Cotation du 24/09/2021 à 23h05 Dow Jones Industrial +0,10% 34 798,00
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Clôture de Wall Street : en baisse, malgré une inflation US qui ralentit

Clôture de Wall Street : en baisse, malgré une inflation US qui ralentit
Clôture de Wall Street : en baisse, malgré une inflation US qui ralentit
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après avoir salué en début de séance des chiffres d'inflation inférieurs aux attentes, Wall Street a fini en baisse mardi soir, les investisseurs continuant de s'inquiéter pour la solidité de la reprise économique mondiale. Le variant delta du Covid-19 se propage aux Etats-Unis et en Chine, pesant sur les perspectives de croissance. Les cours du pétrole ont fini stables, tandis que l'or a repris des couleurs, au-dessus des 1.800$ l'once, et que les taux souverains se sont nettement détendus.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,84% à 34.577 points, tandis que l'indice large S&P 500 fléchit de 0,57% à 4.443 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, recule de 0,45% à 15.037 pts, signant au passage une 5e séance consécutive de baisse.

L'ensemble des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini en berne, les plus fortes baisses revenant à l'énergie (-1,5%) et aux financières (-1,4%), ces dernières pâtissant de la baisse des taux, après l'annonce d'une inflation un peu moins soutenue que prévu en août aux Etats-Unis. Du côté des valeurs, l'action Apple (-0,96%), poids-lourd du DJIA et du Nasdaq, a pesé sur la tendance, au moment où la direction a présenté le nouvel iPhone 13 et d'autres nouveautés. Cette keynote a cependant été un peu éclipsée par une décision de justice, qui a sommé vendredi la firme à la pomme d'ouvrir aux développeurs son système de paiement dans son App Store.

Le cours du baril de brut léger américain WTI a lutté pour sauvegarder les 70$, terminant à 70,46$ (stable pour le contrat à terme d'octobre). En revanche, l'or a rebondi de 0,7% à 1.807,05$ l'once (contrat à terme de décembre), profitant de la faiblesse du dollar et des taux. L'indice du dollar a cédé 0,1% à 92,53 points face à un panier de devises, et l'euro a repris 0,1% à 1,1822$ face au billet vert. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans a chuté de 4 points de base à 1,28%, tandis que celui du Bund allemand à 10 ans a fini à -0,34% (-1 pb).

Le bitcoin rebondissait en fin de soirée, en hausse de 3,6% autour de 46.600$ sur plateforme Bitfinex. Les cryptomonnaies ont été chahutées depuis que le bitcoin est devenu mardi dernier une monnaie légale au Salvador, une première mondiale.

L'inflation US pourrait avoir atteint un pic en août

Les marchés ont analysé les implications des chiffres de l'inflation en août publiés avant l'ouverture, qui suggèrent qu'un pic pourrait avoir été atteint, ce qui confirmerait le scénario d'une inflation transitoire décrit par la Fed ces derniers mois.

L'indice des prix à la consommation a ainsi augmenté de 0,3% en août sur un mois, contre 0,4% de consensus et après +0,5% en juillet. Sur un an, le CPI a grimpé de 5,3% contre 5,4% attendu et après +5,5% en juillet. Hors alimentaire et énergie, le CPI progresse de 0,1% sur un mois et de 4% sur un an.

Lundi soir, le déficit budgétaire américain a très agréablement surpris pour le mois d'août 2021, à 170,6 milliards de dollars contre plus de 300 milliards de dollars de consensus. La reprise économique a contribué à une forte hausse des recettes tandis que la progression des dépenses fédérales a ralenti.

La Fed toujours décidée à réduire la voilure ?

Après une première réaction de soulagement face aux chiffres de l'inflation, les investisseurs ont cependant estimé qu'ils ne devraient pas dissuader la Fed de réduire la voilure en termes de soutien monétaire. L'inflation sous-jacente reste en effet bien au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed, ce qui devrait l'inciter à réduire le montant de ses achats d'actifs, sans doute avant la fin de l'année.

La banque centrale américaine pourrait donner des précisions sur ses projets de réduction de son programme d'achat d'actifs le 22 septembre prochain, à l'issue de sa prochaine réunion de deux jours. Jeudi dernier, en Europe, la BCE a de son côté annoncé un léger fléchissement de ses achats d'actifs, qualifié de "recalibrage" plutôt que de "tapering", signalant une approche très prudente dans le retrait progressif de son soutien.

Accumulation de risques sur les marchés actions

Les hésitations des marchés se reflètent dans les dernières notes des grandes banques à leurs clients investisseurs, dont Morgan Stanley, Citigroup, Credit Suisse et Deutsche Bank. Leurs stratégistes ont tous souligné le risque de correction cet automne, sur fond de valorisation élevée des actions, avec un PER de l'ordre de 21 fois les profits attendus sur les 12 prochains mois sur le S&P 500.

Parmi les risques cités figurent le ralentissement conjoncturel lié au variant delta du Covid, les craintes de "tapering" des banques centrales, les blocages au Congrès américain concernant le plan de relance de Joe Biden et le relèvement du plafond de la dette fédérale. Enfin, les marchés surveillent de près l'évolution des tensions sino-américaines ainsi que le risque d'une faillite désordonnée du géant chinois de l'immobilier China Evergrande.

A propos des relations sino-américaines, le Wall Street Journal rapportait lundi que l'administration Biden évaluerait une nouvelle enquête sur les subventions chinoises et leurs dommages pour l'économie américaine, afin de faire pression sur Pékin en matière de commerce en vue du lancement des négociations sur un accord commercial de 'phase 2'.

