps

Samedi, à l'issue d'une séance marathon, le Sénat américain a donc approuvé le plan de 1.900 milliards de dollars souhaité par Joe Biden pour relancer l'économie aux Etats-Unis face à la crise du coronavirus. Le projet de loi a été adopté grâce aux seules voix des sénateurs démocrates, par 50 votes contre 49.

Le texte (qui a été adopté en première le lecture par la chambre des représentants), doit désormais être voté à nouveau dans sa version amendée par la Chambre, où les démocrates, majoritaires, devraient l'approuver rapidement, peut-être dès mardi. Sauf coup de théâtre, la loi devrait être promulguée par Joe Biden avant la fin de la semaine, et en tout cas avant le 14 mars, date à laquelle les indemnités de chômage prévues par les plans précédents prendront fin.

Le plan prévoit notamment le versement d'une aide directe de 1.400$ pour une majorité d'Américains, des allocations chômage, des avantages fiscaux liés aux enfants, ainsi que 350 milliards de dollars d'aide aux Etats et aux collectivités locales. Il comprend aussi des milliards de dollars pour lutter contre la pandémie, dont 49 Mds$ pour le dépistage et la recherche et 14 Mds$ pour la distribution du vaccin.

Retour au plein emploi en 2022 ?

La secrétaire au Trésor Janet Yellen (ex-présidente de la Fed) a estimé que le plan Biden allait "alimenter une très forte reprise" aux Etats-Unis, mais elle a ajouté qu'elle ne s'attendait pas à ce que la hausse de la consommation entraîne une surchauffe de l'économie.

"C'est un ensemble de mesures extrêmement important qui apportera à des millions, des centaines de millions d'Américains, l'aide dont ils ont besoin" pour payer leurs factures, a déclaré Mme Yellen. "Si tout va bien, notre économie retrouvera l'année prochaine le plein emploi que nous avions avant la pandémie", a ajouté Janet Yellen.

Malgré des chiffres de l'emploi meilleurs que prévu en février (+379.000 créations de postes), moins de 13 millions d'emplois ont été recréés aux Etats-Unis sur les plus de 21 millions détruits en mars -avril 2020 par les restrictions liées à la pandémie. "Le rapport sur l'emploi publié ce jour montre que l'"American Rescue Plan" est nécessaire d'urgence", avait ainsi estimé le président Biden, vendredi, lors d'un point presse depuis la Maison Blanche.

Les restrictions sanitaires en passe d'être progressivement levées

Ce nouvel afflux de liquidités devrait contribuer à soutenir la reprise économique aux Etats-Unis, où la campagne de vaccination laisse aussi espérer un retour progressif à une vie normale courant 2021. Plus de 90 millions d'Américains ont reçu au moins une dose de vaccin contre le coronavirus (soit près de 30% de la population), ce qui a amené les Centres de prévention des maladies (CDC) a assouplir lundi leurs recommandations concernant le port du masque.

Ainsi, les autorités sanitaires estiment que les personnes vaccinées depuis plus de deux semaines (avec deux doses de Pfizer/BioNTech ou Moderna, ou une seule dose de Johnson & Johnson) pourront se réunir entre elles sans porter de masque de protection, ni distanciation sociale.

Les marchés espèrent que l'embellie observée en février sur le marché de l'emploi (avec 379.000 créations d'emplois, notamment dans les loisirs et la restauration) va se poursuivre au printemps, à mesure que les mesures de restrictions continueront d'être levées.

Parcs à thèmes, cinémas, stades...

En Californie, les parcs à thème, dont Disneyland, pourront rouvrir le 1er avril, de même que les stades, notamment pour les matches de baseball, avec des jauges de fréquentation assez strictes. A New York, les écoles vont rouvrir le 22 mars. A New York et San Francisco, les cinémas ont rouvert dès ce week-end, avec des mesures d'hygiène accrues, après êtres restés fermés pendant près d'un an. Ils ont connu une affluence réduite malgré la sortie de film "Raya et le dernier dragon" de Disney et "Chaos Walking" des studios Lionsgate, mais il s'agit tout de même d'un premier pas vers une sortie de la crise sanitaire.

L'action du gestionnaire de cinéma AMC Entertainment, qui a été durement touchée par la crise, a rebondi lundi de plus de 15,4% dans l'espoir d'une reprise du secteur, tandis que l'action Walt Disney a bondi de 6,2%.

