Cotation du 15/10/2019 à 23h00 Dow Jones Industrial +0,89% 27 024,80
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Clôture de Wall Street : fin de semaine en beauté, malgré l'emploi

Clôture de Wall Street : fin de semaine en beauté, malgré l'emploi
Clôture de Wall Street : fin de semaine en beauté, malgré l'emploi
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après un début de séance hésitant, la Bourse de New York a fini en nette hausse, vendredi, malgré la publication de chiffres de l'emploi en demi-teinte pour septembre aux Etats-Unis. Ces données ont accru les spéculations des investisseurs concernant de nouvelles baisses de taux de la Fed d'ici à la fin de l'année. La pression monte donc sur le président de la Fed Jerome Powell, qui s'est exprimé vendredi en public sans dévoiler les intentions de la banque centrale. Par ailleurs, le risque de Brexit dur semble s'éloigner, le Premier ministre britannique Boris Johnson étant désormais prêt à demander un report du Brexit s'il ne parvient pas à un accord avec Bruxelles.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 1,42% à 26.573 points, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 1,43% à 2.952 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a progressé de 1,40% à 7.982 pts.

Sur l'ensemble de la semaine, le Dow Jones a reculé de 0,9% et le S&P 500 a fléchi de 0,3%, ces deux indices enchaînant désormais 3 semaines de baisse consécutives. Mais le Nasdaq a progressé cette semaine de 0,5%, après deux semaines de recul.

Atterrissage en douceur plutôt que récession ?

Les marchés ont donc pris connaissance du dernier rapport mensuel sur l'emploi aux Etats-Unis, qui montre un ralentissement des créations de postes en septembre, à 136.000 contre 150.000 attendus. Toutefois, le chiffre d'août a été revu en nette hausse, de 130.000 à 168.000 créations de postes, et les chiffres de juillet ont eux aussi été révisés à la hausse. En outre, le taux de chômage a baissé à 3,5% en septembre, contre 3,7% un mois plus tôt, un nouveau plus bas depuis près de 50 ans, en décembre 1969. Du côté des salaires, la hausse s'est ralentie à 2,9% sur un an en septembre, alors qu'en août, les salaires horaires affichaient une hausse de 3,2% en glissement annuel.

L'ensemble de ces données a quelque peu rassuré les investisseurs, qui craignaient une dégradation plus brutale du marché de l'emploi, après la publication en début de semaine d'indices d'activité ISM en berne dans l'industrie, et en ralentissement dans les services en septembre. Si l'économie américaine ralentit bel et bien, elle semble s'orienter vers un atterrissage en douceur et non une récession qui entraînerait des turbulences boursières.

Jerome Powell confiant dans l'économie US malgré les risques

Les investisseurs font le pari que la Fed fera le nécessaire pour soutenir l'activité, en abaissant au moins une fois ses taux directeurs d'ici à la fin de l'année. L'intervention de Jerome Powell, ce vendredi soir, lors d'une réunion publique consacrée au marché de l'emploi, n'a pas apporté de réponse précise à cette question, mais elle n'a pas non plus douché les espoirs des marchés.

Dans ce discours très attendu, le président de la baque centrale américaine a affirmé que "dans l'ensemble, l'économie est, comme j'aime le dire, dans une bonne position". Il a ajouté cependant que la croissance fait face à des défis liés à "une croissance faible, une inflation faible et des taux d'intérêts faibles".L'économie "se porte bien", malgré "les risques", et le rôle de la Fed est de "continuer à ce que ce soit le cas le plus longtemps possible", a estimé Jerome Powell.

Une ou deux baisses des taux de la Fed d'ici à décembre ?

Selon le baromètre FedWatch du CME Group, les chances d'un abaissement des taux des fed funds d'un quart de point à l'issue de la réunion des 29 et 30 octobre s'établissaient vendredi soir à 77,5%. Le taux des fed funds serait alors ramené entre 1,50% et 1,75%, après la baisse d'un quart de point du 18 septembre et celle d'un quart de point de juillet. Les marchés sont partagés sur une 2e baisse d'ici à la fin de l'année. La probabilité est ainsi de 41,2% pour un retour à 1,25%-1,50% lors de la réunion du 11 décembre, et de 48,3% pour un niveau de 1,5%-1,75%.

Sur les marchés obligataires, le rendement de l'emprunt d'Etat américain à 10 ans (T-Bond) a poursuivi son recul vendredi, cédant encore 2 points de base à 1,52%, sa septième séance de baisse consécutive. Vendredi dernier, il pointait encore à 1,68%.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, a reculé légèrement de 0,05% à 98,82 points, tandis que l'euro a gagné 0,16% à 1,0981$. Le yen a maintenu ses gains des jours précédents à 106,84 Y/$ (+0,07% pour la devise nippone), faisant office de valeur-refuge. La livre sterling a fini stable à 1,2337$ après que la 'BBC' a affirmé que Boris Johnson était désormais d'accord pour demander un report du Brexit si un accord n'est pas conclu avec l'UE d'ici au 19 octobre.

