Cotation du 04/12/2020 à 23h11 Dow Jones Industrial +0,83% 30 218,26
  • DJIND - US2605661048

Clôture de Wall Street : en baisse, le plan de relance s'éloigne...

Clôture de Wall Street : en baisse, le plan de relance s'éloigne...
Clôture de Wall Street : en baisse, le plan de relance s'éloigne...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a fini en baisse, mercredi, à l'issue d'une séance volatile, dominée par les aléas des négociations à Washington en vue d'adopter un nouveau plan de relance... Alors qu'un accord semblait à portée de main, les protagonistes ont laissé entendre que le projet pourrait ne pas être soumis au vote avant l'élection présidentielle du 3 novembre. Du côté des entreprises, les annonces de résultats ont été perçues de façon contrastée : Netflix a perdu 6,9%, tandis que Snap Inc s'est envolé de 28,3%. Les taux à 10 ans américains sont remontés à 0,81% dans l'anticipation d'un plan de soutien budgétaire, tandis que le dollar a continué de perdre du terrain et que les cours du pétrole ont chuté d'environ 4%.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,35% à 28.210 points, tandis que l'indice large S&P 500 a perdu 0,22% à 3.435 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a lâché 0,28% à 11.484 pts.

La plus forte baisse revient à l'indice sectoriel de l'énergie, qui a perdu 2%, suivi des industrielles (-1%) et des biens de consommations discrétionnaires (-0,65%). A la hausse, les services de communication (qui comprennent les réseaux sociaux) ont gagné 1,3%. La hausse de Snap a profité aussi à Facebook (+4,1%) et Twitter (+8,3%).

Le Livre Beige économique de la Fed, publié en soirée, a constaté que l'économie américaine progressait à un rythme "léger à modéré" ces dernières semaines. Le rapport a adopté un ton un peu plus optimiste qu'en septembre, relevant que "les districts ont fait état de perspectives généralement optimistes ou positives, assorties d'un certain degré d'incertitude" lié à l'évolution de la pandémie de Covid-19.

La reprise est toutefois très inégale selon les secteurs, a relevé la banque centrale, à deux semaines de sa prochaine réunion des 4 et 5 novembre, qui suivra de près l'élection présidentielle du 3 novembre. Les marchés n'attendent pas de décision spectaculaire de cette réunion, d'autant que les membres de la Fed ont mis la pression sur la classe politique ces dernière semaines, appelant les partis à adopter un nouveau plan de soutien budgétaire.

Le plan de soutien se fait attendre, le Sénat renâcle

Les marchés commencent à se lasser des hauts et des bas dans les négociations sur ce plan. La présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin sont montrent pourtant assez optimistes sur un accord possible. Toutefois, il n'ont plus insisté mercredi sur l'importance de voter un plan avant le 3 novembre, laissant entendre que le vote sera repoussé après l'élection, même si un accord pourrait encore intervenir dans les prochains jours.

Depuis mars, le Congrès américain a déjà voté en plusieurs étapes environ 3.000 Mds$ d'aides aux entreprises, aux particuliers et au système de santé. Mais les crédits sont désormais en voie d'expiration, au moment où la reprise économique donne des signes d'essoufflement et que la 2e vague de la pandémie se répand en Europe et aux Etats-Unis.

Le blocage semble notamment provenir du Sénat, dominé par les Républicains, qui restent très réticents face à l'idée d'un nouveau plan massif, qui alourdirait le déficit budgétaire. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a indiqué que le Sénat allait voter ce mercredi sur un plan de soutien limité et ciblé de 500 Mds$. Selon les médias, McConnell aurait appelé mercredi les Républicains et la Maison Blanche à ne pas conclure un accord de grande envergure avec les Démocrates avant l'élection du 3 novembre.

Le pétrole et le dollar en baisse, l'or et les taux remontent

Les cours du pétrole ont replongé mercredi, sur fond d'inquiétude pour la demande, malgré l'annonce d'une légère baisse des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine passée. Le contrat de décembre sur le baril de brut léger américain (WTI) a chuté de 4% à 40,03$ sur le Nymex, tandis que le contrat sur le Brent pour livraison en décembre a perdu 3,3% à 41,73$.

D'après le Département à l'Energie, les stocks domestiques de pétrole pour la semaine close le 16 octobre ont reculé de 1 million de barils à 488,1 mb, contre un consensus de -1,4 million de barils. Les réserves d'essence ont progressé de 1,9 million de barils, alors que les stocks de produits distillés ont diminué de 3,8 mb.

