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Clôture de Wall Street : en baisse, Donald Trump gâche la fête

Clôture de Wall Street : en baisse, Donald Trump gâche la fête
Clôture de Wall Street : en baisse, Donald Trump gâche la fête
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York s'est retournée à la baisse jeudi soir, après l'annonce par Donald Trump de la tenue d'une conférence de presse, vendredi, consacrée à la Chine. Le président américain devrait annoncer des mesures de rétorsion, sur fond de reprise en main de Hong Kong par Pékin. En début de séance, les investisseurs continuaient de parier sur une reprise économique rapide, après le déconfinement des populations aux Etats-Unis, où le seuil des 100.000 décès du coronavirus vient d'être franchi.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,58% à 25.400 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fléchi de 0,21% à 3.039 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a reculé de 0,46% à 9.368 pts. Avant l'annonce de Donald Trump, les indices reprenaient entre 0,7% et 1%.

Du côté des valeurs, Boeing (+0,2%) a gagné jusqu'à 3% en séance après avoir annoncé la reprise de la fabrication de son B-737 MAX ainsi que la suppression de 12.000 emplois. Les valeurs technologiques et internet ont fait du yo-yo, après les attaques de Donald Trump contre les réseaux sociaux. Le président américain a signé jeudi soir un décret présidentiel qui facilite les poursuites judiciaires contre les sites web et les sociétés technologiques. Twitter a reculé de 4,4%, le groupe étant particulièrement dans le collimateur de Trump, tandis que Facebook (-1,6%) et Alphabet (-0,14%) ont mieux résisté.

Plus tôt dans la journée, le Nikkei a bondi de 2,3% toujours soutenu par la levée de l'état d'urgence sanitaire et un nouveau plan de relance de 930 milliards de dollars au Japon. Le Hang Seng a perdu 0,7% après l'adoption par le parlement chinois de la loi de sécurité nationale, qui restreint les libertés politiques dans ce territoire chinois censé être autonome. En Europe, l'EuroStoxx 50 a pris 1,4% et le CAC 40 a bondi de 1,76%, alors que la France va entamer le 2 juin la 2e phase de son déconfinement.

Sur le front géopolitique, les relations sino-américaines risquent donc de nouveau de se tendre, après l'adoption jeudi matin par le parlement chinois du projet de loi sur la sécurité nationale visant Hong Kong, un projet qui suscite la contestation sur place et alimente les tensions avec Washington.

Vers une nouvelle guerre commerciale entre Washington et Pékin ?

Mercredi, le secrétaire d'Etat Mike Pompeo a estimé que Hong Kong ne pouvait plus prétendre à un traitement spécifique de la part des Etats-Unis en matière commerciale. Il revient désormais au président américain de décider s'il suspend le statut économique spécial de Hong Kong, qui lui permet actuellement d'être exempté des droits de douane imposés à la Chine continentale.

Donald Trump pourrait annoncer vendredi une série de mesures de rétorsion allant de nouveaux droits de douane à des sanctions contre des personnalités chinoises (limitations de visas, interdictions bancaires...)

Du côté de Pékin, le ministère des Affaires étrangères a affirmé dès mercredi quela Chine riposterait si Washington prenait des mesures relatives à la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. Dimanche, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait averti que la Chine et les Etats-Unis étaient "au bord d'une nouvelle Guerre froide".

"Outre la dévastation causée par le nouveau coronavirus, un virus politique se propage aux Etats-Unis", avait regretté devant la presse le chef de la diplomatie chinoise, sans nommer le président américain. "Ce virus politique saisit toutes les occasions pour attaquer et diffamer la Chine", avait-il fustigé...

Emploi, PIB et commandes de biens durables toujours en berne aux Etats-Unis

Les statistiques économiques publiées jeudi continuent de porter les stigmates de la crise du coronavirus, mais les investisseurs préfèrent se projeter au-delà, pariant sur une forte reprise de la croissance à partir du 3e trimestre.

