Cotation du 19/07/2018 à 22h53 Dow Jones Industrial -0,53% 25 064,50
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Clôture de Wall Street : en légère hausse, malgré les incertitudes

Clôture de Wall Street : en légère hausse, malgré les incertitudes
Clôture de Wall Street : en légère hausse, malgré les incertitudes
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le second semestre a commencé sur une note volatile, avec des indices oscillant entre le rouge et le vert. Toutefois, c'est la hausse qui l'a emporté lundi soir à Wall Street, malgré les craintes de guerre commerciale. Les valeurs technologiques, notamment, ont soutenu la cote en fin de journée, après l'annonce d'une activité manufacturière plus solide que prévu en juin aux Etats-Unis. Le pétrole a fait une pause dans sa progression et le dollar est reparti à la hausse.

L'indice Dow Jones a avancé lundi de 0,15% à la clôture, à 24.307 points, tandis que l'indice large S&P 500 a gagné 0,31% à 2.726 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a progressé de 0,76% à 7.567 pts. La semaine dernière, les trois indices avaient reculé respectivement de 1,2%, 1,3% et 2,3%.

Le premier semestre s'est achevé sur un bilan contrasté pour les indices américains: malgré des records historiques inscrits fin janvier, le DJIA a reculé de 1,8% sur les six premiers mois de l'année, et le S&P 500 a progressé modestement de 1,9%. Quant au Nasdaq, il a largement surperformé les autres indices, avec un gain de 8,8% sur le semestre, et a même inscrit un nouveau record historique le 20 juin dernier.

Sur le marché des changes, le dollar a rebondi après la publication d'indices ISM et PMI manufacturiers meilleurs que prévu en juin aux Etats-Unis. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises, a grimpé de 0,45% à 95,06 points, tandis que l'euro reculait de 0,68% face au billet vert, à 1,1607$.

Vendredi, la monnaie unique européenne avait pourtant bondi de plus de 1% après l'annonce d'un accord de compromis sur la question migratoire lors d'un sommet à haut risque de l'Union européenne à Bruxelles. Cependant, dimanche, le ministre allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer (CSU), a jugé cet accord insuffisant, et a mis sa démission dans la balance, mettant en péril la coalition gouvernementale d'Angela Merkel.

La tension monte entre Washington et l'Union européenne

Sur le marché obligataire, les taux d'intérêts ont peu bougé lundi : le rendement du T-Bond américain à 10 ans a gagné 1 point de base à 2,87%, tandis qu'en Europe, le Bund allemand à 10 ans est resté stable à 0,30% malgré les incertitudes politiques.

Le pétrole a légèrement reculé lundi après son récent "rally". Le contrat août sur le brut léger américain WTI a perdu 0,28% à 73,94$ sur le Nymex, tandis que le Brent a cédé 2,44% à 77,30 dollars.

Le climat boursier est reste alourdi par les tensions commerciales. Ce week-end, le président américain a comparé les pratiques commerciales de l'Union européenne à celles de la Chine. L'UE "fait probablement autant de mal que la Chine, sauf qu'elle est plus petite", a-t-il expliqué sur 'Fox News'. "C'est terrible ce qu'ils nous ont fait. Nous aimons tous d'une certaine manière l'Union européenne, mais ces pays nous traitent très mal. Ils nous traitent très injustement", a poursuivi Trump.

De son côté, l'UE menace désormais Washington de taxer près de 300 Mds$ de produits américains, si Trump s'entête à taxer les importations d'automobiles. En outre, le Canada a mis en oeuvre ce dimanche 1er juillet des droits de douane additionnels sur environ 13 Mds$ (16,5 Mds$ canadiens) de produits américains.

Les Etats-Unis moins impactés que la Chine en cas de guerre commerciale ?

Sauf coup de théâtre, les Etats-Unis ont prévu de mettre en oeuvre ce vendredi 6 juillet des taxes sur 34 milliards de produits importés de Chine, première tranche d'un bloc de 50 Mds$ de produits chinois que Washington a prévu de taxer. La Chine va riposter avec des taxes équivalentes ce même 6 juillet, qui frapperont notamment le soja et les automobiles provenant des Etats-Unis. Donald Trump a d'ores et déjà répliqué en annonçant que Etats-Unis étudiaient une liste de 200 Mds$ de marchandises chinoises supplémentaires à taxer.

Si les marchés financiers s'inquiètent des conséquences d'une telle guerre ouverte, la Bourse chinoise a souffert jusqu'ici davantage que Wall Street. Depuis son plus haut annuel de la fin janvier, l'indice de la Bourse de Shanghai, le CSI 300, a plongé de 22%, tandis que le S&P 500 n'a reculé que de 5,3% dans le même temps.

