Cotation du 24/04/2018 à 22h38 Dow Jones Industrial -1,74% 24 024,13
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Clôture de Wall Street : en rouge vif pour finir une semaine noire !

Clôture de Wall Street : en rouge vif pour finir une semaine noire !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'onde de choc provoquée jeudi par Donald Trump, qui compte taxer les importations chinoises, continue de déferler sur les marchés financiers mondiaux. Après avoir tenté de se stabiliser vendredi, Wall Street est reparti en nette baisse, signant un plongeon de l'ordre de 2% sur la séance et de 6% sur la semaine, alors que la Chine menace les Etats-Unis de représailles commerciales et monétaires...

A la clôture, le Dow Jones s'est replié vendredi de 1,77% à 23.533 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 2,10% à 2.588 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a lâché 2,43% à 6.992 pts.

Sur l'ensemble de la semaine, les trois indices ont abandonné respectivement 5,6% (DJIA), 5,9% (S&P 500) et 6,5% (Nasdaq) ! Pour l'indice S&P 500, il s'agit de la pire semaine depuis plus de deux ans. Par rapport à son record historique de la fin janvier, le Dow Jones a désormais abandonné 11,5% et le S&P 500 10%, tandis le Nasdaq a perdu 8% par rapport à son dernier sommet du 12 mars. Depuis le début de l'année, deux des trois indices sont retombé dans le rouge : -4,8% pour le DJIA, -3,2% pour le S&P 500, tandis que le Nasdaq ne progresse plus que de 1,3%.

Depuis 48 heures, l'or et les obligations d'Etat ont servi de valeurs-refuges : le rendement du T-Bond à 10 ans a reculé vendredi de 1 point de base à 2,81%, et l'once d'or a bondi de 1,56% à 1.354$ pour le contrat à terme de juin sur le marché Comex de Chicago.

Pékin menace de réduire ses achats de bons du Trésor américains

Les indices boursiers américains ont sombré depuis jeudi, après la signature par Donald Trump d'un décret présidentiel instaurant des barrières douanières sur 50 à 60 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis.

Vendredi, Pékin a fait savoir que la Chine "ne craint pas" les tarifs douaniers américains et envisage d'imposer à son tour des taxes d'importation à 128 produits américains d'un valeur de 3 milliards de dollars. Par ailleurs, l'ambassadeur de Chine aux Etats-Unis a ajouté que son pays n'excluait pas de réduire ses achats d'obligations d'Etat américaines en représailles...

Pékin étant le premier créancier des Etats-Unis, cette décision pourrait avoir des conséquences importantes pour Washington au moment où la dette américaine est appelée à s'alourdir pour financer la réforme fiscale de Donald Trump. En octobre 2017, la Chine détenait pour non moins de 1.190 milliards de dollars de bons du Trésor américains.

Début janvier, une rumeur évoquant une baisse des achats de T-Bonds par la Chine avait provoqué une nette tension sur les taux américains, mais elle avait alors été démentie par les autorités chinoises. Ce vendredi, les marchés obligataires sont toutefois restés sages, les obligations ayant été recherchées comme valeurs-refuges par les investisseurs soucieux de se protéger des risques de marché.

Le pétrole Brent remonte au-dessus des 70$

Dans ce contexte incertain, le cours du pétrole est reparti en nette hausse vendredi, signant sa meilleure semaine depuis 8 semaines. Le cours du baril de brut WTI a bondi de 2,46% à 65,88$ pour le contrat à terme de mai, tandis que le Brent de mer du nord a grimpé de 2,23% à 70,45$, remontant au-dessus du seuil de 70$ pour la première fois depuis le 2 février. Sur la semaine, le WTI a gagné 5,7% et le Brent 6,4% !

L'or noir a profité cette semaine d'une conjonction de facteurs de soutien : prévisions optimistes pour la demande mondiale de brut, baisse inattendue de stocks américains, et signes de tensions entre l'Iran, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite. Ces tensions pourraient affecter la production pétrolière de Téhéran, si Washington dénonçait l'accord de 2015 sur le nucléaire, ce que menace de faire Donald Trump.

Les craintes d'une guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis ont pesé sur le dollar cette semaine : l'indice du dollar, qui mesure sa variation face à un panier de 6 devises de référence, a reculé de 0,8% sur 5 séances. Vendredi, il a cédé 0,4% à 89,48.

