Cotation du 22/05/2018 à 22h20 Dow Jones Industrial -0,72% 24 834,41
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Clôture de Wall Street : fin de semaine dans le rouge

Clôture de Wall Street : fin de semaine dans le rouge
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les indices boursiers américains ont signé vendredi leur deuxième séance consécutive de baisse, abandonnant environ 1%, plombés notamment par la poursuite d'une chute des valeurs technologiques (-4,1% pour Apple), après l'avertissement du géant taïwanais des semi-conducteurs, Taiwan Semiconductor (-1,5%), sur un ralentissement de ses ventes à venir. La hausse du titre General Electric (+4%), après ses trimestriels, n'a pas suffi à soutenir la tendance générale. Par ailleurs, la hausse des taux et du dollar, deux facteurs peu favorables aux actions, s'est poursuivie, tandis que Donald Trump a semé le trouble sur les marchés pétroliers, en jugeant que les cours du brut étaient "artificiellement très élevés".

Le Dow Jones a cédé vendredi 0,82% à 24.462 points à la clôture, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé 0,85% à 2.670 pts et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a cédé 1,27% à 7.146 pts. Sur l'ensemble de la semaine, les trois indices pointent cependant tout juste dans le vert, avec des légers gains respectifs de 0,4%, 0,5%, et 0,5%.

Le taux des emprunts d'Etat américains à 10 ans frôle à nouveau les 3%

Sur le marché des changes, l'indice du billet vert, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises (euro, yen, dollar canadien, livre, franc suisse et couronne suédoise) a gagné vendredi 0,40% à 90,30, et affiche un gain de 1,1% depuis mardi, où il avait atteint un plus bas en séance à 89,25.

De son côté, l'euro a été pénalisé cette semaine par des indicateurs montrant des signes précurseurs d'un passage à vide, sans doute temporaire, dans la croissance économique allemande. La devise européenne a reculé vendredi de 0,5% à 1,2285$.

Le rebond du dollar est notamment lié à un regain de tension sur les taux d'intérêts cette semaine aux Etats-Unis, ce qui a rendu plus attractifs les investissements réalisés en dollars. Le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans est ainsi remonté à 2,96% vendredi soir (contre 2,83% une semaine plus tôt), son plus haut depuis début 2014, où il avait atteint brièvement le seuil de 3%. Le taux des T-Bonds à 2 ans s'est de son côté hissé à 2,46% vendredi (contre 2,36% une semaine plus tôt). De nombreux analystes estiment qu'un taux à 10 ans supérieur 3% serait préjudiciable pour les marchés d'actions, dont le rendement est inférieur. En outre, une hausse de taux pèserait sur les coûts financiers des entreprises qui s'endettent.

La flambée du pétrole et des métaux alimente les anticipations inflationnistes

Cette poussée des taux d'intérêts a été provoquée par une hausse des anticipations d'inflation, elle-même liée à une flambée des cours des matières premières, à commencer par le pétrole. Le cours du baril de brut léger américain WTI approche désormais les 70$, au plus haut depuis la fin 2014, alors qu'il était tombé sous les 30$ début 2016 !

Vendredi, l'Opep et ses alliés, dont la Russie, se sont réunis vendredi à Djeddah en Arabie Saoudite pour faire le point sur les mesures de réduction de leur production, mises en place depuis début 2017. Ils ont signalé leur volonté de poursuivre leurs efforts de réduction de leur production, afin de soutenir les cours. Des sources de presse affirment que l'Arabie saoudite souhaiterait désormais voir les cours monter entre 80$ et 100$...

Le président américain Donald Trump a vivement réagi vendredi, en tweetant que, selon lui, les cours du brut sont désormais "artificiellement Très Elevés ! Ce n'est pas bon et nous ne l'accepterons pas!", a-t-il martelé. Malgré une réaction baissière initiale (-0,6% après ce tweet), le cours du baril de brut américain WTI s'est repris et a fini en légère hausse vendredi soir à 68,38$ (+0,13%), tandis que le Brent de la Mer du nord a gagné 0,2% à 73,94$.

Le WTI affiche une hausse supérieure à 1% sur la semaine, après un bond de plus de 8% la semaine précédente. La progression du WTI est supérieure à 13% depuis le début de l'année et celle du Brent atteint 10,5%.

VALEURS A SUIVRE

General Electric s'est envolé de 4% suite à la publication des comptes trimestriels du groupe. GE a surtout surpris en confirmant ses prévisions 2018, alors que Wall Street n'y croyait guère. Les bénéfices du 1er trimestre fiscal ont quant à eux dépassé les attentes. Sur le T1, le bénéfice ajusté par action s'est établi à 16 cents, alors que le consensus de place se situait à 12 cents. Les revenus trimestriels ont augmenté de 7% en glissement annuel à 28,7 Mds$. Le consensus était d'à peine 27,5 Mds$ sur la période close. Le bénéfice des opérations continues attribuable aux actionnaires de GE a grimpé à 369 M$, contre 122 M$ un an avant.

General Electric a annoncé par ailleurs ce vendredi avoir décidé de céder sa division de distribution d'énergie. GE pense être en mesure de boucler un accord d'ici le milieu de l'année. La cession pourrait représenter un montant de 2 Mds$, croit savoir l'agence Reuters.
GE envisage toujours un bénéfice ajusté par action allant de 1$ à 1,07$ sur l'exercice, profitant notamment de solides activités dans l'aviation et la santé. Il y a deux mois, le directeur financier de la firme envisageait pourtant du 'bas de fourchette'. Le consensus des analystes était par la suite retombé jusqu'à 95 cents. Le groupe maintient également sa 'guidance' de free cash flow industriel ajusté, allant de 6 à 7 Mds$.

Apple, qui avait déjà chuté de 2,8% jeudi, a encore abandonné 4,1% vendredi ! Les investisseurs s'inquiètent d'une baisse des vente d'iPhones après l'avertissement du fournisseur de puces Taiwan Semiconductor, qui a abaissé jeudi ses estimations annuelles de vente, du fait d'une plus faible demande de ses clients de téléphonie mobile, notamment dans le haut de gamme, la spécialité d'Apple...

Taiwan Semiconductor (-1,5%) envisage maintenant des revenus allant de 7,8 milliards à 7,9 Mds$ pour le 2ème trimestre alors que le consensus des analystes tablait sur 8,8 Mds$. TSMC est un partenaire clé d'Apple, ainsi que du leader des processeurs graphiques Nvidia (-0,14%).

Honeywell (+1,6%) a annoncé, pour le trimestre clos fin mars 2018, un bénéfice net attribuable au groupe de 1,44 Md$ et 1,89$ par titre, contre 1,33 Md$ et 1,71$ par action un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action s'est établi à 1,95$, alors que le consensus était de 1,90$ sur la période. Les revenus se sont appréciés à 10,4 Mds$, contre 9,5 Mds$ un an avant et environ 10 Mds$ de consensus. Le segment aéronautique a tiré l'activité, avec une croissance de 12% à près de 4 Mds$, accompagnée d'une expansion des marges.
Mieux encore, groupe d'aéronautique et d'automatismes se permet de rehausser ses prévisions annuelles. Il table pour 2018 sur un bénéfice allant de 7,85 à 8,05$ par titre, alors que la 'guidance' antérieure allait de 7,75 à 8$. Les revenus annuels sont attendus entre 42,7 et 43,5 Mds$, contre une fourchette allant de 41,8 à 42,5 Mds$ auparavant envisagée.

Schlumberger (-1,5%), le géant des services pétroliers, publie ce vendredi des résultats supérieurs aux attentes. Le bénéfice net du 1er trimestre s'est établi à 525 M$ soit 38 cents par titre, contre une perte massive de 2,26 Mds$ et 1,63$ par action un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 38 cents, alors que le consensus se situait à 37 cents. Les revenus ont régressé à 7,83 Mds$, contre 8,18 Mds$ un an plus tôt et 7,81 Mds$ de consensus.
Paal Kibsgaard, le directeur général du groupe, estime qu'après trois années de sous-investissement dans l'exploration et la production, la base globale de production montre des signes d'affaiblissement. "Avec la Libye et le Nigeria produisant presque à plein régime, la production vénézuélienne en chute libre, les possibles nouvelles sanctions contre l'Iran et les risques géopolitiques croissants, les seules sources majeures de croissance de l'offre à court terme pour faire face à la baisse de la production globale et à la forte demande mondiale sont l'Arabie saoudite, le Koweït, les Emirats arabes unis, la Russie et l'industrie américaine du pétrole de schiste", résume le dirigeant, qui relève qu'avec les défis de production sur le schiste américain, il est probable que l'industrie soit confrontée à des défis d'approvisionnement et que les dépenses E&P doivent être augmentées.

ManpowerGroup (-14,5%). Pour le 1er trimestre, le groupe de Milwaukee a dévoilé un bénéfice de 97 M$ et 1,45$ par titre, ainsi qu'un bénéfice ajusté par action de 1,72$ à comparer à un consensus de 1,65$. Les revenus se sont établis à plus de 5,5 Mds$ sur la période close, alors que le consensus ne dépassait pas 5,4 Mds$. Sur le trimestre entamé, période close en juillet, le bénéfice par action est anticipé entre 2,33 et 2,41$ par titre.

Stanley Black & Decker (-6,7%) a révélé, pour son 1er trimestre, un bénéfice de 171 M$ soit 1,11$ par titre. Le groupe du Connecticut affiche un bpa ajusté trimestriel de 1,39$, contre 1,35$ de consensus. Les revenus du géant de l'outillage totalisent plus de 3,2 Mds$, contre 3,1 Mds$ de consensus. Pour l'exercice dans son ensemble, le groupe envisage un bénéfice allant de 8,30 à 8,50$ par titre.
State Street (-4%). La banque américaine a affiché au 1er trimestre un bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires de 605 M$ soit 1,62$ par titre, contre 446 M$ un an avant. Le consensus était de 1,59$ de bpa. Les commissions de services se sont appréciées de 10% en glissement annuel à 1,42 Md$, tandis que les commissions de gestion ont progressé de 24% à 472 M$.

SunTrust (-0,3%) a annoncé pour son 1er trimestre 2018 un bénéfice net applicable aux actionnaires ordinaires de 612 M$ soit 1,29$ par titre, contre 1,48$ par titre sur le trimestre antérieur. Hors éléments, toutefois, le bénéfice ajusté aurait progressé de 18% en séquentiel, tiré essentiellement par un taux effectif d'imposition plus bas. La croissance du bpa ajusté dilué en glissement annuel est ressortie à 42%. Le management évoque un bon début d'année.

Wells Fargo (+2%) devra payer une amende d'un milliard de dollars aux Etats-Unis. La banque US met ainsi un terme aux enquêtes concernant ses pratiques. Il s'agit de la plus importante sanction infligée, sous la présidence de Donald Trump, à une grande banque nationale. Deux pénalités de 500 M$ seront réglées au Consumer Financial Protection Bureau et à l'Office of the Comptroller of the Currency, a précisé aujourd'hui le CFPB. Le titre de la banque remonte toutefois, alors que Wells avait déjà prévenu d'une amende potentielle d'une telle ampleur.

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