Les investisseurs estiment à ce stade que la Chine souffrirait davantage que les Etats-Unis en cas de guerre commerciale ouverte entre les deux pays, et qu'en cas de turbulences majeures sur les marchés mondiaux, les devises servant de valeurs-refuge resteront le dollar, ainsi que le yen et le franc suisse.

La cote a ainsi été soutenue lundi aux Etats-Unis par la publication d'un indice ISM manufacturier plus fort que prévu en juin à 60,2 après 58,7 en mai et alors que le consensus était logé à 58,4. L'indice PMI manufacturier est lui aussi ressorti solide en juin, à 55,4, contre un niveau de 54,6 pour le consensus de place. Par ailleurs, les dépenses de construction sont restées solides en mai, en hausse de 0,4% sur un mois, même si le consensus tablait sur un chiffre légèrement supérieur (+0,5%).

VALEURS A SUIVRE

Tesla (-2,3%) a atteint et même dépassé son objectif de production à fin juin sur le Model 3 'grand public'. Ainsi, Elon Musk, le charismatique patron du groupe, a annoncé sur le réseau social Twitter, hier dimanche, que le groupe avait atteint un niveau de production de 7.000 "voitures" en sept jours ! L'objectif de 5.000 Model 3 par semaine d'ici la fin du second trimestre a été par ailleurs atteint, l'essentiel de la production concernant le Model 3. Elon Musk en a ainsi profité pour remercier toute l'équipe de Tesla. Il faut dire que la firme californienne avait mis le paquet sur cette production du Model 3. Ce véhicule doit en effet permettre au groupe d'atteindre la rentabilité, de générer enfin du cash et de pénétrer le marché grand public. Reste à savoir désormais, si Tesla est en mesure de maintenir la cadence voire même d'accélérer.

Tesla précise ce jour qu'il a produit 5.031 Model 3 et 1.913 Model S ou X durant les sept derniers jours du second trimestre calendaire 2018. La production de Model 3 a triplé à 28.578 unités sur le second trimestre, en comparaison du premier (contre 24.761 Model S et X). Le groupe entend accélérer la production à 6.000 unités par semaine d'ici la fin du mois de juillet. Les livraisons totales du second trimestre se sont établies quant à elles à 40.740 unités, tandis que la production totale du second trimestre a grimpé de 55% à 53.339 véhicules. Ainsi, Tesla estime qu'il s'agit là du trimestre "le plus productif de son histoire".

Dell Technologies (Class V : +9%) a bondi, tout comme VMware (+10,2%). Le constructeur informatique Dell a annoncé ce lundi son intention de racheter les parts de 'tracking stocks' suivant la performance de VMware. L'opération en cash et actions vise à simplifier la structure de détention de Dell sans trop gonfler la dette. Les titres de catégorie V seraient convertis en titres de catégorie C, avec option en cash. Dell avait émis les catégories V après finalisation de la fusion EMC. Ces titres traquent la performance de 61% des actions VMware ordinaires détenues par Dell. Chaque 'tracking stock' VMware (les actions de catégorie V donc) serait échangé contre 1,3665 titre Dell Technologies Class C, ou, au choix de l'actionnaire, 109$ en cash, sous réserve que le montant total de cash ne dépasse pas les 9 Mds$. L'offre cash présente une prime de 29% sur le cours de l'action Dell émise pour financer le rachat d'EMC. La portion en actions signifie que Dell émettra une nouvelle catégorie d'actions à l'issue de l'opération. La portion cash de l'offre sera financée par un dividende exceptionnel de 11 Mds$ de VMware. La finalisation est anticipée au quatrième trimestre. Le patron de VMware Pat Gelsinger se dit de son côté "heureux de pouvoir rendre du cash aux actionnaires par ce dividende exceptionnel".

General Electric (-1,7%) a finalisé la vente de GE Industrial Solutions à ABB pour 2,6 Mds$. L'opération avait été dévoilée en septembre, et doit permettre à ABB de renforcer ses positions dans l'électrification. JP Morgan reste dubitatif sur le dossier GE. Le broker pense que le titre demeure significativement surévalué en bourse. JP Morgan envisage un scénario baissier 'raisonnable' qui impliquerait un objectif de cours de 9$ sur le coeur de métier. L'analyse par la somme des parties sur le nouveau périmètre de GE ne convainc donc pas le spécialiste du courtier, qui maintient son conseil à 'sous-pondérer' et son objectif de base à 11$.

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