Cotation du 09/04/2021 à 23h15 Dow Jones Industrial +0,89% 33 800,60
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Clôture de Wall Street : en baisse, les "technos" pèsent sur la cote

Clôture de Wall Street : en baisse, les "technos" pèsent sur la cote
Clôture de Wall Street : en baisse, les 'technos' pèsent sur la cote
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a fini dans le rouge mardi, au lendemain d'un vif rebond de 2% à 3% pour ses principaux indices, et suivant une semaine de forte baisse. Malgré les espoirs de reprise économique et des résultats d'entreprises meilleurs que prévu au 4e trimestre 2020, les niveaux record atteint récemment par les marchés américains, notamment sur les valeurs technologiques, continuent d'inquiéter les investisseurs. Mardi, le patron de la principale autorité chinoise de régulation a créé un malaise en se disant "très inquiet" des risques de bulles causés par une déconnexion entre marchés financiers et économie réelle, notamment aux Etats-Unis et en Europe.

A la clôture, le Dow Jones a cédé 0,46% à 31.391 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,81% à 3.870 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a rechuté de 1,69% à 13.358 pts.

La veille, les trois indices avaient connu leur plus forte hausse depuis près de 9 mois : +1,95% pour le DJIA, +2,38% pour le S&P 500 et +3% pour le Nasdaq... La semaine dernière, le DJIA avait reculé de 1,8%, le S&P 500 avait cédé 2,5% et le Nasdaq avait abandonné 4,9%, les marché s'inquiétant d'une tension sur les taux longs et anticipant un retour de l'inflation causée par les plans massifs de soutien budgétaire et monétaire.

Mardi, les grandes "technos" ont pesé sur la cote, à l'instar d'Apple (-2%), Microsoft (-1,3%) ou Tesla (-4,4%). Zoom Video Communications a fait du yo-yo, avec une hausse initiale de plus de 7% avant de finir en baisse de 9%, malgré la publication de résultats meilleurs que prévu pour le fournisseur de solutions de visioconférences et webinaires.

Le régulateur bancaire chinois met en garde contre des bulles spéculatives

Guo Shuqing, président de la Commission chinoise de réglementation des banques et des assurances, a déclaré mardi matin : "je crains que le problème de la bulle sur les marchés financiers étrangers ne se manifeste un jour". Il a souligné que les gains des marchés aux Etats-Unis et en Europe ont été alimentés par des taux d'intérêt extrêmement bas et des programmes de "QE". M. Guo a aussi estimé que la forte valorisation de la Bourse américaine, la rend la plus vulnérable à un "fort mouvement dans l'autre sens".

Sur les marchés obligataires, le retour au calme s'est confirmé mardi, même si les taux restent campés près de leurs récents pics, sur fond de craintes inflationnistes liées à la reprise et au plan de relance de Joe Biden. Le rendement du T-Bond à 10 ans, qui avait flambé jeudi dernier jusqu'à 1,54% en séance avant de refluer, évoluait mardi soir à 1,41% (contre 0,9% fin 2020). Le rendement du T-Bond à 30 ans s'inscrivait à 2,20% (-2 point de base), contre 1,66% fin 2020. En février, les taux souverains américains à 10 et 30 ans ont connu leur plus forte poussée haussière depuis 2016.

La Fed ne prévoit pas de hausse durable de l'inflation

La semaine dernière, le président de la Fed, Jerome Powell, s'est efforcé de rassurer les marchés, affirmant que la banque centrale américaine n'a aucune intention de resserrer sa politique monétaire avant longtemps, et estimant que l'économie américaine est loin d'avoir surmonté la crise sanitaire. Il s'est montré peu préoccupé par une flambée durable de l'inflation, laissant entendre que les prix pourraient connaître temporairement un passage au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed sans déclencher de remontée des taux directeurs.

Mardi, l'une des gouverneurs de la Fed, Lael Brainard, a elle aussi dit s'attendre à ce que le regain d'inflation ne soit que temporaire. "Nous devrons être patients pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés", a indiqué Mme Brainard lors d'une conférence virtuelle organisée par le Council on Foreign Relations. "Nous nous sommes engagés à maintenir notre politique (...) jusqu'à ce que, non seulement, l'inflation ait atteint 2%, mais aussi qu'elle soit en voie de dépasser modérément les 2% pendant un moment", a-t-elle détaillé.

