Cotation du 20/07/2018 à 22h48 Dow Jones Industrial -0,03% 25 058,12
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Clôture de Wall Street : en recul malgré de bons résultats bancaires

Clôture de Wall Street : en recul malgré de bons résultats bancaires
Clôture de Wall Street : en recul malgré de bons résultats bancaires
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les indices boursiers américains ont rechuté vendredi, mais l'ensemble de la semaine s'est soldée par une hausse de l'ordre de 2% pour les principaux indices. Les investisseurs n'ont pas été impressionnés par les résultats meilleurs que prévu de trois banques (JP Morgan Chase, Wells Fargo et Citigroup) qui avaient été en grande partie anticipés. La crainte de frappes militaires américaines contre la Syrie s'est pour le moment estompée, mais reste présente en arrière-plan, de même que le bras de fer commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Les obligations et l'or ont profité d'un effet valeur-refuge vendredi, tandis que le pétrole a bondi de 8% sur la semaine !

Le Dow Jones a cédé 0,5% à 24.360 points à la clôture, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,29% à 2.656 pts et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a fléchi de 0,47% à 7.106 pts. Sur la semaine, les trois indices ont cependant gagné respectivement 1,8%, 2% et 2,7%.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises) est resté stable vendredi (+0,03% à 89,77), tandis que l'euro a progressé de 0,07% face au billet vert à 1,2335$.
Sur le marché obligataire américain, les cours ont progressé, ce qui a entraîné une baisse des taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours). Le rendement du T-Bond à 10 ans a fléchi de 3 points de base pour revenir à 2,82%.

Pétrole et or profitent de la montée des incertitudes

Le pétrole a continué sa progression, signant sa plus forte progression hebdomadaire depuis juillet 2017, sur fond de tensions géopolitiques et de baisse des stocks mondiaux. Le baril de brut américain WTI évolue désormais à son plus haut niveau depuis novembre 2014. Le WTI a gagné vendredi soir 0,48%, à 67,39$ (contrat à terme de mai sur le Nymex) et le Brent de la Mer du nord a pris 0,78%, à 72,58$. Sur la semaine, le pétrole WTI a flambé de 8,40% et le Brent d'un peu moins de 8%.

De son côté, l'or a progressé de 0,47% à 1.348,20$ l'once vendredi soir sur le Comex (contrat à terme de juin), et a gagné 0,9% sur 5 séances.

Sur le plan macro-économique, les marchés ont peu apprécié vendredi l'annonce d'une chute de l'indice du sentiment des consommateurs américains en avril. Cet indice, mesuré par l'Université du Michigan, est ressorti à 97,8 contre 100,6 attendu par le consensus des économistes, et après 101,4 en mars.

L'attention des marchés financiers reste focalisée sur les turbulences politiques entourant Donald Trump, les risques liés à une possible intervention militaire américaine en Syrie ainsi que les tensions commerciales entre Washington et Pékin. Vendredi, la scène politique a été occupée par les révélations de James Comey, l'ancien directeur du FBI limogé par Donald Trump. Dans un livre, Comey brosse un portrait au vitriol du président américain, le comparant à un parrain de la mafia. Trump lui a répondu en le traitant de "menteur" via Twitter.

L'excédent commercial chinois avec les Etats-Unis a bondi au 1er trimestre

Dans le dossier commercial, les responsables américains et chinois tiendraient des discussions en coulisse, selon des sources proches du dossier, même si officiellement aucune négociation n'est en cours. Les deux camps menacent de taxer lourdement les marchandises importées vers leur pays en cas de désaccord.

Vendredi, l'annonce d'une forte hausse de l'excédent commercial de la Chine avec les Etats-Unis a semblé donner des arguments aux négociateurs américains. Cet excédent a ainsi bondi de 19,4% sur un an au premier trimestre, à 58,2 milliards de dollars, ont indiqué vendredi les Douanes chinoises.

Jeudi, Donald Trump s'était montré plutôt optimiste sur l'issue des discussions et avait par ailleurs demandé à ses services d'envisager un retour des Etats-Unis dans le nouvel accord transpacifique (qui relie 12 pays riverains du Pacifique, hors Chine). Trump avait retiré les Etats-Unis de cet accord TPP peu après son arrivée à la Maison Blanche début 2017.

