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Clôture de Wall Street : en ordre dispersé, le chômage explose aux Etats-Unis

Clôture de Wall Street : en ordre dispersé, le chômage explose aux Etats-Unis
Clôture de Wall Street : en ordre dispersé, le chômage explose aux Etats-Unis
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a fini sur une note partagée, mercredi, entre les espoirs de sortie de la crise du Covid-19 et des statistiques toujours inquiétantes, notamment sur le front de l'emploi aux Etats-Unis. En Europe, la Commission européenne estime désormais que le PIB de la zone euro reculera de 7,7% en 2020. Le pétrole est reparti à la baisse, après avoir rebondi de plus de 50% depuis une semaine.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,91% à 23.664 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fléchi de 0,70% à 2.848 pts. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a en revanche progressé de 0,51% à 8.854 pts.

Les indices S&P 500 sectoriels des technologiques (+0,7%) et des biens de consommation discrétionnaires (+0,3%) ont progressé, mais ils ont nettement réduit leurs gains en clôture, tandis que les financières (-2,3%), l'énergie (-2,6%) et les "utilities" (-3,5%) ont accentué leur recul en fin de séance.

Plus tôt dans la journée, les Bourses européennes ont cédé du terrain, l'indice EuroStoxx 50 perdant 1,12% et le CAC 40 retombant de 1,1% après les sombres prévisions économiques de la Commission européenne. En Asie, Tokyo était fermé, le Shanghai composite a avancé de 0,6% et le Hang Seng a gagné 1,2% à Hong Kong.

20 millions d'emplois détruits dans le secteur privé en avril

A Wall Street, les investisseurs ont digéré tant bien que mal les chiffres catastrophiques de l'emploi dans le secteur privé aux Etats-Unis en avril, publiés par le cabinet ADP. Ces données (auxquels les marchés s'étaient en grande partie préparés) montrent que 20,236 millions d'emplois privés ont été détruits le mois dernier aux Etats-Unis, en raison du coup d'arrêt à l'économie provoqué par les mesures de lutte contre le coronavirus. Le consensus, qui avait anticipé assez correctement, s'attendait à 20 millions d'emplois perdus.

Le rapport complet sur l'emploi en avril sera publié vendredi par le gouvernement. Il devrait se traduire, selon le consensus, par 21 millions de destructions de postes et une remontée du taux de chômage américain de 4,4% à... plus de 16% !

En Europe, la Commission européenne a mis à jour mercredi ses prévisions économiques à l'aune de la crise du coronavirus. Elle s'attend à un plongeon du PIB de la zone euro de 7,7% cette année, et de 7,4% dans l'ensemble de l'Union eruopéenne. Les pays du Sud de l'Europe souffriront davantage que ceux du Nord.

La croissance devrait rebondir fortement en 2021 avec un rebond de 6,1% dans l'Union européenne, mais la Commission prévoit qu'il faudra deux ans pour que le PIB de l'UE retrouve son niveau antérieur à la crise du coronavirus. En attendant, dans la zone euro, les ventes de détail ont plongé de 11,2% en mars par rapport à février, en réaction aux mesures de confinement. Et l'indice d'activité globale PMI composite s'est effondré à 13,6 en avril, un nouveau plus bas historique.

De nouvelles mesures de soutien nécessaires pour soutenir la reprise

Le vice-président de la Réserve fédérale, Richard Clarida, s'est montré prudent mardi soir sur l'évolution conjoncturelle aux Etats-Unis, en déclarant que l'économie américaine, et notamment le marché de l'emploi, devrait durement souffrir avant de connaître un début de reprise, sur lequel la Fed table à partir du 3e trimestre 2020.

Dans un entretien avec la chaîne 'CNBC', le numéro deux de la Fed a indiqué que la banque centrale américaine serait sans doute amenée à prendre des mesures supplémentaires pour lutter contre la récession liée au coronavirus. Il aussi jugé probable la nécessité pour le gouvernement d'adopter de nouvelles mesures budgétaires de soutien à l'économie.

"Nous sommes dans une période où les données économiques sont très, très, très dures et difficiles, telles que nous n'en avons pas vu de notre vivant", avait-il estimé, ajoutant que le taux de chômage allait atteindre des niveaux sans précédent depuis les années 1940.

