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Clôture de Wall Street : en hausse, l'espoir d'un plan de soutien renaît

Clôture de Wall Street : en hausse, l'espoir d'un plan de soutien renaît
Clôture de Wall Street : en hausse, l'espoir d'un plan de soutien renaît
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a rebondi mercredi, au lendemain d'une séance difficile, marquée par l'annonce par Donald Trump du gel des négociations avec le Congrès sur un nouveau plan de soutien à l'économie américaine. Depuis le début de la semaine, Wall Street est soumis à une forte volatilité, au gré de l'état de santé du président Trump, atteint du Covid-19, et des péripéties politiques entourant l'adoption de ce plan de relance. Donald Trump a cependant rassuré les marchés en affirmant désormais son soutien, non pas à un plan global d'au moins 2.200 milliards de dollars, mais à des aides ciblées, notamment pour les PME et les compagnies aériennes, ainsi qu'à de nouveaux chèques d'aide directe aux Américains...

A la clôture, l'indice Dow Jones a regagné 1,91% à 28.303 points (après -1,34% mardi et +1,68% lundi), tandis que l'indice large S&P 500 a repris 1,74% à 3.419 pts (-1,40% mardi et +1,8% lundi) et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a rebondi de 1,88% à 11.364 pts (après -1,57% mardi et +2,3% lundi).

Les marchés ont aussi été soutenus par la publication du compte-rendu ("Minutes") de la dernière réunion de politique monétaire de la Fed, qui a montré que la banque centrale américaine maintiendra une politique monétaire très accommodante à long terme, même si ses membres sont divisés sur la durée prévisible du maintien des taux directeurs proches de zéro.

Donald Trump tente d'imposer un plan ciblé

Mardi, le président américain avait jeté un froid en annonçant que la question d'un plan de relance était reportée après les élections. "J'ai demandé à mes représentants de cesser de négocier jusqu'à après l'élection, et dès que j'aurai gagné, je ferai passer un vaste plan de soutien qui sera centré sur les Américains qui travaillent dur et les petites entreprises", s'était exclamé Donald Trump, en critiquant le projet défendu par les Démocrates et portant sur plus de 2.200 Mds$.

Mais quelques heures plus tard, dans une nouvelle série de tweets, Trump a cependant fait marche arrière, et a appelé le Congrès à adopter cette fois le plan proposé par la Maison Blanche, d'un montant de 1.200 Mds$. Ce plan comprend notamment une aide ciblée de 25 Mds$ pour le secteur aérien, et de 135 Mds$ pour les petites entreprises (prise en charge du chômage technique), ainsi qu'une nouvelle série de chèques à tous les Américains d'un montant pouvant atteindre 1.200$ par personne.

"Je suis prêt à signer de suite. Entendez-vous Nancy ?", a-t-il lancé à l'attention de Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants. Une façon pour le président républicain de mettre les élus Démocrates au pied du mur, ces derniers ayant jusqu'ici refusé ce plan de la Maison Blanche, jugé trop partiel.

Les marchés continuent de tabler sur un soutien budgétaire

Mme Pelosi a tenu mercredi de nouvelles discussion avec le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, et s'est montrée favorable au plan de soutien de 25 Mds$ aux compagnies aériennes, dont l'activité est particulièrement sinistrée par la crise sanitaire. Les autres sujets sont restés en suspens, Mme Pelosi estimant devant la presse que "tout ce que veut Donald Trump, c'est son nom sur les chèques d'aide que recevront les Américains".

Interrogé sur le gel des négociations annoncé mardi soir par Donald Trump, le chef de cabinet de la Maison Blanche, Mark Meadows, a estimé sur 'Fox News' qu'il n'y avait "pas de soutien au Sénat" (dominé par les Républicains) pour un plan global tel que présenté par les Démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants.

Alors que l'épidémie de coronavirus se poursuit, les marchés et le président de la Fed, Jerome Powell, craignent un essoufflement de la reprise en l'absence de nouveau soutien budgétaire. Les opérateurs s'attendent toutefois à que ce nouveau plan de relance finisse par être voté, tôt ou tard.