"Une hausse temporaire de l'inflation semble plus probable qu'un changement durable" de tendance, a-t-elle ajouté. "Même lorsque la situation économique justifiera une hausse (des taux), les changements devront être graduels".

Suspense avant la réunion de l'Opep+ de jeudi

Les cours du pétrole se sont affaiblis mardi pour la 3e séance consécutive, à l'approche de la réunion de l'Opep+ prévue jeudi, le cours du brut léger américain WTI retombant sous les 60$. Les cours ont bondi d'environ 20% depuis le début de l'année, dans l'espoir d'une reprise économique vigoureuse d'ici à la fin 2021 grâce aux campagnes de vaccination contre le coronavirus.

Mardi soir, le contrat à terme d'avril sur le baril de pétrole brut WTI s'est replié de 1,5% à 59,75$ sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance mai a fléchi de 1,6% à 62,70$. A respectivement 63,81$ et 67,70$ le baril, les deux contrats de référence avaient touché jeudi dernier des niveaux plus vus depuis le 8 janvier 2020, avant de se replier à partir de vendredi.

Les vingt-trois membres de l'Opep+ se réuniront mercredi en commission, puis jeudi en réunion plénière, pour statuer sur leur niveau de production à partir du mois d'avril. La hausse des prix du brut et les espoirs de reprise de la demande mondiale pourraient les inciter à accroître leur production. L'Arabie saoudite pourrait ainsi cesser de réduire unilatéralement sa production de 1 million de barils par jour, comme elle l'avait fait en février et mars. En outre, le reste du groupe pourrait réclamer une hausse d'au moins 500.000 bj. Certains experts envisagent donc une rallonge assez importante, de 1,5 à 2 millions de barils par jour au total à partir d'avril, ce qui pourrait entraîner une rechute des cours du brut.

VALEURS A SUIVRE

Zoom Video Communications (-9%) a affiché une incroyable croissance trimestrielle de 369%, dopé par les restrictions sanitaires et les confinements. Ainsi, le groupe a atomisé les prévisions de marché pour son quatrième trimestre fiscal, profitant pleinement de la tendance au télétravail dans un contexte de pandémie. Zoom se permet par ailleurs de fournir des prévisions supérieures aux attentes pour le premier trimestre et l'exercice entamé. Le titre, qui clôturait déjà en forte progression de 9,7% hier soir à Wall Street, poursuivait son rallye après bourse suite à la publication trimestrielle.

Le spécialiste américain de solutions de visioconférences a réalisé un bénéfice ajusté trimestriel de 1,22$ par titre, multiplié par... huit en glissement annuel, contre un consensus de 79 cents seulement. Les revenus ont totalisé 882 millions de dollars, contre 811 millions de dollars de consensus. La croissance atteint donc près de 370%, avec la forte demande pour les outils de communication et collaboration du groupe. Zoom table désormais, pour le premier trimestre, sur un bpa ajusté allant de 95 à 97 cents.

Switch (-13%), l'opérateur de centres de données, souffre ce jour à Wall Street au lendemain d'une publication trimestrielle mitigée, marquée par des revenus inférieurs au consensus. Pour le quatrième trimestre, le groupe a fait état d'une hausse du bénéfice ajusté par action à 6 cents, contre 5 cents de consensus. Les revenus ont totalisé 127,7 millions de dollars, en progression de 6% en glissement annuel, contre 131 millions de consensus. Les ventes de l'exercice 2021 sont anticipées entre 540 et 555 M$, contre 572 M$ de consensus de place.

NIO (-13%), le 'Tesla chinois', concepteur local de véhicules électriques coté sur le Nasdaq, a décroché à Wall Street ce mardi. NIO estime que la pénurie de 'puces' affectera la production de véhicules électriques au second trimestre. William Li, CEO, estime que les niveaux de production devront être ramenés à 7.500 unités par mois contre 10.000 au mois de février. La reprise du rythme de production est envisagée en juillet. Le potentiel pour 2022 est de 300.000 véhicules. A court terme, néanmoins, le groupe se montre prudent, après avoir livré 5.578 unités en février contre 7.225 en janvier. Le groupe prévoit de livrer 20.000 à 50.000 véhicules sur le trimestre, et anticipe jusqu'à 25.000 unités vendues. La perte T4 par action se situe à 0,93 RMB. Sur l'exercice clos, les ventes ont approché des 2,5 milliards de dollars (+108%), avec un quatrième trimestre de plus d'un milliard de dollars, en croissance de 133%.