Donald Trump réoriente la "task force" anti-Covid vers la sortie de crise

Face à cette débandade de l'économie, Donald Trump n'a de cesse d'appeler à une réouverture des entreprises et des activités dans le pays, alors même que l'épidémie continue de progresser à un rythme rapide, faisant plus de 2.300 morts sur les dernières 24 heures, ce qui a porté le bilan du Covid-19 à plus de 71.000 morts ce mercredi.

Le président américain a créé la polémique mardi soir en affirmant qu'il comptait réduire le rôle du groupe de travail ("task force") dédié au Covid-19 afin de réorienter les efforts de son administration sur la réouverture de l'économie américaine. Lors d'une visite dans une fabrique de masques médicaux dans l'Arizona, Donald Trump a affirmé que "nous ne pouvons pas garder notre pays confiné durant les 5 prochaines années (...) Est-ce que certaines personnes vont être touchées? Oui. Est-ce que certaines personnes le seront gravement? Oui. Mais nous devons ouvrir" l'économie, a-t-il martelé.

Mercredi, le président a tempéré ses propos, affirmant que la "task force" sera maintenue, mais que sa mission sera recentrée sur le traitement de la maladie et sur l'assouplissement du confinement. Il a salué le travail de cette équipe menée par le vice-président Mike Pence, soulignant qu'il n'avait pas mesuré à quel point elle était "populaire auprès du public" américain.

Plus de 135.000 morts aux Etats-Unis d'ici août ?

Plus de 30 Etats américains sont sur le point de lever tout ou partie de leurs mesures de restriction liées au coronavirus, mais la situation sanitaire reste préoccupante dans le pays. Si les nouveaux cas continuent de se réduire dans les Etats les plus touchés comme New York, ils sont à l'inverse en nette hausse dans des Etats et des villes jusqu'ici moins affectés.

Lundi, l'institut IHME de l'université de Washington a revu à la hausse le nombre de décès potentiels à 135.000 d'ici à début août, en raison d'une "augmentation de la mobilité dans la plupart des Etats" provoquée par la réouverture des entreprises et les déconfinements attendus dans 31 Etats d'ici au 11 mai", a estimé cet institut.

Le pétrole reflue après son "rally", l'or retombe sous 1.700$ l'once

Sur les marchés pétroliers, le rebond de plus de 50% observé depuis une semaine a pris fin, sur fond de nouvelle hausse des stocks de pétrole aux Etats-Unis. Sur le Nymex, le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin a perdu mercredi 2,3% à 23,99$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet a reculé de 4% à 29,72$.

Les stocks de brut pour la semaine close au 1er mai ont augmenté de 4,6 millions de barils à 532,2 mb, contre un consensus de +7,6 mb. Les investisseurs sont partagés entre les espoirs d'une reprise progressive de la demande mondiale, et la crainte que les excédents d'offre seront là pour durer, malgré les baisses de production annoncées par l'Opep+ ainsi que de nombreux groupes pétroliers américains (Chevron, ConoCoPhillips...), canadiens et européens (dont Total et les producteurs norvégiens).

Les cours du brut sont désormais revenus au plus haut depuis la mi-avril, mais ils perdent encore 50% à 60% depuis le début de l'année, où ils dépassaient les 60$. Le 20 avril dernier, les cours du WTI avaient plongé en terrain négatif pour la 1e fois de leur histoire, terminant à -37,63$ le baril.

De son côté, l'or a continué de consolider, retombant sous la barre des 1.700$ l'once. Le contrat à terme de juin coté sur le Comex a cédé mercredi soir 1,3% à 1.688,50$ l'once. Malgré une forte volatilité ces dernières semaines, le métal jaune progresse d'environ 12% depuis le début de l'année, faisant office de valeur refuge.

L'euro souffre des incertitudes sur le "QE" de la BCE

Sur le marché des changes, l'indice du dollar a gagné 0,49% à 100,19 points face à un panier de 6 devises de référence, tandis que l'euro a cédé 0,41% à 1,0794$, toujours plombé par la décision de la cour constitutionnelle allemande qui a remis en cause mardi le programme de rachat d'actifs de la BCE.

Les marchés obligataires américains ont reculé, faisant remonter les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours). Le rendement du bon du Trésor (T-Bond) à 10 ans a grimpé de 4 points de base à 0,70%. En Europe, le rendement du Bund allemand de même échéance a bondi de 7 pdb à -0,51% et le rendement de l'emprunt italien à 10 ans a bondi de 11 pdb à 1,97%, après les tensions concernant le programme de "QE"' de la BCE.

