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Clôture de Wall Street : enfin un rebond, espoirs sur le commerce

Clôture de Wall Street : enfin un rebond, espoirs sur le commerce
Clôture de Wall Street : enfin un rebond, espoirs sur le commerce
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les actions américaines ont rebondi jeudi, emmenées par le secteur technologique, qui a particulièrement souffert ces dernières semaines. Apple (+2,47%) a mis fin à une série de 5 baisses, tandis que les pétrolières et les financières ont aussi regagné du terrain. Les craintes d'un échec de l'accord sur le Brexit au Parlement britannique ont été surmontées par la confirmation de la reprise du dialogue à haut niveau entre les Etats-Unis et la Chine sur le commerce. Par ailleurs Jerome Powell, le président de la Fed, s'est montré plus prudent que d'habitude sur la remontée des taux d'intérêts, soulignant l'existence de risques pour la croissance. Enfin, l'annonce par Berkshire Hathaway (+0,46%), la firme de Warren Buffett, d'une série de nouveaux investissements malgré les turbulences boursières a un peu requinqué le moral des investisseurs.

A la clôture, L'indice Dow Jones a regagné 0,83% à 25.289 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 1,06% à 2.730 pts et que l'indice Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques a repris 1,72% à 7.259 pts.

Le risque de "hard Brexit" revient sur le devant de la scène

Sur le marchés des changes, l'effet positif sur la livre sterling d'un accord sur le Brexit, annoncé mercredi, n'a pas duré... Dès jeudi matin, 4 ministres britanniques ont démissionné, dénonçant ce accord, et la Première ministre Theresa May, se retrouve sur la sellette face à un Parlement divisé, qui menace de ne pas approuver le projet, voire de la renverser via une motion de défiance. Le risque d'un "hard Brexit", un divorce sans accord, est donc une nouvelle fois revenu au premier plan.

Jeudi soir, la livre sterling cédait ainsi 1,66% à 1,2784$ jeudi soir, après être tombée au plus bas à 1,2724$ (-2,1%). L'euro s'est en revanche mieux comporté, terminant la journée en progression de 0,20% à 1,1334$. L'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises, dont la livre et l'euro) progressait de 0,25% à 97,05 points.

Jerome Powell un peu plus "colombe" que d'habitude

Sur les marchés obligataires américains, les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des prix des obligations) sont restés calmes jeudi. Le rendement du T-Bond à 10 ans a reculé de 2 points de base à 3,11%. Mercredi soir, après la clôture de Wall Street, Jerome Powell, le président de la Fed a un peu rassuré les marchés obligataires, en manifestant de la prudence face à la conjoncture actuelle.

"Vous voyez toujours une solide croissance, mais vous voyez des signes croissants d'une sorte de ralentissement", a ainsi jugé le patron de la banque centrale américaine, assurant que ses équipes étudiaient attentivement cette légère décélération de croissance. Il a donc donné le sentiment que la Fed ne s'entêterait pas à relever ses taux trop vite en cas de dégradation de la conjoncture. Pour autant, un 4ème tour de vis sur le taux des "fed funds" reste largement anticipé pour le 19 décembre prochain, ce qui porterait le principal taux directeur de la Fed entre 2,25% et 2,50%.

M. Powell a en outre relativisé l'effet des récentes turbulences boursières. La chute des Bourses pourrait avoir un effet sur les conditions financières ralentissant la croissance, a-t-il admis, mais la volatilité des marchés n'est que l'un des nombreux facteurs pris en compte par la Fed.

Les discussions commerciales ont repris à haut niveau entre Pékin et Washington

Sur le front du commerce, le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Gao Feng, a confirmé jeudi la reprise des négociations à haut niveau entre les Etats-Unis et la Chine, à l'approche de la rencontre prévue entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, fin novembre en marge du sommet du G20 à Buenos Aires.

Même si aucune information ne filtre sur le contenu des discussions, la reprise des négociations est une bonne nouvelle en soi, après une rupture de trois mois liée à une dégradation des relations entre Washington et Pékin. Une information du 'Financial Times' a semé un peu de confusion dans l'après-midi. Le site du quotidien britannique a écrit que le représentant américain au Commerce, Robert Lightizer, avait annoncé à des entrepreneurs le gel de la prochaine série de droits de douane prévues par Washington. Mais cette information a été rapidement démentie par M. Lightizer lui-même, sur la chaîne 'CNBC'...