Les taux longs continuent de se tendre, en attendant la BCE et la Fed

L'hypothèse d'une accélération de la reprise continue d'alimenter les anticipations d'inflation qui se traduisent par la hausse des taux des emprunts d'Etat d'échéance longue aux Etats-Unis et en Europe. Lundi, le rendement du T-Bond à 10 ans a progressé de 4 points de base à 1,60%, au plus haut depuis janvier 2020, alors qu'il ne pointait qu'à 0,9% fin 2020... Le rendement du T-Bond à 30 ans a pris 2 points de base à 2,31%. En Europe, le taux du Bund allemand à 10 ans a fini à -0,28% (+3 pts de base), contre -0,57% fin 2020. Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) a continué de gagner du terrain, avançant encore de 0,48% à 92,41 pts. L'euro a perdu 0,6% à 1,1846$, de retour au plus bas depuis novembre 2020.

Jeudi, les marchés seront très attentifs aux annonces de la Banque centrale européenne, et espèrent des actions concrètes face aux tensions obligataires et aux risque inflationnistes. A l'occasion de cette réunion, la BCE devrait réaffirmer son soutien massif, voire accroître temporairement ses achats d'actifs hebdomadaires pour calmer les marchés de taux.

Depuis le début de la pandémie de Covid, la BCE a mis en place un programme d'urgence contre la pandémie (PEPP), fort de 1.850 milliards d'euros, ainsi que des prêts aux banques, tandis que ses taux directeurs sont à leur plus bas historique. Aux Etats-Unis, où la Fed se réunira les 16 et 17 mars, les banquiers centraux n'ont jusqu'ici pas signalé d'intention de mener des actions contre l'inflation. Le président de la Fed, Jerome Powell, a répété que l'inflation serait un phénomène passager, tout en indiquant que la banque centrale surveillait de près l'évolution des taux et veillerait au bon fonctionnement des marchés.

Le cours du Brent franchit les 70$ le baril

Les cours du pétrole ont fait un bond lundi matin, avant de refluer quelque peu, après l'annonce d'une attaque de missiles et de drones, ce week-end, contre une installation majeure du géant Aramco en Arabie saoudite. Le contrat à terme de mai sur le Brent d'échéance a dépassé les 70$ pour la première fois depuis la fin 2019, avant de céder 1,6% à 68,24$ lundi soir. Le contrat à terme d'avril sur le baril de pétrole brut WTI a reculé de 1,6% à 65,05$.

Les deux variétés de pétrole ont bondi de plus de 7% la semaine dernière (et de plus de 30% depuis le 1er janvier), galvanisés par la décision surprise de l'Opep+ de prolonger en avril l'essentiel de ses mesures de réduction de production. Certains analyses soulignent cependant que la hausse actuelle des prix va entraîner une hausse de la production hors Opep+, et notamment aux Etats-Unis, où le nombre de puits en activité a augmenté la semaine dernière pour la 2e semaine d'affilée, selon les données de la firme Baker Hughes.

VALEURS A SUIVRE

* McAfee (MCAFEE RG-A) s'est envolé de 12,6% après que le groupe eut conclu un accord pour vendre son activité entreprises à un consortium dirigé par Symphony Technology Group dans le cadre d'une transaction entièrement en numéraire évaluée à 4 milliards de dollars. L'accord devrait être finalisé d'ici la fin 2021. "Cette transaction permettra à McAfee de se concentrer de manière unique sur ses 'activités consommateurs' et d'accélérer sa stratégie pour devenir un leader de la sécurité personnelle des consommateurs", a déclaré Peter Leav, directeur général. La société prévoit de verser un dividende spécial d'environ 4,50 dollars par action ordinaire de catégorie A une fois l'opération conclue. La société utilisera également le produit de cette émission pour réduire la dette d'environ 1 milliard de dollars, ce qui devrait avoir un impact neutre sur son ratio d'endettement net.

* GameStop a flambé de plus de 41% après que la chaîne de magasins de jeux vidéo a indiqué avoir demandé à un de ses actionnaires, Ryan Cohen, de mener à bien un plan de transition vers le commerce en ligne. GameStop a fait l'objet en janvier d'une folle spéculation de la part de "day traders" actifs sur le réseau social "WallStreetBets".

