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Clôture de Wall Street : en hausse malgré les risques

Clôture de Wall Street : en hausse malgré les risques
Clôture de Wall Street : en hausse malgré les risques
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street a terminé dans le vert mercredi, les indices S&P 500 et Nasdaq Composite remontant à leur plus haut niveau depuis quatre mois. Le DJIA est un peu à la traîne, plombé par les mésaventures de Boeing, dont le cours a chuté de 11% depuis lundi. Donald Trump a annoncé mercredi que le B-737 MAX, impliqué dans deux crashs, serait interdit de vol aux Etats-Unis. La Bourse a été soutenue par l'espoir d'une politique monétaire accommodante de la Fed, après la publication d'une progression modeste des prix à la production comme des prix de détail en février aux Etats-Unis. Le dollar s'est affaibli pour la 3ème séance d'affilée, favorisant les valeurs exportatrices américaines. Le vote par le parlement britannique contre un "hard Brexit", dans la soirée, a fait rebondir la livre sterling de plus de 1%.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,58% à 25.702 points, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 0,7% à 2.810 pts et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a grimpé de 0,69% pour finir à 7.643 pts.

Le parlement britannique exclut un "hard Brexit", mais Bruxelles refuse de renégocier l'accord

Sur le marché des changes, la livre sterling a rebondi de 1,25% face au dollar, à 1,3238$ après le vote du parlement britannique rejetant un Brexit sans accord, et se renforçait de 0,9% face à l'euro, qui cotait 85,51 pence. L'indice du dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de devises de référence, reculait de 0,44% à 96,51 points, tandis que l'euro avançait de 0,4% à 1,1332$.

Les députés britanniques (qui avaient rejeté mardi le projet d'accord proposé par Theresa May) ont adopté de justesse mercredi soir,par 312 voix contre 308, un texte appelant le gouvernement à refuser tout Brexit sans accord, quelles que soient les circonstances. Ce texte n'a pas de caractère contraignant, mais il est de nature à intensifier la pression exercée sur la Première ministre Theresa May afin qu'elle écarte la piste du "no deal".

Les marchés espèrent toujours un accord de dernière minute, à la faveur d'un probable report de la date du Brexit, prévue en théorie dans 16 jours, le 29 mars. Bruxelles a cependant exclu toute renégociation de l'accord. Le négociateur européen Michel Barnier s'est même interrogé sur l'intérêt de poursuivre les discussions... "Prolonger les négociations... Pour quoi faire ? Elles sont terminées", a-t-il estimé.

Le pétrole soutenu par une baisse surprise des stocks aux Etats-Unis

Les cours du pétrole ont poursuivi leur hausse, retrouvent leurs plus hauts niveaux depuis 4 mois après la publication d'une baisse surprise des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière. Le contrat à terme d'avril sur le brut léger américain WTI a bondi mercredi 2,44% à 58,26$ le baril sur le Nymex, et l'échéance de mai sur le Brent a avancé de 1,32% à 67,55$ le baril.

Pour la semaine close au 8 mars, les stocks pétroliers ont reculé de 3,9 millions de barils alors que le consensus tablait au contraire sur une hausse de 2,7 millions de barils, et après un gain de +7,1 millions de barils pour la semaine antérieure.

Les cours ont aussi profité mercredi du récent accès de faiblesse du dollar, qui a rendu l'or noir moins cher à l'achat pour les acheteurs internationaux. En outre, la baisse de la production du Venezuela et la détermination de l'Arabie saoudite de réduire sa production afin de soutenir les prix, continent de jouer en faveur de la hausse.

Les investisseurs parient sur une pause prolongée des taux de la Fed

Les marchés ont apprécié l'annonce d'une hausse de seulement 0,1% des prix à la production en février sur un mois, contre +0,2% de consensus de place et après -0,1% en janvier. Hors alimentaire et énergie cette fois, cet indice est également ressorti en hausse de 0,1%, alors que les économistes de la place anticipaient en moyenne un gain de +0,2%.

Mardi, l'indice des prix à la consommation avait lui aussi rassuré, en avançant modestement de 0,2% en février par rapport à janvier, en ligne avec le consensus des économistes, après une variation pratiquement nulle un mois plus tôt. Il s'agit de la première hausse en 4 mois, après trois mois de stabilité des prix.

Enfin, l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de mars 2019, publié ce mercredi, est ressorti à +1,9%, stable par rapport à février. Cet indice mesure les anticipations d'inflation à un an du point de vue des firmes.

