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Clôture de Wall Street : en berne, New York confiné par le Covid-19

Clôture de Wall Street : en berne, New York confiné par le Covid-19
Clôture de Wall Street : en berne, New York confiné par le Covid-19
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a fini sur une nouvelle baisse vendredi, portant le plongeon du Dow Jones à 17% sur la semaine et à 30% depuis le début de l'année... Malgré un rebond jeudi et vendredi matin, les indices sont repartis en nette baisse à la clôture, alors que la pandémie de coronavirus continue de s'étendre et de paralyser l'économie mondiale. Aux Etats-Unis, la Californie jeudi soir, et l'Etat de New York, ce vendredi, ont annoncé des mesures de confinement, entraînant la fermeture de toutes les entreprises non essentielles au fonctionnement de l'économie. Donald Trump a annoncé la fermeture temporaire de la frontière avec le Mexique, après celle avec le Canada mercredi.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 4,55% à 19.173 points, repassant sous les 20.000 points. L'indice large S&P 500 a chuté de 4,34% à 2.304 pts et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a lâché 3,79% à 6.879 pts. Le cours du pétrole WTI, qui avait flambé jeudi de 24%, un record de hausse sur une séance, a rechuté de plus de 10%.

Les gains acquis sous Trump désormais effacés

Sur la semaine, le Dow Jones a plongé de 17,3%, le S&P 500 de 15% et le Nasdaq de 12,6%. Depuis le début de l'année, le DJIA a perdu 30%, le S&P 500 26,2% et le Nasdaq 23,3%. Le Dow Jones a désormais effacé tous ses gains depuis décembre 2016, peu après l'élection de Donald Trump en novembre. Le S&P 500 est revenu à son plus bas niveaux depuis mars 2017, au début de la présidence Trump, et le Nasdaq pointe au plus bas depuis la fin 2018.

Les indices américains avaient pourtant commencé la séance en légère hausse, mais ils ont changé d'orientation après l'annonce par Andrew Cuomo, le gouverneur de New York, de mesures de confinement dans cet Etat, entraînant la fermeture de toutes les entreprises non essentielles à partir de dimanche soir. Tous les salariés qui le peuvent sont invités à télétravailler, et les déplacements seront restreints au strict nécessaire.

L'indice Vix de la volatilité, aussi appelé "l'indice de la peur", s'est détendu autour de 66 points (-8%) après avoir atteint des niveaux records supérieurs à 85 mercredi. La volatilité est ainsi montée plus haut qu'à la fin 2008, dans le sillage de la faillite de la banque Lehman Brothers, qui avait entraîné la crise financière mondiale.

Pas de confinement général pour l'instant aux Etats-Unis

Alors que la Californie et l'Etat de New York ont désormais pris des mesures de confinement, le président américain Donald Trump a déclaré vendredi ne pas envisager pour le moment un confinement général de toute la population aux Etats-Unis.

Lors de son point presse quotidien depuis la Maison Blanche, le président américain a déclaré que "cela a été fait en Californie, cela a été fait à New York, ce sont deux points chauds (...) Mais si vous allez dans le Midwest ou ailleurs, ils regardent tout cela à la télévision et n'ont pas les mêmes problèmes", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le président américain a annoncé que les Etats-Unis et le Mexique s'étaient entendus pour restreindre les déplacements non-essentiels à leur frontière. Donald Trump a jugé que, dans ce contexte de pandémie mondiale, l'immigration illégale "menace de créer la tempête absolue".

Jeudi, Donald Trump avait déjà annoncé la fermeture temporaire de la frontière avec le Canada dans le cadre d'un accord avec Ottawa. Seuls les déplacements "essentiels" seront autorisés, mais "les échanges commerciaux ne seront pas touchés", avait précisé le président américain.

Vers un accord avec le démocrates sur le plan de soutien ?

Concernant le plan de soutien de l'économie en préparation, le président américain a déclaré s'approcher d'un accord avec les démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, sur un ensemble de mesures de soutien aux ménages et aux entreprises américaines face aux conséquences économiques de cette crise sanitaire.

L'administration Trump prépare un énorme "package" d'un montant de 1.300 milliards de dollars, dont 500 Mds$ en versements directs d'aide financière aux Américains, 50 Mds$ en prêts au secteur aéronautique, et 150 Mds$ aux autres secteurs "fortement perturbés" par l'épidémie. Le passage de cette législation d'urgence s'annonce comme une tâche herculéenne pour le Congrès, mais elle pourrait néanmoins être votée dans le courant de la semaine prochaine, selon des sources au Capitole.

Les banques centrales sortent la grosse artillerie

Alors qu'à travers le monde, les gouvernements mondiaux dégainent leurs ripostes budgétaires, la semaine a aussi été chargée en annonces de banques centrales, à commencer par la Réserve fédérale américaine et la BCE, qui ont toutes deux fait savoir qu'elles fourniraient des liquidités aux marchés quoiqu'il en coûte. La Fed a ramené ses taux directeurs à zéro le dimanche 15 mars, avant d'annoncer dans la foulée 3 nouveaux programmes de rachats d'actifs ciblés pour soutenir tout l'éventail de acteurs économiques. La Fed a aussi ouvert jeudi l'accès au dollar aux banques centrales de neuf pays, alors que certaines commençaient à avoir du mal à se financer en dollars, devise très demandée en temps de crise.

En Europe, la BCE a dégainé le bazooka mercredi soir, en lançant un plan de rachat d'actifs de 750 milliards d'euros. De nombreuses autres banques centrales, dont la Banque d'Angleterre et la Banque de réserve d'Australie, ont pris des mesures exceptionnelles pour tenter d'amortir le choc provoqué par le brutal ralentissement économique lié aux mesures de lutte contre l'épidémie de coronavirus.

Plus de 260.000 cas de Covid-19 dans le monde, plus de 11.000 morts

La pandémie continue de se propager très rapidement hors de Chine. Aux Etats-Unis, le nombre de cas est monté vendredi à 14.631 (+3.357 par rapport à jeudi soir) et 210 personnes sont mortes du Covid-19 (157 jeudi).

En Europe, le nombre décès a accéléré vendredi en Italie (4.032 vendredi soir, soit +627 par rapport à jeudi, un triste record). L'Italie compte désormais plus de morts que la Chine, où l'épidémie semble désormais jugulée.

Dans le monde, le nombre de cas dépasse désormais les 260.000 et le nombre de morts est d'au moins 11.113, selon les statistiques de l'Université Johns Hopkins.

La récession menace les Etats-Unis

Même si les investisseurs apprécient l'engagement budgétaire et monétaire quasi sans limite des différents gouvernements, à court terme, les mauvaises nouvelles sanitaires dépriment les marchés. Les économistes estiment désormais inévitable une récession aux Etats-Unis, en Europe, voire au niveau mondial, la question étant désormais de savoir combien de temps elle va durer....

Les derniers indicateurs économiques portent déjà les traces de la pandémie de coronavirus (vive hausse des inscriptions hebdomadaire au chômage et fort repli des indices de l'activité manufacturière de la Fed de Philadelphie et de la Fed de New York). Vendredi, les économistes de la Bank of America estiment que l'économie américaine pourrait perdre jusqu'à 3,5 millions d'emplois, alors que le PIB pourrait s'effondrer sur un rythme de 12% au deuxième trimestre.

Quant à la banque d'affaires Goldman Sachs, elle anticipe une contraction du PIB US de 24% au deuxième trimestre !!

Le dollar fait office de valeur-refuge

Les incertitudes mondiales ont profité largement au dollar cette semaine, bien que le billet vert air marqué un peu le pas vendredi. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, dollar canadien, yen et couronne suédoise) a fini stable à 102,79 points (+0,02%). Le billet vert a grimpé de plus de 4% sur la semaine et de 8% depuis le 9 mars, très recherché par les investisseurs en mal de liquidités ! L'euro a fait du yoyo avant de finir en hausse de 0,25% à 1,0690$, après une chute de 2% jeudi, sur fond d'inquiétudes pour l'économie de la zone euro..

Les obligations d'Etat ont continué de grimper aux Etats-Unis, faisant chuter les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse de cours). Le rendement du T-Bond à 10 ans a perdu vendredi 27 points de base à 0,87%, retombant sous la barre de 1,00%. En Europe, les taux souverains se sont détendus aussi, sous l'effet des mesures des banques centrales : -13 pdb à -0,33% pour le Bund à 10 ans allemand, -12 pdb à 0,09% pour l'OAT française à 10 ans et -16 pdb à 0,55% pour le Gilt britannique.

Le marché pétrolier toujours fortement secoué

Le cours du pétrole WTI est reparti en baisse après sa flambée de 24% jeudi, un record de hausse sur une séance. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a reperdu 10,7% vendredi soir à 22,53$ (après +23,8% jeudi et -24% mercredi) pour le contrat à terme d'avril coté sur le Nymex. Le Brent de mer du Nord a perdu 5,2% à 26,98$ (après -14,4% jeudi et -10,4% mercredi).

Le baril de WTI a plongé de 29% en une semaine et a dégringolé de 63% depuis le début de l'année.
Le Brent a perdu 19% cette semaine et abandonne 58% depuis la fin de l'année.