Forte volatilité sur le pétrole, l'or corrige

Mardi, Jerome Powell avait appelé le Congrès à agir, estimant qu'il serait moins risqué d'en faire trop que trop peu pour faire face à la crise du coronavirus. Le patron de la Fed a averti que la reprise économique observée depuis mai était loin d'être achevée, et que la tendance pourrait s'inverser si l'économie manquait de soutien budgétaire.

Le pétrole est reparti en baisse mercredi, après la publication d'une hausse surprise des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière. Le contrat de novembre sur le baril de brut léger américain (WTI) a cédé 1,8% à 39,95$ sur le Nymex, alors que le contrat sur le Brent pour livraison en décembre a perdu 1,6% à 41,99$. Les deux variétés de pétrole avaient rebondi lundi et mardi de près de 8%, soutenus par l'arrivée de l'ouragan Delta (de Force 4) dans le Golfe du Mexique, par une grève sur des gisements pétroliers norvégiens et par l'espoir de nouvelles mesures de soutien à l'économie américaine.

Mercredi, le Département à l'Energie a fait savoir que les stocks domestiques de pétrole pour la semaine close le 2 octobre ont augmenté de 0,5 million de barils à 492,9 mb, contre un consensus de -1,2 million de barils. Il s'agit de la première hausse de ces stocks en 5 semaines.

L'or a reculé pour la 2e séance, cédant 0,9% à 1.890,80$ l'once pour le contrat à terme de décembre sur le Comex. Le métal jaune gagne encore plus de 20% depuis le début de l'année, profitant des incertitudes économiques et de la crise sanitaire.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises) a cédé 0,03% à 93,65 points, tandis que l'euro a repris 0,26% à 1,1764$. Du côté des taux souverains, le rendement de l'obligation d'Etat américaine (T-Bond) à 10 ans est remonté de 5 points de base à 0,79%.

VALEURS A SUIVRE

* Delta Air Lines (+3,4%), American Airlines (+4,3%), Southwest Airlines (+2,7%) sont particulièrement suivis après que Donald Trump eut exhorté sur Twitter le Congrès à adopter un nouveau plan d'aide à l'emploi de 25 Mds$ pour le secteur. JPMorgan a par ailleurs relevé de deux échelons sa recommandation sur Jetblue (+6,7%) à "surpondérer", et d'un cran celle sur United Airlines (+4,3%) à "surpondérer" et sur Spirit Airlines (+5%) à "neutre". Les actions des compagnies aériennes ont été parmi les plus durement touchées par la crise du Covid-19, les voyages restant à des niveaux déprimés, mais JP Morgan estime que certaines sociétés sont mieux équipées que d'autres pour faire face à la tempête.

* Pfizer (+0,8%). L'agence américaine du médicament a fait savoir mardi aux laboratoires travaillant sur un potentiel vaccin contre le coronavirus qu'elle demandait au moins deux mois de données fiables pour accorder une autorisation en urgence, une mesure à même de repousser la disponibilité d'un vaccin après l'élection présidentielle américaine du 3 novembre.

* Eli Lilly a grimpé de 3,3%. Le laboratoire américain a annoncé mercredi avoir déposé auprès de autorités sanitaires américaines (FDA) une demande d'autorisation de son traitement à base d'anticorps monoclonaux contre le coronavirus. Il s'agit d'une demande d'utilisation en urgence, qui ne correspond pas à une mise sur le marché, mais permet aux hôpitaux de recourir au traitement pendant la pandémie.

Les traitements du Covid-19 à base d'anticorps sont sous le feu des projecteurs ces derniers temps, et ce d'autant plus que Donald Trump a été soigné via ce type de traitement, mis au point par le laboratoire Regeneron Pharmaceuticals (+1,7%).

* Levi Strauss a bondi de 5% après avoir dévoilé un bénéfice surprise au troisième trimestre grâce au bond des ventes en ligne. Le fabricant de jeans a réalisé sur les trois mois clos fin août un bpa ajusté de 0,08$ contre un consensus de -0,27$ pour des revenus de 1,06 Md$ (-27%), nettement supérieurs au consensus. La société prévoit une baisse de 14 à 15% de son chiffre d'affaires au quatrième trimestre, alors que les analystes s'attendaient en moyenne à une chute de 19,6%. Le bpa est attendu entre 14 et 16 cents.

