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Clôture de Wall Street : fin de semaine plus prudente, Snap chute

Clôture de Wall Street : fin de semaine plus prudente, Snap chute
Clôture de Wall Street : fin de semaine plus prudente, Snap chute
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a terminé la semaine plus prudemment, l'indice Dow Jones restant malgré tout en terrain record, en hausse de 0,21% à 35.677 pts malgré une déclaration du président de la Fed, Jerome Powell, estimant que l'inflation devrait durer "une bonne partie de 2022", alors que la Fed jugeait jusqu'ici ce phénomène "transitoire"... Le Nasdaq a perdu après ces propos 0,82% à 15.090 pts et est resté plombé par le secteur internet, après la déception sur les revenus publicitaires de Snap (-26,6% !) et par le titre Intel (-11,6%) dans la foulée de résultats décevants.
L'indice large S&P 500 cède 0,11% à 4.545 pts après son record de jeudi à 4.549 pts.

ECO ET DEVISES

Le président de la Réserve fédérale Jerome Powell a donc inquiété les marchés, en reconnaissant que l'inflation allait durer plus longtemps que prévu avant de se tasser. Lors d'une intervention virtuelle à une conférence de la banque des règlements internationaux (BRI), il a aussi confirmé que l'institution est "en passe de" commencer à réduire ses achats d'actifs ("tapering"). La décision doit être prise lors de la prochaine réunion de la Fed, les 2 et 3 novembre prochains.
"Les contraintes sur l'offre et l'inflation élevée devraient durer plus longtemps que précédemment attendu et se prolonger sur une bonne partie de l'année prochaine", a poursuivi M. Powell. Par la suite, le scénario le plus plausible est un reflux des pressions inflationnistes et le retour à un rythme de créations d'emplois de l'été passé, a-t-il ajouté. Le patron de la Fed a précisé que "si nous voyions un risque que l'inflation continue de monter de façon persistante, nous utiliserions assurément nos outils" pour la combattre.

Jerome Powell s'est donc montré beaucoup moins confiant qu'auparavant sur le sujet, indiquant que la Fed ne sait pas combien de temps cela prendra pour que l'inflation recule, et ajoutant que les risques portent désormais clairement sur une inflation trop élevée, plus longue et persistante.

Des hausses de taux à attendre plus tôt que prévu ?

Les marchés financiers ont été préparés de longue date à la baisse des achats d'actifs de la Fed (120 milliards de dollars par mois actuellement) à partir de la mi-novembre, ou de la mi-décembre, avec une réduction des achats de l'ordre de 15 Mds$ par mois, pour une fin du programme autour de la mi-2022.
Mais les derniers propos du patron de la Fed pourraient suggérer que la banque centrale pourrait agir à un rythme plus rapide que prévu, et surtout, être amenée à relever ses taux directeurs plus tôt que prévu. Dans les dernières projections en septembre, la majorité des responsables de la Fed prévoyaient des premières hausses courant 2022, et non en 2023 comme précédemment, mais les marchés continuaient de se préparer pour 2023.

Les marchés obligataires américains ne montraient toutefois pas de signes de tensions ce vendredi, le rendement du le rendement du T-Bond à 10 ans revenant à 1,64% (-4 points de base). Mais ce taux était autour de 1,3% le 22 septembre juste avant que la Fed n'annonce son intention de commencer son "tapering" avant la fin de l'année.
Côté devises, l'indice du dollar cédait ce soir 0,1% à 93,68 points face à un panier de devises, et l'euro était proche de l'équilibre à 1,1630$ (+0,05%). Les cours du pétrole sont repartis à la hausse, le baril de WTI remontant à 84$.

Un accord serait proche sur le plan de dépenses sociales de Biden

Dans l'actualité politique américaine, les démocrates semblent plus proches d'un accord sur un package de dépenses sociales d'un montant inférieur à 2 000 milliards de dollars. Des pierres d'achoppement persisteraient toutefois concernant Medicare, les prix des médicaments, le climat et quelques autres points essentiels. Les perturbations de la chaîne d'approvisionnement, les pressions sur les coûts des intrants et les pénuries de main-d'oeuvre continuent par ailleurs de faire les gros titres avec les publications des résultats du troisième trimestre.