Lors d'un entretien téléphonique avec son homologue chinois Xi Jinping, le président américain Donald Trump avait exprimé récemment son espoir de voir Washington conclure un accord avec Pékin sur le commerce. Le président américain avait toutefois continué de menacer d'imposer des droits de douane à la totalité des produits chinois importés si aucun progrès n'était réalisé.

Rebond technique confirmé pour le pétrole

Les cours du pétrole se sont redressés jeudi pour la 2ème séance consécutive : le contrat à terme de décembre sur le WTI a regagné 0,37%, à 56,46$ sur le Nyse. Il affiche encore une perte de 24,5% depuis le 3 octobre dernier et évolue près de son plus bas depuis la fin 2017. Au moment de la clôture du Nyse, l'échéance janvier sur le Brent de la Mer du Nord regagnait 0,76% à 66,62$, mais il recule de près de 22% par rapport à son pic de début octobre. Le cours de l'or noir est entré en terrain baissier à mesure qu'augmentaient les craintes d'un ralentissement de la croissance mondiale (et donc de la demande de pétrole), compte-tenu notamment d'un ralentissement de la croissance chinoise.

Dans l'actualité macro-économique américaine, les ventes de détail ont progressé de 0,8% en octobre sur un mois, contre +0,6% de consensus. Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 10 novembre, ont été un peu plus nombreuses que prévu à 216.000, contre 214.000 de consensus.

Les indices manufacturiers américains également publiés jeudi sont ressortis quant à eux contradictoires. L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie s'est établi à 12,9 en novembre, contre 20 de consensus. En revanche, l'indice Empire State de la Fed de New York a atteint 23,3 en novembre, contre 20 de consensus et après 21,1 un mois plus tôt.

Les prix à l'import et à l'export du mois d'octobre ont aussi été publiés jeudi. Les prix à l'import ont grimpé de 0,5% sur un mois, contre +0,1% de consensus. Les prix à l'export se sont appréciés de 0,4%, contre +0,1% de consensus de place. En glissement annuel, les prix à l'import ont progressé de 3,5% et les prix à l'export de 3,1%.

VALEURS A SUIVRE

Apple (+2,47%) a mis fin à une série noire de 5 baisses, qui avait mené le titre tout près de la zone de "bear market", avec une chute de 19,5% par rapport à son record historique de début octobre, au dessus de 232$. Jeudi pourtant, un nouveau fournisseur du groupe, l'Autrichien AMS, a émis à son tour un avertissement sur ses résultats. Le spécialiste des technologies de reconnaissance faciale, coté en Suisse, a très franchement réduit ses prévisions de revenus pour le quatrième trimestre, évoquant de récents changements de demande de la part d'un "client majeur". AMS n'a pas vraiment besoin de préciser le nom du client, dans la mesure où Apple représente environ 40% de son chiffre d'affaires ! Les avertissements de fournisseurs d'Apple se sont accumulés ces derniers jours (Lumentum, Japan Display, IQE, Qorvo...), faisant craindre une baisse des ventes d'iPhones dans les prochains trimestres.

Berkshire Hathaway (+0,46%), la firme d'investissement de l'investisseur vedette Warren Buffett, a aussi contribué à soutenir le cours d'Apple, dont il détient environ 5%. Selon le rapport trimestriel réglementaire publié mercredi soir sur le site de la SEC, Berkshire Hathaway a profité des récentes turbulences boursières pour faire de nombreuses emplettes, notamment dans le secteur financier, mais aussi dans la technologie, en entrant dans Oracle (+3,7%) et se renforçant légèrement dans Apple.

Berkshire est entré au 3ème trimestre au capital de JP Morgan Chase (+2,5%) avec une part d'environ 1% pour 4 Mds$. Berkshire est aussi entré au capital de deux autres institutions financières, PNC Financial Services (+1,9%) et Travelers (+2%). Il a en outre renforcé ses positions dans Bank of America (+2,5%) et Goldman Sachs (+0,6%), de telle sorte qu'il possède désormais des participations importantes dans trois des quatre plus grandes banques américaines. Berkshire détient également près de 10% de Wells Fargo (+1,3% jeudi, même si Buffett s'est allégé au 3ème trimestre).

