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Clôture de Wall Street : en hausse, malgré les taxes sur la Chine

Clôture de Wall Street : en hausse, malgré les taxes sur la Chine
Clôture de Wall Street : en hausse, malgré les taxes sur la Chine
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a progressé jeudi, au lendemain d'un jour férié pour la Fête de l'indépendance américaine. Sur le front des tensions commerciales, les investisseurs ont préféré voir le verre à moitié plein, en saluant des signes de détente entre les Etats-Unis et l'Union européenne concernant les taxes sur les automobiles.

En revanche, le coup d'envoi imminent des hostilités entre Washington et Pékin n'a pas été sanctionné, alors que chaque pays a prévu de taxer dès vendredi matin 34 milliards de dollars de produits de part et d'autre du Pacifique. La Réserve fédérale s'est inquiétée des effets des tensions commerciales sur les décisions d'investissement des entreprises américaines, dans le compte-rendu de sa réunion de juin, publié jeudi soir.

Jeudi soir, l'indice Dow Jones a terminé en hausse de 0,75% à 24.356 points, tandis que l'indice large S&P 500 a gagné 0,86% à 2.736 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a progressé de 1,12% à 7.586 pts.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises, a cédé 0,27% à 94,42 points, tandis que l'euro a gagné 0,3% à 1,1690$. Sur le marché obligataire, les taux d'intérêts sont restés stables jeudi, le rendement du T-Bond américain à 10 ans finissant à 2,83%.

Hausse surprise des stocks pétroliers des Etats-Unis

Le pétrole a reculé après l'annonce d'une hausse inattendue des stocks hebdomadaires de pétrole aux Etats-Unis. Le contrat à terme d'août sur le brut léger américain WTI a perdu 1,62%, à 72,94$ sur le Nymex, tandis que le Brent a lâché 1,09% à 77,39$.

Les stocks de brut ont gonflé de 1,2 million de barils dans la semaine au 29 juin alors que les économistes attendaient en moyenne une baisse de 3,5 millions de barils. Par ailleurs, sur le plan géopolitique, l'armée américaine a réagi aux avertissements iraniens sur le détroit d'Ormuz, en prévenant jeudi qu'elle se tenait prête à protéger la liberté de navigation.

Commerce : la Fed s'inquiète pour les investissements et la confiance

Les investisseurs se sont penchés sur les Minutes de la Fed, qui ont confirmé l'intention de la banque centrale de continuer à relever progressivement ses taux directeurs. Toutefois la Fed s'est aussi inquiétée de la montée des tensions commerciales dans le monde. Ces dernières pourraient nuire à l'investissement et à la confiance, a ainsi estimé la Fed dans le compte-rendu de sa réunion des 12 et 13 juin, à l'issue de laquelle elle avait relevé ses taux directeurs à 1,75%-2%.

"La plupart (des membres de la Fed) ont observé que l'incertitude et les risques associés à la politique commerciale s'étaient accrus et se sont dits préoccupés par le fait qu'une telle incertitude et de tels risques ne puissent avoir à terme des effets négatifs", ont relevé les Minutes.

Les chiffres de l'emploi US en juin attendus vendredi

De fait, les indicateurs économiques américains publiés jeudi ont soufflé le chaud et le froid. D'une part, l'indice ISM des services est ressorti bien meilleur que prévu en juin à 59,1 contre 58,3 de consensus. Un chiffre rassurant dans la mesure où les services représentent environ 80% du PIB des Etats-Unis.

Les derniers indicateurs de l'emploi ont en revanche un peu déçu, en attendant les données complètes de juin, qui seront publiées vendredi. Le rapport de la firme ADP sur l'emploi privé a fait état de 177.000 créations de postes en juin contre 190.000 de consensus et après 189.000 en mai.

En outre, l'étude de la firme Challenger a compté 37.202 suppressions de postes en juin, après 31.517 licenciements dévoilés en mai. Enfin, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté de 3.000 la semaine passée pour ressortir à 231.000, alors que le consensus tablait sur un niveau de 225.000.

Légère détente avec l'Union européenne, mais conflit en vue avec la Chine

Sur le front commercial, les tensions semblaient quelque peu s'apaiser entre les Etats-Unis et l'Union européenne. Ainsi, les Etats-Unis ont proposé d'exonérer les automobiles européennes de taxes si l'UE supprimait ses propres taxes de 10% sur les voitures américaines. En réponse, la chancelière allemande Angela Merkel a indiqué jeudi qu'elle était "prête" à négocier une baisse généralisée des taxes sur l'automobile, à condition que "tous les pays" concernés soient impliqués.