* Boeing (+3,18%). L'administration fédérale de l'aviation (FAA) a publié un projet de rapport sur une révision des procédures de formation des pilotes de Boeing 737 MAX. Une étape importante en vue de la levée de l'interdiction de vol de cet appareil, impliqué dans deux catastrophes aériennes qui ont fait au total 346 morts. L'agence propose notamment de nouvelles formations pour la manipulation du système anti-décrochage (MCAS) dont le mode de fonctionnement a été mis en cause dans les deux catastrophes, ainsi que des entrainements sur simulateur de vols. Le plan pourrait être modifié au fur et à mesure que l'agence recevra les commentaires des pilotes et des syndicats de compagnies aériennes.

*GAFA. Le Congrès américain devrait envisager de démanteler les géants d'internet et de limiter leurs possibilités d'acquisition, selon un rapport parlementaire américain très attendu, publié mardi. Ce rapport de la sous-commission antitrust de la Chambre de représentants conclut que les géants de la "Big Tech" représentent une "menace grave pour les marchés", qui pourrait nécessiter de les scinder en plusieurs sociétés et de limiter leurs acquisitions.

Ces sociétés, dont Alphabet (+0,5%, Google), Apple (+1,7%), Facebook (-0,2%) ou Amazon (+3%), "sont devenues des monopoles tels que nous en avons connus dans le passé avec les barons du pétrole et les géants des chemins de fer", a estimé le démocrate David Cicilline, président de la sous-commission de la Chambre en charge du droit antitrust, commercial et administratif, auteur du rapport. Ce panel antitrust a auditionné pendant plus d'un an et à de nombreuse reprises les dirigeants des "Gafa" au sujet de leurs pratiques commerciales avant de rédiger ses conclusions. On ignore encore combien d'élus républicains (minoritaires à la Chambre, mais majoritaires au Sénat) sont prêts à soutenir le rapport de la sous-commission, en sachant qu'un soutien bi-partisan est généralement nécessaire pour que les recommandations et les propositions aient un impact important.

* Apple (+1,7%). L'invitation de la firme à la pomme publiée mardi laisse peu de place au doute... Intitulée "Hi, Speed", celle-ci convie la presse à un "événement spécial" le 13 octobre prochain. Les analystes estiment que le groupe californien pourrait présenter à cette occasion, ses très attendus nouveaux iPhones 12, adaptés à la cinquième génération mobile (5G). Lors de sa traditionnelle conférence de rentrée, Apple avait déjà présenté lors de sa "keynote" du 16 septembre de nouveaux services et produits, à l'exception de la nouvelle génération de smartphones. Certains analystes ont craint qu'une sortie décalée de l'iPhone n'affecte les ventes du groupe au dernier trimestre de 2020, période cruciale en raison des fêtes de fin d'année.

* Royal Caribbean (+3,1%) a annoncé mardi qu'il prolongeait la suspension de ses croisières jusqu'au 30 novembre, à l'exclusion de celles en provenance de Hong Kong, en raison de la faiblesse de la demande.

* Broadcom (+0,76%) va renoncer à ses contrats d'exclusivité avec des fabricants de téléviseurs et de modems dans le cadre d'un accord avec les autorités européennes de la concurrence qui doit mettre fin à l'enquête antitrust ouverte l'an dernier, a annoncé la Commission européenne. Bruxelles a constaté que les engagements définitifs de la firme américaine garantiront que d'autres entreprises pourront se concurrencer sur les marchés en cause et que les consommateurs pourront bénéficier de prix plus bas et de produits innovants.

Mme Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive chargée de la politique de concurrence, s'est exprimée en ces termes: "La décision prise aujourd'hui oblige juridiquement Broadcom à respecter ses engagements. Ces derniers garantiront que les fabricants de jeux de puces concurrents de Broadcom et les nouveaux entrants potentiels sur le marché pourront rivaliser sur la base de leurs mérites. Les fabricants de décodeurs de télévision et de modems internet, les opérateurs de télécommunications et les câblo-opérateurs et, in fine, les consommateurs bénéficieront de la concurrence entre les fabricants de puces, sous la forme de prix plus bas et de produits plus innovants". Broadcom a désormais 30 jours pour se conformer à ses engagements.

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