La révision en baisse du PIB des Etats-Unis au 1er trimestre n'a donc pas surpris, les marché ayant déjà intégré que le 2e trimestre sera encore plus catastrophique. Selon la 2e estimation, le PIB a chuté de 5% en rythme annuel au 1er trimestre contre -4,8% en lecture initiale. Les dépenses réelles de consommation sur le trimestre se sont écroulées de 6,8% selon la nouvelle estimation du jour. L'indice de prix rattaché au PIB a augmenté sur un rythme de 1,7%.

Le nombre de chômeurs a encore bondi de plus de 2 millions la semaine dernière, mais le rythme des demandes ralentit légèrement. Pour la semaine close au 23 mai, les inscriptions au chômage ont ainsi atteint 2,123 millions, en repli de 323.000 par rapport à la semaine antérieure (2,438 millions). Elles ressortent globalement en ligne avec les attentes du marché puisque le consensus était positionné à 2,1 millions.

Les mesures de confinement adoptées à partir de la mi-mars pour contenir la pandémie ont entraîné en avril la plus forte destruction du nombre d'emplois depuis la "Grande Dépression". Au cours des dix dernières semaines, ce sont plus de 40 millions d'Américains qui se sont retrouvés sans emploi.

Par ailleurs, les commandes de biens durables se sont effondrées de 17,2% en avril en comparaison avec mars, contre -18,2% de consensus et -16,6% en mars. Enfin, l'indice des promesses de ventes de logements a plongé de 21,8% en avril par rapport à mars, pire que le consensus de place de -15% et après un recul de 20,8% en mars.

Le pétrole repart en hausse, l'or se stabilise

Les cours du pétrole étaient bien orientés jeudi, malgré une hausse surprise des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis. Le baril de brut léger américain WTI pour livraison juillet a regagné 2,7% à 33,71$ sur le Nymex, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet a repris 1,6% à 35,29$. Les gains se sont toutefois estompés en fin de séance dans la crainte d'une nouvelle guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Les stocks de pétrole ont bondi de 7,9 millions de barils à 534,4 mb, la semaine dernière aux Etats-Unis, alors que les experts tablaient sur un repli d'environ 2 millions de barils.

De son côté, l'or s'est stabilisé après sa récente correction. Le contrat à terme d'août a repris 0,1% à 1.728,30$ l'once à la clôture du Comex. Le métal jaune progresse de plus de 10% depuis le début de l'année, faisant office de valeur-refuge face à la multiplication des risques sanitaires et géopolitiques et aux politiques ultra-accommodantes des banques centrales.

VALEURS A SUIVRE

Boeing a fini sur un gain de 0,2% après avoir grimpé de 3% en séance. Quelques semaines après avoir annoncé son intention de supprimer jusqu'à 10% de ses équipes, le géant de l'aéronautique a indiqué hier soir qu'il allait licencier 6.770 employés américains cette semaine alors que 5.520 autres salariés ont accepté des offres de départ volontaire. Boeing a réduit le rythme de production de plusieurs de ses appareils afin de faire face à la chute de la demande à la suite de l'effondrement du trafic aérien.

"L'impact dévastateur de la pandémie Covid-19 sur l'industrie du transport aérien signifie une réduction importante du nombre d'avions commerciaux et de services dont nos clients auront besoin au cours des prochaines années, ce qui se traduit par une diminution des emplois sur nos lignes et dans nos bureaux", a déclaré le PDG David Calhoun dans un mémo transmis aux employés.

La bonne nouvelle du côté de Renton, dans l'Etat de Washington, est venue de l'annonce de la reprise de la production du 737MAX, à un rythme toutefois peu élevé. L'appareil est cloué au sol depuis mars 2019 à la suite de deux crashs mortels qui ont coûté la vie à plus de 300 personnes. "Le programme 737 a recommencé à construire des avions à un faible rythme alors que plus d'une douzaine d'initiatives visant à améliorer la sécurité sur le lieu de travail et la qualité des produits ont été mises en places".