Une inflation sage renforce les attentes des marchés financiers d'une pause prolongée de la Réserve fédérale dans son cycle de hausse des taux, sur fond d'incertitude sur l'ampleur du ralentissement de l'économie mondiale. Sur le marché obligataire américain, le rendement du T-Bond a 10 ans est resté presque stable mercredi, à 2,62% après les chiffres de l'inflation. Début mars, ce taux à 10 ans était encore à 2,76% après avoir dépassé les 3% en novembre 2018, avant que la Fed n'annonce une pause dans son cycle haussier.

Le secteur de la construction, qui a donné des signes de faiblesse depuis plusieurs mois, a envoyé un signal positif mercredi. Les dépenses de construction ont ainsi augmenté de 1,3% sur un mois aux Etats-Unis, un rythme bien supérieur au consensus (+0,3%) et après une baisse de 0,8% pour la lecture révisée (en baisse) de décembre. En glissement annuel, les dépenses de construction du mois de janvier ont augmenté modestement de 0,3%.

VALEURS A SUIVRE

Boeing (+0,46%) est resté sous le feu des projecteurs mercredi, alors que les Etats-Unis vont rejoindre l'Europe et de nombreux pays, en interdisant de vol les Boeing 737 MAX, après le crash d'un appareil d'Ethiopian Airlines, dimanche, qui a tué 157 personnes. Le président américain Donald Trump a fait part de cette décision, mercredi, devant des journalistes à la Maison Blanche.

Le titre de Boeing, qui tentait un rebond en début de journée, a plongé de 2,8% après les propos de Donald Trump, avant de se reprendre et de terminer en légère progression de 0,46% à 377,14$. L'action Boeing a tout de même abandonné environ 11% depuis le début de la semaine. De son côté, le titre de Southwest Airlines, le plus gros client américain de cet appareil, a baissé d'environ 1% après les propos de Trump, mais a terminé en hausse 0,42%.

"Nous allons décréter en urgence l'interdiction de tous les vols des 737 MAX 8 et 737 MAX 9", a déclaré le président américain. "La sécurité des Américains, et de tous les passagers, est notre priorité absolue", a-t-il ajouté. Mardi, Donald Trump avait commenté le crash du Boeing d'Ethiopian Airlines en deux tweets, dans lesquels il estimait que "les avions sont devenus bien trop complexes pour voler". Et en jugeant que "la complexité crée le danger. Tout ceci à un coût très élevé mais pour très peu de gains".

L'enchaînement de deux crashs aériens du B-737 MAX en 5 mois a semé le doute sur la fiabilité de l'appareil, et fait courir à Boeing le risque de perdre des commandes et de devoir verser des dédommagements aux compagnies aériennes. Norwegian Air Shuttle (-1,5% à Oslo), qui a cloué au sol ses 18 Boeing 737 MAX 8, a ainsi annoncé mercredi qu'elle allait exiger des réparations financières.

Spotify (-1,27%), le service suédois de musique en streaming, désormais coté à Wall Street, vient de porter plainte contre Apple (+0,44%) auprès des autorités de concurrence européennes. Le groupe de Stockholm accuse le colosse californien d'un abus de position dominante qui favoriserait son propre service Apple Music. Spotify juge donc que le magasin en ligne d'Apple (l'App Store) restreint les choix des consommateurs en limitant l'accès à la concurrence dans la musique en streaming.

Spotify reproche à Apple de prélever une redevance de 30% sur les fournisseurs de contenus pour chaque abonnement souscrit sur l'App Store, explique Reuters.

Apple (+0,44%). Dans un tout autre registre, l'Académie chinoise des technologies de l'information et de la communication a affirmé mercredi que les ventes de smartphones en Chine ont chuté de pratiquement 20% en février, en glissement annuel, à 14,5 millions d'unités. Il s'agit du plus faible niveau depuis le début de l'année 2013, selon cet organisme.

Express Inc (-10%) a trébuché. Le détaillant de mode américain, basé à Columbus, Ohio, a fait état pour son quatrième trimestre de ventes décevantes, affichant un recul de 6% de l'activité à périmètre comparable. La perte nette trimestrielle se chiffre à 1 M$ et 2 cents par titre, contre 27 M$ de profit un an avant. Le bpa ajusté s'est élevé à 19 cents, contre 33 cents un an avant et 15 cents de consensus. L'enseigne de prêt-à-porter a vu son chiffre d'affaires reculer de 10% à 628 millions de dollars, inférieur au consensus. Elle table sur une baisse de 9 à 11% à comparable sur le trimestre en cours.

Rite Aid (+6,1%), chaîne américaine de distribution pharmaceutique, a annoncé le remplacement attendu de son directeur général John Standley, ainsi que la suppression de 400 postes, 20% des fonctions corporate. Le groupe évoque un plan de 'transition managériale'. Une charge de restructuration de 38 M$ est programmée, alors que les économies annuelles sont anticipées à environ 55 M$.

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