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Clôture de Wall Street : en forte baisse, avec l'affaire Facebook

Clôture de Wall Street : en forte baisse, avec l'affaire Facebook
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street a nettement fléchi lundi, sous le poids d'une correction des valeurs technologiques, un secteur qui soutient la hausse des indices depuis de longs mois. A l'origine de ce repli, figurent des révélations sur un usage frauduleux des données de millions d'utilisateurs de Facebook (-6,7%), via une société de"'big data" financée par un proche de Donald Trump. Par ailleurs, les investisseurs ont adopté une attitude prudente, avant les annonces de la Fed attendues mercredi à l'issue de sa réunion de politique monétaire.

A la clôture, le Dow Jones a cédé lundi 1,35% à 24.610 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 1,42% à 2.712 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a plongé de 1,82% à 7.344 pts.

La semaine dernière, les trois indices avaient déjà abandonné respectivement 1,5%, 1,2% et 1%, face aux craintes de guerre commerciale après les taxes sur l'acier annoncées par Donald Trump, qui entend aussi dans les prochaines semaines imposer des tarifs douaniers à des dizaines de milliards de dollars d'importations chinoises.

Facebook face à des enquêtes des régulateurs boursiers américain et britannique

Lundi, l'action Facebook a subi un plongeon de 6,7%, sa plus forte baisse depuis près de 4 ans, après des révélations faites ce week-end par le 'Guardian' et le 'New York Times'. Les deux journaux ont affirmé que Cambridge Analytica, un cabinet de "big data" financé par un proche de Donald Trump, avait collecté les données de 50 millions d'utilisateurs de Facebook. Ces données, collectées légalement à l'occasion d'un quizz à des fins non commerciales, ont ensuite été illégalement exploitées par Cambridge Analytica lors de la campagne présidentielle américaine de 2016.

Le cabinet se serait ainsi servi de ces données pour élaborer un logiciel permettant de prédire et d'influencer le vote des électeurs américains. Facebook a annoncé lundi avoir "suspendu" Cambridge Analytica, mais le groupe sera désormais confronté à des enquêtes des régulateurs de marché, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, sur le manque de protection des données de ses clients.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar a reculé lundi de 0,35% à 89,92, affecté lui aussi par la chute des marchés d'actions et par l'omniprésence des polémiques politiques entourant Donald Trump. Ce week-end, le président américain a annoncé sur Twitter le limogeage d'Andrew McCabe, ancien directeur adjoint du FBI, qui était toujours employé par l'agence et avait témoigné dans l'affaire de l'ingérence de la Russie dans la campagne électorale de Trump.

Le président américain a aussi critiqué dans un "tweet" le procureur Robert Mueller, qui enquête sur la possible collusion entre l'équipe de campagne de Trump et la Russie...

Sur le marché obligataire américain, les taux d'intérêts ont légèrement progressé lundi, le rendement du T-Bond américain à 10 ans gagnant 1 point de base à 2,85%. Le pétrole est reparti en baisse, le cours du baril de brut WTI cédant 0,45%, à 62,06$ pour le contrat à terme d'avril. Le Brent de mer du nord a reculé de 0,25% à 66,05$. De son côté, l'or a repris des couleurs, l'once de métal jaune terminant lundi en hausse de 0,4% à 1.317$ sur le marché américain Comex (contrat à terme d'avril).

La première conférence de presse de Jerome Powell très attendue

Sur le front des taux d'intérêts, les investisseurs attendent de pied ferme la réunion de la Fed, mardi et mercredi, qui revêt une importance particulière alors que l'institution vient de changer de président. Ce sera ainsi la première réunion dirigée par Jerome Powell, qui a pris la succession de Janet Yellen tout début février à la tête de la banque centrale américaine. Les fruits de sa première réunion et de sa première conférence de presse, mercredi, sont donc très attendus, dans le contexte incertain créé par Donald Trump (réforme fiscale, protectionnisme commerciale, diplomatie agressive et polémiques sur le rôle de la Russie dans sa campagne).

