Cotation du 20/11/2018 à 22h47 Dow Jones Industrial -2,21% 24 465,64
  • DJIND - US2605661048

Clôture de Wall Street : en recul, face à la menace de guerre commerciale...

Clôture de Wall Street : en recul, face à la menace de guerre commerciale...
Clôture de Wall Street : en recul, face à la menace de guerre commerciale...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Dans le sillage des Bourses européennes, Wall Street a terminé en baisse jeudi, le spectre d'une guerre commerciale l'emportant nettement sur les avantages supposés du protectionnisme aux yeux des investisseurs. Certaines valeurs sidérurgiques ont progressé, mais de nombreux autres secteurs ont reculé dans la crainte d'une hausse de leurs coûts et de représailles commerciales. Les valeurs technologiques ont toutefois mieux résisté dans l'ensemble.

En ce dernier jour du mois de mai, l'indice Dow Jones a cédé jeudi soir 1,02% à 24.415 pts, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 0,69% à 2.705 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a fléchi de 0,27% 7.442 pts.

Sur l'ensemble du mois de mai, les trois indices américains ont cependant progressé respectivement de 1%, 2,1% et de 3,4% pour le Nasdaq. Depuis le début de l'année, le Nasdaq progresse de près de 8%, notamment grâce à de très bons résultats de sociétés au 1er trimestre, et surperforme ainsi nettement les autres grands indices (+1% pour le DJIA et -1% environ pour le S&P 500).

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises, a reculé de 0,18% à 93,98 points, tandis que l'euro a gagné 0,25% à 1,1692$, soulagé par des signes d'apaisement de la crise politique italienne. Sur les marchés obligataires américains, le rendement du T-Bond à 10 ans a fini stable, à 2,85%.

L'Europe, le Canada et le Mexique annoncent des représailles commerciales aux taxes Trump

Les querelles commerciales ont largement dominé la séance de jeudi, les investisseurs craignant qu'elles ne débouchent sur une véritable guerre commerciale, notamment avec la Chine, un scénario qui pénaliserait de nombreuses entreprises américaines exportatrices.

Jeudi, le secrétaire au Commerce américain, Wilbur Ross a donc confirmé, comme le craignaient les marchés ces derniers jours, que Washington imposerait bien, dès ce vendredi 1er juin, des taxes d'importation de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium en provenance de l'Union européenne, du Canada et du Mexique.

Tous les pays concernés, qui réclamaient une exemption définitive de ces taxes, annoncées en mars dernier par Donald Trump, ont vivement réagi en menaçant à leur tour les Etats-Unis de taxer les produits américains. Bruxelles prépare des taxes sur 3,4 Mds$ de produits américains, Ottawa sur 16,6 Mds$ et le Mexique a aussi annoncé des taxes, notamment sur des produits agricoles américains. En outre, l'Union européenne a annoncé qu'elle allait saisir l'Organisation mondiale du Commerce (OMC). Les investisseurs craignent désormais que les tensions commerciales ne s'accentuent également avec la Chine, malgré les avancées réalisées ces dernières semaines en vue de parvenir à un accord.

La correction reprend sur le pétrole

Les cours du pétrole ont fini en ordre dispersé malgré l'annonce d'une baisse plus forte que prévu des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière. Le baril de brut léger américain WTI a cédé 1,72%, à 67,04 $ (contrat à terme de juillet), tandis que le Brent de la Mer du Nord a légèrement progressé de 0,12% à 77,59$.
La production américaine a atteint un nouveau record de 10,8 millions de barils par jour la semaine dernière, selon les statistiques de l'Agence d'information sur l'énergie (EIA) publiées mercredi.

La séance a été riche en données macro-économiques, qui n'ont globalement pas influencé les marchés. Les revenus des ménages américains ont augmenté de 0,3% en avril sur un mois, en ligne avec le consensus. Les dépenses de consommation ont quant à elles progressé plus que prévu, de 0,6%, contre +0,4% de consensus. Par ailleurs, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont atteint 221.000 la semaine passée, en repli de 13.000 en comparaison de la semaine antérieure. Le consensus tablait sur 224.000 inscriptions.
L'indice d'activité manufacturière PMI de Chicago est ressorti à 62,7 en mai, bien supérieur au consensus de 58,4 et après 57,6 en avril. Enfin, les promesses de ventes de logements ont reculé de 1,3% en avril par rapport à mars.

VALEURS A SUIVRE

Du côté des valeurs, les sidérurgistes américains ont accueilli de façon contrastée l'annonce de taxes sur leurs concurrents étrangers. United States Steel a gagné 1,7% et Nucor a progressé de 0,1%, mais AK Steel a fini en recul de 1,3% et Steel Dynamics a fléchi de 0,9%. Les industries consommatrices d'aluminium (le cours de ce métal a augmenté après l'annonce des taxes) ont souffert en Bourse, à commencer par les brasseurs Molson Coors Brewing (-1,1%) et Boston Beer (-0,8%). Le titre du groupe de boissons Constellation Brands (marques Corona et Modelo) a aussi reculé de 0,8%.

Le cours du fabricant de motos Harley Davidson a chuté de 2,1%, la société étant ciblée par les taxes que l'UE compte imposer aux Etats-Unis.

Au sein du Dow Jones, une seule valeur a fini en hausse (Visa, avec un petit +0,06%)... Les plus fortes baisses sont venues de Procter & Gamble et Caterpillar (-2,3% chacun).

