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Clôture de Wall Street : espoir fébrile après des négociations "constructives"

Clôture de Wall Street : espoir fébrile après des négociations "constructives"
Clôture de Wall Street : espoir fébrile après des négociations 'constructives'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les incertitudes commerciales sino-américaines ont largement dominé cette semaine boursière, jouant avec les nerfs des investisseurs. Vendredi, Wall Street a répété le scénario de la veille, à savoir une nette baisse en début de journée, suivie d'une remontée en fin de séance, dans l'espoir d'éviter une guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. A l'issue de deux nouvelles journées de négociations à Washington, aucun accord n'a été trouvé, mais le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a qualifié les discussions de "constructives". Par ailleurs, même si la hausse des droits de douane sur 200 milliards de dollars de produits chinois est entrée en vigueur ce vendredi, en pratique elle ne prendra effet que dans quelques semaines en vertu d'un délai de grâce, ce qui laisse la voie ouverte au dialogue. Du côté des valeurs, la séance est marquée par l'introduction en Bourse laborieuse d'Uber, qui a perdu 7,6% pour sa première séance de cotation...

La pire semaine boursière depuis le début 2019

A la clôture, l'indice Dow Jones est parvenu à se hisser dans le vert, gagnant 0,44% à 25.942 points après une chute de 1,4% au pire moment de la séance, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 0,37% à 2.881 pts et que le Nasdaq composite a grappillé 0,08% à 7.916 pts (-1,9% au plus bas du jour). Plus tôt dans la journée, les marchés asiatiques ont fini en ordre dispersé (-0,27% pour le Nikkei à Tokyo et +3,6% pour le CSI 300 à Shanghai) tandis qu'en Europe, l'EuroStoxx 50 a repris 0,3% en clôture et qu'à Paris, le CAC 40 a gagné 0,27%.

Les marchés américains ont malgré tout signé leur pire semaine depuis le début de l'année, avec des indices en recul d'un peu plus de 2% (DJIA et S&P 500) et de 3% pour le Nasdaq sur 5 séances. En Asie, le Nikkei a chuté de 4,1% sur la semaine à Tokyo, et le CSI 300 a plongé de 4,6% à Shanghai, tandis qu'en Europe,l'EuroStoxx 50 et le CAC 40 ont tous deux abandonné 4% en 5 séances, là aussi leur pire performance hebdomadaire de 2019.

Yen, franc suisse et obligations d'Etat font office de valeurs-refuge

Sur le marché des changes, le dollar a marqué le pas cette semaine dans la crainte d'un échec des négociations commerciales sino-américaines. L'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) cédait vendredi soir 0,05% à 97,32 points (-0,16% sur 5 séances). L'euro progressait de 0,14% à 1,1236$ vendredi et gagnait 0,4% sur la semaine.

Le yen a servi de valeur refuge avec un bond de 1,3% cette semaine et de 2% par rapport à son plus bas de l'année atteint fin avril. Le franc suisse a lui aussi été recherché, gagnant 0,9% en deux séances face au dollar.

Sur les marchés obligataires, les taux se sont détendus cette semaine, les incertitudes commerciales plaidant en faveur d'une politique monétaire accommodante de la Fed. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, a cependant regagné 3 points de base vendredi pour finir à 2,47% contre 2,52% vendredi dernier (-5 points de base). En Allemagne, le rendement du Bund à 10 ans est retombé en terrain négatif cette semaine passant de +0,03% le 3 mai à -0,04% ce vendredi.

Le pétrole s'est montré volatil cette semaine, tiraillé entre les facteurs haussiers (tensions au Moyen-Orient, baisse des stocks US) et baissiers (craintes sur la demande en cas de guerre commerciale). Le contrat à terme de juin sur le brut léger américain WTI a reculé vendredi de 0,06%, à 61,66$ le baril sur le Nymex (en recul de 0,45% sur la semaine), tandis que le Brent d'échéance juillet avançait de 0,33% à 70,62$, au moment de la clôture du Nymex, lui aussi sans grand changement sur une semaine (-0,33%).

