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Clôture de Wall Street : en hausse dans l'espoir de baisse des taux

Clôture de Wall Street : en hausse dans l'espoir de baisse des taux
Clôture de Wall Street : en hausse dans l'espoir de baisse des taux
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse américaine a zigzagué jeudi, avant de terminer en hausse, dans l'espoir de voir la Fed baisser deux fois ses taux directeurs d'ici à la fin de l'année pour contrer la dégradation de la conjoncture économique aux Etats-Unis. La publication, jeudi, d'un net ralentissement de l'activité dans les services aux Etats-Unis, deux jours après l'annonce d'une contraction de l'activité manufacturière en septembre pour le 2e mois consécutif, a d'abord fait chuter les indices boursiers de près de 1%. Mais ils sont ensuite revenus dans le vert, les investisseurs pariant sur des baisses de taux de la Réserve fédérale. Le président de la Fed Jerome Powell doit s'exprimer en public vendredi. Ce même jour, les chiffres de l'emploi US en septembre seront scrutés avec attention par les marchés.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,47% à 26.201 points, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 0,8% à 2.910 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a progressé de 1,12% à 7.872 pts.

Les valeurs-refuge (obligations, or, yen) ont progressé pour le 3e jour d'affilée, tandis que les indices sectoriels de l'immobilier (+1,2%), des technologiques (+1,2%) et de l'énergie (+1,2%) ont soutenu la hausse des actions.

L'économie US ralentit, le marché de l'emploi sous le feu de projecteurs

Après l'annonce, mardi, d'un indice ISM d'activité manufacturière en berne en septembre aux Etats-Unis (47,8, après 49,1 en août), l'indice ISM des services, publié jeudi, a monté à son tour une nette dégradation, même si le secteur reste en expansion modeste. L'indice ISM des services est ainsi ressorti inférieur aux attentes de marché, à 52,6 contre un consensus de 55,5, et après 56,4 en août.

Par ailleurs, les commandes industrielles ont baissé de 0,1% en août sur un mois, résistant mieux que les craintes du consensus (-0,5% ) mais en ralentissement par rapport à la hausse de 1,4% inscrite en juillet.

Les marchés attendent avec nervosité le rapport officiel sur l'emploi en septembre, qui sera publié vendredi. Le consensus Refinitiv table sur 145.000 créations d'emplois non-agricoles aux Etats-Unis après 130.000 en août.

En attendant, les inscriptions hebdomadaires pour la semaine close au 28 septembre ont progressé plus que prévu (+4.000), à 219.000, alors que le consensus de place était positionné à 215.000. Mardi, le cabinet ADP avait fait état de créations d'emplois décevantes dans le secteur privé, avec 135.000 créations en septembre contre 152.000 de consensus de place et après 157.000 en août.

Jerome Powell s'exprimera vendredi à Washington

La multiplication des signes de ralentissement économique a renforcé les spéculations sur une nouvelle baisse des taux de la Fed le 30 octobre. Selon le baromètre FedWatch du CME Group, les chances d'un abaissement d'un quart de point sont montées à 90,3% contre 77,5% mercredi et 62,5% mardi. Le taux des fed funds serait alors ramené entre 1,50% et 1,75%, après la baisse d'un quart de point le 18 septembre et celle d'un quart de point de juillet.

Les marchés tablent même désormais sur une 2e baisse d'ici à la fin de l'année. La probabilité est ainsi de 52,1% pour un retour à 1,25%-1,50% lors de la réunion du 11 décembre.

Dans ce contexte fébrile, les marchés suivront avec une grande attention l'intervention publique de Jerome Powell, le patron de la Fed, qui doit prononcer vendredi un discours à Washington en ouverture d'un événement organisé par la Fed sur le thème de l'emploi et de l'évolution du marché du travail.

Les spéculations d'assouplissement monétaire ont entraîné une nouvelle forte baisse des taux d'intérêts sur les marchés obligataires. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain à 10 ans (T-Bond) a chuté jeudi 7 points de base à 1,53%, sa sixième séance de baisse consécutive. Le taux du T-Bond à 2 ans plongeait jeudi de 9 pdb à 1,39%.

Le pétrole en berne, l'or retrouve son éclat

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, a cédé 0,22% à 98,90 points, tandis que l'euro a gagné 0,1% à 1,0968$. Le yen a progressé de 0,28% face au dollar à 106,88 Y/$, servant de valeur refuge.

Les cours du pétrole sont restés sous pression, dans la crainte d'un tassement de la demande, et après l'annonce mercredi d'une forte hausse des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière. Sur le Nymex, le brut léger américain WTI a cédé 0,36% à 52,45$, portant son recul à 5,5% depuis lundi (contrat à terme de novembre), tandis que le Brent a fini stable (+0,03%) à 57,71$, en baisse de 4,5% depuis le début de la semaine.

