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Clôture de Wall Street : en baisse, mais novembre bat des records

Clôture de Wall Street : en baisse, mais novembre bat des records
Clôture de Wall Street : en baisse, mais novembre bat des records
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a reculé lundi, mais le mois de novembre s'achève sur une hausse de 10 à 12% pour les principaux indices, le meilleur mois depuis...1987 ! Le mois a été ponctué de records historiques grâce à la perspective d'un vaccin contre le coronavirus et l'élection de Joe Biden à la présidentielle, mais sans "vague bleue" au Congrès. Le maintien probable du contrôle du Sénat par les Républicains est jugé satisfaisant pour les marchés, qui apprécient en outre la nomination de Janet Yellen comme secrétaire au Trésor, confirmée officiellement ce lundi.

A la clôture, le Dow Jones a reculé de 0,91% à 29.638 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,46% à 3.621 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a fini presque stable (-0,06%) à 12.198 pts, après avoir signé 2 records d'affilée la semaine dernière. Le Dow Jones et le S&P 500 ont de leur côté inscrit des records mardi dernier, le Dow Jones terminant à cette occasion pour la première fois au-dessus de la barre des 30.000 points, 4 ans seulement après avoir franchi celle des 20.000 points.

Les trois indices viennent ainsi de vivre leur meilleur mois depuis 1987 (dans le sillage du krach survenu de la même année), avec des bonds de 11,8% pour le DJIA et le Nasdaq et de 10,7% pour le S&P 500 en novembre. Cet enthousiasme lié à l'espoir de surmonter la crise sanitaire a été partagé par l'ensemble des Bourses mondiales : l'indice MSCI World a ainsi bondi de 13% en novembre, sa plus forte hausse mensuelle jamais réalisée.

Optimisme pour 2021, mais à court terme, le Covid-19 inquiète encore

La correction de lundi à Wall Street est surtout considérée comme un ajustement technique logique après les récents sommets. De nombreux stratégistes actions se sont montrés optimistes dans leurs prévisions pour 2021, citant les soutiens budgétaires et monétaires et les futures campagnes de vaccination contre le coronavirus comme des facteurs positif pour un rebond des profits des entreprises l'an prochain.

Cependant, à court terme, les analystes n'excluent pas une correction et une volatilité accrue, la situation sanitaire demeurant inquiétante. Le week-end de Thanksgiving a pu favoriser les nouvelles infections, qui étaient déjà en très forte hausse ces dernières semaines, de même que les hospitalisations liées au Covid-19. En outre, l'impasse politique se poursuit concernant le tant attendu nouveau plan de relance de l'activité. Les Démocrates continuent de réclamer un vaste plan supérieur à 2.000 milliards de dollars, alors que les Républicains ne sont prêts à soutenir qu'un package minimum de l'ordre de 500 Mds$.

Concernant l'évolution du Covid-19, l'immunologue américain Anthony Fauci a mis en garde dimanche contre un rebond des contaminations après la fête de Thanksgiving marquée par les déplacements de millions d'Américains à travers le pays. "Dans deux ou trois semaines, nous pourrions voir une nouvelle flambée s'ajouter à la flambée" actuelle, a prévenu le directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses sur la chaîne 'ABC'.

Un Black Friday en demi-teinte, envolée des ventes en ligne

Les Américains semblent avoir tout de même pris certaines précautions, dans la mesure où les visites dans les magasins physiques ont été bien inférieures aux années précédentes pour le Black Friday, alors que les ventes en ligne ont bondi.

Selon Adobe Analytics, les consommateurs américains ont dépensé vendredi 9 milliards de dollars via internet, une hausse de 22% sur un an (7,4 Mds$ en 2019). En revanche, selon Sensormatic Solutions, le nombre de visiteurs de magasins physiques a chuté de 52% par rapport au Black Friday de 2019, avec des baisses d'affluence plus importantes dans le nord-est et l'ouest du pays que dans le sud et le Midwest.

Sur le front sanitaire, le laboratoire Moderna a déposé ce lundi ses demandes d'autorisations de mise sur le marché pour son vaccin contre le COVID-19 aux Etats-Unis et en Europe. Pfizer et son associé BioNtech avaientfait de même la semaine dernière, dans l'espoir de pouvoir commencer à vacciner avant la fin de l'année. Le 'Financial Times' rapportait lundi que le Royaume-Uni est sur le point d'approuver le vaccin Pfizer / BioNTech et que son déploiement pourrait y débuter quelques heures après l'autorisation, avec des injections initiales dès le 7 décembre.

Donald Trump muscle le dispositif commercial contre la Chine

En manque de catalyseurs, les investisseurs ont peu apprécié les derniers rumeurs concernant la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Selon 'Reuters', l'administration Trump prévoit de placer sur sa liste noire le plus important fabricant chinois de puces, SMIC, ainsi que le géant pétrolier CNOOC.

Ces groupes rejoindraient la liste noire du département américain de la Défense recensant les entreprises contrôlées par l'armée chinoise ou liées à cette dernière. Cette "liste noire" comprend déjà 31 autres entités.

Cette mesure, si elle est confirmée, limitera l'accès de ces entreprises aux investisseurs américains et devrait alimenter les tensions avec la Chine à quelques semaines de l'investiture du président élu Joe Biden.

