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Clôture de Wall Street : fin de semaine dans le rouge vif

Clôture de Wall Street : fin de semaine dans le rouge vif
Clôture de Wall Street : fin de semaine dans le rouge vif
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les principaux indices boursiers américains ont poursuivi leur correction, vendredi, après la publication des chiffres de l'emploi aux Etats-Unis en septembre, qui ont fait état d'une chute du taux de chômage à 3,7%, son plus bas niveau depuis... 49 ans ! Le rendement du T-Bond à 10 ans a continué à flamber, atteignant 3,23% contre 3,07% mardi soir, retrouvant son plus haut niveau depuis juin 2011.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé vendredi 0,68% à 26.447 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,55% à 2.885 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a chuté de 1,16% pour finir à 7.788 pts. Les indices ont toutefois limité leurs pertes dans les deux dernières heures de la séance, après avoir abandonné environ 1% pour le Dow et près de 2% pour le Nasdaq.

L'indice Nasdaq plombé par la chute des valeurs technologiques

Sur l'ensemble de la semaine, le Dow Jones, qui avait encore fini sur un sommet historique mercredi soir, affiche la stabilité (-0,04%), tandis que le S&P 500 a cédé 1% et que le Nasdaq a plongé de 3,5% en 5 séances. Le Nasdaq gagne toutefois encore près de 13% depuis le début de l'année, tandis que le DJIA progresse de 7% depuis le 1er janvier.

Sur le marché des changes, le dollar a marqué le pas, vendredi, après 6 séances de hausse consécutives. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à 6 devises de référence, dont l'euro, a cédé de 0,11% à 95,64 points. L'euro a gagné 0,05% 1,1521$, tandis que la livre sterling a grimpé de 0,73% à 1,3116$ après des informations faisant état d'un accord proche entre Londres et l'UE sur un accord de libre-échange de grande ampleur après le Brexit.

La conjoncture est bonne aux Etats-Unis, les taux remontent...

Les marchés obligataires américains sont repartis à la baisse, faisant encore grimper les taux d'intérêts, qui évoluent en sens inverse des cours des obligations. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain (T-Bond) à 10 ans a fini la semaine à 3,23% (+4 points de base) alors qu'il n'était qu'à 3,07% mardi soir avant un accès de fièvre des taux. Le T-Bond à deux ans rapportait vendredi soir 2,88% contre 2,81% mardi soir, au plus haut depuis la fin 2007, tandis que le taux du T-Bond à 30 ans a fini à 3,40% vendredi contre 3,21% mardi soir, au plus haut depuis juin 2014.

La publication des chiffres de l'emploi en septembre aux Etats-Unis a accentué une tendance déjà en marche depuis 48 heures, après une série de statistiques positives pour l'économie américaine et des commentaire tout aussi positifs du président de la Fed Jerome Powell. La vigueur de la croissance aux Etats-Unis fait désormais craindre aux investisseurs une accélération du rythme des hausses des taux directeurs de la part de la Réserve fédérale américaine.

Un taux de chômage au plus bas depuis près de 50 ans outre-Atlantique

A première vue pourtant, les créations d'emplois sont ressorties très décevantes en septembre, au nombre de 134.000, contre un consensus de place voisin de 180.000... Toutefois, le taux de chômage américain est tombé à 3,7% contre 3,9% un mois auparavant, alors que le consensus de place se situait à 3,8%. Le taux de chômage américain n'a jamais été aussi bas depuis 1969 !

Par ailleurs, les créations de postes du mois de juillet 2018 ont été révisées en nette hausse, de 147.000 à 165.000, et celles d'août ont aussi été ajustées en forte hausse à 270.000, contre 201.000 précédemment évalué. Le salaire horaire moyen, mesure désormais très suivie de l'inflation salariale, a progressé de 2,8% en glissement annuel en septembre. Sa hausse ressort à +0,3% en comparaison avec août, en ligne avec le consensus de place.

Par ailleurs, le déficit commercial américain pour le mois d'août 2018 est ressorti à 53,2 milliards de dollars, contre 53,7 Mds$ de consensus de place et 50 Mds$ pour le mois de juillet 2018.

La Fed va-t-elle accélérer le rythme de son resserrement monétaire ?

Mardi, le président de la Fed, Jerome Powell avait donné le coup d'envoi des turbulences sur les marchés. Dans un discours prononcé mardi à Boston, le banquier central a salué des perspectives économiques "remarquablement positives" pour les Etats-Unis, combinant un chômage très bas et une inflation maîtrisée. M. Powell a estimé que le taux de chômage devrait rester en deçà de 4% pendant encore deux ans au moins et l'inflation demeurer modérée même avec les revalorisations salariales.

Il a en outre confirmé que la banque centrale américaine allait continuer à remonter ses taux directeurs progressivement, ajoutant que la Fed était très attentive au risque de surchauffe de l'économie. Elle pourrait même monter ses taux directeurs au-delà de ses niveaux neutres (ni encouragement, ni frein à l'économie), même si on en est encore loin, a-t-il conclu. Ces propos ont entraîné des spéculations sur des hausses de taux supérieures aux attentes des marchés, si l'économie menace de surchauffer.