L'or a poursuivi en revanche sa hausse, gagnant 0,70% à 1.929,50$ l'once pour le contrat à terme de décembre sur le Comex. Le métal jaune gagne plus de 26% depuis le début de l'année, profitant des incertitudes économiques liées à la crise sanitaire et des vastes plans de relance monétaire et budgétaire, qui font anticiper un retour de l'inflation à moyen terme. L'or profite aussi depuis plusieurs jours d'un accès de faiblesse du dollar, qui rend les achats de matières premières moins onéreux pour les acheteurs internationaux.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises) a encore reculé de 0,44% à 92,66 points, tandis que l'euro a avancé de 0,30% à 1,1856$. Sur le marché obligataire américain, le rendement de l'obligation d'Etat (T-Bond) à 10 ans a gagné 2 points de base à 0,81%, remontant au plus haut depuis juin dernier.

VALEURS A SUIVRE

Snap Inc (+28,3% !) a publié contre toute attente un bénéfice net au 3e trimestre (en données ajustées), grâce à une hausse plus forte que prévue du nombre d'utilisateurs, qui a boosté ses revenus publicitaires. Le réseau social a fait état de 249 millions d'utilisateurs actifs quotidiens, en hausse de 11 millions par rapport au 2e trimestre, alors que le consensus tablait sur une hausse de 5 millions. Snap avait déjà acquis 11 millions d'utilisateurs supplémentaires au 1er trimestre, puis 9 millions au 2e trimestre.

La compagnie symbolisée par un petit fantôme a notamment profité d'une refonte de son application sous Android et de ses investissements dans sa plateforme de publicité en ligne. Pour le trimestre achevé fin septembre, elle a dégagé des revenus de 679 millions de dollars au 3e trimestre, en hausse de 52% par rapport à la même période de 2019 (446 M$), alors que les analystes tablaient sur des ventes de 557 M$. En normes comptables GAAP, le résultat net trimestriel ressort en perte de 200 M$ (14 cents par action) contre une perte de 227 M$ un an plus tôt. Mais après ajustement des éléments non récurrents, Snap a dégagé un profit surprise de 1 cent par action, contre une perte de 4 cents un an plus tôt. Ces chiffres sont tous meilleurs que prévu : les analystes tablaient sur une perte par action de 18 cents en normes GAAP et une perte de 5 cents en termes ajustés.

Netflix (-6,9%) a publié ses comptes du 3e trimestre, qui ont déçu les marchés par un nombre de nouveaux abonnés inférieur aux attentes. Netflix a ainsi fait état de 2,2 millions de nouveaux abonnés au 3e trimestre, contre 3,5 millions attendus par le consensus des analystes et 2,5 millions prévus par la direction du groupe américain. Pour le 4e trimestre, Netflix dit s'attendre à 6 millions d'abonnés supplémentaires, un objectif là aussi inférieur aux attentes des analystes, qui s'attendaient en moyenne à une hausse de 6,5 millions. Il s'agit aussi d'un ralentissement par rapport au 4e trimestre 2019 (+8,8 millions). Le bénéfice net a atteint 790 millions de dollars au 3e trimestre, en hausse de 18%, ce qui correspond à 1,74$ par action en données ajustées, contre 1,47$ un an plus tôt. Les revenus ont grimpé de 23% pour atteindre 6,44 milliards. Le consensus était de 2,13$ de bpa et 6,39 Mds$ de CA.

Alors que Netflix doit affronter la concurrence de nombreux groupes dont Walt Disney, Apple et AT&T, qui se sont lancés sur le marché du streaming fin 2019, la direction de Netflix s'est montrée confiante sur la qualité de ses contenus propres en 2021. Ainsi, le groupe a précisé que les tournages avaient repris malgré la crise du Covid-19, dont celui de la 4e saison de la série "Stranger Things" et de la 2e saison de "The Witcher".

Texas Instruments (-3,1%), géant américain des semi-conducteurs, a dépassé les attentes sur le trimestre clos et fourni une solide guidance. Pour le quatrième trimestre fiscal, TI envisage des revenus allant de 3,41 à 3,69 milliards de dollars, pour un bénéfice par action logé entre 1,20 et 1,40$. Le consensus était de 1,2$ de bpa et 3,35 milliards de recettes. Sur le trimestre clos, le groupe de Dallas a réalisé un bpa de 1,45$ et des revenus de 3,82 milliards (+1%), contre 1,28$ de bpa et 3,4 milliards de revenus anticipés en moyenne par les analystes. En séquentiel, par rapport au précédent trimestre, les revenus ont rebondi de 18% avec la demande dans l'automobile et l'électronique.