VALEURS A SUIVRE

Snap (-26,6%) plonge et pèse également par extension sur Facebook (-5%) ou Twitter (-4,8%) et même Alphabet (-0,5%), dont les revenus dépendent lourdement de la publicité. La maison mère de l'application de partage de photos et de vidéos SnapChat a publié jeudi soir des comptes décevants au 3e trimestre. Le chiffre d'affaires a manqué le consensus, une contreperformance pour laquelle le groupe a blâmé Apple (-0,5%), qui a changé cet été sa politique de confidentialité, ce qui a plombé les revenus publicitaires de Snap. Les ventes du réseau social incarné par un petit fantôme ont pourtant bondi de 57% au 3e trimestre, pour atteindre 1,07 milliard de dollars, le premier trimestre supérieur à 1 Md$ dans l'histoire de Snap. Mais Wall Street s'attendait à mieux, autour de 1,1 Md$, selon le consensus FactSet.
Snap a aussi annoncé une perte nette inférieure aux attentes, à 71,9 millions de dollars (5 cents par action) réduite par rapport à la perte de 199,8 M$ (-14 cents par action) au 3e trimestre 2020. Wall Street tablait sur une perte de 10 cents par action. Le résultat net ajusté de Snap est ressorti à -17 cents par action. Le nombre d'utilisateurs actifs quotidiens de Snap a atteint 306 millions au 3e trimestre, supérieur aux attentes des analystes (301,8 millions). La direction de Snap a blâmé le manque à gagner sur ses revenus publicitaires sur le changement par Apple de sa politique de confidentialité, qui a empêché les annonceurs sur des applications comme Snap de mesurer l'impact de leurs campagnes publicitaires sur les possesseurs d'iPhone. "Notre business publicitaire a été bouleversé par les changements d'iOS en matière de suivi publicitaire, qu'Apple a mis en place largement en juin et juillet", a déploré Snap. Ces changements "ont complètement renversé beaucoup de normes de l'industrie et les comportements des annonceurs, qui étaient basés depuis une décennie sur l'IDFA" (le système d'identification d'Apple pour la publicité), a ajouté le groupe.

Intel (-11,6%) a publié des bénéfices supérieurs aux attentes des marchés pour le 3e trimestre, mais les ventes et les prévisions du géant américain des microprocesseurs ont déçu, notamment dans sa branche puces pour serveurs. Intel a a aussi annoncé que son directeur financier George Davis prendrait sa retraite en mai 2022. Le bénéfice net du groupe basé à Santa Clara, en Californie, a bondi de 60% sur un an pour atteindre 6,82 milliards de dollars au 3e trimestre (1,67$ par action) contre 4,28 Mds$ (1,02$ par action) au 3e trimestre 2020. Après ajustements pour tenir compte des éléments non récurrents, le bpa s'élève à 1,71$, nettement plus élevé que les attentes du consensus FactSet qui était logé à 1,11$. Les revenus ont augmenté de 4,7% pour atteindre 19,19 Mds$, mettant fin à quatre trimestres consécutifs de recul des ventes. Mais hors division mémoires (en cours de cession), les ventes ont atteint 18,09 Mds$, là où les analystes tablaient sur des revenus de 18,24 Mds$.
La division puces pour centres de données, très suivie par les analystes, a déçu en dégageant un chiffre d'affaires de 6,5 Mds$ (+10%) inférieur aux estimations de 6,67 Mds$ du consensus. Les revenus de la branche historique de processeurs pour PC ont reculé de 2% à 9,7 Mds$, mais ont fait mieux que les attentes ( 9,61 Md$). Pour le 4e trimestre, Intel prévoit des ventes de 19,2 Mds$ (18,3 Mds$ hors puces mémoires) et un bpa aux normes comptable générales (GAAP) de 78 cents et un bpa non GAAP (ou ajusté) de 90 cents. Des prévisions inférieures aux attentes des analystes, qui tablaient sur des ventes de 18,25 Mds$ (hors mémoires) et un bpa ajusté de 1,01$. Pour l'ensemble de l'année 2021, Intel s'attend à un chiffre d'affaires de 77,7 Mds$ (73,5 Mds$ hors mémoires), un bpa GAAP de 4,50$ et non GAAP de 5,28$, là où Wall Street comptait sur un bpa ajusté de 4,79$ et des ventes de 73,59 Mds$.

Mattel (+0,6%), le géant américain du jouet, a dépassé les attentes de marché pour son troisième trimestre, affichant sur la période un bénéfice ajusté par action de 84 cents, contre un consensus de 72 cents et un niveau de 95 cents sur la période comparable de l'an dernier. Les revenus de la firme ont totalisé 1,76 milliard de dollars sur ce trimestre clos en septembre (+8%), contre 1,63 milliard un an plus tôt. Les revenus dépassent de 4% le consensus. En outre, le concepteur de jouets prévoit une solide saison des fêtes de fin d'année et se permet même de relever sa guidance de ventes, après avoir "navigué avec succès" au milieu des difficultés de supply chain. Mattel a déclaré qu'il s'attendait à ce que les ventes à devises constantes pour l'ensemble de l'année augmentent d'environ 15%, par rapport à une précédente guidance allant de +12% à +14%.

