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Clôture de Wall Street : en recul, sous la menace du coronavirus chinois

Clôture de Wall Street : en recul, sous la menace du coronavirus chinois
Clôture de Wall Street : en recul, sous la menace du coronavirus chinois
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse américaine a fléchi mardi, les investisseurs jouant la prudence après des informations faisant état de la propagation rapide d'un coronavirus en Chine, qui a déjà tué 6 personnes. Un premier cas du virus a en outre été signalé mardi aux Etats-Unis dans l'Etat de Washington. Les secteurs du tourisme, de l'aéronautique et du luxe, les plus exposés en cas d'épidémie mondiale, ont subi des dégagements. Par ailleurs, le procès en destitution de Donald Trump a commencé mardi à Washington, mais le président américain était au même moment au Forum économique de Davos, en Suisse, où il a vanté son bilan économique et a ironisé sur les "prophètes de malheur" en matière de changement climatique.

Après avoir inscrit vendredi de nouveaux records, les indices boursiers américains ont rouvert mardi après la journée fériée de lundi en mémoire de Martin Luther King. A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,52% à 29.196 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fléchi de 0,27% à 3.320 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a lâché 0,19% à 9.370 pts. La semaine dernière, les trois indices avaient grimpé respectivement de 1,8%, 2% et 2,3%.

Plus tôt dans la journée, l'indice européen EuroStoxx 50 a fini en baisse de 0,26%, le CAC 40 a cédé 0,54%, tandis qu'en Asie, les indices ont reculé plus nettement dans la crainte du coronavirus, qui rappelle la crise sur SRAS en 2003 : -1,4% pour le SSE Composite chinois, -2,8% pour le Hang Seng à Hong Kong, -0,9% pour le Nikkei et -1% pour l'indice sud-coréen Kospi.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises, a cédé mardi 0,04% à 97,57 points, tandis que l'euro a aussi fini proche de l'équilibre à 1,1089$ (-0,05%). Les obligations ont été recherchées en tant que valeurs refuge, faisant reculer les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours). Le rendement du T-Bond à 10 ans a reculé de 5 points de base à 1,77%. En Europe, le rendement du Bund à 10 ans a reculé mardi de 3 pdb à -0,25%.

Les cours du pétrole, qui avaient légèrement rebondi lundi, sont repartis à la baisse, alors que le marché mondial reste en situation d'offre excédentaire, malgré les perturbations de production actuellement observées en Libye. Le baril de brut léger américain (WTI) a cédé 0,3% à 58,38$ sur le Nymex (contrat à terme de mars), tandis que le Brent de la mer du Nord a cédé 0,90% à 64,69$ (contrat à terme de mars).

Une réunion d'urgence de l'OMS prévue mercredi

L'or a fini la journée en recul de 0,20% à 1.557,90$ l'once, pour le contrat à terme de février coté sur le Comex. Le métal jaune a été affecté par les craintes que le coronavirus chinois, qui s'étend à l'approche du Nouvel an lunaire, ne fasse baisser les traditionnels achats d'or des Chinois en cette période de fête. L'année du rat débutera le samedi 25 janvier, qui marquera le début d'une semaine de vacances et de grands déplacements de populations à travers le pays, au risque de propager le virus, qui est apparu il y a un mois dans la ville de Wuhan, au centre du pays.

Mardi, un premier cas de ce virus respiratoire a été détecté aux Etats-Unis, près de Seattle (Etat de Washington), chez une personne en provenance de Wuhan. Plusieurs cas ont aussi été détectés ces derniers jours au Japon, en Corée du Sud, à Taiwan, en Thaïlande et en Australie.

Pékin a annoncé mardi que le coronavirus, proche du SRAS de 2003, a provoqué 6 morts en Chine. Au total, le pays a recensé 291 nouveaux cas et 922 patients sont en observation. Lundi, un expert chinois a accru l'inquiétude en expliquant que ce nouveau virus (provenant au départ d'animaux) était transmissible entre humains. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé qu'elle tiendra mercredi une réunion d'urgence pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale".

Donald Trump tance les "prophètes de malheur" sur le climat

Au Forum économique de Davos, Donald Trump a donc tancé les militants contre le changement climatique, qualifiés de "prophètes de malheur", et a défendu son bilan économique. Il a aussi réitéré ses menaces de taxer les automobiles européennes. La jeune militante écologiste Greta Thunberg, également présente à Davos, a mis en garde les dirigeants mondiaux qui "n'ont rien fait pour le climat". Deux heures plus tard, le président américain lui a répondu en affirmant que "nous devons rejeter les éternels prophètes de malheur et leurs prédictions de l'apocalypse".

Alors que Greta Thunberg se trouvait dans la salle, le président américain a vanté le "modèle américain", qui "est un exemple pour le monde", et a considéré que le procès en destitution, qui s'est ouvert ce même mardi à Washington, est "juste une farce (...) C'est la même chasse aux sorcières qui dure depuis des années et franchement c'est honteux", a-t-il ajouté.

