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Clôture de Wall Street : en recul malgré le geste fort de la Fed

Clôture de Wall Street : en recul malgré le geste fort de la Fed
Clôture de Wall Street : en recul malgré le geste fort de la Fed
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a reculé mardi soir, malgré l'annonce surprise par la Réserve fédérale d'une baisse d'un demi-point de son principal taux directeur, pour faire face à la crise du coronavirus. Bien que les marchés anticipaient une baisse de taux, ce geste très fort de la Fed intervient plus tôt que prévu, avant la réunion des 17 et 18 mars, et donne le sentiment que la crise du coronavirus pourrait être plus grave que prévu... Les taux longs américains sont tombés à de nouveaux plus bas historiques, tandis que l'or a flambé de 3%. En outre, les ministres des Finances du G7 se sont parlés mardi et se sont engagés à utiliser "tous les instruments de politique appropriés pour obtenir une croissance durable et soutenable", sans annoncer de mesures concrètes.

A la clôture, l'indice Dow Jones a perdu mardi 2,94% à 25.917 points (après un bond de 5,09% lundi !), tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 2,81% à 3.003 pts (+4,6% lundi) et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a lâché 2,99% à 8.684 pts (+4,49% lundi).

Plus tôt dans la journée, l'indice chinois Shanghai composite a gagné 0,7% mais au Japon, le Nikkei a cédé 1,2%, tandis que les marchés européens ont fini en hausse : +0,99% pour l'EuroStoxx 50 et +1,12% pour le CAC 40, saluant le geste de la Fed.

Le taux à 10 ans américain tombe sous 1%!

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises) a cédé 0,2% à 97,17 points (après -0,6% la veille) après la baisse des taux de la Fed, tandis que l'euro a grimpé de 0,43%, à 1,1179$, après une hausse de 0,8% lundi, la BCE ayant moins de marge de manoeuvre que la Fed pour baisser ses taux, qui sont déjà au plancher.

Les obligations sont reparties en nette hausse, faisant rechuter les taux d'intérêts, qui évoluent en sens inverse des cours. Le rendement du T-Bond à 10 ans a plongé en séance jusqu'à 0,98%, sous 1% pour la première fois de son histoire, et a terminé la journée sur ce seuil de 1%. Le taux du T-Bond à 30 ans est tombé jusqu'à 1,54% en séance avant de finir à 1,61% (-3 pdb), proche de son plus bas historique lui aussi.

L'or a bondi de 3,1% à 1.644,40$ l'once pour le contrat à terme d'avril coté sur le Comex, témoignant de la grande nervosité des investisseurs, qui n'ont pas été rassurés par les annonces de la Fed.

Les cours du pétrole, qui avaient flambé de 4,5% lundi, ont évolué en ordre dispersé dans l'attente de la réunion de l'Opep prévue ces mardi et mercredi à Vienne, et qui va étudier de possibles nouvelles coupes dans la production. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a avancé de 0,9% à 47,18$ (contrat à terme d'avril coté sur le Nymex) tandis que le Brent de mer du Nord cède 0,08% à 51,86$ (contrat à terme de mai). Le WTI a plongé de 16% la semaine dernière, et le Brent a abandonné 13,6% face à la crainte d'une demande atone sur 2020 en raison de la crise du coronavirus.

La Fed réduit de 0,5 point et laisse la voie ouverte à d'autres gestes

La Fed n'a donc finalement pas attendu sa réunion des 17 et 18 mars pour ajuster sa politique monétaire. La situation exceptionnelle née de la crise sanitaire du coronavirus Covid-19 a mis en alerte les autorités monétaires américaines, qui ont annoncé une baisse des taux d'un demi-point sur les 'fed funds', dont le taux est désormais ramené entre 1 et 1,25%.

C'est la première fois que la Fed baisse ses taux directeurs en dehors d'une réunion depuis le 7 octobre 2008, trois semaines après la faillite de Lehman Brothers, qui avait donné le coup d'envoi de la crise financière mondiale des "subprimes".