Whirlpool (+2,6%), le spécialiste américain des appareils électroménagers, a réalisé un bénéfice trimestriel de 6,68$ par action sur une base ajustée, dépassant nettement l'estimation du consensus (6,15$). Cela se compare à un bénéfice de 6,91$ par action il y a un an. Le groupe aux marques Maytag et KitchenAid a enregistré sur ce troisième trimestre des revenus de 5,49 milliards de dollars, manquant de 3% le consensus, contre 5,29 milliards de dollars il y a un an. Face aux perturbations de supply chain et production, le groupe annonce des objectifs long terme de création de valeur accrus. Il porte sa guidance 2021 de bpa dilué à environ 27,8$ en GAAP et 26,25$ sur une base ajustée.

Honeywell (-3,2%) a réduit ses prévisions de ventes pour l'ensemble de l'année, alors que le conglomérat industriel américain anticipe la pression continue des perturbations de la chaîne d'approvisionnement. La société a mis à jour ses prévisions annuelles pour refléter les effets persistants de l'environnement macroéconomique difficile ainsi que les résultats du troisième trimestre. Il a réduit ses estimations de ventes pour l'année complète entre 34,2 et 34,6 milliards de dollars, contre une guidance précédente de 34,6 à 35,2 milliards de dollars. Il a également réduit la fourchette des prévisions de bénéfices pour l'année entre 8 et 8,1$. Sur le troisième trimestre clos fin septembre, le bénéfice net attribuable à la société a atteint 1,26 milliard de dollars, soit 1,80$ par action, contre 758 millions de dollars un an plus tôt. Le bpa ajusté a grimpé de 29% à 2,02$, contre 1,99$ de consensus FactSet. Les ventes ont totalisé 8,47 milliards de dollars, en hausse de 9%.

American Express (+5,4%) a gagné 2,27$ par action au troisième trimestre pour un chiffre d'affaires de 10,9 milliards de dollars, dépassant les estimations des analystes. Le bénéfice net de la période s'est élevé à 1,83 milliard de dollars contre 1,07 milliard de dollars un an plus tôt. Les analystes s'attendaient à ce que le géant des cartes de crédit déclare un bénéfice de 1,80 dollar par action au troisième trimestre pour un chiffre d'affaires de 10,52 milliards de dollars. Les dépenses des titulaires de cartes ont atteint un niveau record et ont augmenté de 19% par rapport au troisième trimestre de 2019. American Express avait gagné 1,30$ par action pour des revenus de 8,75 milliards de dollars au cours de la période comparable de l'année précédente. La banque a déclaré avoir constaté un "rebond continu des dépenses de voyages et de divertissement, les dépenses de restauration étant particulièrement résistantes, dépassant les niveaux d'avant la pandémie" au troisième trimestre.

VF Corp (-4,5%). La société mère de The North Face et Vans a annoncé des bénéfices et des revenus du deuxième trimestre fiscal inférieurs aux attentes. Le bénéfice net a totalisé 464,1 millions de dollars, ou 1,18$ par action, contre 256,7 millions de dollars, ou 66 cents par action, l'an dernier. Le bpa ajusté de 1,11$ a manqué le consensus FactSet, qui était de 1,15$. Le chiffre d'affaires de 3,198 milliards de dollars est en hausse par rapport aux 2,608 milliards de dollars de l'année dernière, mais s'affiche inférieur au consensus FactSet de 3,490 milliards de dollars.

Seagate (+6%) après ses comptes. Pour son premier trimestre fiscal 2022, le fabricant de disques durs a réalisé des revenus de 3,11 milliards de dollars, contre 2,31 milliards un an avant. La marge opérationnelle a grimpé à 18,8% contre 10,8% un an plus tôt. Le bénéfice net a plus que doublé à 526 millions de dollars, contre 223 millions de dollars un an auparavant. Le bpa dilué est ressorti à 2,28$, contre 86 cents sur la période correspondante, un an avant. Sur une base non-GAAP, la marge opérationnelle atteint 20,1% et le bénéfice totalise 544 millions de dollars, 2,35$ par action.

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