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Clôture de Wall Street : en hausse avec le Mexique et les banques centrales

Clôture de Wall Street : en hausse avec le Mexique et les banques centrales
Clôture de Wall Street : en hausse avec le Mexique et les banques centrales
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après des débuts hésitants, les indices boursiers américains se sont orientés en hausse jeudi, anticipant des gestes de soutien de la part des banques centrales, après des messages "colombes" de la part de la BCE et de la Fed ces derniers jours. Les statistiques du jour ont dépeint une situation contrastée aux Etats-Unis, tandis sur le front commercial, le Mexique a fait des propositions sur la sécurité frontalière pour tenter d'éviter des taxes dès le 10 juin sur les produits mexicains. Les taux d'intérêts souverains ont repris le chemin de la baisse, anticipant de nouvelles baisses de taux, du moins aux Etats-Unis.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,71% à 25.720 pts, tandis que le S&P 500 a progressé de 0,61% à 2.843 pts, et que le Nasdaq Composite a avancé de 0,53% à 7.615 pts.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence, a cédé 0,29% à 97,03 points, sur fond d'attentes de baisses des taux de la Fed, après les récents propos de son président Jerome Powell.

A l'inverse, l'euro a nettement progressé de 0,46% à 1,1271$, malgré le message globalement accommodant de la BCE jeudi.

La BCE accommodante, mais pas trop...

Certains investisseurs espéraient que le patron de la BCE Mario Draghi irait plus loin, mais il a souligné la bonne résistance de la croissance de la zone euro au 1er trimestre (+0,4%), et a semblé exclure des baisses de taux ainsi qu'un nouveau programme de rachat d'actifs ("QE").

La BCE a laissé jeudi ses taux directeurs inchangés, comme prévu, et a repoussé de six mois l'échéance d'un éventuel resserrement monétaire, au moins jusqu'à la fin du premier semestre 2020. Elle a aussi confirmé et détaillé le nouveau programme de prêts aux banques européennes, qui sera lancé en septembre.

Du côté des matières premières, le pétrole a repris un peu de hauteur, jeudi, après son plongeon de plus de 20% depuis la fin avril. Le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI a repris 1,76% à 52,59$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juillet a rebondi de 1,72% à 61,67$ à Londres, au moment de la clôture du Nymex. Mercredi, les cours avaient chuté après la publication d'un bond des stocks et de la production de brut la semaine dernière aux Etats-Unis.

Les marchés dopés par l'espoir de baisses de taux de la Fed

Sur les marchés obligataires, le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, a cédé 1 point de base à 2,12% tandis que le taux du Bund allemand à 10 ans était à -0,24%, cédant aussi 1 pdb.

Les marchés continuent de miser sur une souplesse durable des banques centrales, face à la montée des barrières douanières qui menacent la croissance mondiale. Les opérateurs espèrent ainsi plusieurs baisses de taux de la Fed cette année. La prochaine réunion du 19 juin devrait donner lieu à un statu quo (probabilité de 77,5% d'une fourchette de taux inchangée de 2,25-2,50% selon l'outil FedWatch du CME Group), mais les choses devraient en revanche grandement évoluer d'ici la dernière réunion monétaire de l'année, celle du 11 décembre.

A cette date, selon FedWatch, la probabilité d'une baisse des taux d'un quart de point en comparaison des niveaux actuels est de 13,1%, contre 31,4% pour celle d'une baisse d'un demi-point, 34,4% pour une baisse de trois quarts de point et 16,5% pour un recul d'un point.

Possible report des taxes sur le Mexique ?

Sur le front commercial, les marchés ont accru leur progression après des informations de l'agence 'Bloomberg' évoquant un possible report de tarifs douaniers punitifs américains contre le Mexique. Le ministre des Affaires étrangères mexicain, Marcelo Ebrard, a de son côté évoqué jeudi des progrès dans les discussions avec les Etats-Unis au sujet de l'immigration clandestine, à l'issue d'une réunion au département d'Etat américain à Washington.

Selon des sources citées par 'Reuters', Mexico a ainsi proposé jeudi de déployer 6.000 membres de sa garde nationale sur la frontière avec les Etats-Unis afin de lutter contre l'immigration clandestine, comme le réclame Donald Trump. Toutefois, cette annonce ne devrait pas suffire à éviter les taxes, si l'on en croit un communiqué de la Maison Blanche affirmant jeudi soir que "notre position n'a pas changé et à cette heure, nous continuons de nous préparer à imposer des droits de douane".

Mercredi, le président américain avait maintenu la pression, constatant qu'il n'y avait "pas assez de progrès" dans les discussions avec le Mexique. Sans accord, Washington mettra en application le 10 juin des tarifs douaniers de 5% sur les importations de produits mexicains, un taux susceptible d'être porté progressivement jusqu'à 25% au 1er octobre. "Plus hauts seront les Tarifs, plus élevé sera le nombre de compagnies retournant aux USA!", a lancé sur Twitter le président américain.

