Cotation du 18/04/2019 à 22h50 Dow Jones Industrial +0,42% 26 559,54
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Clôture de Wall Street : en arrière toute, la croissance inquiète !

Clôture de Wall Street : en arrière toute, la croissance inquiète !
Clôture de Wall Street : en arrière toute, la croissance inquiète !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les marchés boursiers américains ont fini dans le rouge vif, vendredi, déprimés par la publication d'indicateurs d'activité très décevants en Europe et fragiles aux Etats-Unis, qui font craindre un ralentissement économique plus prononcé que prévu. L'action Nike (-6,6%) a pesé sur la cote, malgré des résultats trimestriels meilleurs que prévu, mais des ventes en-deçà des attentes aux Etats-Unis. Les marchés avaient pourtant atteint jeudi leur plus haut niveau depuis 5 mois (pour le S&P 500 et le Nasdaq), grâce à la politique monétaire plus accommodante de la Fed. Mais vendredi, une brève chute des taux à 10 ans américains sous ceux à 2 ans, a relancé les craintes de récession.

A la clôture, l'indice Dow Jones a perdu 1,77% à 25.502 pts, alors que l'indice large S&P 500 a régressé de 1,90%, pour terminer sur la barre symbolique des 2.800 pts. Le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a abandonné 2,50% à 7.642 pts.

Sur l'ensemble de la semaine, les trois indices ont reculé respectivement de 1,3%, 0,77% et 0,6%.

L'activité manufacturière chute en Allemagne au plus bas depuis 2012

Un fois n'est pas coutume, le signal de la baisse est venu d'Europe, où les indicateurs "flash" PMI manufacturiers de mars ont particulièrement déçu, faisant chuter les marchés boursiers européens (-1,8% pour l'Euro Stoxx 50, -2% pour le CAC 40). Aux Etats-Unis, l'indice PMI composite est aussi ressorti inférieur aux attentes, mais il reste fermement dans la zone d'expansion, alors que les chiffres des reventes de logements s'affichent robustes aux Etats-Unis.

Dans la zone euro, l'activité manufacturière s'est enfoncée en zone de contraction, l'indice flash PMI manufacturier ressortant à 47,6 en mars contre 49,3 en février, au plus bas depuis avril 2013. Un plongeon dû notamment à l'Allemagne où l'indice à chuté de 47,6 en février à 44,7 en mars, un point bas inédit depuis l'été 2012.

Ces statistiques ont entraîné une ruée des investisseurs vers les valeurs refuge, à savoir les obligations, le dollar et l'or. Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de devises de référence, gagnait vendredi soir 0,14% à 96,63 points, tandis que l'euro trébuchait de 0,66% à 1,1298$. La livre sterling reculait de 0,73% à 1,3203$ alors que l'Union européenne a donné jusqu'au 12 avril à Londres pour approuver l'accord sur le Brexit, faute de quoi, le risque de "hard Brexit" reste élevé.

Le spectre d'une inversion de la courbe des taux, signe avant-coureur de récession

Sur le marché obligataire américain, la hausse des cours a entraîné une baisse des rendements (qui évoluent mécaniquement en sens inverse). Le taux de l'emprunt d'Etat allemand (Bund) à 10 ans est ainsi tombé en terrain négatif pour la première fois depuis 2016, à -0,02% (-6 points de base).

Aux Etats-Unis, le taux du '10 ans' (bon du Trésor) américain est revenu à 2,44%, plongeant de 10 points de base, au plus bas depuis plus d'un an, en décembre 2017. Ce taux est même tombé brièvement en séance en dessous de celui du T-Bond à trois mois. Cette brève inversion de la courbe des taux a engendré un léger vent de panique sur les marchés...

En effet, en temps normal, les taux à court terme sont inférieurs aux taux à long terme, l'inverse étant considéré par les économistes comme le signe d'anticipation d'une récession. Cependant, il faut pour cela que le phénomène d'inversion se produise de façon durable, et non ponctuelle, comme ce fut le cas ce vendredi.

Les cours du pétrole, qui avaient retrouvé ces derniers jours leurs plus hauts niveaux depuis 4 mois, ont corrigé vendredi sur fond de craintes sur la croissance mondiale. Le contrat à terme de mai sur le brut léger américain WTI a cédé 1,57% à 59,04$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent cédait 1,22% à 67,03$.

L'or a gagné 0,43% à 1.312,20$ l'once pour le contrat à terme de juin sur le Comex, portant sa progression à 1,2% sur la semaine.

Donald Trump nomme un proche au Conseil de la Fed

Jeudi, les marchés boursiers s'étaient hissés au plus haut depuis 5 mois dans le sillage des annonces plus "colombes" que prévu de la Fed à l'issue de sa réunion de mardi et mercredi. La banque centrale américaine n'a ainsi plus l'intention de relever ses taux directeurs en 2019, et n'envisage plus qu'un seul tour de vis en 2020. En outre, la Fed a indiqué mercredi qu'elle mettrait fin en septembre à son programme de réduction du bilan, ce qui revient indirectement à assouplir sa politique monétaire.

Donald Trump, qui critique régulièrement la Fed pour avoir relevé les taux trop vite à son goût, a une nouvelle fois enfoncé le clou vendredi. Lors d'une interview sur la chaîne 'Fox Business, le président américain a ainsi estimé que l'économie américaine aurait pu progresser de 4% au lieu de 3,1% en 2018, si la Fed n'avait pas relevé 4 fois les taux durant l'année...

