Cotation du 28/02/2020 à 23h06 Dow Jones Industrial -1,39% 25 409,36
  • DJIND - US2605661048

Clôture de Wall Street : en lévitation après l'accord commercial

Clôture de Wall Street : en lévitation après l'accord commercial
Clôture de Wall Street : en lévitation après l'accord commercial
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a pulvérisé jeudi de nouveaux sommets historiques, au lendemain de la signature à Washington de l'accord commercial de Phase 1 entre les Etats-Unis et la Chine. Par ailleurs, les ventes de détail sont ressorties meilleures que prévu en décembre aux Etats-Unis, un facteur rassurant pour les marchés. Du côté des valeurs, les technologiques et les banques ont mené la hausse. Morgan Stanley s'est envolé de 6,6% après avoir publié des résultats trimestriels bien supérieurs aux attentes. Le pétrole a rebondi dans l'espoir d'une reprise de l'économie mondiale en 2020, tandis que l'or a marqué le pas.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,92% à 29.297 points, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 0,84% à 3.316 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a bondi de 1,06% à 9.357 pts.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises, a gagné 0,07% à 97,30 points, tandis que l'euro a reculé de 0,12% à 1,1136$. Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours) se sont tendus, le rendement du T-Bond à 10 ans avançant de 2 points de base à 1,81%. En Europe, le rendement du Bund à 10 ans a en revanche cédé 2 pdb à -0,22%.

Mercredi, la publication du Livre Beige de la Fed a confirmé que la croissance est restée "modérée" aux Etats-Unis fin 2019. Dans l'ensemble, ce rapport a conforté les marchés dans l'attente d'un statu quo monétaire en 2020, après 3 baisses de taux en 2019. En Europe, les Minutes de la dernière réunion de la BCE, publiées jeudi, ont montré que les membres du Conseil des gouverneurs ont exprimé un jugement plus optimiste sur la situation économique lors de leur réunion de décembre. La prochaine réunion de la BCE se déroulera le 23 janvier, tandis que la Fed se réunira les 28 et 29 janvier.

Un coup de pouce pour la croissance américaine et chinoise

Donald Trump et le vice-Premier ministre chinois Liu He ont donc signé mercredi à Washington l'accord commercial partiel de Phase 1, décrit comme un accord "historique". Par ailleurs, le Congrès américain a définitivement approuvé jeudi le nouvel accord de libre-échange liant Etats-Unis, Mexique et Canada (AEUMC), une nouvelle victoire pour Donald Trump à quelques jours de l'ouverture de son procès en destitution.

Concernant l'accord avec la Chine, le texte de 96 pages prévoit que Pékin achètera sur les deux prochaines années 200 milliards de dollars de produits et services américains de plus qu'en 2017, année où ces achats avaient atteint 186 milliards. Trump a précisé que la Chine promettait d'augmenter ses achats de produits agricoles américains de 50 Mds$, alors que la Chine a plutôt avancé un niveau de 32 Mds$ sur deux ans.

L'accord comprend aussi des engagements de Pékin à encadrer les pratiques dont se plaignent les entreprises américaines concernant le non-respect de propriété intellectuelle par la Chine. Pékin aurait promis de punir les firmes locales enfreignant ou volant des secrets commerciaux. La question des acquisitions par les entreprises publiques chinoises de technologies au détriment des intérêts américains est aussi évoquée.

Larry Kudlow, le principal conseiller économique de la Maison blanche, a estimé que l'accord devrait apporter 0,5 point de plus à la croissance du PIB américain en 2020. Du côté chinois, Liu He a par ailleurs précisé qu'il s'attendait à une croissance économique 2019 supérieure à 6%.

Les droits de douane restent en place jusqu'à l'élection US

Si la Phase 1 marque une trêve dans le conflit qui oppose Washington et Pékin depuis plus de 18 mois, il ne prévoit pas de nouvelles baisses des droits de douane avant l'élection américaine du 3 novembre prochain. Larry Kudlow a indiqué que ces tarifs douaniers doivent permettre de s'assurer que la Chine tienne ses engagements de phase 1, et que la phase 2 progresse.