Abercrombie & Fitch (-11%) a décroché. Le détaillant américain en vêtements et accessoires a en effet publié des résultats inférieurs aux attentes pour le trimestre clos. La perte nette trimestrielle s'est élevée à 244 millions de dollars, soit 3,9$ par titre, contre un déficit de 19 millions de dollars un an plus tôt. La perte ajustée par titre est ressortie à 3,29$, alors que le consensus FactSet était de -1,39$. Les revenus trimestriels se sont écroulés à 485 millions de dollars, contre 734 millions de dollars un an plus tôt et 497 millions de consensus.

Dollar Tree (+11,5%), le détaillant discount américain, a bénéficié des achats de précaution liés à la crise sanitaire au premier trimestre. Ainsi, le bénéfice net est ressorti supérieur aux attentes à 248 millions de dollars soit 1,04$ par titre, contre 268 millions de dollars un an avant. Les ventes ont progressé à 6,29 milliards de dollars, contre 5,8 milliards un an plus tôt. Le consensus mesuré par FactSet était de 85 cents de bénéfice trimestriel par action pour 6,14 milliards de dollars de facturations.

Dollar General (-1,6%) a également profité de la demande liée au coronavirus. Les stocks des ménages ont dopé les ventes, qui ont grimpé de 28% à 8,45 milliards de dollars pour le premier trimestre fiscal clos début mai. A magasins comparables, l'activité a augmenté de près de 22%. Le groupe a aussi fait état d'une croissance bénéficiaire de 69%, et entend même dépasser ses anticipations annuelles de ventes ou profits.

Hertz Global Holdings (-22%). Carl Icahn, le milliardaire qui était jusqu'alors le principal actionnaire de la firme, a vendu à perte sa participation qui représentait 39% du capital, soit 55,3 millions de titres cédés à 72 cents pièce. Il faut dire que le loueur américain de véhicules s'est donc inscrit sous protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites, la pandémie de Covid-19 ayant provoqué un effondrement de ses revenus avec la chute du secteur aérien. Le groupe a évoqué un impact "dévastateur" de la crise sanitaire, dans les documents transmis à la cour du Delaware.

Toll Brothers (-2,3%), géant américain de la construction résidentielle haut de gamme, a retiré ses prévisions annuelles du fait de la pandémie de coronavirus. Sur le trimestre clos fin avril, les comptes ont toutefois dépassé les attentes de marché. Le groupe a réalisé un bpa trimestriel de 59 cents, contre 87 cents un an plus tôt et 45 cents de consensus de place. Le bénéfice net a atteint 76 millions de dollars.

Nio (-8,1%), le "Tesla chinois", a publié un chiffre d'affaires trimestriel moins bon que prévu, mais une perte moins lourde qu'anticipé. La perte nette a été réduire à environ 243 millions de dollars sur le trimestre.

HP Inc (-12,3%) a déçu. Le groupe informatique a dévoilé des revenus trimestriels en baisse et une guidance de bénéfice pour son troisième trimestre inférieure aux attentes. Les ventes trimestrielles ont baissé de 11% avec le Covid-19. Le bénéfice net du second trimestre s'est établi à 764 millions de dollars soit 53 cents par titre, pour des recettes de 12,5 milliards. Le bpa ajusté a représenté 51 cents, contre 53 cents un an plus tôt et 44 cents de consensus. Le consensus de revenus était toutefois de 12,93 Mds$.

Tech Data (+2,1%) a battu le consensus. Le bénéfice trimestriel ajusté par action a représenté 2,22$, contre 1,65$ de consensus de marché et 2,04$ un an avant. Le distributeur américain de produits technologiques a affiché des revenus trimestriels de 8,18 milliards de dollars, ce qui dépasse également les attentes. Les ventes se situaient à 8,4 milliards sur la période correspondante de l'an dernier.

Micron (-6%) a relevé sa guidance de ventes pour le troisième trimestre fiscal. Le concepteur de 'puces' de l'Idaho table désormais sur des revenus allant de 5,2 à 5,4 milliards de dollars sur la période, contre une fourchette antérieure logée entre 4,6 et 5,2 milliards de dollars. Le bpa ajusté est anticipé maintenant entre 75 et 80 cents, contre 40 à 70 cents auparavant.

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