Le "rally" de jeudi avait été alimenté par des déclarations de Donald Trump affirmant qu'il pourrait intervenir pour soutenir les cours, face à la guerre des prix déclenchée début mars par l'Arabie saoudite et la Russie. "C'est très dévastateur pour la Russie, car l'ensemble de l'économie est basée sur le pétrole, et ils font face au plus bas prix depuis des décennies", a-t-il déclaré. "Je dirais que c'est très mauvais pour l'Arabie Saoudite également. Mais ils se battent, ils se battent sur le prix, ils se battent sur la production. Au moment opportun, je vais m'impliquer", a poursuivi Donald Trump.

Les cours du brut, qui reculent d'environ 60% par rapport au début 2020, subissent le double effet de l'effondrement de la demande de pétrole dû à la propagation du coronavirus, et de la fin de l'accord Opep+ qui permettait de soutenir les cours depuis 2016...

VALEURS A SUIVRE

* Delta Air Lines (-0,7%), United Airlines (+15,1%) et American Airlines (0,8%) rebondissent fortement. Une proposition républicaine présentée au Sénat jeudi prévoit d'accorder 58 milliards de dollars de prêts garantis aux compagnies aériennes mises en difficulté par la pandémie de coronavirus.

* Hertz (+23,8%) et Avis Budget (+13,4%) ont demandé au département du Trésor d'être inclus dans toute aide à l'industrie du voyage. Le PDG de Hertz, Kathy Marinello, a déclaré à 'Bloomberg' que le secteur de la location de voitures a été frappé aussi durement que celui des compagnies aériennes par la crise qui secoue le secteur du tourisme.

* Tesla (stable). Le constructeur de voitures électriques a annoncé la suspension à partir du 24 mars de la production de l'usine de Fremont, en Californie, mettant fin aux dissensions avec les autorités californiennes, préoccupées par la propagation du coronavirus. En outre, les immatriculations de véhicules du constructeur américain en Chine ont chuté de 35% sur un mois en février, selon les données du cabinet de conseil LMC Automotive.

* Apple (-6,3%) aurait limité les achats d'iPhone en ligne à deux unités par personne dans de nombreux pays, dont les Etats-Unis et la Chine, afin, semble-t-il, d'éviter les reventes alors que le groupe a fermé l'ensemble de ses magasins en hors de Chine en raison du coronavirus.

* Alphabet (-3,9%). YouTube va réduire la qualité des vidéos en ligne dans l'Union européenne pour éviter une saturation du réseau alors que des millions de personnes sont passées au télétravail pour limiter la propagation du coronavirus.

* Walmart (-4,6%) va embaucher 150.000 travailleurs intérimaires supplémentaires pour faire face à l'augmentation du nombre d'acheteurs dans ses magasins. Le distributeur a par ailleurs annoncé le versement d'une prime de 550 millions de dollars pour récompenser ses salariés dans le contexte de pandémie de coronavirus.

* Boeing (-2,7%) envisage sérieusement une suspension temporaire de la production de ses gros porteurs, selon des personnes proches du géant américain citées par Reuters. La compagnie n'a cependant pas encore pris de décision finale sur le calendrier. Le groupe, qui cherche à obtenir le soutien de l'Etat face à la crise actuelle, envisagerait de réduire son dividende et de licencier un certain nombre de personnes.

* Tiffany & Co (-0,44%). Le joailler américain vient de dévoiler des résultats trimestriels inférieurs aux attentes des analystes même si les ventes à périmètre comptables ont dépassé le consensus. Sur les trois mois clos fin janvier, le groupe a réalisé un profit net de 201,1 millions de dollars ou 1,66$ par titre contre un bénéfice de 204,5 M$ ou un bpa de 1,67$ un an plus tôt. Les revenus ont augmenté de 2,8% à 1,36 Md$ (+3% en comparable). La société a déclaré qu'elle ne fournira pas de perspectives pour l'ensemble de l'année étant donné qu'elle attend la finalisation de sa fusion avec LVMH. Elle a toutefois indiqué que ses comptes avaient été fortement affectés cette année par la fermeture temporaire de magasins dans le monde entier.

Par ailleurs, LVMH (+5,4% à Paris) pourrait profiter de la chute du groupe américain en bourse pour racheter directement des titres sur le marché. Selon les sources de 'Bloomberg', LVMH a discuté de ses intentions avec le conseil d'administration de Tiffany qui pourrait lui donner le feu vert après la publication des résultats trimestriels du groupe américain vendredi. Tiffany cotait environ 118$ hier à Wall Street avant que Bloomberg ne dévoile cette information, contre un prix de 135$ offert par LVMH fin 2019.

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