VALEURS A SUIVRE

Gilead Sciences (-2,1%) est en discussions avec des laboratoires concernant la production de son antiviral expérimental remdesivir contre le Covid-19 pour l'Europe, l'Asie, et les pays en voie de développement jusqu'à au moins 2022, a annoncé hier le groupe sans fournir plus de détails. Le groupe pharmaceutique avait reçu la semaine dernière une autorisation d'urgence pour la prescription du remdesivir de la part de la FDA, l'Agence américaine du médicament, pour le traitement du coronavirus Covid-19.

Suite à des essais cliniques concluants, publiés il y a quelques jours, les hôpitaux pourront donc désormais utiliser cette molécule pour traiter les cas sévères de coronavirus. Sans être un "médicament miracle", le remdesivir a montré lors des essais cliniques qu'il accélérait de plusieurs jours le rétablissement des patients atteints de Covid-19.

Interrogé dimanche sur la chaîne américaine 'CBS', le directeur général de Gilead, Daniel O'Day, a annoncé que le médicament serait disponible dès le début de la semaine aux Etats-Unis, et a précisé que Gilead allait faire un don de 1,5 million de doses aux hôpitaux, ce qui permettra de traiter "entre 100.000 et 200.000 patients", selon la durée du traitement, qui peut varier de cinq à dix jours, a-t-il expliqué.

D'ici à la fin 2020, Gilead anticipe la production de suffisamment de doses pour soigner 1 million de patients sur une période de 10 jours, a précisé M. O'Day. Gilead n'a pas encore rendu public le prix de vente prévu du traitement une fois sa donation épuisée.

Walt Disney (-0,18%), qui a notamment dû fermer ses parcs à thème à travers le monde et suspendre les tournages de films pour éviter la contagion de l'épidémie, est durement frappé par la crise. Les profits du groupe ont plongé de 90%, alors même que le trimestre achevé fin mars a été peu impacté par la pandémie aux Etats-Unis et en Europe, les mesures de restriction n'ayant été prises que vers la mi-mars.

Le géant américain des loisirs et des médias a annoncé mardi soir après la clôture de Wall Street avoir dégagé un bénéfice net de 460 millions de dollars pour le 2e trimestre de son exercice fiscal (achevé fin mars) soit 26 cents par action. Les profits ont ainsi fondu de 90% par rapport au bénéfice de plus 5 milliards de dollars publié un an plus tôt, le 2e trimestre 2019 ayant été gonflé par la prise de contrôle du service de vidéo en streaming Hulu. Après ajustements des éléments non récurrents, le bénéfice par action de Disney s'est élevé à 0,60$ contre 1,61$ un an plus tôt, alors que les analystes s'attendaient à mieux, à 0,91$ en moyenne. Début janvier, le consensus tablait sur 1,4$ par action.

Les ventes trimestrielles ont atteint 18,01 milliards de dollars contre 14,9 Mds$ un an plus tôt (+21%), une progression liée à l'acquisition de nombreux actifs de Fox, qui ne figuraient que sur quelques jours dans les comptes du T2 2019. Ces revenus correspondent peu ou prou à ce qu'attendaient les analystes (18,06 Mds$), en sachant que ces derniers avaient nettement revu ces prévision à la baisse. Début janvier, lorsque le Covid-19 était encore circonscrit à la Chine, ils s'attendaient encore à des ventes de 19,51 Mds$.

Disney a précisé que sa branche parcs à thème a amputé le résultat d'exploitaion de 1 Md$ au 2e trimestre, ajoutant que ce manque à gagner avait atteint 1,4 Md$ sur l"ensemble des métiers du groupe. Bob Chapek a toutefois indiqué que le parc de Shanghai rouvrirait le 11 mai avec des distanciations sociales, des masques, des analyses de température et d'autres précautions. Les autres parcs à thème du groupe restent fermés pour l'heure.

CVS Health (-1,3%) a dépassé les attentes pour le premier trimestre, le fournisseur de produits pharmaceutiques et de services de soins ayant bénéficié de l'impact de la pandémie. Le bénéfice net a dépassé les 2 milliards de dollars, soit 1,53$ par titre, contre 1,43 milliard un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action a atteint 1,91$, contre 1,62$ un an plus tôt et 1,62$ de consensus. Les revenus se sont appréciés quant à eux de plus de 8% en glissement annuel à 66,8 milliards de dollars, contre un consensus FactSet de 64,1 milliards. CVS a confirmé enfin sa guidance 2020 de bénéfice ajusté par action allant de 7,04 à 7,17$, contre un consensus de 7,02$.