La Fed a relevé la semaine dernière ses taux directeurs pour la 3ème fois cette année pour les porter entre 2% et 2,25%, et a retiré de son communiqué le terme "accommodant" qui désignait sa politique monétaire depuis près de 10 ans. Jerome Powell avait alors souligné la vigueur de la croissance et du marché de l'emploi aux Etats-Unis, ainsi que la modération de l'inflation, qui devrait demeurer proche de l'objectif de 2% que s'est fixé la banque centrale américaine.

Une quatrième hausse d'un quart de point du taux des "fed funds" semble se profiler de façon quasi-certaine pour la réunion de décembre, suivie de 3 autres hausses en 2019 sauf accident conjoncturel.

Le pétrole fait une pause après ses sommets de 4 ans

Vendredi, les cours du pétrole se sont stabilisés. Le contrat à terme de novembre sur le brut léger américain WTI a cédé 0,01%, à 74,34$ le baril sur le Nyse, tandis que l'échéance de décembre sur le Brent de Mer du Nord a perdu 0,50%, à 84,16$ le baril. Les deux variétés de pétrole évoluaient depuis plusieurs séances à leurs plus hauts niveaux depuis 4 ans, mais avaient corrigé de 2% à 3% jeudi.

Selon des sources citées mercredi par l'agence 'Reuters', un accord secret aurait été conclu entre la Russie et l'Arabie saoudite pour relever leur production afin de compenser le recul des exportations iraniennes à partir du 4 novembre (date d'entée en vigueur des sanctions américaines contre Téhéran).

VALEURS A SUIVRE

Les valeurs technologiques, qui affichent les meilleures progressions depuis le début de l'année, ont continué leur correction vendredi, notamment Facebook (-0,9%), Amazon (-1%), Alphabet (-0,8%), Apple (-1,6%), Netflix (-3,4%), Intel (-2,3%) et Advanced Micro Devices (AMD, -1,5%).

Le tire Tesla a plongé de 7% après de nouvelles frasques de la part de son dirigeant et fondateur Elon Musk. Ce dernier, qui vient d'être forcé par la SEC à quitter son poste de "chairman" de Tesla, s'est attaqué au gendarme du marché boursier américain via Twitter en se moquant du régulateur... Le directeur général du constructeur de voiture électriques a ainsi qualifié l'autorité de marché de 'Shortseller Enrichment Commission', autrement dit de Commission d'enrichissement des vendeurs à découvert.

"Juste pour dire que la Commission d'enrichissement des vendeurs à découvert fait un travail formidable. Et ce changement de nom lui va si bien", s'est amusé Musk, 47 ans, sur Twitter. Jeudi soir, une juge fédérale américaine a exigé qu'Elon Musk et la SEC lui fournisse dans un délai d'une semaine, un argumentaire justifiant leur accord intervenu le 29 septembre, prévoyant notamment que Tesla et son patron payent chacun une amende de 20 millions de dollars, que Musk abandonne son fauteuil de président. Cet accord mettait un terme à l'enquête de la SEC pour fraude.

Costco Wholesale (-5,5%) a publié ses résultats du quatrième trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 1,04 Md$ (2,36$ par action), contre 919 M$ (2,08$ par action) un an avant. Les ventes ressortent à 43,4 Mds$, contre 41,4 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,36$, pour des ventes de 44,2 Mds$. A magasins comparables, les ventes sont en croissance de 9,5%... En outre, le groupe a prévenu d'une faiblesse matérielle de ses contrôles internes liée à des mesures 'IT' générales soutenant son processus de reporting financier. Le groupe ne semble pas envisager néanmoins, pour l'instant, de réviser ses comptes.

Nike (-0,07%) et Electronic Arts (-0,25%), sponsors du footballeur Cristiano Ronaldo, ont exprimé leur inquiétude suite aux accusations de viol contre la 'star' de la Juventus de Turin. Une plainte pour agression sexuelle a été déposée dans le Nevada par une femme, Kathryn Mayorga, qui l'accuse de l'avoir violée en 2009 dans un hôtel de Las Vegas. "Nous sommes profondément préoccupés par ces accusations inquiétantes et nous allons continuer de suivre de près la situation", a déclaré Nike.

Sponsor de Ronaldo depuis 2003, la firme américaine a annoncé en 2016 avoir conclu avec le footballeur un contrat à vie. Un privilège réservé à seulement quelques-uns des plus grands sportifs de la planète, puisque seuls Michael Jordan et LeBron James ont un accord du même type. Le contrat liant CR7 à la marque à la virgule est évalué à un milliard de dollars.

Snap (-0,4%). Le directeur général du groupe, Evan Spiegel, a affirmé à ses employés, dans un message interne relayé notamment par CNBC, que la compagnie était concentrée sur l'atteinte de la rentabilité en 2019.

Gap (+1,7%) a annoncé qu'Amy Bohutinsky, COO de Zillow Group Inc., John Fisher, co-fondateur de Sansome Partners, et Lexi Reese, COO de Gusto, allaient rejoindre le conseil d'administration du groupe à partir du 1er novembre 2018.

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