Les marchés s'interrogent sur le nombre de hausses de taux que la Fed est susceptible de réaliser cette année. Le consensus table sur 3 tours de vis d'un quart de point, dont un premier dès ce mercredi 21 mars. Toutefois certains craignent que l'accélération de l'inflation n'incite la Fed à durcir davantage sa politique monétaire au moyen d'une 4ème hausse.

VALEURS A SUIVRE

Outre Facebook, les autres "Gafa" étaient également en berne lundi, dans un moindre mesure : -3% pour Alphabet, (Google), -1,5% pour Apple et -1,7% pour Amazon. Netflix (-1,5%), Snap (-3,4%) et Twitter (-1,7%) ont aussi perdu du terrain.

Apple notamment, a pâti d'un avis du courtier Nomura Instinet, qui ne constate pas de réelle amélioration de tendance pour les ventes d'iPhones. Ainsi, la firme a ajusté en baisse ses estimations de ventes de smartphones par la firme à la pomme.

Par ailleurs, Apple envisagerait de concevoir et de produire ses propres écrans de nouvelle génération, à la norme MicroLED. La firme à la pomme aurait ainsi réalisé de nombreux tests dans une usine secrète en Californie, selon les informations de 'Bloomberg', qui cite des sources proches du dossier. Le chemin à parcourir est encore long mais si Apple parvenait à ses fins, il porterait un coup très dur aux fabricants d'écrans tels queSamsung Electronics, Japan Display, Sharp ou encore LG Display. Universal Display Corp, un important développeur de la technologie OLED, serait également fortement touché.

Oracle (-0,6% à la clôture) a plongé de 5,8% en cotations post-séance suite à la publication, après la clôture, de ses résultats du troisième trimestre fiscal, clos fin février. Les investisseurs ont été déçus par l'annonce d'un chiffre d'affaires trimestriel légèrement inférieur aux attentes des analystes, en raison d'une croissance un peu décevante de l'activité d'informatique dématérialisée (cloud). Les ventes ont progressé de 6,1% à 9,77 milliards de dollars, juste en-deçà du consensus qui était à 9,78 Mds$. Quant aux ventes liées au "cloud", elles ont augmenté de 32% à 1,57 Md$, alors que les analystes attendaient un peu mieux, à 1,59 Md$.

Sur le trimestre, l'éditeur de logiciels d'entreprises a aussi fait état d'une perte nette de 4,02 Mds$ (98 cents par action) après un bénéfice de 2,24 Mds$ un an plus tôt (53 cents/action). La perte est liée à une charge de 6,9 Mds$ liée à la réforme fiscale aux Etats-Unis. En excluant les éléments exceptionnels, Oracle a en revanche dégagé un bénéfice par action supérieur aux attentes, à 83 cents, contre 72 cents attendus.

Google (Alphabet cède 3%) constituerait un groupe de grands noms de la distribution afin de lutter contre Amazon. Selon l'agence 'Reuters', le géant de l'Internet s'allierait à Target, Home Depot, Wal-Mart, Costco et Ulta dans le cadre de ce nouveau projet. Les détaillants intéressés pourront indexer leurs catalogues sur le moteur de recherche, qui se rémunèrera en pourcentage des ventes réalisées par ce biais, ajoute 'Engadget'.

AT&T (-1%) fait face cette semaine au gouvernement américain devant les tribunaux, à propos de sa combinaison majeure avec Time Warner. Le Département US de Justice s'oppose à la fusion des deux compagnies. L'opération de 85 milliards de dollars suscite des inquiétudes antitrust du DoJ, alors qu'AT&T affirme de son côté que les deux compagnies ne sont pas en concurrence frontale. Le Département de Justice, de son côté, estime qu'un tel rapprochement pourrait nuire à la concurrence sectorielle, même si la fusion est dite 'verticale'.

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