Ainsi, il est prévu qu'au plus tard 10 mois après la signature de l'accord, les Etats-Unis fasse le point sur les progrès effectués et décide de réduire ou non les droits de douane qui affectent encore plus de 360 milliards de dollars de biens chinois importés, selon des sources proches du dossier.

Quant à la phase 2, elle ne serait probablement pas conclue avant l'élection américaine de novembre prochain, même si les négociations ont déjà démarré, selon Washington. Les investisseurs sont bien conscients que malgré le soulagement créé par l'accord de Phase 1, les différends commerciaux sont loin d'être définitivement réglés entre les deux pays, notamment sur le front technologique.

Les consommateurs américains ont ouvert leur portefeuille en décembre

Les marchés ont été rassurés jeudi par une série de statistiques américaines plutôt dynamiques. Ainsi, les ventes de détail ont grimpé de 0,7% en décembre (hors automobile) sur un mois contre +0,5% de consensus de place et après une stabilité en novembre. Hors automobile et essence, ces ventes de détail ont progressé de 0,5% contre +0,4% de consensus, alors qu'elles avaient reculé de 0,2% un mois plus tôt. Les ventes de détail comprenant automobile et essence ont augmenté toutefois un peu moins que prévu, progressant de 0,3% en décembre 2019 contre +0,4% de consensus, après une hausse révisée à 0,3% pour le mois de novembre.

L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie s'est renforcé à +17 en janvier, contre +3 de consensus et après +0,3 en décembre. Il signale ainsi une très forte accélération de l'expansion de l'industrie manufacturière dans la région.

Sur le front de l'emploi, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont été bien moins nombreuses que prévu, à 204.000 pour la semaine close le 11 janvier 2020, contre 215.000 de consensus et après 214.000 la semaine précédente.

L'indice du marché immobilier américain de la NAHB - National Association of Home Builders - est ressorti à 75 en janvier, en ligne avec le consensus des économistes de la place, contre 76 en décembre.

Les prix à l'importation ont augmenté de 0,3% en décembre sur un mois, en ligne avec le consensus de marché, tandis que les prix à l'export ont baissé de 0,2%. Enfin, les stocks des entreprises sont ressortis en repli de 0,2% en novembre, contre -0,1% de consensus de marché et +0,2% un mois plus tôt.

Les cours du pétrole sont repartis en hausse jeudi, saluant l'accord commercial, qui pourrait booster l'économie mondiale et donc la demande de pétrole. Le baril de brut léger américain (WTI) a repris 1,20% à 58,52$ sur le Nymex (contrat à terme de février), tandis que le Brent de la mer du Nord a avancé de 1% à 64,62$ (contrat à terme de mars).

L'or a en revanche marqué le pas, cédant 0,02% à 1.553,70$ l'once, pour le contrat à terme de février coté sur le Comex. Le métal jaune a gagné 19% en 2019 et progresse encore de près de 2% depuis le début 2020, soutenu par la faiblesse des taux d'intérêts et de l'inflation et par l'accumulation des risques en tout genre nonobstant les records boursiers.

VALEURS A SUIVRE

L'ensemble des 9 indices sectoriels du S&P 500 ont progressé, à commencer par les technologiques (+1,4%), les financières (+0,8%) et les industrielles (+1%). Les "technos" ont profité de la publication des résultats de TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company), qui a confirmé des prévisions de reprise du marché des "semis" en 2020, un fait qui a déjà été signalé la semaine dernière par Micron Technology. L'indice SOX de Philadelphie, qui trace l'industrie des semi-conducteurs, a progressé jeudi de 1,7%. TSMC a notamment annoncé prévoir un bond de 45% de ses revenus au 1er trimestre 2020, et va augmenter le montant de son programme d'investissement cette année. Le groupe taiwanais s'attend à une forte demande de smartphones 5G, ce qui se répercutera positivement sur ses bénéfices. Parmi les plus fortes hausses du secteur ce jeudi à Wall Street figurent AMD (+2,5%), Marvell Technology (+5,7%), Xilinx (+2,5%), Micron (+2,7%), Qualcomm (+2,3%), Applied Materials (+2%) et Broadcom (+1,3%).