"Personne ne peut sortir gagnant d'une guerre commerciale"

Vendredi, le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, a appelé Washington et Pékin à s'entendre, estimant que "personne" ne peut sortir gagnant d'une guerre commerciale. Il a également prévenu qu'il y aurait "des retombées négatives" au delà des deux pays, en cas de guerre commerciale et a rappelé que "cela a pris dix ans pour retrouver le niveau de croissance de l'économie mondiale d'avant la crise", ce qui illustre "la gravité" de cette crise.

Les préoccupations commerciales et géopolitiques ont quelque peu éclipsé le coup d'envoi des résultats d'entreprises américaines pour le 1er trimestre. Les résultats de trois grandes banques ont été accueillis par des baisses de cours, malgré des chiffres supérieurs aux attentes...

Dans l'ensemble, pour le 1er trimestre 2018, les bénéfices des sociétés du S&P 500 devraient pourtant progresser fortement, selon les consensus d'analystes. La hausse devrait être de 18,4% par rapport à la même période de 2017, selon le consensus compilé par 'Reuters', et de 20% selon le consensus du cabinet Factset (groupe Dow Jones).

VALEURS A SUIVRE

Le titre de JP Morgan Chase a trébuché de 2,7%. La banque a publié un bénéfice par action de 2,37$ pour le 1er trimestre 2018, alors que le consensus de place était plutôt de 2,28$. La principale banque américaine par les actifs a réalisé un bénéfice net en croissance de 35% à 8,7 Mds$. Les revenus trimestriels ont grimpé de 10%, à 28,5 Mds$. Le consensus était logé à 27,6 Mds$.

Citigroup (-1,5%) a également battu le consensus de profits, grâce aux activités dédiées au consommateur. Le bénéfice net de la firme a totalisé 4,62 Mds$ soit 1,68$ par titre sur le trimestre écoulé, contre 4,09 Mds$ un an auparavant. Le consensus était de 1,61$ de bpa. Les revenus totaux sont ressortis à 18,9 Mds$, en augmentation de 3% en glissement annuel, alors que les dépenses opérationnelles se sont appréciées de 2% à 10,9 Mds$.

Wells Fargo (-3,4%) a révélé, pour le trimestre clos fin mars 2018, un bénéfice net de 5,9 Mds$ et 1,12$ par titre, contre 5,6 Mds$ et 1,03$ par action un an avant. Le consensus était de 1,06$ de bpa. Les revenus trimestriels ont décliné de 2% en glissement annuel et ressortent à 21,9 Mds$, ce qui dépasse également les attentes de marché. Le titre corrige néanmoins, les régulateurs ayant proposé une amende de 1 Md$ à la banque pour mettre un terme aux enquêtes en cours relatives aux abus supposés sur les assurances automobiles et les prêts 'mortgage'.

PNC Financial (-4,1%) a dépassé le consensus de profit. Le bénéfice par action de la firme est ressorti à 2,43$ pour le trimestre écoulé, contre un consensus de 2,42$. Les revenus ont augmenté quant à eux de 6% en comparaison de l'an dernier, à 4,11 milliards de dollars.

Tesla (+2,1%). Elon Musk a réagi, sur Twitter, à un article de 'The Economist' selon lequel le groupe californien aurait besoin de lever 2,5 à 3 milliards de dollars cette année. 'The Economist' citait à ce sujet le broker Jefferies. Musk ne mâche pas ses mots : "The Economist avait l'habitude d'être ennuyeux, mais intelligent avec un mauvais esprit tranchant. Maintenant, ils sont juste ennuyeux (soupir). Tesla sera rentable et cash flow + aux T3 et T4, donc pas besoin de lever des fonds". Musk affirme donc que son groupe génèrera du cash sur les deux derniers trimestres de l'exercice.

Amazon a reculé de 1,2% après une nouvelle charge de Donald Trump contre le géant du commerce en ligne. Le président américain a signé jeudi soir un décret ordonnant une enquête sur les services et les comptes de la Poste américaine (USPS), qui affiche de lourds déficits. Or, Donald Trump a récemment accusé Amazon de contribuer à ces pertes en sous-payant la livraison de paquets. "La poste perd 1,5 dollar en moyenne pour chaque paquet qu'elle livre pour Amazon", a accusé le président sur Twitter, ajoutant que si elle augmentait ses tarifs, "les coûts d'expédition d'Amazon augmenteraient de 2,6 Mds$. Cette exploitation de la poste doit s'arrêter. Amazon doit payer les vrais coûts - et ses impôts - maintenant ! "

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