Promesses de baisses d'impôts pour les classes moyennes

Par ailleurs, dans un entretien au 'Wall Street Journal' en marge du forum économique de Davos, le président américain a confirmé son intention de taxer les importations d'automobiles européennes si les Etats-Unis ne parviennent pas à conclure un accord commercial avec l'Union Européenne. "Ils savent que je vais leur imposer des taxes d'importations s'ils n'acceptent pas un accord juste" avec les Etats-Unis, a affirmé Donald Trump.

Enfin, le président américain a envoyé un message aux électeurs américains à l'approche de l'élection présidentielle de novembre. S'il est réélu et que le parti républicain contrôle le Congrès après 2020, il a promis de réduire les impôts des classes moyennes.

Le FMI revoit en baisse ses prévisions de croissance

La prudence des marchés est entretenue mardi par une nouvelle révision en baisse, lundi, des prévisions de croissance mondiale par le FMI, pour qui la reprise attendue en 2020 sera plus "poussive" que prévu... Malgré la signature, le 15 décembre, d'un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine, le FMI s'attend à une croissance de 3,3% en 2020, contre 3,4% prévu en octobre. Il s'agit de la 4ème révision à la baisse du PIB mondial pour 2020 depuis octobre 2018.

Pour les Etats-Unis, la prévision américaine passe de 2,1% à 2,0% en 2020 (après +2,3% en 2019), et pour la zone euro, elle passe de 1,4% à 1,3%. A l'inverse, la prévision pour la Chine a été revue à la hausse, de 5,8% à 6,0%. C'est l'Inde qui a pesé lourdement sur la révision à la baisse de la croissance mondiale, les prévisions du FMI passant de 7% à "seulement" 5,8% en 2020...

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a réagi mardi depuis Davos, jugeant les prévisions du FMI "trop basses" pour les Etats-Unis, même s'il a reconnu que la crise du Boeing 737 Max pesait sur la conjoncture. "Nous pensons que ces prévisions sont trop basses pour 2020", a-t-il dit en marge du Forum économique mondial, tout en reconnaissant que le rythme de la croissance américaine serait influencé par le temps qu'il faudra "pour que le MAX reprenne son activité".

VALEURS A SUIVRE

Les secteurs du tourisme et du transport ont souffert, dans la crainte d'une épidémie mondiale qui ralentirait les déplacements dans la monde. Parmi les compagnies aériennes, United Airlines Holdings a perdu 4,37%, Delta Air Lines 2,7%, et American Airlines Group a lâché -4,1%. L'indice Dow Jones des Transports a abandonné 1,7%.

Dans le tourisme, Booking Holdings, maison mère de Priceline.com, a perdu 3,10%, Expedia Group a lâché 1,51% et TripAdvisor a cédé 1,4%. Les valeurs chinoises cotées à New York ont bu la tasse, à l'instar de Trip.com Group (7,9%). Le fonds coté Invesco Golden Dragon China a perdu 2,7%.

En Europe, les géants du luxe, qui seraient aussi affecté par une baisse du tourisme mondial, ont chuté : -1,1% pour LVMH, -2% pour Kering, -1% pour Hermes International et -1,8% pour le groupe suisse Richemont.

Tesla (+7,1% !) s'est encore envolé, alors que New Street Research vient de relever son objectif de cours de 530 à... 800$. Bernstein maintient pour sa part plus prudemment son conseil à 'performance de marché' et sa cible de 325$. Le groupe californien vedette de l'automobile électrique vient de procéder à l'acquisition de 300 hectares dans la périphérie de Berlin, ce qui rapproche de groupe d'Elon Musk de l'ouverture de sa première usine en Europe. Le groupe avait révélé en novembre son intention de construire une usine géante à Gruenheide. Le conseil d'administration du groupe a donc donné son feu vert à un accord d'achat de terrain avec le Brandebourg.

Par ailleurs, le groupe a réagi aux accusations d'accélérations inattendues d'une pétition citant 127 clients, que la National Highway Traffic and Safety Administration américaine doit étudier. Brian Sparks, à l'origine de la pétition, est un investisseur indépendant qui 'shorte' (joue la baisse) actuellement le titre Tesla, ceci expliquant sans doute en partie cela. Dans un message sur Internet, Tesla dit revoir chaque cas supposé d'accélération inattendue, mais ajoute que "les données ont prouvé que le véhicule fonctionnait correctement". Tesla juge donc que cette pétition est "complètement fausse", et rappelle qu'elle résulte de l'initiative d'un vendeur à découvert.

