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Clôture de Wall Street : en baisse, la 2e vague de Covid inquiéte

Clôture de Wall Street : en baisse, la 2e vague de Covid inquiéte
Clôture de Wall Street : en baisse, la 2e vague de Covid inquiéte
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — A l'issue d'une séance hésitante, la Bourse de New York a baissé mercredi soir, face à l'ampleur de la 2e vague de l'épidémie de coronavirus, qui a désormais fait près de 250.000 morts aux Etats-Unis, et menace d'étouffer la reprise économique entamée pendant l'été. A la clôture, l'indice Dow Jones a chuté de 1,16% à 29.438 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 1,16% à 3.567 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a flanché de 0,82% à 11.801 pts. Le Russell 2000, qui regroupe les petites et moyennes valeurs de la cote américaine, a cédé 1,16%, mettant fin à une série de trois records consécutifs.

Les laboratoires Pfizer (+0,78%) et BioNTech (+4%) ont pourtant publié mercredi les résultats définitifs de leur essai de Phase 3, qui ont démontré une efficacité à 95% de leur candidat vaccin contre le coronavirus. Mais avant que la future campagne de vaccination ne fasse effet, courant 2021, les marchés réalisent que les prochains mois risquent d'être compliqués... Le président américain élu Joe Biden a prédit lundi un "hiver sombre" et a appelé le Congrès à adopter rapidement un nouveau plan de soutien à l'économie. Mercredi, l'emblématique patron de JP Morgan, Jamie Dimon, a déploré le "comportement puéril" des élus du Congrès, qui tardent à adopter un nouveau plan de soutien à l'économie.

Le bilan du Covid approche 250.000 morts aux US, les écoles ferment à New York

Les Etats-Unis sont le pays le plus endeuillé par l'épidémie de Covid-19, qui a désormais fait près de 250.000 morts (249.733 décès mercredi soir, en hausse de plus de 1.700 en 24h) depuis l'apparition du virus sur le territoire, et plus de 11,4 millions de cas confirmés, selon les dernières statistiques de l'université américaine Johns Hopkins, qui font référence.

Face à la résurgence de l'épidémie depuis octobre, de plus en plus d'Etats américains ont annoncé des nouvelles mesures de restriction de déplacements, dont New York, l'Oregon, la Californie, Washington, le Michigan, le New Jersey et le Nouveau Mexique.

Chicago, la 3e ville du pays, a mis en place de mesures de confinement depuis lundi. Dans l'Etat de New York, le plus touché par la 1e vague de coronavirus au printemps, les bars et restaurants doivent fermer à 22h depuis le 13 novembre. Et mercredi soir, le maire de New York, Bill de Blasio, a annoncé la fermeture des établissements scolaires de la ville, qui passeront en enseignement à distance dès ce jeudi pour une durée indéterminée...

La Fed et le Congrès attendus pour faire face à la 2e vague de Covid

Dans ces conditions, plusieurs indicateurs économiques ont commencé à fléchir, dont la confiance des consommateurs début novembre, la consommation en octobre, les achats par cartes de crédit ou encore la fréquentation des restaurants... L'attention des marchés se tourne à nouveau vers la Réserve fédérale américaine, et vers le Congrès américain. Ce dernier n'est pas parvenu à voter un nouveau plan de soutien à l'économie avant l'élection du 3 novembre, qui a débouché sur la victoire de Joe Biden, même si Donald Trump refuse encore de le reconnaître.

Lundi soir, Joe Biden a donc appelé le Congrès à voter "rapidement" un nouveau plan de "soutien immédiat" à l'économie, et a prédit un "hiver sombre" sur fond de pandémie de Covid. Lors d'un discours prononcé depuis son fief de Wilmington (Delaware), le président élu a réitéré ses principaux objectifs de campagne, notamment la création de trois millions d'emplois "bien payés" et d'un salaire minimum horaire à 15 dollars (contre 7,25 dollars actuellement).

Du côté de la Fed, son président Jerome Powell a laissé entendre mardi soir que la banque centrale se tenait prêt à agir davantage. Il a affirmé que le temps n'était pas encore venu, et ne le serait pas de sitôt, pour une levée des outils d'urgence de la Réserve fédérale. Il a précisé que la Fed ne réfléchirait à une normalisation de son bilan qu'après beaucoup de nouveaux progrès sur les fronts de l'inflation et de l'emploi.

Il est donc quasiment certain que la Fed prolongera, voire amplifiera, ses programmes de soutien mis en place en mars, et dont la plupart devaient en principe prendre fin le 31 décembre 2020.

Jamie Dimon juge puérils les désaccords partisans au Congrès

Par ailleurs, Jamie Dimon, le très écouté directeur général de JP Morgan Chase, a dénoncé mercredi un "comportement puéril" de la part des élus américains du Congrès, qui sont dans l'impasse depuis des mois concernant un nouveau plan de relance... Lors d'une conférence organisée par le 'New York Times', M. Dimon a déclaré : "Nous avons ce grand débat, doit-on injecter 2.200 ou 1.500 milliards de dollars ? Vous voulez rire... Trouvez donc un compromis et avancez. Nos politiciens font preuve d'un comportement puéril".

Dimon a appelé le Congrès à voter dès que possible sur un plan permettant de soutenir l'économie jusqu'à la mi-2021 lorsque la vaccination de la population sera bien engagée, selon le dirigeant bancaire. Saluant la perspective d'avoir au moins deux vaccins efficaces, il a conseillé de ne pas crier victoire trop tôt. Au contraire, "ce n'est pas le moment d'agir comme si c'était fini, mais c'est le moment de mettre les bouchées doubles, et de traverser cette crise du Covid le mieux possible".

Au Congrès, la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi et le chef de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer ont invité mardi soir Mitch McConnell, le leader de la majorité républicaine à la Chambre haute, à reprendre les discussions. Sans rejeter la proposition, ce dernier s'en est tenu à rappeler qu'un tel plan devrait être d'une ampleur limitée à 500 milliards de dollars, alors que les Démocrates proposent 2.200 Mds$.

La construction reste bien orientée, le pétrole progresse

Sur le front économique outre-Atlantique ce jour, les mises en chantier de logements et permis de construire aux Etats-Unis pour le mois d'octobre sont ressortis à respectivement 1,53 million et 1,545 million d'unités, contre des consensus de 1,46 million et 1,56 million.

Les cours du pétrole sont restés bien orientés après l'annonce d'une hausse moins forte qu'anticipée des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine passée. Le cours du brut léger américain WTI a gagné 0,9% à 41,82$ le baril, pour le contrat à terme de décembre sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance janvier avance de 1,40% à 44,34$.

D'après le Département à l'Energie, les stocks domestiques de pétrole pour la semaine close le 13 novembre ont en effet progressé de 0,8 million de barils à 489,5 mb, contre un consensus de +1,6 million de barils. Les réserves d'essence ont augmenté de 2,6 millions de barils (contre une hausse de 0,8 mb anticipée par le marché), alors que les stocks de produits distillés ont reculé de 5,2 mb par rapport à la précédente semaine, contre un repli de 1,5 mb attendu.

L'or a reculé mercredi, l'once de métal jaune cédant 0,6% à 1.873,90$ pour le contrat à terme de décembre sur le Comex.

VALEURS A SUIVRE

Pfizer (+0,78%) / BioNTech (+4%). Récemment surclassés de ce point de vue par Moderna (-4,5%) l'Américain Pfizer et son partenaire allemand BioNTech ont annoncé mercredi que leur candidat vaccin contre le Covid-19 était en fait efficace à 95%, selon l'analyse définitive des essais cliniques de phase 3. Les deux laboratoires prévoient de déposer dans les jours à venir une demande d'autorisation d'urgence aux Etats-Unis auprès de la FDA.