Les résultats bancaires ont continué de surprendre dans le sens positif. Morgan Stanley (+6,6%) a annoncé à son tour, jeudi, des comptes supérieurs aux attentes de marché pour le 4e trimestre. Le bénéfice net de la banque américaine d'investissement a atteint 2,90 milliards de dollars soit 1,30$ par titre sur le trimestre clos, contre 1,53 Md$ et 80 cents par titre un an auparavant. Le consensus de place se situait à 1,02$. Les revenus se sont appréciés de 27% à 10,86 milliards de dollars, contre 9,7 milliards de dollars de consensus de marché.

Morgan Stanley a en outre relevé ses objectifs financiers à moyen terme : contrôle de dépenses, rendements des fonds propres et prévision de bénéfices dans la gestion de fortune ont été relevées pour les deux prochaines années et au-delà, selon un document diffusé sur son site internet.

Charles Schwab (+4%) a annoncé des revenus annuels en croissance de 6% à 10,7 milliards de dollars, pour une progression comparable de son profit à 3,7 Mds$. Le bénéfice par action du quatrième trimestre s'est établi à 62 cents, portant le bpa annuel au niveau record de 2,67$. Le bénéfice net du quatrième trimestre a régressé de 9% à 852 millions de dollars.

Déception en revanche du côté de Bank of New York Mellon (-7,8%) qui a manque le consensus. La banque new-yorkaise a publié des revenus d'intérêt en baisse de 8% à 815 M$ sur le quatrième trimestre. Les revenus de commissions ont en revanche progressé de 26%. Le bénéfice net applicable aux actionnaires ordinaires a atteint 1,39 Md$ (1,52$ par titre), contre 832 M$ et 84 cents par action un an avant. Le bpa ajusté est ressorti à 1,01$ contre 1,04$ de consensus. Les revenus totaux ont augmenté de 19% à 4,8 Mds$.

Alcoa (-11,9% !) a lui aussi nettement déçu, avec des pertes plus importantes que prévu au quatrième trimestre 2019 et des ventes inférieures au consensus. En outre, le marché mondial de l'aluminium devrait basculer dans les excédents cette année, estime le groupe basé à Pittsburgh (Pennsylvanie).
Le fabricant d'aluminium a perdu 303 millions de dollars au quatrième trimestre, soit 1,63$ par action.

Un an plus tôt, le groupe avait dégagé un bénéfice net de 51 M$, soit 27 cents par action. En données ajustées des éléments exceptionnels, la perte nette par action s'est établie à 31 cents contre un bénéfice de 70 cents un an plus tôt, alors que les marchés tablaient sur une perte limitée à 21 cents. Les ventes sont aussi ressorties inférieures aux attentes, à 2,4 milliards de dollars, contre 3,3 Mds$ un an plus tôt (-27%), et 2,5 Mds$ attendus par le consensus du cabinet Factset. Alcoa a précisé qu'il allait procéder à des cessions d'actifs et qu'il allait fermer une usine d'alumine après avoir mené une revue de ses actifs.

Alphabet (+0,76%) a franchi pour la première fois le seuil des 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière, rejoignant dans ce club très fermé Apple (+1,25% et 1.380 Mds$ de capitalisation) et Microsoft (+1,8%, à 1.270 Mds$).

Tesla est retombé de 0,97% à Wall Street, poursuivant sa correction de la veille, après avoir abordé les 100 milliards de dollars de capitalisation boursière, un niveau record. Pour la première fois en plus de sept ans, Morgan Stanley recommande de 'vendre' le titre du constructeur automobile. L'optimisme concernant la croissance des activités principales du fabricant de voitures électriques en Chine est maintenant intégré dans les cours, selon le courtier. Ce dernier a également coupé la valorisation de la division de mobilité de la société, citant un environnement légal et réglementaire qui n'est pas favorable au déploiement d'un réseau de robots-taxis.

La valeur a plus que doublé depuis début octobre, dopée par l'annonce d'un bénéfice surprise au troisième trimestre, de fortes livraisons et la construction rapide d'une usine en Chine. "La dynamique et le sentiment à court terme autour du titre sont certes très forts, mais nous remettons finalement en question la durabilité de cette dynamique", souligne Morgan Stanley, qui relève tout de même son objectif de prix de 250 à 360$.

©2020,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com