Halliburton (-0,8%). Le fournisseur de services pétroliers vient de dévoiler une perte conséquente de près de 1,7 milliard de dollars pour son quatrième trimestre fiscal. Pour le 4ème trimestre fiscal, la perte nette a donc atteint 1,65 milliard de dollars et 1,88$ par titre, contre un bénéfice de 664 millions de dollars et 76 cents par action un an auparavant. En dehors d'une charge non récurrente de dépréciation de 2,2 milliards de dollars sur l'ajustement de la structure aux conditions de marché, ainsi que d'autres éléments, le bpa ajusté a atteint 32 cents alors que le consensus se situait à 29 cents. Les revenus trimestriels ont décliné de 6% en glissement annuel pour ressortir à 5,19 milliards, contre 5,13 milliards de consensus.

Boeing (-3,3%). Le Boeing 737 MAX ne revolera pas avant la "mi-2020" a annoncé mardi le groupe aéronautique, confirmant des informations de presse publiées plus tôt dans la journée. Le titre a perdu plus de 5,5% en séance, et a dû être temporairement suspendu après les premières rumeurs.

Des sources aéronautiques ont affirmé que les autorités aériennes américaines (la FAA) ne devraient pas autoriser le Boeing 737 MAX à voler à nouveau avant le mois de juin, voire de juillet 2020. Boeing a donc confirmé ces informations dans un communiqué publié mardi soir sur son site internet, évoquant "la mi-2020" pour un début de remise en service.

Jusqu'à présent, les marchés tablaient sur une certification de l'appareil en début d'année... Rappelons que l'ensemble de la flotte de B-737 Max est interdite de vol depuis mars 2018, après deux accidents ayant causé la mort de 346 personnes en Indonésie et en Ethiopie. La production de l'appareil, best-seller du géant américain de l'aéronautique, a dû être interrompue depuis début janvier.

Selon des sources citées mardi par 'Reuters', Boeing discuterait avec des établissements financiers en vue d'un emprunt de plus de 10 milliards de dollars destiné à faire face aux frais d'immobilisation du 737 MAX.

Par ailleurs, Boeing continue de développer son long-courrier B-777X, dont le premier vol d'essai devrait avoir lieu dans le courant de la semaine, jeudi ou vendredi, selon deux sources proches du dossier citées par 'Reuters'.

United Technologies (stable) et Raytheon (-1%), qui doivent fusionner dans la défense, ont conclu la cession au Britannique BAE Systems de plusieurs activités pour 2,2 milliards de dollars.

Netflix (-0,4%) doit publier ses derniers résultats trimestriels après la clôture. Les comptes du leader mondial de la vidéo en streaming, qui fait face à une concurrence accrue avec les lancements de Disney+ et d'Apple TV+, devraient être de bonne facture si l'on se réfère aux attentes du marché. Le consensus anticipe des revenus de 5,45 milliards de dollars (+30% sur un an) sur les trois mois clos fin décembre avec le recrutement de 600.000 nouveaux abonnés payants aux Etats-Unis et près de 7,2 millions à l'international. Le bpa est attendu à 53 cents. Netflix devrait notamment profiter du succès de 'The Irishman', qui a suscité les éloges de la critique et du grand public. 'El Camino : A Breaking Bad Movie' et '6 Underground' devraient également doper le recrutement de la firme californienne.

Les opérateurs seront également attentifs au montant des investissements consacrés aux programmes et aux dépenses marketing. En octobre, Netflix avait indiqué qu'ils seraient d'environ 15 milliards de dollars en 2019, soit 2 Mds$ de plus que l'année précédente. Les indications pour 2020 seront également scrutées de près, tout comme l'évolution de la recette moyenne par utilisateur, qui avait augmenté de 9% en dollars et de 12% à change constant au troisième trimestre grâce notamment à un bond de 16,5% aux Etats-Unis.

United Airlines Holdings et TD Ameritrade Holding publient également après la clôture. IBM donnera pour sa part le ton sur les marchés technologiques au sens large...

Best Buy (+0,3%), géant américain de la distribution de produits d'électronique grand public, a annoncé l'ouverture d'une investigation indépendante sur sa directrice Corie Barry, soupçonnée de "conduite inappropriée", suite à une lettre anonyme dont le contenu n'a pas été détaillé. Selon le bien renseigné 'Wall Street Journal', la lettre accuse Barry d'une liaison avec un ancien dirigeant de Best Buy, Karl Sanft.

Apple (-0,68%) aurait renoncé à autoriser les utilisateurs d'iPhone à crypter entièrement les sauvegardes de leurs données sur iCloud sous la pression du FBI, qui craignait que cette mesure ne nuise à ses enquêtes, a appris Reuters, citant des sources proches. Le groupe aurait donc accepté de coopérer avec les autorités. Rappelons que William Barr, ministre américain de la Justice, avait demandé publiquement à Apple de déverrouiller deux iPhone utilisés par le militaire saoudien ayant tué trois Américains le mois dernier sur la base de Pensacola. Trump avait lui aussi mis la pression sur Apple afin qu'il accepte le déverrouillage des appareils utilisés par "des tueurs, des trafiquants et d'autres criminels violents".

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