Pfizer et BioNTech avaient annoncé plus tôt ce mois des résultats intermédiaires de phase 3 de leur vaccin contre le nouveau coronavirus faisant ressortir une efficacité de plus de 90% à sept jours après la seconde dose. Les deux groupes ont désormais terminé leur étude de phase 3 sur le candidat vaccin, atteignant tous les critères primaires d'efficacité. De son côté, Moderna a fait état lundi d'une efficacité de 94,5% de son candidat-vaccin, selon les résultats préliminaires de son essai de Phase 3.4

Pfizer et BioNTech ont indiqué qu'ils prévoient de soumettre dans les jours à venir auprès de la FDA leur demande de mise sur le marché en urgence, et de partager des données avec d'autres agences de réglementation du monde entier. Les partenaires prévoient de produire dans le monde jusqu'à 50 millions de doses de vaccin en 2020 et jusqu'à 1,3 milliard de doses d'ici la fin de 2021.

Boeing (-3,2% après +2% en début de séance). Le titre du colosse aéronautique américain a fait du yo-yo, alors que l'administration fédérale de l'aviation vient de donner son feu vert pour le retour dans les airs du 737 MAX. Une autorisation qui marque la fin de la plus longue immobilisation au sol d'un avion de ligne dans l'histoire des États-Unis et ouvre la voie à la reprise du service de l'appareil cloué au sol depuis mars 2019, à la suite de deux catastrophes aériennes qui ont fait 346 morts, en Indonésie fin 2018 et en Ethiopie en mars 2019. Pour obtenir l'aval de la FAA, Boeing a dû procéder à d'importants changements, tant au niveau du système anti-décrochage mis en cause dans les crashs, que dans d'autres domaines après la découverte de divers défauts au cours des mois d'examen. Le programme de formation des pilotes a également été revu tout comme les manuels de vol.

Target (+2,3%), le détaillant discount américain, a publié pour son troisième trimestre des résultats remarquables. Les revenus ont totalisé 22,6 milliards de dollars contre 20,7 milliards de consensus. La marge brute s'est élevée à 30,6%. Le profit opérationnel est ressorti également largement supérieur aux attentes, à 1,93 milliard. Le bénéfice dilué par action a représenté 2,79$ contre 1,6$ de consensus. Les ventes à comparable se sont appréciées de 21% en glissement annuel, avec une progression de près de 10% dans les magasins physiques et une hypercroissance confirmée de 155% dans le e-commerce. La progression de l'activité ralentit très légèrement par rapport au rythme impressionnant du second trimestre (+11% pour les ventes en magasins et 195% de croissance sur Internet).

Lowe's (-8,2%) a légèrement raté le consensus de bénéfice pour le troisième trimestre, ce qui devrait peser sur son cours de bourse ce jour à Wall Street. Sur le trimestre clos début novembre, le groupe a réalisé un bénéfice de 1,98$ par titre, en augmentation de 40% en glissement annuel mais 1 petit cent sous le consensus. Les revenus trimestriels ont grimpé de 28% à 22,3 milliards de dollars, contre un consensus de 21,2 milliards. Pour les derniers mois de l'exercice, le groupe envisage une croissance à comparable de 15 à 20%, et un bénéfice ajusté par action allant de 1,1 à 1,20$. Le consensus est de 1,17$ sur la période.

Tesla Motors (+10,2%), déjà dopé mardi (+8,2% en clôture) par l'annonce de son intégration prochaine au sein de l'indice large S&P 500, a poursuivi sa progression mercredi. Le dossier bénéficie d'une note favorable de Morgan Stanley, qui vient de relever sa recommandation de 'pondération en ligne' à 'surpondérer' et de porter son objectif de cours de 360 à 540$.

General Motors (+1,7%), le constructeur automobile de Detroit, doit dévoiler jeudi les détails d'une vaste stratégie sur le segment des véhicules électriques, afin de convaincre les investisseurs qu'il peut être un concurrent sérieux pour Tesla. C'est du moins ce qu'ont indiqué à Reuters des personnes proches du dossier.

Goldman Sachs (-0,16%), le géant new-yorkais de la banque d'affaires, envisagerait une deuxième vague de suppressions d'emplois, trois mois après avoir annoncé les suppressions de 400 postes. C'est ce qu'ont déclaré mardi à Reuters des personnes au fait de la situation.

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