En revanche, l'or a progressé pour la 3e séance, le métal jaune regagnant encore 0,24% à 1.511,50$ l'once, pour le contrat à terme de décembre coté sur le marché Comex.

VALEURS A SUIVRE

Constellation Brands (-6%), spécialiste new-yorkais de la production et de la distribution de boissons alcoolisées, connu pour sa bière Corona, a annoncé pour le second trimestre fiscal clos fin août 2019 une perte nette de 525 millions de dollars et 2,52$ par titre, contre un profit de 1,149 milliard de dollars et 5,41$ par titre un an auparavant. Le groupe a déploré toutefois une perte de 484 M$ sur son acquisition de l'acteur canadien du cannabis Canopy Growth Corp. Le bénéfice trimestriel ajusté par action s'est établi à 2,72$, contre 2,63$ de consensus. Les revenus se sont appréciés de 2% à 2,34 milliards de dollars, en ligne avec les attentes de marché. Les ventes de bière se sont appréciées à 1,64 Md$, contre 1,53 Md$ un an plus tôt, alors que les revenus relatifs aux vins et aux spiritueux ont chuté en revanche à 704 millions.

Le groupe table désormais, pour l'exercice 2020, sur un bénéfice allant de 55 à 75 cents par titre. Le bénéfice ajusté par titre est estimé entre 9 et 9,20$, contre 8,56$ de consensus.

PepsiCo (+2,9%), l'autre géant américain des soft drinks, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice net de 2,1 milliards de dollars soit 1,49$ par titre, contre 2,5 milliards et 1,75$ par action un an avant. Les revenus se sont appréciés quant à eux de 4% à 17,2 milliards de dollars. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 1,56$, contre 1,50$ de consensus. Les analystes s'attendaient en moyenne à des recettes de 16,93 milliards. PepsiCo Beverages North America, principale unité du groupe de Purchase, a vu son bénéfice opérationnel régresser pourtant à 640 millions. Enfin, le groupe entend atteindre voire dépasser son objectif annuel de croissance organique de 4%.

Très attendus ces derniers jours, les chiffres de vente de Tesla (-4,1%) au 3ème trimestre ont finalement déçu. Le fabricant de véhicules électriques a annoncé mercredi après la clôture de Wall Street avoir livré 97.000 unités au 3e trimestre (dont 79.600 Model 3 et 17.400 Modèles S and X), en hausse de 15,5% par rapport aux 84.000 livraisons pour le 3e trimestre 2018 (+15,5%). Le consensus des analystes s'attendait à des chiffres supérieurs, de l'ordre de 99.000 véhicules, dont 80.200 Model 3, la voiture électrique d'entrée de gamme du groupe californien, censée lui ouvrir la voie du marché de masse et de la rentabilité.

Tesla a cependant précisé dans son communiqué qu'il s'agissait d'un trimestre record pour les livraisons, ajoutant que son carnet de commandes s'était étoffé au cours du trimestre. En outre, les chiffres doivent s'entendre au sens "légèrement conservateur", car ils ne tiennent compte que des véhicules vendus après achèvement de toutes les formalités administratives. Vendredi dernier, le titre Tesla s'était envolé de plus de 6% après des informations du site spécialisé Electrek, faisant état de 100.000 ventes au 3e trimestre. Electrek citait un message électronique interne, dans lequel le fantasque directeur général du groupe Elon Musk aurait fait allusion à ce chiffre...

Netflix a fini stable (+0,04%) après une chute de 4% en séance. Le titre a été affecté par une note du courtier Needham estimant que le leader de la vidéo en streaming pourrait perdre entre 5 et 10 millions d'abonnés aux Etats-Unis en raison de la concurrence de Walt Disney (-0,7%) et Apple (+0,8%), qui s'apprêtent à lancer début novembre leurs propres services de SVOD.

Par ailleurs, La justice italienne aurait ouvert une enquête sur Netflix pour des faits présumés d'évasion fiscale, a appris 'Reuters' ce jeudi de source proche du dossier.

GoPro (-19%) s'est effondré après un "profit warning". Le groupe californien, qui commercialise des caméras d'action depuis quinze ans sous le nom HERO ainsi que des drones, a lancé un avertissement sur le bénéfice du deuxième semestre. Le groupe évoque un report des livraisons des nouvelles caméras Hero8 Black. Nick Woodman, le directeur général de la firme, estime que les délais de production repousseront donc la disponibilité des caméras tant attendues au quatrième trimestre, au lieu du troisième trimestre. Le groupe a ainsi revu sa guidance de revenus annuels entre 1,22 et 1,25 milliard de dollars, contre 1,25 à 1,28 Md$ précédemment. Le bénéfice ajusté par action est désormais anticipé entre 33 et 39 cents sur le second semestre, contre une fourchette antérieure de 37-49 cents.

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