Le pétrole plonge de 5,5% sur la semaine, l'or se redresse

Les cours du pétrole ont rebondi vendredi, mais affichent un recul de 5,5% sur l'ensemble de la semaine, face aux craintes sur la croissance mondiale. Sur le Nymex, le brut léger américain WTI a regagné vendredi 0,7% à 52,81$ sur le Nymex (contrat à terme de novembre), tandis que le Brent a progressé de 1,14% à 58,37$.

Sur la semaine, le WTI a toutefois chuté de 5,5% et le Brent de 5,7%, après une baisse de près de 4% la semaine précédente pour les deux variétés de brut. Les cours sont désormais revenus à leur plus bas niveau depuis début août, effaçant totalement leur bond d'environ 6% dans la semaine suivant l'attaque contre d'importantes installations pétrolières saoudiennes, à la mi-septembre. Par rapport à son pic de 62,90$ atteint juste après ces attaques, le cours du baril de brut WTI a plongé de 16%.

De son côté, l'or a marqué le pas vendredi, après avoir progressé pendant 3 séances profitant des craintes de récession qui ont fait chuter les marchés boursiers. Le métal jaune a fini la semaine à 1.510,30$ l'once (-0,23%), pour le contrat à terme de décembre coté sur le marché Comex. Sur la semaine, l'or a regagné un petit 0,25%.

Donald Trump plus pugnace que jamais contre Joe Biden

Les marchés semblent pour l'instant peu réagir aux derniers développements politiques à Washington, où Donald Trump se montre particulièrement pugnace vis-à-vis des démocrates qui ont déclenché une procédure de destitution contre lui. Le président américain a répété jeudi que l'Ukraine devrait enquêter sur son possible rival démocrate Joe Biden, et il a enfoncé le clou en estimant que la Chine devrait elle aussi s'intéresser aux activités de Biden et de son fils Hunter.

"Et au fait, de la même manière, la Chine devrait ouvrir une enquête sur les Biden. Parce que ce qui s'est passé en Chine est juste aussi mal que ce qui s'est passé en Ukraine", a asséné Trump, cité par l'agence 'Reuters'. Trump accuse en effet Biden d'avoir indûment favorisé les affaires de son fils en Ukraine et désormais aussi en Chine. Des accusations démenties formellement par les intéressés et leurs avocats.

Les démocrates du congrès ont déclenché la semaine dernière une procédure de destitution, en accusant Donald Trump d'avoir fait pression sur un chef d'Etat étranger, le président ukrainien Volodimir Zelensky, en lui demandant d'enquêter sur les Biden.

VALEURS A SUIVRE

Du côté des valeurs, Apple (+2,8%) a soutenu les marchés ce jour, le groupe à la pomme ayant demandé à ses fournisseurs d'augmenter la production de l'iPhone 11 de huit millions d'unités, soit d'environ 10%, selon 'Nikkei Asian Review'. Ce coup d'accélérateur représenterait entre sept et huit millions d'appareils. Auparavant, Apple s'est montré assez conservateur au sujet de ses commandes", écrit Nikkei, citant une source. "Après cette augmentation, le volume projeté de production pour les iPhone 11 sera supérieur à celui de l'an dernier", et non pas inférieur à celui du modèle lancé l'an dernier comme prévu précédemment, ajoute le journal.

HP Inc (-9,6%), géant américain des ordinateurs et imprimantes, a dévoilé hier jeudi un plan de restructuration passant par les suppressions de 7.000 à 9.000 postes en trois ans - jusqu'à 16% d'un effectif total de 55.000 personnes. Le groupe entend ainsi mettre l'accent sur le numérique et les services, après des résultats décevants et un changement de directeur général. Enrique Lores prendra la direction du groupe début novembre. Les coupes dans les effectifs devraient permettre d'économiser environ 1 milliard de dollars d'ici à la fin de l'exercice 2022. En attendant, la réorganisation coûtera également 1 milliard de dollars et se traduira notamment par des charges de 100 millions sur le seul quatrième trimestre fiscal, puis 500 millions de dollars sur l'exercice 2020.

Le groupe californien de Palo Alto dit s'attendre désormais à un bénéfice hors coûts de restructurations et autres éléments logé entre 2,22 et 2,32$ sur l'exercice 2020.

Costco (+0,9%), le distributeur américain d'Issaquah, a annoncé hier soir des comptes mitigés. La chaîne de supermarchés a réalisé des revenus de 47,5 milliards de dollars en croissance de 7%, mais le consensus était un cran plus élevé à 47,6 milliards. Le bénéfice par action hors éléments s'est établi à 2,69$, en revanche supérieur aux attentes de marché. Les ventes américaine à comparable et hors essence ont grimpé de 5,2%, mais le consensus était de +5,3% en glissement annuel.

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