Beyond Meat (+26%) s'est envolé à Wall Street, le groupe ayant battu le consensus de marché pour le premier trimestre. Le groupe a profité d'une demande accrue pour ses produits végétariens de la part des supermarchés et épiceries. Les ventes trimestrielles ont... plus que doublé à plus de 97 millions de dollars, contre 88 millions de consensus. Le bénéfice net a représenté 1,8 million de dollars soit 3 cents par action sur le trimestre clos fin mars, contre une perte de 6,6 millions un an auparavant. Le consensus était de 7 cents de perte par action sur le trimestre clos. Le groupe a réagi avec intelligence face à la crise, reportant les lignes de produits dédiées aux services alimentaires sur le retail. Il a récemment conclu un accord avec Amazon Fresh...

General Motors (+2,9%), le constructeur automobile de Detroit, a annoncé des résultats en forte baisse, dépassant néanmoins les attentes de marché. Pour le premier trimestre, alors que certaines opérations ont été suspendues du fait de la pandémie, GM a réalisé un bénéfice net de 294 millions de dollars soit 17 cents par action, contre 2,16 milliards sur la période correspondante de l'an dernier. Le bénéfice ajusté par action a décliné à 62 cents, contre 1,41$ un an plus tôt et 40 cents de consensus FactSet. Les revenus ont reculé de 6,2% à 32,7 milliards de dollars, contre un consensus FactSet de 32,1 milliards de dollars. Les ventes US ont baissé de 7%. Le groupe a suspendu son dividende et ses rachats de titres afin de préserver sa trésorerie.

Activision Blizzard (+6,3%) a dépassé les attentes sur le trimestre clos et voit un levier d'accélération au second trimestre, l'éditeur de jeux vidéo bénéficiant du confinement. Le bénéfice net trimestriel est ressorti à 505 millions de dollars soit 65 cents par titre, contre 447 millions un an avant. Le bpa ajusté a représenté 76 cents, contre 38 cents de consensus. Les revenus ont été de 1,79 Md$. Le net bookings a dépassé les attentes à 1,52 Md$. Le groupe vise sur l'année un bpa de 2,22$ et des ventes de 6,8 milliards, avec de "robustes contenus" sur le reste de l'année.

Electronic Arts (-3,6%) a aussi dépassé les attentes, mais de manière moins spectaculaire. Pour le quatrième trimestre fiscal, EA a publié un bénéfice net de 418 millions de dollars soit 1,43$ par titre, contre 209 millions un an avant. Les revenus ont totalisé 1,39 milliard contre 1,24 milliard sur la période comparable de l'an dernier. Le consensus de bpa était de 1,05$. Le net bookings se situe à 1,21 Md$ contre 1,18 Md$ de consensus. Le bénéfice net de l'exercice 2021 est attendu à 978 millions de dollars, 3,35$ par titre, pour un net bookings de 5,55 milliards.

Mattel (-1,3%) a raté le consensus sur le trimestre clos. Le géant du jouet a publié pour le premier trimestre une perte de 211 millions de dollars soit 61 cents par titre, pour des ventes en retrait de 14% à 594 millions de dollars. Le consensus était de 42 cents de perte par titre et 653 millions de recettes. Le groupe a retiré sa guidance 2020 du fait des incertitudes liées à la pandémie. Le groupe estime ses liquidités toutefois suffisantes pour faire face à la crise.

Pinterest (-14,8%) a dévissé. Le groupe a pourtant dépassé les attentes de revenus sur le premier trimestre fiscal, mais il a prévenu de pressions sur les marges du fait du coronavirus. La perte nette trimestrielle est ressortie à 141 millions de dollars et 25 cents par titre, contre 41 millions un an avant. Le bpa ajusté est dans le rouge de 10 cents, contre 32 cents un an avant et 9 cents de consensus. Les revenus ont atteint 272 millions de dollars, contre 202 millions un an avant et 269 millions de consensus. Le groupe a affiché 367 millions d'utilisateurs actifs mensuels sur le trimestre, ce qui dépasse les attentes.

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