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Clôture de Wall Street : en hausse, des espoirs sur le front commercial

Clôture de Wall Street : en hausse, des espoirs sur le front commercial
Clôture de Wall Street : en hausse, des espoirs sur le front commercial
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street a terminé une nouvelle fois dans le vert, jeudi, pour la troisième séance d'affilée, après des rumeurs d'un possible allègement des barrières douanières infligées depuis l'an dernier par les Etats-Unis à la Chine. Contrairement aux séances précédentes, les valeurs bancaires sont restées à la traîne après des comptes trimestriels décevants publiés par Morgan Stanley (-4,4%), et alors qu'en Europe, la Société Générale (-5,6%) a lancé un avertissement sur ses revenus.

Après un début de séance hésitant, les indices américains se sont redressés en fin de séance. L'indice Dow Jones a gagné 0,67% à 24.370 points en clôture, tandis que l'indice large S&P 500 a pris 0,76% à 2.635 pts, et que l'indice Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a pris 0,71%, à 7.084 pts.

Sur le marché des changes, le dollar a fini la journée sur une note stable après s'être affaibli sur des informations du 'Wall Street Journal' évoquant une possible levée de certains "tarifs" douaniers imposés à la Chine. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence, a fini stable à 96,06 points, tandis que l'euro a cédé 0,05% à 1,1389$.

La star du jour était une nouvelle fois la livre sterling, qui a bondi jeudi soir de 0,78% face au dollar, à 1,2985$, et de 0,8% face à l'euro, qui valait 0,8771 livre. Malgré les incertitudes, les marchés semblent donc parier sur une issue favorable pour un accord sur le Brexit. Theresa May, qui a survécu mercredi à une motion de défiance, a entamé des négociations avec les partis politiques britannique pour sortir de l'impasse créée par le rejet, mardi par le parlement, de son projet d'accord sur le Brexit.

Les marchés suspendus aux rumeurs sur les négociations commerciales

Sur le dossier commercial américano-chinois, les informations contradictoires se sont succédé jeudi. En début de journée, les marchés se sont inquiétés après le dépôt d'un projet de loi visant à interdire la vente de semi-conducteurs et de composants américains aux géants télécoms chinois Huawei Technologies et ZTE, ainsi qu'à toute autre compagnie technologique chinoise enfreignant des sanctions ou des législations sur le contrôle des exportations appliquées par Washington. Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a réagi en qualifiant ce projet d'"hystérie" et en exhortant le Congrès US à y renoncer.

Mais plus tard dans la journée, des informations du 'Wall Street Journal' ont à l'inverse fait espérer un réchauffement entre Washington et Pékin. Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, aurait ainsi proposé d'alléger les taxes douanières imposées à Pékin, ce qui a dans un premier temps propulsé les indices boursiers de plus de 1%.

Les indices ont cependant reperdu une partie de leurs gains, à la lecture plus détaillée de l'article du 'WSJ', qui précisait que le point de vue de M. Mnuchin serait sans doute rejeté par le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer. Ce dernier estime que toute concession serait perçue par Pékin comme un aveu de faiblesse des Etats-Unis dans cette querelle commerciale.

En outre, un porte-parole du département du Trésor a précisé à la presse qu'aucun des deux responsables américains n'avait émis de recommandation à quiconque concernant l'avenir des taxes d'importations, ni sur aucun autre aspect des négociations avec la Chine. Celle-ci sont "un processus en chantier, qui est très loin d'être achevé" a-t-on précisé.

Le pétrole recule, la production américaine s'est envolée début 2019

Les cours du pétrole ont reculé après 2 séances de rebond, à nouveau plombés par les craintes concernant une offre pléthorique et un affaiblissement de la demande en 2019. Le contrat à terme de février sur le brut léger américain WTI a cédé 0,46%, à 52,07$ le baril, tandis que l'échéance mars sur le Brent a lâché 0,23% à 61,18$. Depuis le début de 2019, le WTI a regagné plus de 13%, et il a rebondi de près de 23% par rapport à ses plus bas niveaux du 24 décembre dernier, à 42,36$.

Les cours du pétrole ont été soutenus dans les premiers jours de 2019 par l'espoir d'un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine, ainsi que par la perspective de l'entrée en vigueur de l'accord de l'Opep et de ses alliés ("Opep+") pour réduire leur production de 1,2 million de barils par jour à partir de ce mois de janvier.

Mais l'annonce, mercredi, par le département américain de l'énergie d'une hausse de la production américaine de 2,4 millions de barils par jour depuis le début de l'année, pour frôler 12 millions de bpj, a jeté un doute sur la capacité de l'Opep+ à contrôler le cours de l'or noir...

L'économie américaine envoie des signaux positifs

Les dernières statistiques économiques américaines ont été plutôt satisfaisantes, puisque les chiffres hebdomadaires de l'emploi et ceux - mensuels - de l'industrie manufacturière dans la région de Philadelphie, sont ressortis meilleurs que prévu.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux USA pour la semaine close au 12 janvier sont ressorties au nombre de 213.000, contre un consensus de place de 221.000 et une lecture de 216.000 une semaine auparavant.