VALEURS A SUIVRE

Apple (-0,96%) a fléchi au moment même où la direction annonçait sa nouvelles gamme de produits, dont l'iPhone 13, lors d'une "keynote" tenue mardi soir depuis le siège de Cupertino en Californie. Outre son nouveau smartphone, Apple a présenté l'Apple Watch Series 7, de nouveaux iPad ainsi que des AirPods, sans oublier les nouvelles versions de ses systèmes d'exploitation.

A l'approche de cet événement très attendu, le groupe a été taclé vendredi par la justice, qui l'a sommé d'ouvrir son système de paiement dans son App Store, dans le cadre de sa bataille judiciaire avec le développeur de jeux vidéo Epic Games au sujet du très populaire jeu 'Fortnite', banni de l'App Store depuis l'été 2020. L'action Apple a corrigé de 3,3% vendredi avant de regagner modestement 0,39% lundi soir.

Moderna (+3%). Le titre est reparti en hausse après une chute de 6,6% lundi, suite à un article du 'Lancet' qui mettait en doute l'intérêt immédiat des rappels de vaccins anti-covid. Selon la revue scientifique, ces 'boosters' pourraient ne pas être nécessaires pour l'ensemble de le population, les données continuant de montrer une défense solide contre les hospitalisations et les décès parmi les personnes vaccinés.

Microsoft (+0,9%) a progressé après une note de Morgan Stanley, qui dit anticiper prochainement l'annonce d'une hausse d'au moins 10% du dividende du géant du numérique.
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Nike (-0,5%) pourrait produire 160 millions de chaussures en moins en raison de la fermeture d'usine au Vietnam liée à la pandémie de variant delta du Covid-19, selon la firme BTIG.

Oracle (-2,8%) n'a pas convaincu lundi soir par ses derniers comptes trimestriels. Le géant du software d'entreprise a même manqué le consensus de revenus, du fait notamment du ralentissement de la demande d'un produit cloud important. Sur le trimestre clos, les revenus se sont appréciés de 3,8% à 9,73 milliards de dollars, contre 9,77 milliards de consensus. Le bénéfice ajusté par action a été de 1,03$, contre 97 cents de consensus. Les revenus de services cloud et support de licences ont grimpé de 6% à 7,37 milliards de dollars, contre 7,4 milliards de consensus, sur ce trimestre clos fin août. Les ventes de l'application Fusion de gestion des finances corporate ont progressé de 32%, contre 46% de hausse sur le quatrième trimestre de l'exercice antérieur.

Le groupe d'Austin, Texas, se montre par ailleurs prudent sur le plan des perspectives. Safra Catz, la directrice générale du groupe, estime que les revenus sur le trimestre entamé progresseront de 3 à 5% en glissement annuel, globalement en ligne avec un consensus de 10,2 milliards de dollars représentant 4% de hausse. Le bénéfice ajusté par action sur le deuxième trimestre fiscal est attendu entre 1,09 et 1,13$, contre 1,09$ de consensus.

Amazon (-0,2%), le géant américain du commerce en ligne, vient de rehausser son salaire horaire moyen de départ à 18$. Par ailleurs, le groupe de Jeff Bezos, désormais dirigé par Andy Jassy, prévoit d'embaucher 125.000 personnes de plus aux États-Unis, emplois dédiés aux entrepôts et aux transports. Dans certaines régions, un bonus de 3.000$ à l'embauche est prévu, ainsi qu'un salaire horaire de départ atteignant 22,5$. Amazon comptait déjà parmi les rares détaillants en 2018 à avoir fixé un salaire horaire minimal de 15$. En mai, le groupe avait annoncé un salaire moyen porté à 17$ de l'heure.

Côté brokers, l'optimisme persiste sur le dossier Amazon. Goldman Sachs a entamé son suivi à l'achat en début de semaine. Ce mardi, Evercore ISI a rehaussé son cours-cible de 4.200 à 4.700$.

Intuit (+1,9%), éditeur américain des logiciels de fiscalité TurboTax et de comptabilité QuickBooks, a annoncé l'acquisition programmée du spécialiste du marketing Mailchimp pour environ 12 milliards de dollars en numéraire et en actions. L'opération renforce les positions d'Intuit, qui entend fournir de plus amples services aux petites et moyennes entreprises. Intuit avait renforcé auparavant son offre avec des services tels que Credit Karma, acquis l'an dernier. Le deal Mailchimp est la transaction la plus importante pour le groupe californien de Mountain View à ce jour. L'an dernier, Intuit avait déboursé 7,1 milliards pour Credit Karma.

Alphabet (+0,15%). Les autorités sud-coréennes ont infligé à Google une belle amende de 177 millions de dollars pour abus de position dominante sur le marché des systèmes d'exploitation mobiles. Ainsi, la Corée du Sud juge que Google a abusé de sa position en bloquant la personnalisation du système d'exploitation Android. La KFTC (Korea Fair Trade Commission), commission locale en charge des pratiques commerciales, a indiqué que les termes contractuels de Google avec les concepteurs d'appareils représentaient un abus de position dominante restreignant la concurrence sur le marché des OS. Google a précisé dans un communiqué son intention de faire appel.

Boeing (-1,3%) revoit ses prévisions à la hausse pour le marché de l'aviation mondiale, des produits et services aérospatiaux et de Défense. Selon le 'Boeing Market Outlook' 2021, le marché adressable du groupe américain est estimé à 9.000 milliards de dollars sur la prochaine décennie, soit 5,9% de plus que prévu l'an passé lorsque la pandémie de coronavirus avait sapé la demande de voyages et de nouveaux avions. Sur le volet commercial, Boeing s'attend à ce que les avionneurs mondiaux livrent 19.000 avions d'une valeur de 3.200 Mds$ d'ici 2030, contre 18.350 appareils estimés il y a un an.

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