Selon le communiqué de la Banque centrale américaine, "les fondamentaux de l'économie des Etats-Unis restent solides, mais l'épidémie de coronavirus fait peser des risques sur l'activité". Compte tenu de ces risques et afin d'assurer l'emploi maximal et la stabilité des prix, le Federal Open Market Committee a décidé ce jour de réduire ses taux de 1/2 point de pourcentage.

Le Comité dit par ailleurs surveiller attentivement les développements et les implications en termes de perspectives économiques, et utilisera ses outils pour agir de manière appropriée afin de soutenir l'économie.

Le G7 utilisera "tous les instruments de politique appropriés" contre le Covid-19

Réagissant à la décision du jour de la Fed, Donald Trump a estimé que la banque centrale n'avait pas été assez loin. "La Réserve Fédérale abaisse les taux mais doit encore assouplir sa politique et, plus important encore, s'aligner sur les autres pays/concurrents. Nous ne jouons pas de manière équitable. Pas juste pour les USA. Il est enfin temps pour la Fed de DIRIGER. Plus d'assouplissement et de baisse des taux!", s'est exclamé le président américain.

Mardi, les ministres des Finances du G7 ainsi que les responsables des banques centrales se sont réunis par téléphone, et se sont engagés à utiliser "tous les instruments de politique appropriés pour obtenir une croissance durable et soutenable".

Le G7 emploiera "des mesures fiscales là où ce sera approprié" et les banques centrales "continueront d'accomplir leurs mandats", selon ce communiqué, qui a quelque peu déçu les marchés financiers par son manque d'annonces concrètes. Juste après cette réunion, cependant, la Fed américaine a créé un électrochoc en baissant son principal taux directeur d'un demi-point pour le ramener entre 1% et 1,25%.

VALEURS A SUIVRE

Apple (-3,2%) a corrigé mardi, après son rebond vertigineux de 9,3% lundi, qui avait fait remonter sa capitalisation boursière de... plus de 100 milliards de dollars, à 1.310 milliards de dollars environ. Le titre du groupe californien de Cupertino. L'action Apple demeure extrêmement volatile, le géant américain de smartphones étant très exposé en Chine, où a débuté l'épidémie de coronavirus Covid-19 et où le groupe produit une partie de ses appareils.

Le principal sous-traitant d'Apple, le taïwanais Foxconn, a cependant annoncé mardi s'attendre à une normalisation de sa production chinoise d'ici la fin du mois, mettant ainsi un terme aux perturbations consécutives à l'épidémie. Foxconn, aussi connu sous le nom de Hon Hai Precision Industry, estime que plus de la moitié de son personnel saisonnier chinois s'est déjà remis au travail.

Le titre de Microsoft a rechuté de 4,7% après un gain de 6,65% lundi.

Target (-2,9%), le détaillant discount américain, a publié des profits trimestriels supérieurs aux attentes, mais des revenus quant à eux un peu courts. Pour son quatrième trimestre fiscal, clos début février 2020, le groupe a dévoilé un bénéfice net de 834 millions de dollars soit 1,63$ par titre, contre 799 millions de dollars un an auparavant. Hors éléments, le bénéfice par action s'est élevé à 1,69$, contre un consensus FactSet de 1,65$. Les revenus consolidés ont progressé de près de 2% à 23,4 milliards de dollars, mais le consensus était de 23,45 milliards. La croissance à comparable, à 1,5%, a en revanche légèrement dépassé les attentes de marché. L'activité digitale a progressé de 20%. Pour son premier trimestre fiscal, le groupe envisage un bpa ajusté allant de 1,55 à 1,75$, fourchette entourant le consensus. Le bpa ajusté 2020 est attendu entre 6,70 et 7$.

