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Clôture de Wall Street : en hausse, la guerre commerciale n'aura pas lieu

Clôture de Wall Street : en hausse, la guerre commerciale n'aura pas lieu
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a commencé la semaine dans le vert, après l'annonce d'un accord de principe entre les Etats-Unis et la Chine en vue de réduire nettement le déficit commercial des premiers vis-à-vis de la seconde. Les investisseurs américains comme européens n'ont en revanche pas cédé aux inquiétudes venues d'Italie, où les deux partis antisystème M5S et La Ligue ont proposé lundi un Premier ministre. Le pétrole a repris le chemin de la hausse, tandis que le dollar est resté ferme et que les taux d'intérêts américains à 10 ans se sont stabilisés au-dessus de 3%.

A la clôture, l'indice Dow Jones a grimpé de 1,21% à 25.013 points, retrouvant le seuil 25.000 points pour la première fois depuis plus de deux mois. L'indice large S&P 500 a avancé de 0,74% à 2.733 pts, et le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a gagné 0,54% à 7.394 pts. La semaine dernière, les trois indices avaient reculé respectivement de 0,4% (DJIA), 0,5% (S&P 500) et 0,6% (Nasdaq composite) plombés par les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis.

Des membres de la Fed confirment la poursuite de la hausse des taux

Sur le marché des changes, le dollar a fait une pause lundi, mais reste proche de ses plus hauts niveaux depuis la mi-décembre 2017. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de six devises de référence (euro, yen, franc suisse, livre sterling, dollar canadien et couronne suédoise) a terminé à 93,58 point (-0,06%). La semaine dernière, le billet vert avait bondi de 1,2%.

Sur le marché obligataire américain, le rendement du T-Bond à 10 ans a fini stable à 3,05%, après des déclarations de membres de la Fed. Neel Kashkari, patron de la Fed de Minneapolis a estimé dans une tribune publiée par le 'Financial Times' que la banque centrale américaine ne doit pas relever ses taux directeurs trop rapidement. Moins prudent, Patrick Harker, le président de la Fed de Philadelphie, n'a pas exclu que la Fed soit amenée à relever ses taux encore trois fois cette année si l'inflation accélérait. Dans le même temps, il a dit s'attendre actuellement à seulement deux nouveau tours de vis, dont un sans doute lors de la réunion de juin. Enfin, le leader de la Fed d'Atlanta Raphael Bostic a estimé que les objectifs de la Fed en matière de plein emploi et d'inflation sont proches d'être atteints.

De son côté, l'euro a résisté aux craintes venant d'Italie, terminant la journée en légère hausse à 1,1791$ (+0,17%). En Italie, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S) a indiqué lundi soir avoir proposé le nom de Giuseppe Conte, un juriste de 54 ans inconnu du grand public, pour diriger le gouvernement d'alliance avec La Ligue. Le président italien Sergio Mattarella doit maintenant se prononcer sur ce choix, la constitution italienne lui conférant le pouvoir de nommer le chef du gouvernement.

La Chine s'engage à importer davantage de produits américains

Sur le front commercial, la guerre entre Washington et Pékin semble désormais suspendue. Aux termes d'un projet d'accord conclu à l'issue des négociations de la fin de semaine dernière, la Chine s'engage à importer davantage de produits américains afin de réduire le déficit commercial des USA avec leur partenaire.

L'objectif de 200 Mds$ de réduction de ce déficit, affiché par les Etats-Unis, n'a toutefois plus été mentionné dans l'accord de principe. En échange, Washington a suspendu ses menaces de taxes d'importation, qui avaient plombé les marchés financiers. D'après le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, l'accord pose les bases d'un ajustement ultérieur des déséquilibres commerciaux. Le volet de la propriété intellectuelle sera également traité, puisque Pékin entend modifier ses lois et règles en la matière.

L'apaisement des tensions entre Pékin et Washington a quelque peu écarté la crainte d'un ralentissement de la croissance mondiale lié à une hausse du protectionnisme. Cela a profité aux cours du pétrole, qui sont repartis en hausse, sur fond de menaces de sanctions américaines accrues envers l'Iran, qui produit environ 4% du pétrole mondial.

