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Clôture de Wall Street : et de trois, malgré le décret anti-Huawei !

Clôture de Wall Street : et de trois, malgré le décret anti-Huawei !
Clôture de Wall Street : et de trois, malgré le décret anti-Huawei !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a progressé jeudi de près de 1%, enchaînant trois séances de hausse consécutives, après la séance calamiteuse de lundi. Le goût du risque est un peu revenu, et les marchés ont salué des "stats" solides aux Etats-Unis, ainsi qu'une saison des résultats d'entreprises meilleure qu'attendue, notamment grâce à Walmart (+1,4%) et Cisco Systems (+6,6%) ce jeudi. Les marchés parient sur le fait que malgré les tensions entre les Etats-Unis et la Chine, un accord commercial sera trouvé in fine dans l'intérêt des deux premières économies mondiales. La signature par Donald Trump d'un décret "anti-Huawei" a pesé sur le secteur des semi-conducteurs, mais n'a pas affecté l'ensemble de la cote.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,84% à 25.862 points, tandis que l'indice large S&P 500 a pris 0,89% à 2.876 pts et que le Nasdaq composite a grimpé de 0,97% à 7.898 pts. En trois séances, les indices ont presque effacé le coup de tabac de lundi, où ils avaient vécu leur pire séance depuis le 3 janvier (-2,38% pour le DJIA, -2,4% pour le S&P 500 et -3,4% pour le Nasdaq).

Jeudi matin, les marchés asiatiques avaient progressé (+0,6% pour le Nikkei à Tokyo et +0,45% pour le CSI 300 à Shanghai), tandis qu'en Europe, l'EuroStoxx 50 a bondi de 1,56% et le CAC 40 a grimpé de 1,37% à la clôture.

Le retour de l'appétit du risque a entraîné un rebond du dollar, un reflux du yen et du franc suisse, ainsi qu'une remontée des taux d'intérêt souverains, les investisseurs délaissant quelque peu les placements obligataires. L'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) a progressé jeudi soir de 0,27% à 97,84 points, tandis que l'euro a reculé de 0,22% à 1,1176$.

Le pétrole a poursuivi sa progression jeudi pour la 3è séance d'affilée, toujours soutenu par la montée des tensions au Moyen Orient entre l'Iran et les Etats-Unis et ses alliés, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Le contrat à terme de juin sur le brut léger américain WTI a gagné jeudi 1,37% à 62,87$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juillet prenait 1,18% à 72,62$ au moment de la clôture du Nymex.

Les marchés anticipent de nouvelles baisses de taux aux Etats-Unis

Sur les marchés de taux, le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, a regagné 2 points de base, à 2,40%, mais il reste proche de ses plus bas niveaux depuis novembre 2017, après avoir plafonné à plus de 3,1% en octobre 2018. En Allemagne, le rendement du Bund à 10 ans est resté stable à -0,10%.

Les opérateurs sont de plus en plus nombreux à penser que des deux côtés de l'Atlantique, les banques centrales devront accentuer leurs mesures de soutien aux marchés financiers dans les mois à venir. Mardi, Donald Trump a appelé une nouvelle fois la Fed à baisser ses taux directeurs, l'incitant à l'aider ainsi à gagner la bataille commerciale contre la Chine.

Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité que le taux des "fed funds" reste à son niveau actuel de 2,25%-2,50% d'ici à la fin décembre n'est plus que de 28,3%, les autres paris étant à la baisse. Ainsi, il y a actuellement 41,6% de chances pour que le taux directeur soit abaissé d'un quart de point d'ici là, à 2%-2,25%, et il y a 23,2% de chances qu'il soit ramené entre 1,75% et 2%. L'outil FedWatch est basé sur l'évolution des contrats à terme sur le taux des fonds fédéraux, cotés sur le marché CME à Chicago.

L'économie américaine envoie toujours des signes positifs

En attendant, une nouvelle batterie de statistiques américaines est ressortie supérieures aux attentes ce jeudi. Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 11 mai, ont été moins nombreuses que prévu, à 212.000, contre un consensus de 219.000 et un niveau de 228.000 une semaine auparavant.

L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie a été bien plus fort que prévu à 16,6 en mai, contre 9,3 de consensus et 8,5 en avril. L'indicateur traduit donc une forte accélération de l'expansion de l'industrie manufacturière dans la région.

Dans la construction aussi, les chiffres ont plutôt surpris à la hausse. Les mises en chantier de logement ont totalisé 1,235 million d'unités en avril, contre 1,2 million de consensus de place et 1,168 million en mars. Les permis de construire se sont élevés à 1,296 million sur la même période, contre 1,29 million de consensus et 1,288 million un mois plus tôt. Il faut par ailleurs noter que les mises en chantier et les permis du mois de mars ont été révisés en hausse.

Donald Trump bloque Huawei, mais devrait temporiser sur l'automobile

Le dossier des négociations commerciales est passé, sans doute très momentanément au second plan jeudi. Les investisseurs n'ont pas réagi négativement à la signature par Donald Trump, mercredi soir, du décret interdisant aux équipementiers télécoms américains d'acheter des produits chinois (Huawei et ZTE), jugés dangereux pour la sécurité nationale. Cette menace étant dans l'air depuis des mois, elle n'a pas pris les marchés par surprise, même si elle ne fait rien pour calmer les tensions commerciales croissantes entre Washington et Pékin.

En attendant une relance des pourparlers entre les Etats-Unis et la Chine, Washington devrait faire un geste d'apaisement envers l'Europe, selon des sources proches de la Maison Blanche. Donald Trump devrait ainsi décider de reporter de six mois l'entrée en vigueur de taxes d'importation sur les automobiles et les pièces détachées auto, qui était prévues pour ce samedi 18 mai. Le président américain n'a cependant pas encore confirmé cette décision, et doit donc se prononcer avant samedi...

VALEURS A SUIVRE

La saison des résultats d'entreprises pour le 1er trimestre tire à sa fin, et se solde par des comptes globalement supérieurs aux attentes, tant pour les bénéfices que pour les ventes. Les bénéfices du S&P 500, qui étaient attendus en recul sur un an pour la première fois depuis 2016, pourraient finalement se solder par une légère hausse par rapport au 1er trimestre 2018, selon les consensus d'analystes.

Ce jeudi, Walmart (+1,4%) et Cisco Systems (+6,6%) se sont notamment illustrés à la hausse. L'équipementier réseaux a annoncé des comptes supérieurs aux attentes pour son 3ème trimestre fiscal. L'activité traditionnelle de routeurs a fait mieux que prévu, tandis que les activités nouvelles telles que cybersécurité ont porté leurs fruits, a indiqué Cisco. Au troisième trimestre de l'exercice, clos le 27 avril, le bénéfice net de Cisco a grimpé à 3,04 milliards de dollars, soit 69 cents par action, contre 2,69 Mds$ un an plus tôt. Sur une base ajustée des éléments exceptionnels,le bénéfice s'affiche à 78 cents par action, un peu supérieur au consensus de 77 cents, selon les données IBES de Refinitiv. Le chiffre d'affaires a quant à lui progressé d'environ 4% à 12,96 Mds$, là aussi un peu supérieur au consensus de 12,89 Mds$.

Pour son 4ème trimestre fiscal, Cisco prévoit un bénéfice ajusté compris entre 80 et 82 cents par action, le milieu de la fourchette correspondant aux attentes des analystes.

Walmart a lui aussi dépassé les attentes de profits pour le premier trimestre fiscal, mais a affiché un chiffre d'affaires global un peu court. Porté par une forte progression de l'activité américaine à comparable (+3,4% en glissement annuel), le géant de la distribution a dégagé sur le trimestre clos un bénéfice ajusté par action de 1,13$, à comparer à un consensus à peine supérieur à 1$. Le groupe de Bentonville a dégagé un bénéfice net trimestriel de 3,84 milliards de dollars, 1,33$ par action, contre 2,13 milliards un an auparavant. Les ventes en ligne du groupe de l'Arkansas se sont par ailleurs distinguées, flambant de 37%.

Les revenus trimestriels consolidés s'établissent finalement à 123,9 milliards de dollars, progressant de 1% en glissement annuel, mais le consensus se situait à 125 milliards. La croissance US à comparable de +3,4% dépasse toutefois le consensus (+3,2%). Enfin, le groupe a maintenu ses prévisions pour l'exercice fiscal.

La signature par Donald Trump du décret dit "anti-Huawei", interdisant aux sociétés américaines d'acheter et de vendre des équipements télécoms de sociétés étrangères considérées comme dangereuses pour la sécurité nationale des Etats-Unis, a pesé sur le secteur des semi-conducteurs. L'indice SOX de Philadelphie a cédé 1,68%, plombé notamment par Qualcomm (-4%) et Xilinx (-7,2%), ainsi que Synaptics (-6,2%), Qorvo (-7,1%) et Skyworks Solutions (-6%).

Boeing (+2,36%). Le constructeur aéronautique a annoncé jeudi avoir terminé la mise à jour logicielle de ses avions 737 MAX, immobilisés au sol depuis la mi-mars après deux catastrophes aériennes. Dans un communiqué, le groupe ajoute avoir complété aussi ses essais sur simulateur et des tests en vol du logiciel anti-décrochage MCAS.

Mercredi, on apprenait que suite aux déboires du B-737 MAX, Boeing n'avait engrangé aucune nouvelle commande d'avions civils en avril, et avait vu le nombre de ses livraisons dégringoler de moitié, passant de 54 en mars à 23 en avril.

Amazon (+1,95%). Berkshire Hathaway (+0,8%), la firme de Warren Buffett, vient de dévoiler l'ampleur de son investissement au capital du géant du commerce en ligne. D'après les informations fournies à l'autorité américaine de marché, Berkshire a donc acquis une participation d'environ 900 millions de dollars. La firme de Buffett possédait 483.300 titres Amazon à fin mars 2019, d'après sa déclaration à la Securities & Exchange Commission, ce qui représente plus de 900 M$ sur les cours de clôture d'hier. Buffett avait déjà annoncé plus tôt ce mois sur 'CNBC' l'acquisition d'une participation au capital d'Amazon, sans en préciser le montant. L'oracle d'Omaha avait regretté de ne pas avoir acquis ces parts plus tôt, se qualifiant même d'idiot.

Goldman Sachs (+1,4%) a annoncé l'acquisition de la firme de gestion de fortune United Capital Financial Partners pour un montant de 750 millions de dollars. Le géant américain de la banque d'affaires entend ainsi étoffer sa clientèle de particuliers et diversifier ses opérations. GS récupèrera par cette opération 22.000 clients et 25 milliards sous gestion. United Capital, firme californienne, dispose de 90 bureaux aux USA.

Baidu, Pinterest, Nvidia et Applied Materials annonçaient leurs derniers résultats trimestriels après la clôture ce jeudi soir.

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