En revanche, la guerre commerciale semble bel et bien sur le point d'éclater entre Washington et Pékin dès vendredi matin. Les barrières douanières de 25% sur 34 milliards de dollars de produits chinois (première tranche d'un lot de 50 Mds$) entrent ainsi en vigueur à zéro heure et une minute vendredi matin, heure de Washington, c'est à dire à 06H01 heure française, a annoncé jeudi soir le Bureau du représentant américain au commerce (USTR).

La seconde tranche de 16 milliards d'importations chinoises fait pour l'heure l'objet d'un examen supplémentaire de la part du représentant au Commerce Robert Lighthizer.

Washington vise les produits industriels chinois, Pékin taxe le soja américain

La Chine a accusé jeudi les Etats-Unis d'"ouvrir le feu" sur le monde avec ces taxes, affirmant que Pékin riposterait immédiatement, en imposant elle aussi des taxes de 25% sur 34 milliards de dollars de produits américains dans les minutes suivant la mises en oeuvre des taxes américaines. Pour les 16 Mds$ supplémentaires attendus, Pékin a prévu de riposter de la même manière.

Les taxes américaines doivent frapper vendredi 818 produits chinois, dont des voitures, des composants d'avions ou de disques durs d'ordinateurs, mais elles épargneront certains produit grand public comme les téléphones portables ou les téléviseurs. Parmi les produits américains visés par les taxes chinoises figurent notamment le soja (la Chine achète à elle seule un tiers du soja américain !) et les automobiles.

Les Etats-Unis reprochent à Pékin leur déficit commercial colossal --qui a atteint 375 Mds$ en 2017 pour les seuls biens, selon Washington--, ainsi que le pillage de la propriété intellectuelle des entreprises américaines.

VALEURS A SUIVRE

Fiat Chrysler Automobiles a bondi de 6% après que le groupe a annoncé les ventes de 202.264 véhicules aux Etats-Unis durant le mois de juin 2018. Les ventes mensuelles US du groupe ressortent ainsi en augmentation de 8% par rapport à juin 2017 (187.348 véhicules). La marque Jeep enregistre ainsi un mois de juin record, avec 86.989 véhicules écoulés, contre 73.153 en juin 2017. Le titre bénéficie par ailleurs d'une tendance très favorable au secteur automobile ce jour, du fait des espoirs de négociations entre USA et Europe sur le sujet des taxes. Le titre de Ford Motor a pris 0,5% et celui de General Motors a gagné 1,28% jeudi soir.

Tesla (-0,5%) n'est pas parvenu à rebondir après sa chute de 7,2% mardi soir. Malgré l'atteinte de l'objectif de production du Model 3 à fin juin, les opérateurs doutent toujours de la capacité du groupe à s'inscrire durablement dans un cercle vertueux. L'objectif des 5.000 Model 3 produits en une semaine aurait d'ailleurs été atteint au prix de sacrifices importants, si l'on en croit certains médias financiers américains.

Boeing (stable) et Embraer (-10,3% pour l'ADR coté sur le Nyse) ont signé un protocole d'accord visant à établir une co-entreprise comprenant l'activité d'avions commerciaux et services du groupe brésilien. L'entité serait stratégiquement alignée sur les opérations de développement commercial, de production, de marketing et de services de Boeing. Selon les termes de l'accord, le groupe aéronautique américain détiendra une participation de 80% dans la coentreprise, Embraer détenant le solde. La transaction valorise 100% de l'activité 'avions civils' d'Embraer 4,75 milliards de dollars, la part de 80% de Boeing dans la coentreprise étant valorisée 3,8 milliards de dollars. Le partenariat proposé devrait contribuer positivement au bénéfice par action de Boeing à compter de 2020 et générer des synergies de coûts annuelles avant impôts d'environ 150 M$ par an. La direction de la nouvelle entité sera aux mains des Brésiliens (président et directeur général) alors que Boeing aura le contrôle opérationnel. La société américaine estime que la transaction devrait être finalisée d'ici la fin 2019, soit entre 12 et 18 mois après l'exécution des accords définitifs.

Praxair (+3%). L'acteur japonais des gaz industriels Taiyo Nippon va racheter certaines activités européennes du groupe américain Praxair pour 5 milliards d'euros. L'opération vise notamment à assurer le succès du rapprochement de Praxair avec le groupe allemand Linde (+4,5% à Francfort), dans le cadre d'une fusion de 83 Mds$ par échange de titres donnant naissance à un leader industriel dépassant Air Liquide (+1,6% à Paris)

Linde a promis par ailleurs d'autres cessions, afin d'obtenir l'aval de la Commission européenne pour cette fusion géante. Linde espère une finalisation du rapprochement au second semestre 2018.

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