Un délai de grâce avant l'application des droits de douane de 25% à la Chine

Sur le front commercial, les discussions de deux jours entre les Etats-Unis et la Chine se sont achevées vendredi sur une note d'espoir, malgré l'entrée en vigueur officielle de la hausse de 10% à 25% des droits de douane sur 200 milliards de dollars de produits chinois importés.

Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a qualifié les discussions de "constructives", sans donner davantage de détails. Par ailleurs, sur les droits de douane, Washington a accordé un délai de grâce à la Chine, en précisant que les marchandises expédiées de Chine par la mer avant ce vendredi minuit heure de Washington ne seront pas taxées à leur arrivée aux Etats-Unis. Cela laisse en pratique un délai de quelques semaines pour poursuivre le dialogue entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales.

Les marchés financiers ont apprécié ces annonces et continuent de tabler sur un accord dans les prochaines semaines, compte-tenu des risques pesant sur la croissance mondiale en cas de guerre commerciale totale... La Chine prépare de son côté des représailles à la hausse des droits de douanes américains. Pékin a aussitôt indiqué vendredi qu'il regrettait "profondément" la décision américaine et a annoncé qu'il prendrait des contre-mesures, sans les détailler.

Le futur accord, très ambitieux, prévoit de refonder la relation commerciale entre les Etats-Unis et la Chine afin de rééquilibrer les échanges en faveur de Washington. L'administration Trump exige la réduction du colossal déficit commercial américain avec la Chine, mais aussi des "changements structurels" tels que la fin du transfert forcé des technologies ainsi que la protection de la propriété intellectuelle américaine. Elle demande également la fin des subventions aux entreprises d'Etat, alors que celles-ci ont été chargées par Pékin de mettre en oeuvre son plan stratégique "Made in China 2025".

En début de semaine, Washington a accusé la Chine d'être revenue sur ses engagements pris lors de précédentes sessions de négociations, une accusation infondée selon Pékin.

VALEURS A SUIVRE

Tous les yeux étaient rivés sur Uber Technologies, dont l'introduction a fait pschitt plutôt que POP... Le titre du groupe de VTC a chuté de 6,6% pour sa première cotation, à 42$, par rapport à son cours d'introduction de 45$. A la clôture, le titre a accentué ses pertes, lâchant 7,6% à 41,57$. Le rival d'Uber, Lyft, a plongé de son côté 7,4% à 51,09$ en chute de 29% par rapport à son cours d'introduction du 29 mars dernier à 72$. La communauté financière doute pour l'instant de la capacité des deux groupes à dégager un jour des bénéfices...

Uber avait pourtant a fixé prudemment jeudi le prix de son action à 45$, dans le bas de la fourchette indicative de 44$ à 50$. Le groupe américain de VTC a dû revoir en baisse ses ambitions de valorisation ces dernières semaines dans un contexte boursier agité et au regard des déboires suivant l'IPO de Lyft.

A 45$, Uber est valorisé 82,4 milliards de dollars, ce qui en fait l'une des plus importantes introductions de tous les temps, même si ce chiffre est bien inférieur aux rumeurs de 120 Mds$ qui avaient circulé avant la correction boursière de la fin 2018. Il s'agit de la plus importante opération d'IPO dans la 'tech' depuis celle de Facebook en 2012. C'est de loin la plus importante introduction en Bourse aux Etats-Unis cette année et aussi une des 10 plus importantes de tous les temps...

Uber a placé 180 millions de titres (8,1 Mds$ à 45$ par action), auxquels pourraient s'ajouter 27 millions de titres (option de surallocation) vendus par ses investisseurs existants pour un montant de 1,21 Md$ à 45$, soit une levée totale de fonds potentielle de 9,3 Mds$.