Le pétrole grimpe, Mike Pompeo menace l'Iran de sanctions "sans précédent"

Lundi soir, le baril de 'light sweet crude' (ou WTI) pour livraison juin a gagné 1,35% à 72,24 dollars sur le New York Mercantile Exchange alors que le Brent de la mer du Nord a avancé de 0,90% à 79,22 dollars à Londres.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a annoncé lundi des conditions très strictes envers l'Iran en vue de conclure un "nouvel accord". Parmi ces conditions figurent la fin de l'implication de Téhéran dans les conflits au Moyen-Orient : Syrie, Yémen, Liban et Afghanistan... En cas de réponse négative à ces demandes, Mike Pompeo a menacé l'Iran de "sanctions sans précédent".
Par ailleurs, les ministres de l'énergie russe et saoudien doivent se rencontrer cette semaine à Saint Saint-Pétersbourg pour discuter de toutes les questions liées au marché du pétrole, y compris l'évolution des prix.

VALEURS A SUIVRE

De nombreuses valeurs ont profité de l'accord commercial entre Washington et Pékin. Boeing (+3,6%) s'est orienté en vive progression., de même que Caterpillar (+2%). Le secteur des 'puces' est également recherché, avec des gains notamment pour Micron (+3,9%) et Intel (+1,53%).

General Electric (+1,9%) a bien commencé la semaine, puisque le colosse industriel américain vient de confirmer la fusion de son activité transport avec l'équipementier ferroviaire US Wabtec (+4%). L'opération est valorisée un peu plus de 11 milliards de dollars. A l'issue de la transaction, les actionnaires actuels du conglomérat GE possèderaient plus de 50% du nouvel ensemble, contre 49,9% pour les actionnaires de Wabtec. Le titre General Electric réagit pour l'heure en hausse en pré-séance à Wall Street.

Dans le cadre de l'opération, GE recevra 2,9 milliards de dollars en cash de Westinghouse Air Brake Technologies Corp., le fameux 'Wabtec' en plus court. Le nouvel ensemble affichera des revenus de 8 Mds$. Les deux compagnies affirment que l'opération permettra de générer plus de 6 Mds$ de cash flow libre cumulé sur la période allant de 2019 à 2022. Le 'deal' doit également générer un effet relutif de 15% sur le bpa cash durant la première année consécutive à sa finalisation.

Tesla s'est offert un rebond de 2,7%. Son patron, Elon Musk, a présenté deux nouvelles versions de la Model 3, dont l'une des versions sera proposée à 78.000$ toute options inclues. Un prix bien plus élevé que le modèle de base, vendu à partir de 35.000$, ce qui laisse espérer que le constructeur de véhicules électriques pourra atteindre ses objectifs financiers si cette version de la Model 3 séduit les conducteurs.

Par ailleurs, le titre de Tesla a bénéficié d'une note positive du courtier Berenberg, qui juge crédible l'objectif de marge brute de 25% de la Model 3 grand public. Le broker souligne le rendement supérieur à la Model S sur le plan des coûts de production. Le rendement du capital serait également très supérieur sur le Model 3, alors que le coût du travail serait fortement réduit, selon cette note relayée notamment par 'Reuters'.

Berenberg conseille d'acheter l'action Tesla et a relevé son objectif de cours de 470 à 500$, ce qui représente un potentiel de hausse de 75% par rapport au cours actuel de 284,49$.

L'avis de Berenberg s'oppose à celui de Goldman Sachs. En fin de semaine dernière, GS affirmait que Tesla pourrait avoir besoin de 10 Mds$ de financement d'ici à 2020. David Tamberrino, analyste de Goldman Sachs, dans une note publiée jeudi, précisait que Tesla avait accès à de nouvelles obligations, des titres convertibles ou des actions, pour financer sa croissance. GS recommandait de 'vendre' le titre, son objectif de cours étant de 195$ à six mois...

Campbell Soup, qui avait plongé de 12,3% vendredi, a encore reculé de 2,3% lundi, après la démission de sa patronne Denise Morrison, et l'annonce par le groupe agro-alimentaire d'une révision de sa gamme de marques, assortie de prévisions moins optimistes pour l'année en cours. Vendredi, Campbell Soup a annoncé une perte de 393 M$ (1,31$ par action) pour le troisième trimestre, comparativement à un bénéfice il y a un an, principalement en raison d'une charge de 647 M$ liée à Campbell Fresh.

MB Financial (+12,9%) a bondi à Wall Street. La banque régionale américaine fait l'objet d'une offre d'acquisition de la firme Fifth Third Bancorp pour un montant d'environ 4,7 milliards de dollars. Il s'agit d'un 'deal' en numéraire et actions, dans le cadre duquel les actionnaires de MB recevraient l'équivalent de 54,2$ par titre (1,45 titre Fifth Third et 5,54$ en cash par action).

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