Abercrombie & Fitch (-1,7%) a battu le consensus sur le quatrième trimestre fiscal et indiqué un bon démarrage pour le premier trimestre. Le groupe de distribution de vêtements, qui a fermé plus de 130 magasins en 2020, a réalisé au quatrième trimestre un bénéfice net de 82,4 millions de dollars soit 1,27$ par titre, contre 83,1 millions un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action s'est établi à 1,50$, contre un consensus FactSet de 1,22$. Les revenus ont reculé à 1,12 milliard de dollars, contre 1,18 milliard un an avant et 1,12 milliard de consensus. Les ventes digitales se sont appréciées de 34% et représentent même 54% des ventes annuelles.

Kohl's (+0,6%), le groupe américain de distribution, a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal un bénéfice dilué par action de 2,2$, ainsi qu'un bpa ajusté de 2,22$ comprenant 1,15$ de bénéfice fiscal. En dehors de cet élément, le bpa aurait été de 1,07$ sur une base ajustée, contre un consensus de 1,01$. Les revenus totaux du groupe se sont élevés à 6,14 milliards de dollars, en retrait de 10,1% en glissement annuel, contre 5,86 milliards de dollars de consensus de marché. Le groupe anticipe pour l'exercice 2021 une reprise de l'activité voisine de 15% en comparaison de 2020, pour une marge opérationnelle allant de 4,5 à 5%. Le bénéfice par action sur l'exercice entamé est anticipé entre 2,45 et 2,95$.

Target (-6,7%), le détaillant discount américain, a battu le consensus sur le trimestre clos, aidé par la fermeté de ses ventes en ligne ainsi que par la reprise du trafic. Pour le quatrième trimestre fiscal, clos fin janvier, le groupe a réalisé un bénéfice net de 1,38 milliard de dollars soit 2,73$ par titre, contre 834 millions de dollars un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 2,67$, contre 1,69$ par action un an avant et 2,54$ de consensus FactSet. Les revenus totaux se sont améliorés de 21% à 28,3 milliards de dollars, contre 27,4 milliards de consensus. La croissance à comparable a atteint 20,5% contre 17,1% de consensus. Le trafic a progressé de 6,5% et le panier moyen de 13,1%. Les ventes digitales à comparables ont flambé encore de 118% et représentent deux tiers de la croissance à comparable.

AutoZone (+0,9%) n'a pas démérité au second trimestre fiscal, malgré la pandémie. Le détaillant américain en pièces et accessoires automobiles est même parvenu à réaliser une croissance domestique à comparable de 15,2% et un bénéfice par action de 14,93$. Les revenus nets se sont établis à 2,9 milliards de dollars sur ce trimestre clos mi-février, en augmentation de 16% en glissement annuel. Le profit opérationnel a grimpé de 18% à 482 millions de dollars. Le bénéfice net a progressé de 16% à 346 millions. Le bénéfice dilué par action a grimpé de 20%. Le groupe dit avoir été aidé par les mesures gouvernementales et l'évolution du comportement des consommateurs.

Novavax (-14,2%), le laboratoire américain spécialiste des vaccins, corrige à Wall Street ce jour. Le groupe a publié des comptes trimestriels mitigés. Les revenus ont dépassé les attentes, mais pas les profits. Sur le trimestre, les recettes ont totalisé 280 millions de dollars environ, pour une perte nette par action de 2,70$. Le consensus était de 203 millions de dollars de revenus et 2,24$ de perte par action. Le groupe espère pouvoir agréger ses données d'essais au Royaume-Uni et en Afrique du Sud pour demander une autorisation d'urgence de son vaccin anti-Covid aux USA. Si la FDA attend les données US, cela prendra un mois ou deux de plus.

Baker Hughes (-2,4%) prévoit de fusionner ses activités dans les équipements de forage pétrolier en mer avec celles du Norvégien Akastor.

Boeing (-0,56%) fait encore parler de lui, mais en bien. Le géant aéronautique américain et l'armée de l'air royale australienne (RAAF) ont indiqué qu'ils avaient finalisé le premier essai en vol d'un appareil de chasse sans pilote conçu pour voler en formation de combat aux côtés d'appareils avec équipage.

eBay (-2,5%), géant américain des enchères en ligne, et le Norvégien Adevinta, envisagent de céder trois actifs britanniques pour faciliter leur projet de rapprochement, transaction de plus de 9 milliards de dollars qui doit donner naissance au leader mondial des annonces en ligne.

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