*Athene a bondi de 5,9%. Apollo Global Management a annoncé lundi l'achat d'Athene dans le cadre d'une transaction entièrement en actions qui valorise le groupe de services de retraite près de 11 milliards de dollars. À la clôture de l'opération, les actionnaires actuels d'Apollo détiendront environ 76% de la société combinée sur une base entièrement diluée, contre environ 24% pour les actionnaires d'Athene. La fusion d'Apollo et d'Athene combine deux sociétés de croissance qui fournissent des produits et des services très demandés, rendement des investissements et revenus de retraite, a précisé la société de capital-investissement.

* General Electric a gagné 4,1%. La crise sans précédent que traverse l'industrie aéronautique devrait entrainer un bouleversement du côté des loueurs d'avions. Gecas, la division spécialisée dans ce domaine du géant américain General Electric serait en effet sur le point de fusionner avec AerCap Holdings. Selon les sources du 'Wall Street Journal', à l'origine de l'information, et de 'Bloomberg', un accord pourrait être annoncé dans les prochaines heures. La transaction, estimée à plus de 30 milliards de dollars, verrait les deux premiers acteurs de leasing d'avions se rapprocher pour former une société possédant, gérant ou ayant en commande un total de près de 3.000 appareils. Restera toutefois à surmonter plusieurs obstacles, et en premier lieu à obtenir l'aval des autorités de la concurrence compte tenu du poids des deux sociétés dans le financement aéronautique mondial.

* Walt Disney (+6,2%). Les autorités sanitaires californiennes ont annoncé vendredi un assouplissement des mesures sanitaires qui devrait permettre la réouverture à partir du 1er avril des parcs à thèmes, des stades et des lieux de divertissement en plein air.

* Panasonic serait sur le point de s'offrir la société de logiciels et de conseils Blue Yonder pour 700 milliards de yens (6,5 milliards de dollars). Blue Yonder, fondé en 1985, utilise l'intelligence artificielle pour prédire la demande de produits et compte parmi ses clients Unilever et Walmart. Le 'Nikkei', à l'origine de l'information, rappelle que le groupe nippon a acquis 20% de Blue Yonder l'année dernière pour 86 MdsY.

* Boeing (+0,3%). L'annonce, vendredi soir, par les Etats-Unis et l'Union européenne de la suspension des surtaxes douanières liées au conflit vieux de seize ans sur les aides publiques à l'aéronautique pour une période initiale de quatre mois, soutient l'ensemble du secteur aéronautique. Ce compromis porte sur les surtaxes imposées depuis octobre 2019 par Washington sur quelque 7,5 milliards de dollars d'exportations européennes vers les Etats-Unis et sur 4,5 Mds$ de produits américains à destination de l'UE. Il va permettre de concentrer les efforts sur la résolution du différend, ont fait savoir les deux blocs.

* DuPont (+1,5%) va racheter Laird Performance Materials au groupe d'investissement Advent International ; Cette société est spécialisée dans les matériaux destinés au secteur électronique. La transaction, de 2,3 milliards de dollars en numéraire, devrait être conclue au troisième trimestre 2021, sous réserve des approbations réglementaires et des autres conditions de clôture habituelles. Laird Performance Materials compte plus de 4.300 employés et dispose d'un réseau mondial de 11 sites de fabrication en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. Son chiffre d'affaires 2020 a atteint 465 millions de dollars. DuPont prévoit des synergies de coûts de 60 millions de dollars d'ici la fin 2024 grâce à cette acquisition, qui devrait également accroître les bénéfices et le flux de trésorerie disponible au cours des 12 premiers mois.

* PayPal Holdings (-5,4%) se renforce dans les crypto-monnaies en rachetant Curv, entreprise spécialisée dans le transfert et stockage de devises virtuelles. La société de paiements en ligne n'a pas divulgué les conditions financières de l'accord. Mais selon les sources de 'CNBC', PayPal aurait versé moins de 200 M$ pour cette entreprise israélienne fondée en 2018 qui compte environ 40 employés. PayPal a créé récemment une nouvelle unité commerciale axée sur la blockchain, la cryptographie et les monnaies numériques. "L'acquisition de Curv fait partie de notre effort d'investissement dans le talent et la technologie pour réaliser notre vision d'un système financier plus inclusif", a déclaré Jose Fernandez da Ponte, vice-président de PayPal. L'acquisition devrait être finalisée d'ici le milieu de l'année. L'année dernière, Curva annoncé avoir levé un total de 30 M$ auprès d'investisseurs tels que CommerzVentures, Coinbase Ventures et Digital Currency Group.

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