Le nouveau patron de la Fed souffle le chaud et le froid

Les questions commerciales ont quelque peu éclipsé les annonces faites mercredi par la Réserve fédérale après sa première réunion sous la présidence de Jerome Powell. La Fed a relevé comme prévu son taux des "fed funds" d'un quart de point à 1,50%-1,75%. Les marchés sont toutefois restés assez perplexes au sujet de la première conférence de presse de M. Powell, qui a soufflé le chaud et le froid.

Le patron de la Fed a adopté mercredi un ton légèrement plus haussier pour les taux à moyen terme (en 2019 et 2020), mais ils s'est montré assez prudent pour les perspectives à court terme. Ainsi, la Fed continue de tabler sur 3 hausses de taux en 2018 (y compris celle annoncée le 21 mars) et non sur 4 tours de vis, comme de nombreux investisseurs le redoutaient.

VALEURS A SUIVRE

La semaine a été particulièrement douloureuse pour les valeurs technologiques, à commencer par Facebook, qui a abandonné 14% en 5 séances, après le scandale des données de ses membres utilisées frauduleusement par un cabinet de "big data", Cambridge Analytica.

Parmi les autres valeurs internet et technologiques, Alphabet a perdu cette semaine 4,6%, Amazon a lâché 4,8%, Apple a chuté de 7,3%, Netflix a perdu 5,5%, Microsoft a abandonné 7,8%, et Intel a reculé de 3,5%.

Les valeurs chinoises cotées à Wall Street ont bu la tasse, à l'instar d'Alibaba (-5,4% jeudi et -1,8% vendredi) et de Tencent (+1,3% vendredi mais -11,6% sur la semaine). Les entreprises américaines très exposées à la Chine ont souffert du risque de représailles chinoises aux barrières douanières annoncées par Donald Trump.

Parmi les valeurs du Dow Jones, seules deux sur 30 sont restées dans le vert vendredi : Boeing (+0,4%) et Nike (+0,3%), ce dernier ayant publié des comptes supérieurs aux attentes. Les plus fortes baisses de la séance ont été subies par DowDuPont (-3,9%), 3M (-3,5%), Pfizer (-3,1%) et Goldman Sachs (-2,9%).

Malgré les turbulences, Dropbox a réussi son entrée sur le Nasdaq. Le titre du spécialiste du stockage de données dans le "cloud" s'est envolé de 35% à 28,48$, pour son premier jour en bourse. Le prix d'introduction en bourse de ce spécialiste du partage et du stockage de données sur internet était fixé 21$ par action, au-dessus de la fourchette indicative de 18-20$, valorisant la société à près de 9,2 Mds$. Il s'agit de la plus importante IPO du secteur technologique à Wall Street depuis Snap (-1,3%) en février 2017.

Facebook (-3,3%) est resté sous pression avec le scandale Cambridge Analytica. Le réseau social de Menlo Park a tenté de rassurer en fin de semaine, avec le mea culpa de Mark Zuckerberg. L'affaire est cependant loin d'être bouclée, les régulateurs américain et britanniques enquêtant sur cette affaire. Rappelons que l'usage inapproprié de données d'utilisateurs concernerait environ 50 millions de membres du réseau social !

Micron Technology (-8%) a publié ses résultats du second trimestre fiscal. Les revenus grimpent de 58% en glissement annuel, à 7,35 Mds$. Les bénéfices s'élèvent à 3,31 Mds$ (2,67$ par action), contre 894 M$ (0,77$ par action) un an plus tôt. En non-GAAP, le bpa ressort à 2,82$, contre 0,90$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,74$, pour des revenus de 7,3 Mds$.

Nike a gagné 0,3% au lendemain de la publication des ses comptes du troisième trimestre fiscal 2018. Le géant des chaussures de sport a affiché sur la période une perte diluée nette par action de 57 cents, avec l'impact de la réforme fiscale. Les revenus se sont appréciés de 7% à 9 Mds$ (+3% à devises constantes). La perte nette est ressortie à 921 M$, alors que le bénéfice avant imposition a représenté 1,2 Md$. Surtout, Nike anticipe un retour à la croissance en Amérique du Nord.

Target (-1,4%) et Kroger (-0,47%). Une source 'proche de la question' a confié à CNBC que les détaillants ne discutaient pas d'un rapprochement. En fait, les échanges entre les deux groupes concerneraient plutôt un partenariat, d'après cette même source. Précédemment, le site 'Fast Company' avait fait état de discussions entre Target et Kroger concernant une possible 'combinaison' des deux groupes. En fait, les négociations porteraient sur Shipt, groupe de livraison rapide récemment acquis par Target pour 550 M$ en cash. Un 'partenariat Shipt' pourrait donc être dans les tuyaux...

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