Tesla a fini sur un léger gain de 0,25% après une séance en dents de scie (+5% puis -2,8%...) Le titre a été dopé en matinée par une note de JMP Securities, qui a relevé sa recommandation à 'surperformance', en jugeant que la correction récente créait une opportunité d'achat. Le broker fixe un objectif de cours de 1.060$, l'un des plus élevés à Wall Street, impliquant des multiples de valorisation sur les bénéfices "qui pourraient sembler excessifs", mais le seraient nettement moins en considérant le fort taux de croissance annuelle composée de 23% de Tesla. Sur la base des estimations 2021, JMP constate que Tesla n'est en fait valorisé qu'environ 20 fois les profits attendus contre 18,2 fois pour le S&P500. JMP pense que le groupe d'Elon Musk pourrait en outre être en mesure de livrer près de 2 millions de véhicules par an en 2025.

Xerox Holdings (-4,8%) a lancé officiellement lundi soir son offre d'achat non sollicitée sur le fabricant de PC et d'imprimantes HP Inc. (-5%). Comme prévu, Xerox propose 24$ par action HP, dont 18,40$ en numéraire et le solde sous forme de 0,49 action Xerox pour chaque action HP. Le 10 février, Xerox avait relevé son offre de 22$ à 24$, espérant convaincre la direction de HP, qui s'est opposée jusqu'ici à ce rapprochement avec un acteur de plus petite taille. Rappelons que la capitalisation boursière de Xerox culmine à 7,2 milliards de dollars lundi, très inférieure à celle de HP (31,7 Mds$) ! La direction de HP, qui a rejeté jusqu'ici l'offre de Xerox, a indiqué sobrement lundi soir que son conseil d'administration étudierait cette offre non sollicitée.

Thermo Fisher Scientific (+1,7%) a annoncé un accord pour l'acquisition du géant allemand du diagnostic moléculaire Qiagen (+14,7%), afin d'étendre son portefeuille de diagnostics, renforcé par "des capacités attractives de diagnostic moléculaire, y compris dans le test des maladies infectieuses". Les conseils d'administration ont unanimement approuvé la proposition de Thermo Fisher d'acquérir les titres Qiagen à 39 euros pièce en cash, offre présentant une prime de 23% environ sur la clôture de Qiagen le 2 mars à Francfort. L'Américain Thermo Fisher va ainsi lancer une offre pour l'acquisition de la totalité des titres ordinaires Qiagen. La transaction valorise ce dernier à environ 11,5 milliards de dollars au taux de change actuel, cette valorisation comprenant une dette nette d'environ 1,4 milliard de dollars.

Kohl's (-2,6%). La chaîne américaine de distribution a annoncé pour son quatrième trimestre un bénéfice de 265 M$ et 1,72$ par titre, en léger repli, ainsi qu'un bpa ajusté de 1,99$ à comparer à un consensus de 1,88$. Les revenus ont totalisé 6,83 Mds$, pratiquement stables, contre 6,52 Mds$ de consensus. Les ventes à comparable ont été également stables. Pour 2020, le détaillant prévoit un bpa allant de 4,20 à 4,60$ et une évolution des ventes à comparable allant de -1% à +1%.

AutoZone (-2,1%) a chuté, après avoir manqué les attentes du consensus en termes de ventes. Le détaillant américain en pièces automobiles a annoncé pour son second trimestre fiscal, clos mi-février, un bénéfice net de 299 millions de dollars et 12,39$ par titre, contre 11,75$ de consensus. Les ventes ont totalisé 2,51 Mds$, contre 2,45 Mds$ un an plus tôt et 2,57 Mds$ de consensus. Le management évoque notamment les conditions climatiques pour expliquer ces ventes décevantes.

Chevron (-2,3%) va soigner ses actionnaires. Le géant pétrolier californien a annoncé son intention de reverser 80 milliards de dollars à ses actionnaires sur une période de cinq ans.

Microchip Technology (-6,1%) a flanché après avoir retiré sa "guidance" du fait de l'impact du coronavirus Covid-19, qui a causé des perturbations. Le groupe évoque une très faible demande en Asie, particulièrement en Chine, et des clients qui retourneraient au travail à un rythme plus lent que prévu. La normalisation de la supply chain serait également plus lente qu'attendu. Le groupe table donc désormais sur des revenus stables séquentiellement et retire ses estimations de profits pour le quatrième trimestre.

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