Quant à l'indice manufacturier dit "Philly Fed", il s'est élevé à 17 en janvier, contre un consensus de 10 et après 9,1 en décembre. Rappelons qu'une lecture positive de l'indice signale une expansion de l'activité, qui a donc accéléré en janvier.

VALEURS A SUIVRE

Au sein du S&P 500, les meilleures performances sont revenues au secteur des matières premières (+1,68%), suivi de l'industrie (+1,65%) et de l'énergie (+0,98%), qui ont profité des espoirs de solution dans la guerre commerciale que se livrent Washington et Pékin. Parmi les plus fortes hausses de l'indice Dow Jones, figurent le chimiste DowDuPont (+2,9%), l'avionneur Boeing (+2%) et le constructeur d'engins de chantier Caterpillar (+2,2%).

De très nombreux résultats d'entreprises ont émaillé la séance de jeudi, à commencer par ceux de la banque Morgan Stanley (-4,4%) qui ont déçu, contrairement à ceux des autres grandes banques les jours précédents (Citigroup, JP Morgan, Goldman Sachs, Bank of America, Bank of New York Mellon...)

Le bénéfice trimestriel de Morgan Stanley est ressorti à 1,53 milliard de dollars, soit 80 cents par titre, sur ce quatrième trimestre clos fin décembre 2018, contre 643 M$ un an plus tôt. Les revenus consolidés se sont élevés à 8,5 Mds$, en retrait de 10% en glissement annuel. Le consensus de revenus était de 9,3 Mds$, pour 89 cents de bénéfice par action. Le bénéfice ajusté trimestriel est ressorti à 73 cents, contre 84 cents un an avant.

Morgan Stanley a déploré un environnement de marché globalement volatil, qui a résulté en des revenus "sales & trading" inférieurs aux attentes au 4ème trimestre, à 1,9 Md$ contre 2 Mds$ de consensus. Les revenus d'investissement sont ressortis dans le rouge à hauteur de 52 M$, contre +213 M$ un an avant. Le groupe évoque à ce sujet une détérioration de marché d'un investissement coté soumis à une restriction de vente.

M&T Bank (+5,7%) a réalisé au quatrième trimestre 2018 un bénéfice net GAAP 546 millions de dollars, contre 322 M$ au quatrième trimestre 2017 et 526 M$ au T3 2018.

BB&T (+1,5%) a publié un bénéfice annuel record de 3,1 milliards de dollars et 3,91$ par titre sur une base diluée. Le bénéfice trimestriel s'est élevé à 97 cents par titre, en progression de 26% en glissement annuel.

KeyCorp (-2,5%) a dépassé les attentes de profits et de revenus pour son quatrième trimestre. Le bénéfice net trimestriel s'est élevé à 459 millions de dollars, 45 cents par titre ordinaire, contre 468 M$ sur le troisième trimestre 2018 et 181 M$ au quatrième trimestre 2017.

Fastenal (+5,9%), acteur du marché des fournitures industrielles, a annoncé pour son quatrième trimestre un bénéfice net de 169 M$ et 59 cents par titre. Le groupe du Minnesota a dégagé un bénéfice trimestriel ajusté par action de 60 cents, en ligne avec le consensus, pour des revenus de 1,23 Md$ à comparer à un consensus de 1,22 Md$. Sur l'exercice, le bénéfice est ressorti à 752 M$, 2,62$ par titre, pour des revenus proches des 5 Mds$.

Alcoa (+2,1%) a progressé après la publication hier soir de comptes trimestriels de bonne qualité. Le géant américain de l'aluminium a battu le consensus de profit pour le trimestre clos, mais les opérateurs ont joué la prudence du fait de l'absence de prévision d'Ebitda.

Pour le trimestre écoulé, clos fin décembre 2018, le bénéfice net part du groupe s'est établi à 43 millions de dollars et 23 cents par titre, contre une perte de 196 millions de dollars et 1,06$ par titre un an avant. Les revenus se sont quant à eux appréciés de 5% à 3,34 milliards de dollars, pour un bpa ajusté de 66 cents. Le consensus était de 50 cents de bénéfice ajusté par action. Pour l'exercice en cours, le groupe n'a donc pas fourni cette fameuse guidance d'Ebitda tant attendue par les analystes. Le directeur financier d'Alcoa, William Oplinger, explique cette décision par la volatilité exceptionnelle de marché.

Sears Holdings (-9,8%), placé sous protection de la loi sur les faillites, a trouvé une bouée de sauvetage en la personne de son président Eddie Lampert, qui vient de remporter les enchères pour la reprise de la chaîne. L'offre du dirigeant se chiffre à 5,2 milliards de dollars, et permettrait donc d'épargner une partie des grands magasins. L'offre d'une entité affiliée à ESL Investments, firme de Lampert, prend en charge plus de 600 M$ de passifs et dépenses, et sauverait 425 magasins aux USA ainsi que 45.000 emplois, évalue Reuters.

Le deal requiert encore l'approbation de la justice américaine. Une audience devrait avoir lieu en fin de semaine devant un tribunal de commerce de New York. Certains créanciers s'opposent toutefois à l'accord et veulent liquider la chaîne afin de récupérer des fonds supplémentaires.

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