Le pétrole corrige dans l'attente des décisions de l'Opep+

Le pétrole a fait l'objet de prises de bénéfices, alors que le groupe Opep+ tient lundi et mardi une réunion importante afin de déterminer ses niveaux de production pour les prochains mois. Le cours du brut léger américain (WTI) a cédé 0,4% à 45,34$ le baril, pour le contrat de janvier sur le Nymex, tandis que le contrat sur le Brent pour livraison en janvier a lâché 0,8% à 47,88$. Toutefois, en novembre, le cours du WTI a bondi de plus de 26% et le Brent a repris 27%, et ils tous deux sont au plus haut depuis mars dernier.

Selon les sources citées par 'Bloomberg', les membres de l'Opep+ sont divisés sur l'opportunité de prolonger leurs coupes de production au-delà du 31 décembre... Des discussions de dernière minute entre plusieurs membres de l'Opep n'auraient ainsi débouché sur aucun accord concernant un maintien de l'offre actuelle de brut.

L'or a poursuivi sa série noire lundi, souffrant du retour de l'appétit du risque sur les marchés boursiers. L'once de métal jaune a encore perdu 0,4% à 1.780,90$ pour le contrat à terme de février sur le Comex, après avoir abandonné 4,5% la semaine dernière.

Sur le marché des emprunts d'Etat américains, le rendement du T-Bond à 10 ans est resté stable à 0,84%. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises (euro, livre sterling, yen, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise) a gagné 0,2% à 92 points tandis que l'euro a cédé 0,3% à 1,1927$.

A noter que le bitcoin a inscrit un nouveau record historique lundi, la plus utilisée des monnaies virtuelles frôlant les 19.800 dollars en matinée, avant de revenir autour de 19.200$ en soirée (+5,4% sur 24h).

VALEURS A SUIVRE

Moderna (+20,2%) a donc déposé aux USA et en Europe des demandes d'autorisations de mise sur le marché de son vaccin anti-coronavirus, qui a montré une efficacité supérieure à 94% dans les études cliniques de stade avancé.

Pfizer (+2,9%) / BioNTech (+11,9%) pourraient quant à eux obtenir d'ici quelques jours les autorisations des régulateurs au Royaume-Uni et aux Etats-Unis pour leur candidat vaccin efficace à 95%.

Novavax (+11%) a bondi, même si le laboratoire a reporté une nouvelle fois le lancement d'un essai clinique de phase III aux Etats-Unis sur son vaccin expérimental contre le Covid, évoquant néanmoins un potentiel démarrage dans les semaines à venir.

Tesla Motors (-3,1%). Selon le Wall Street Journal, l'intégration prévue le mois prochain de Tesla au sein du S&P 500 pourrait se faire en deux temps. L'ajustement de pondération serait préférable en deux jours, plutôt qu'un seul le 21 décembre, ce qui constituerait une première. Il s'agit de tenir compte du poids de Tesla (plus de 1% de l'indice) et de sa volatilité sur les marchés boursiers. S&P doit annoncer ce lundi le résultat d'une consultation qui irait dans ce sens.

En outre, le groupe d'Elon Musk a obtenu l'autorisation de vendre en Chine son Model Y fabriqué à Shanghai, selon un document publié sur le site du ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information.

General Motors (-2,7%) peine pour sa part à convaincre avec une nouvelle version moins ambitieuse de son accord de coopération avec Nikola (-26,9% !), qui ne prévoit plus l'entrée de GM au capital du concepteur de véhicules électriques. D'ailleurs, ce projet non-engageant est encore sujet à des négociations.

S&P Global (+2,9%) a annoncé comme attendu l'acquisition d'IHS Markit (+8%) pour 44 milliards de dollars en actions, ce qui constitue la plus importante opération de fusion & acquisition en valeur depuis le début de l'année. La capitalisation actuelle d'IHS Markit se situe à 37 milliards de dollars.

Salesforce (-0,7%) devrait s'offrir Slack Technologies (+5,4%). D'après David Faber de 'CNBC', le spécialiste américain de la gestion de la relation client (CRM) annoncera le rachat de Slack ce soir après la clôture de Wall Street. L'action de la plateforme de travail collaboratif s'est envolée depuis le début de la crise sanitaire grâce à l'essor du télétravail à travers la planète. Elle a encore accéléré la semaine passée après que le Wall Street Journal eut révélé des négociations entre les deux parties.

Alibaba (-4,7%). Ant Group pourrait reporter son introduction en bourse jusqu'en 2022 ou même plus tard encore, croit savoir Bloomberg, citant des responsables des autorités de régulation familiers de la question.

Netflix (-0,13%). Selon le Guardian, le service de streaming vidéo devrait commencer à déclarer aux autorités fiscales locales les revenus de plus d'1 Md£ dégagés auprès des abonnés britanniques chaque année. Le Guardian juge qu'une telle décision de Netflix devrait mettre la pression sur d'autres leaders technologiques américains tels que Google ou Amazon, qui évitent pour l'heure ce genre de déclaration en optimisant leur fiscalité.

Airbnb ambitionne une valorisation de 30 à 33 milliards de dollars pour son introduction en bourse à Wall Street. DoorDash, acteur de la livraison de repas, qui a plus que triplé ses revenus à neuf mois et réalisé récemment son premier bénéfice trimestriel, se montre également gourmand avec une fourchette allant de 25 à 28 milliards de dollars pour son IPO. Les deux compagnies veulent s'introduire mi-décembre.

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