Symantec (-12,5%) a dévissé au lendemain de son avertissement, accompagné de l'annonce brut,ale du départ de son directeur général. Le concepteur américain de logiciels de sécurité a donc annoncé hier soir que son directeur général (CEO) Greg Clark allait être remplacé par l'administrateur Richard Hill (ex-patron de Novellus) à titre intérimaire, avant la désignation d'un successeur durable. Les motifs du départ de Clark sont peu évidents, ce qui inquiète les spécialistes.

Pour le quatrième trimestre fiscal de son exercice décalé, Symantec a réalisé un bénéfice net de 34 M$ soit 5 cents par titre, contre une perte de 59 M$ un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 39 cents, conformément aux attentes. Les revenus ont reculé à 1,19 Md$, contre 1,21 Md$ un an plus tôt et 1,2 Md$ de consensus. La guidance du premier trimestre fiscal est décevante. Le bénéfice par action est anticipé entre 30 et 34 cents, contre un consensus de 40 cents.

GoPro (-3,9%) vient de relever ses prévisions de revenus du fait d'une forte demande en nouvelles caméras. Pour le trimestre clos, le groupe a réalisé des revenus en croissance de 20% à 243 millions de dollars, contre 234 millions de consensus. La perte nette s'est élevée à 24 M$ soit 17 cents par titre, alors que la perte ajustée par action est ressortie à 7 cents. Le consensus était de -9 cents sur une base ajustée. Pour le second trimestre, les revenus sont anticipés entre 285 et 305 M$. Le groupe dope sa guidance annuelle de revenus et table désormais sur une croissance allant de 7 à 10%.

Dropbox (+1,1%). Le groupe californien, qui fournit des services de stockage et de partage de copies de fichiers locaux en ligne, a relevé ses estimations annuelles de revenus, aidé en cela par la croissance du nombre d'utilisateurs payants (13,2 millions à fin mars 2019). Sur le trimestre clos, le groupe a réduit sa perte à 7,7 M$ soit 2 cents par titre. Hors éléments, le bénéfice par action est ressorti à 10 cents, contre 6 cents de consensus. Les revenus ont augmenté de 22% à 386 M$. Les revenus annuels sont désormais anticipés entre 1,63 et 1,65 Md$, pour une marge opérationnelle ajustée de 11-12%.

News Corp (+4,1%) a affiché un bénéfice inattendu sur le trimestre clos. Le groupe de médias, propriétaire du Wall Street Journal, a réalisé ainsi un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 10 millions de dollars soit 2 cents par titre, contre une perte de 1,1 Md$ un an avant. Le bpa ajusté a représenté 4 cents, contre un point mort estimé par le consensus. Les revenus ont totalisé quant à eux 2,46 Mds$, contre 2,09 Mds$ un an avant.

Viacom (+2,6%) a annoncé pour le second trimestre fiscal un bénéfice net de 376 millions de dollars soit 93 cents par titre, ainsi qu'un bénéfice ajusté par action de 95 cents. Le groupe, propriétaire de Paramount Pictures ou Comedy Central, a affiché des revenus de 2,96 milliards de dollars, contre 3,15 milliards un an plus tôt et 3,06 milliards de consensus.

Marriott (-2,8%) cède du terrain à Wall Street. Le groupe hôtelier a pourtant battu le consensus de profit sur le premier trimestre clos fin mars 2019, réalisant sur la période un bénéfice net de 375 millions de dollars et 1,09$ par action, contre 420 millions de dollars un an auparavant. Sur une base ajustée, le bénéfice par action a représenté 1,41$, contre 1,34$ de consensus. Les revenus sont restés assez stables à 5 milliards.

Occidental Petroleum (-2,4%) a scellé un accord définitif d'acquisition d'Anadarko (-0,45%) pour 38 milliards de dollars, l'emportant ainsi sur Chevron (+0,6%) qui avait jeté l'éponge hier jeudi. Il n'y avait guère de doutes à ce sujet, puisque l'offre d'Occidental était nettement supérieure à celle de son rival et comportait bien plus de cash. Le Californien Chevron n'a pas souhaité relever son offre - de 33 milliards de dollars - pour le rachat d'Anadarko, mettant en avant sa discipline financière.

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