A l'inverse, le titre de General Motors s'est envolé de 12,8% après l'annonce d'une entrée du japonais Softbank dans le capital de sa filiale de conduite autonome. Le SoftBank Vision Fund va ainsi investir 2,25 milliards de dollars dans GM Cruise Holdings, la branche de GM spécialisée dans les voitures autonomes. Cet investissement se fera en deux temps : 900 M$ à la finalisation de la transaction, puis 1,35 Md$ lors de la commercialisation. Le fonds détiendra alors 19,6% des parts de GM Cruise.

Sears Holdings (-12,4%) a plongé après l'annonce de ses comptes du premier trimestre. La perte nette s'affiche à 424 M$ (3,93$ par action), contre un bénéfice de 245 M$ (2,29$ par action) un an avant. Les revenus s'élèvent à 2,9 Mds$, contre 4,2 Mds$ un an plus tôt. A magasins comparables, les ventes baissent de 11,9%. Le groupe annonce par ailleurs la fermeture programmée de 72 magasins supplémentaires. Les analystes anticipaient en moyenne une perte par action trimestrielle de 1,51$, pour des ventes de 2,86 Mds$.

Ciena (-4,2%) présente ses résultats du second trimestre fiscal. Les profits sont de 13,9 M$ (0,09$ par action), contre 38 M$ (0,25$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 0,23$, contre 0,30$ sur la même période de l'exercice précédent. Les revenus montent de 3% à 730 M$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,30$, pour des revenus de 726 M$.

Dollar General (-9,4%) annonce ses comptes du premier trimestre. Les bénéfices sont de 365 M$ (1,36$ par action), contre 279 M$ (1,02$ par action) un an avant. Les revenus montent de 9% à 6,11 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,40$, pour des revenus de 6,2 Mds$. A magasins comparables, les ventes montent de 2,1%, contre 3,2% de consensus. Sur 2018, le groupe vise un bpa entre 5,95 et 6,15$.

Alphabet (+2%). Dara Khosrowshahi, le patron du leader californien des VTC, Uber, a expliqué que son groupe discutait avec Waymo, filiale d'Alphabet dédiée aux voitures autonomes. Ainsi, un partenariat entre Uber Technologies et Waymo ne serait pas exclu. L'accord éventuel permettrait à Uber d'utiliser la technologie Waymo sur son application, précise l'agence 'Reuters', citant le dirigeant du groupe. Dara Khosrowshahi explique d'ailleurs que les relations avec Waymo s'améliorent, suite à un accord passant par la cession de 245 millions de titres Uber à Waymo et réglant un litige de propriété intellectuelle. Rien ne dit toutefois que les deux groupes collaborent, Waymo s'étant déjà allié au rival d'Uber, Lyft. Enfin, Uber prévoit pour sa part de reprendre durant l'été ses tests sur la voiture autonome, après une suspension consécutive à un accident mortel.

Semtech (+6,8%) a présenté ses comptes du premier trimestre. Les ventes sont de 130,4 M$. Les bénéfices s'élèvent à 12,4 M$ (0,18$ par action). En non-GAAP, les ventes ressortent à 151,9 M$, et le bénéfice par action s'affiche à 0,47$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,46$, pour des revenus de 150 M$. Sur le second trimestre, le groupe vise des ventes entre 155 et 167 M$, pour un bpa entre 0,50 et 0,58$.

Box (-7,5%), société américaine spécialisée dans le partage de fichiers et la collaboration en ligne, a publié ses résultats du premier trimestre. La perte nette ressort à 36,6 M$ (0,26$ par action), contre une perte de 40,1 M$ (0,30$ par action) un an avant. En base ajustée, la perte par action ressort à 0,07$. Les revenus s'élèvent à 140,5 M$, contre 117,2 M$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne une perte par action de 0,08$, pour des revenus de 146 M$. Sur le second trimestre, le groupe vise une perte par action comprise entre 0,05 et 0,06$, pour des ventes entre 146 et 147 M$.

PVH (+2,9%) a dévoilé ses comptes du premier trimestre. Les revenus montent de 16% à 2,3 Mds$. Le bénéfice par action s'affiche à 2,29$, contre 0,89$ un an plus tôt. En non-GAAP, le bpa ressort à 2,36$, contre 1,65$ un an avant. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,25$, pour des revenus de 2,3 Mds$. Sur l'exercice, le groupe vise un bpa compris entre 9,05 et 9,15$, pour des revenus en hausse d'environ 6%.

Guess (-19,4%) a publié ses comptes du premier trimestre. La perte ressort à 21,2 M$ (0,27$ par action), contre une perte de 21,3 M$ (0,26$ par action) un an avant. En base ajustée, la perte par action s'affiche à 0,23$. Les revenus s'élèvent à 521 M$, contre 454 M$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne une perte par action trimestrielle de 0,23$, pour des revenus de 508 M$. Le groupe vise un bpa entre 0,27 et 0,30$ sur le second trimestre, et entre 0,88 et 0,99$ sur l'exercice.

Berkshire Hathaway (-1,6%). Warren Buffett aurait proposé d'investir 3 milliards de dollars sur le dossier Uber Technologies, mais les discussions auraient finalement échoué, à en croire l'agence 'Bloomberg', qui cite ses fameuses sources proches de la question. Ainsi, Buffett aurait tenté une approche par l'intermédiaire de sa firme d'investissement Berkshire Hathaway. L'accord proposé prenait la forme d'un prêt convertible, limitant ainsi le risque pris par la firme de Buffett.

©2018,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com