Donald Trump a également réitéré jeudi sa menace de taxer "au moins" 300 milliards de dollars supplémentaires d'importations chinoises, mais a déclaréque la Chine comme le Mexique voulaient parvenir à un accord dans leur différend commercial avec les Etats-Unis.

Il a par ailleurs déclaré jeudi qu'il se prononcerait après le sommet du G20, prévu fin juin à Osaka, sur l'imposition éventuelle de nouveaux tarifs douaniers à la Chine.

Le marché de l'emploi US fragilisé ?

En attendant les chiffres officiels et complets de l'emploi en mai, qui seront publiés vendredi, les données partielles publiées ces derniers jours ont de quoi semer les premiers doutes sur la solidité du marché de l'emploi. La dernière étude de la firme Challenger, publiée jeudi, montre que les annonces de licenciements ont augmenté en mai à 58.577 postes, contre 40.023 en avril. A ce stade de l'année, les employeurs ont annoncé la suppression de 289.010 postes (+39% sur un an).

Par ailleurs, l'enquête ADP publiée mercredi montrait que le secteur privé non-agricole n'avait créé que 27.000 emplois contre un consensus de place de 175.000. Les chiffres hebdomadaires, publiés ce jeudi, font état de 218.000 inscriptions au chômage la semaine dernière, contre 215.000 de consensus.

Par ailleurs, le Département américain au Commerce a annoncé jeudi un déficit commercial de 50,8 milliards de dollars en avril, en ligne avec le consensus, contre 50 Mds$ en mars.

Pour finir, les chiffres révisés de la productivité non-agricole ont fait ressortir une croissance de 3,4% au 1er trimestre, conforme au consensus, après une première évaluation de +3,6%.

VALEURS A SUIVRE

Fiat Chrysler Automobiles (+0,8%) a annoncé hier soir le retrait immédiat de son offre de fusion à 30 milliards d'euros avec le Français Renault (-6,4% à Paris). Le groupe italo-américain met en cause les conditions politiques en France. FCA a en effet pris cette décision après que l'Etat français a demandé un report du vote du conseil d'administration de Renault sur le projet afin d'obtenir le soutien de Nissan. "Il est devenu clair que les conditions politiques en France ne sont actuellement pas réunies pour qu'une telle combinaison voie le jour avec succès", a résumé FCA.

Boeing (-0,5%) doit décidément faire face à une série de vents contraires. Après la crise du 737 MA à la suite des deux crashs mortels survenus en moins de six mois, les problèmes de moteurs Rolls-Royce équipant certains Dreamliners, le géant américain doit aussi gérer des difficultés avec le nouveau moteur GE9X de General Electric qui équipera le futur 777X. Un obstacle qui vient s'ajouter aux retards de montage du moteur et des ailes de l'appareil déjà recensés. Les problèmes de ce moteur, entre autres, rendent de plus en plus improbable un premier vol d'essai du 777X fin juin, même si le patron d'Emirates a avancé, le week-end dernier, la date du 26 juin...

Ciena (+26,7%) flambe à Wall Street, alors que le groupe vient de doubler ses bénéfices. L'équipementier de réseau a annoncé pour le second trimestre fiscal un bénéfice net de 53 M$ et 33 cents par titre, contre 14 M$ un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 48 cents, contre 23 cents un an avant et 41 cents de consensus. Les revenus se sont améliorés de 18% à 865 M$, contre 819 M$ de consensus.

The Michaels Companies (-12,4%) plonge à Wall Street, au plus bas historique, alors que le groupe vient de livrer des ventes particulièrement décevantes et d'abaisser sa guidance de bénéfice. Sur le trimestre clos début mai, le bénéfice est ressorti à 33 M$ soit 24 cents par titre, contre 20 M$ un an avant. Les ventes ont néanmoins régressé à 1,09 Md$, contre 1,16 Md$ un an plus tôt et 1,11 Md$ de consensus. Le bpa ajusté annuel est désormais anticipé entre 2,29 et 2,41$.

J.M. Smucker (-2,3%) a dépassé les attentes de profits pour le quatrième trimestre fiscal. Le groupe alimentaire de l'Ohio a réalisé sur la période des revenus de 1,9 Md$, en augmentation de 7%, ainsi qu'un bpa ajusté de 2,08$. Le groupe table, pour l'exercice entamé, sur un bénéfice ajusté par action allant de 8,45 à 8,65$, à comparer à un consensus de 8,33$.

Tesla a bondi de 4,7%, alors que selon le site spécialisé et généralement très bien renseigné 'Electrek', le groupe d'Elon Musk serait en bonne voie pour afficher des chiffres historiques de ventes en Amérique du Nord.

Alphabet (+0,3%). Google a annoncé l'acquisition de Looker, une firme de 'big data', pour 2,6 milliards de dollars en cash. Les deux compagnies ont en commun plus de 350 clients dont BuzzFeed, Hearst et Yahoo (Verizon). Looker propose un service de visualisation permettant d'identifier les tendances et d'exploiter les données.

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