Abbott (-2,2%) a annoncé une forte croissance au troisième trimestre et rehaussé sa guidance. Les ventes du troisième trimestre ont augmenté de 9,6%, la croissance organique ressortant à 10,6%. Les ventes mondiales ont totalisé 8,9 milliards de dollars. Le bénéfice dilué des opérations continues a représenté 69 cents, alors que le bénéfice ajusté par action s'est établi à 98 cents, en croissance de 17% en glissement annuel. Le groupe envisage désormais, pour l'exercice 2020, un bénéfice dilué par action des opérations continues d'au moins 2,35$ et un bpa ajusté d'au moins 3,55$.

Biogen (+0,6%) a battu le consensus sur le trimestre clos, mais abaissé sa guidance annuelle. Sur le trimestre, le groupe biotechnologique américain a réalisé un bénéfice par action de 8,84$ sur une base ajustée, pour des revenus de 3,38 milliards de dollars. Le consensus était de 8,09$ de bénéfice par action et 3,35 milliards de ventes. Un an plus tôt, le bpa ressortait à 9,17$ et les ventes s'établissaient à 3,62 Mds$. Le groupe table maintenant sur un bpa ajusté réduit, logé entre 32,5 et 33,5$, pour des ventes allant de 13,2 à 13,4 milliards de dollars. Le groupe, qui souffre de la concurrence générique, tablait auparavant sur un bpa annuel de 34-36$ et des revenus de 13,8 à 14,2 Mds$.

Gap (-2,2%) va probablement fermer ses magasins en Europe. Le groupe américain a annoncé ainsi hier soir une revue stratégique afin d'évaluer ses options concernant ses activités en Europe, y compris une possible fermeture des magasins en Italie, au Royaume-Uni, en France et en Irlande en fin de deuxième trimestre 2021. Le groupe revoit également son modèle d'entreposage et de distribution ainsi que ses activités de commerce en ligne (enseignes Gap et Banana Republic) en Europe. Le groupe pourrait fermer son centre de distribution britannique de Rugby...

Eli Lilly (-1,6%), le laboratoire pharmaceutique d'Indianapolis, a indiqué qu'il avait engagé un conseil indépendant pour mener une inspection d'un site produisant son traitement potentiel du Covid-19, après avoir reçu des notifications de l'agence américaine du médicament.

Verizon (-0,8%). L'opérateur télécom américain a gagné plus de nouveaux abonnés que prévu au troisième trimestre et envisage pour 2020 sur une croissance du bénéfice ajusté dans le haut de la fourchette antérieure de prévisions. Verizon a affiché au troisième trimestre un bpa ajusté de 1,25$, stable en glissement annuel, contre 1,22$ de consensus. Les revenus ont décliné de 4% à 31,5 milliards de dollars. Le bpa ajusté annuel est attendu stable ou en croissance jusqu'à +2%, avec une croissance d'au moins 2% au dernier trimestre dans le wireless.

Baker Hughes (+3%). Le groupe parapétrolier a accusé une troisième perte trimestrielle consécutive à cause de la faible demande. Néanmoins, le bénéfice ajusté du troisième trimestre est ressorti conforme aux attentes de marché, et les revenus ont chuté moins que prévu. La perte nette ressort à 170 millions de dollars et 25 cents par titre, contre un profit de 57 millions un an plus tôt, à la même période.

Nasdaq Inc. (+2,6%). L'opérateur boursier américain a fait part d'un bond de 76% de son bénéfice par action au troisième trimestre à 1,58$, grâce à l'augmentation des volumes de transactions. Les revenus se sont améliorés de 13% à 715 millions de dollars. La marge opérationnelle a grimpé à 46% contre 36%. La marge non-GAAP a atteint 52%, contre 50% un an plus tôt. Le bpa ajusté a grimpé de 20% à 1,53$.

Pioneer Natural Resources (-6%) a confirmé le rachat programmé de son rival Parsley Energy (-8,3%) pour un montant de 4,5 milliards de dollars... Avangrid (-6,9%), filiale américaine de l'Espagnol Iberdrola (-1,7% à Madrid) a scellé le rachat de PNM Resources (+9%) pour 4,3 milliards de dollars dans les énergies renouvelables...

Tesla (+0,17%) et Whirlpool (-1,5%) publient après bourse ce jour leurs derniers comptes trimestriels à Wall Street. Southwest, AT&T, Coca-Cola, Intel, Mattel et Seagate annoncent notamment demain jeudi.

©2020,

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !