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Clôture de Wall Street : en légère hausse, la Fed rassure

Clôture de Wall Street : en légère hausse, la Fed rassure
Clôture de Wall Street : en légère hausse, la Fed rassure
Crédit photo © Joshua Roberts / Reuters

(Boursier.com) — A l'issue d'une séance hésitante, la Bourse de New York a fini en hausse mercredi, après les annonces de la Fed, qui n'a pas modifié sa politique monétaire et a signalé qu'elle maintiendrait ce statu quo accommodant pendant toute l'année 2020. Par ailleurs, les marchés espèrent toujours un report de l'entrée en vigueur des nouvelles taxes d'importation américaines contre des produits chinois, prévue dimanche 15 décembre. Le cours du pétrole est reparti en baisse, après une hausse inattendue des stocks de pétrole aux Etats-Unis la semaine dernière.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,11% à 27.911 points, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 0,29% à 3.141 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a progressé de 0,44% à 8.654 pts. Le DJIA a été freiné par le reculs de Chevron (-1,4%) et de Home Depot (-1,8%), qui a émis un avertissement sur ses ventes en 2020.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises, a reculé de 0,33% à 97,09 points après la Fed, tandis que l'euro a grimpé de 0,4% 1,1106$. L'indice du dollar a reculé de plus de 1% depuis le début du mois, face à la crainte d'un report de l'accord commercial de "Phase 1" entre les Etats-Unis et la Chine. Sur les marchés obligataires américains, les taux se sont détendus après la Fed : le rendement du T-Bond à 10 ans a cédé 5 points de base à 1,80%.

Les taux de la Fed en mode pause jusqu'à la fin 2020 ?

La Réserve fédérale américaine a donc maintenu mercredi soir le taux des "fed funds", son principal taux directeur, à son niveau actuel, dans la fourchette de 1,5% à 1,75%. La Fed a en outre laissé entendre qu'elle ne comptait pas modifier le niveau de ce taux d'ici à la fin 2020, après l'avoir abaissé trois fois depuis juillet pour soutenir la croissance américaine face aux risques liés notamment à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

"Nous considérons que l'orientation actuelle de la politique monétaire est appropriée pour soutenir une expansion durable de l'activité économique, une situation solide sur le marché du travail et une inflation proche de l'objectif symétrique de 2% fixé par le Comité", a expliqué la Fed dans son communiqué.

La Fed s'est montrée plutôt optimiste pour la croissance américaine. "Le marché du travail reste solide et (...) l'activité économique croît à un rythme modéré", a-t-elle estimé, tout en précisant que l'investissement des entreprises et les exportations restent ralenties. Lors de sa conférence de presse, le président de la Fed, Jerome Powell, a souligné que si les incertitudes actuelles sur la politique commerciale étaient levées, l'économie américaine en bénéficierait.

Pour le patron de la Fed, la politique monétaire est "assez accommodante", et il faudrait assister à un "mouvement haussier significatif et persistant" de l'inflation pour justifier une hausse de taux.

L'indice des prix à la consommation pour novembre 2019, publié mercredi, a progressé de 0,3% sur un mois et de 2,1% sur un an, légèrement au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed. Hors alimentaire et énergie, le CPI a augmenté de 0,2%, en ligne avec les attentes de marché, et de 2,3% en glissement annuel.

Les nouvelles projections économiques de la Fed, publiées ce mercredi, montrent que la grande majorité de ses membres ne prévoient aucune modification des taux d'intérêt d'ici à 2021. Ainsi, 13 des 17 responsables de la politique monétaire de la Fed anticipent un statu quo et seuls quatre tablent sur une hausse l'année prochaine pour remonter entre 1,75% et 2%. En revanche, aucun d'eux n'a estimé qu'une nouvelle baisse de taux serait nécessaire en 2020.

Au-delà, pour 2021, les projections médianes prévoient une seule hausse de taux d'un quart de point.

Suspense sur la question du report des taxes du 15 décembre contre la Chine

L'autre sujet de préoccupation des marchés reste bien sûr le dossier commercial, à l'approche de la date-butoir du 15 décembre, à partir de laquelle les Etats-Unis menacent d'imposer une surtaxe de 10% sur environ 160 milliards de dollars de biens chinois importés supplémentaires. Selon des informations publiées mardi sur le site internet du 'Wall Street Journal', l'administration Trump serait disposée à reporter une nouvelle fois la date de mise en oeuvre de ces taxes (déjà repoussée en août dernier), afin de laisser une chance aux négociations commerciales de se conclure positivement.

Cette nouvelle rassurante à toutefois été rapidement balayée par des déclarations prudentes de proches de Donald Trump. Peter Navarro, le conseiller de la Maison-Blanche sur le commerce, a ainsi déclaré mardi qu'il n'avait aucune information sur le fait de savoir si le président américain avait pris une décision, dans un sens ou dans l'autre, concernant un éventuel report des taxes. Le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a lui aussi quelque peu douché les espoirs, en déclarant mardi que les taxes du 15 décembre étaient toujours "sur la table".

Les marchés aimeraient donc enfin pouvoir compter sur la conclusion d'un accord, au moins partiel, qui permettrait d'enterrer la hache de guerre entre les deux puissances économiques mondiales. Selon l'agence Bloomberg, Donald Trump devrait rencontrer jeudi l'équipe en charge des négociations. Dans l'état actuel des choses, les points de blocages seraient toujours les mêmes, Washington exigeant des engagements chinois, notamment sur le montant des achats de produits agricoles américains, tandis que Pékin exige en préalable un report des nouveaux droits de douane.

Hausse surprise des stocks de pétrole aux Etats-Unis

Le pétrole est reparti en baisse mercredi, après l'annonce d'une hausse surprise des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a cédé 0,7% à 58,43$ sur le Nymex (contrat à terme de janvier), tandis que le Brent de la mer du Nord a fléchi de 0,76% à 63,85$ pour le contrat à terme de février. L'or noir n'a pas bénéficié du succès de la première cotation en Bourse du géant pétrolier saoudien Saudi Aramco, qui a grimpé de 10% pour son premier jour de cotation à la Bourse de Riyad.

Les stocks pétroliers US, pour la semaine close au 6 décembre, ont augmenté de 0,8 million de barils à 447,9 mb (hors réserve stratégique), contre un repli de 2,7 mb attendu par le consensus. Les stocks d'essence ont bondi de 5,4 mb et ceux de produits distillés ont cru de 4,1 mb.

Depuis vendredi, les cours du brut avaient progressé grâce aux espoirs d'un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine, et après l'annonce vendredi par l'Opep+ d'une réduction supplémentaire de sa production de 500.000 barils par jour jusqu'en mars 2020.

VALEURS A SUIVRE

Boeing (+0,6%) a fini en hausse après avoir perdu jusqu'à 2,5% en séance, avant de réduire ses pertes. Steve Dickson, le dirigeant de l'agence fédérale américaine de l'aviation, la FAA, a indiqué sur la chaîne 'CNBC' que la levée de l'interdiction de vol du Boeing 737 MAX n'allait pas intervenir avant l'an prochain. " Il y a un nombre de procédures, d'étapes importantes qui doivent être franchies et si vous faites le calcul, chacune de ces étapes va prendre du temps", a déclaré Steve Dickson, ajoutant que "cela va s'étendre en 2020".

Jusqu'à présent, Boeing espérait que l'agence accorderait avant la fin décembre sa certification à son Boeing 737 MAX. L'appareil a subi de nombreuses modifications après les deux crashs qui avaient fait 346 morts, entraînant son interdiction de vol en mars dernier.

Home Depot (-1,8%), le leader américain de la distribution de produits d'ameublement, a déçu les marchés en dévoilant ses prévisions de croissance des ventes pour 2020. Le groupe s'attend à une croissance entre 3,5 et 4%, alors que le consensus tablait sur une progression de 4,3% de consensus. La marge opérationnelle est attendue voisine de 14%, contre une guidance antérieure allant de 14,4 à 15%.

Amazon (+0,5%), privé d'un méga-contrat avec le Pentagone, baptisé "JEDI", accuse le président américain Donald Trump d'avoir fait pression pour l'écarter au profit de son rival Microsoft. Le "JEDI" (Joint Enterprise Defense Infrastructure) est un méga-contrat de 10 milliards de dollars sur 10 ans, qui porte sur la modernisation de toute l'infrastructure informatique de l'armée américaine, en s'appuyant sur le "cloud computing" (informatique dématérialisée), dont Amazon est le pionnier et le leader mondial. Sa division "cloud", Amazon Web Service (AWS) détient un tiers des parts de marché mondial, contre 14,5% pour Microsoft et 5,6% pour Google.

Par ailleurs, l'autorité britannique de concurrence a estimé que l'investissement d'Amazon dans le groupe de livraison de repas Deliveroo soulevait des problèmes graves de concurrence et pourrait nécessiter une enquête approfondie.

GameStop (-15%) a dévissé, le distributeur américain de jeux vidéo ayant annoncé une perte pour son troisième trimestre, ainsi qu'un avertissement sur les résultats. Le groupe est victime d'un contexte de grand attentisme, alors que les 'gamers' patientent avant le lancement des consoles de nouvelle génération.

Tesla (+1,1%), le groupe californien vedette de l'automobile électrique, entend augmenter les prix de son Model 3 importé de Chine en janvier. C'est du moins ce qu'affirme l'agence Reuters, qui cite des sources proches du dossier.

American Eagle Outfitters (-6,5%). Le groupe table en effet sur des résultats et une évolution des ventes à comparables inférieurs aux attentes, sur fond de plus faible demande et de promotions. Le groupe s'attend à dégager un bénéfice allant de 34 à 36 cents par action sur le quatrième trimestre, contre 46 cents de consensus.

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