Dans la "techno", Berkshire est entré capital d'Oracle (+3,7%) le géant américain des logiciels de bases de données, avec un investissement de 2,13 Mds$, et a aussi légèrement augmenté sa position sur Apple : 522.802 actions supplémentaires, ce qui amène le fonds à près de 5% du capital de la firme à la pomme. Au passage, Warren Buffet a vu la valeur de cette participation dans Apple fondre d'environ 10 Mds$ depuis son record de début octobre.

Walmart (-1,9%) a dévoilé ses résultats du troisième trimestre. Les revenus augmentent de 1,4% à 124,9 Mds$. A magasins comparables, les ventes US sont en croissance de 3,4%. Les profits reculent de 2,2% à 1,71 Md$, faisant ressortir un bénéfice par action de 0,58$, stable par rapport à l'an dernier. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 1,08$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,01$, pour des revenus de 125,5 Mds$. Sur l'exercice, le groupe vise un bpa compris entre 2,26 et 2,36$ (contre une précédente fourchette de 2,65/2,80$), et entre 4,75 et 4,85$ en base ajustée (contre une précédente fourchette de 4,65/4,80$).

JC Penney (+11,5%) a annoncé ses comptes du troisième trimestre. La perte ressort à 151 M$ (0,48$ par action), contre une perte de 125 M$ (0,40$ par action) un an avant. En base ajustée, la perte par action ressort à 0,52$. Les ventes s'élèvent à 2,65 Mds$, contre 2,82 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,56$, pour des revenus de 2,8 Mds$. A magasins comparables, les ventes reculent de 5,4%, contre -0,7% de consensus. Sur l'exercice, le groupe vise désormais une légère baisse de ses ventes à magasins comparables.

Cisco Systems (+5,5%) a publié mercredi soir ses résultats du premier trimestre fiscal. Les bénéfices sont ressortis à 3,55 Mds$ (0,77$ par action), contre 2,39 Mds$ (0,48$ par action) un an avant. Le bpa ajusté est ressorti à 0,75$, contre 0,61$ par action un an plus tôt. Les revenus se sont élevés à 13,07 Mds$, contre 12,14 Mds$ il y a un an. Les analyste anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,72$, pour des revenus de 12,9 Mds$. Sur le trimestre actuel, le groupe vise un bpa compris entre 0,71 et 0,73$, pour des revenus en croissance de 5 à 7%.

NetApp (-11,7%) a dévoilé ses comptes du second trimestre fiscal. Les profits sont de 241 M$ (0,91$ par action), contre 174 M$ (0,63$ par action) un an avant. Les ventes s'élèvent à 1,52 Md$, contre 1,42 Md$ un an plus tôt. Le bpa ajusté ressort à 1,06$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,99$, pour des revenus de 1,6 Md$. Sur le T3 fiscal, le groupe vise un bpa compris entre 1,12 et 1,18$, pour des ventes logées entre 1,55 et 1,65 Md$.

Manchester United (-6,2%) a annoncé des résultats trimestriels légèrement inférieurs aux attentes du marché avec un bénéfice opérationnel en retrait de 22,3% à 13,9 millions de livres pour des revenus de 135 M£ (-6,1%). Le résultat net ressort à 6,6 M£ contre 9,6 M£ un an plus tôt. Le club mancunien vise sur l'ensemble de l'exercice un Ebitda ajusté compris entre 175 et 190 M£, contre 182,7 M£ de consensus, pour des recettes allant de 615 à 630 M£.

Dell Technologies (-0,6%) a relevé de 109 à 120$ par action la portion en numéraire de son offre de rachat d'actions reflets ('tracking stocks') liée à sa participation dans le groupe de virtualisation VMware (+3,5%). Dell propose pour chaque action reflet entre 1,504 et 1,813 action ordinaire de catégorie C et 14 milliards de dollars en cash. L'offre antérieure faisait ressortir une part en numéraire de 9 milliards et une parité de 1,366. Le nouveau montant proposé demeure toutefois éloigné de celui désiré par l'investisseur activiste Carl Icahn. Durant l'été, le fabricant de PC avait proposé une offre en cash et en actions de 21,7 Mds$, qui lui permettrait de revenir en bourse par la petite porte à Wall Street sans passer par une IPO classique. Il faudra convaincre pour cela une majorité des propriétaires d'actions reflets. Icahn possède plus de 9% de ces titres.

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