Le leader de la Maison Blanche a par ailleurs annoncé qu'il s'apprêtait à nommer l'un de ses ex-conseillers, Stephen Moore, pour un siège au Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (où deux sièges sont actuellement vacants). Via Twitter, le président américain a écrit "J'ai le plaisir d'annoncer que @StephenMoore, un économiste très respecté, sera nommé au conseil de la Fed. Je connais Steve depuis longtemps, et je n'ai aucun doute qu'il sera un choix exceptionnel !"

La nomination d'un membre du conseil de la Fed doit encore être approuvé par le Sénat américain pour être effective. Stephen Moore, un commentateur économique affilié à un groupe de réflexion conservateur, la Heritage Foundation, faisait partie des conseillers de Donald Trump lors de sa campagne présidentielle.

Il a souvent critiqué la politique de taux très bas de la Fed (comme Trump avant son élection), mais a depuis adopté la même position que le président américain, à savoir que la banque centrale pénalise l'économie américaine en relevant trop vite ses taux directeurs.

Statistiques mitigées aux Etats-Unis

Alors que la zone euro ralentit de façon inquiétante, l'activité économique reste plus dynamique aux Etats-Unis, mais elle marqué le pas en mars, selon les derniers indicateurs. Ainsi, l'indice flash PMI composite a amplement déçu ce vendredi, ressortant à 54,3, contre 55,2 de consensus de place et 55,8 pour sa lecture antérieure. L'indice manufacturier s'est élevé à 52,5, contre 53,5 de consensus et 53,7 pour la précédente lecture. Enfin, l'indice des services a aussi manqué le consensus, à 54,8 contre 56.

En revanche, les reventes de logements existants ont été très supérieures aux attentes en février. Elles se sont établies à 5,51 millions d'unités, contre 5,1 millions de consensus et 4,93 millions un mois avant. Ces reventes de logements ont donc grimpé de 11,8% en comparaison du mois antérieur, même si elles se tassent encore de 1,8% en glissement annuel.

Les stocks de grossistes du mois de janvier 2019, qui viennent aussi d'être dévoilés, se sont établis en vive progression de 1,2% en comparaison du mois précédent, contre un consensus de place logé à +0,1%.

VALEURS A SUIVRE

Nike a perdu 6,6% après une déceptions sur ses comptes publiés jeudi soir après la clôture. Pourtant, au troisième trimestre fiscal, le bénéfice du géant américain des équipements sportifs a atteint 1,1 milliard de dollars, soit 68 cents par action, supérieur au consensus qui était placé à 64 cents. Pendant la même période 2018, le groupe avait enregistré une perte de 921 millions de dollars (57 cents par action). Les revenus ont totalisé 9,6 milliards de dollars sur le trimestre, conformes aux attentes, et en hausse de 7% par rapport à la même période l'an passé (9 Mds$).

Les ventes du groupe aux Etats-Unis ont quelque peu déçu, avec une hausse de 7% hors effets de change, là où les analystes attendaient plutôt 10% de croissance par rapport à l'an passé. Dans la zone Europe-Moyen-Orient-Afrique, les ventes de Nike ont monté de 12% hors variations de change et en Chine, elles ont bondi de 24%. En Asie-Pacifique et en Amérique Latine, elles ont aussi fortement progressé, de l'ordre de 14%.

Levi Strauss a cédé 1,3%, après son envol de 32% jeudi pour son introduction sur le New York Stock Exchange. Rappelons que le prix d'introduction était fixé au-dessus du haut de la fourchette indicative, à 17$ pièce. Le fabricant de jeans a annoncé mercredi avoir placé pour 623 millions de dollars de titres dans le cadre de son 'IPO' (introduction en bourse). Ainsi, la valorisation de l'affaire s'établissait sur ces bases à 6,6 milliards de dollars. Compte-tenu de la hausse du cours, la valorisation approche désormais des 9 milliards de dollars.

Sur le montant total de la levée de fonds, 161 millions de dollars concernent l'émission d'actions nouvelles, tandis que 462 millions de dollars correspondent à des cessions d'actionnaires historiques. Les produits de l'opération doivent servir notamment au développement de la gamme, a affirmé le groupe contrôlé par la famille héritière (Haas). Levi Strauss était sorti de la cote en 1985 à l'initiative des héritiers du groupe. La marque légendaire de blue-jeans avait donc quitté le marché boursier américain il y a plus de trois décennies.

Boeing (-2,8%). Les deux catastrophes ayant impliqué un B737 MAX en moins de six mois risquent de peser lourd dans le carnet de commandes. Alors que Lion Air, un des principaux clients du best-seller de Boeing et client de lancement du 737 Max9, a déjà suspendu la livraison de 4 avions prévue cette année et pourrait annuler plusieurs milliards de dollars de contrats, Garuda Indonesia a indiqué avoir demandé l'annulation de sa commande de 49 avions 737 MAX. La compagnie aérienne nationale indonésienne a toutefois précisé qu'elle pourrait acquérir à la place d'autres modèles de Boeing. Les livraisons de 737 MAX sont bloquées alors que l'avion est interdit de vol dans tous les pays où il opère normalement. Boeing poursuit néanmoins la production de l'appareil...

Tiffany a grimpé de 3,1%. Le joaillier new-yorkais a pourtant publié des comptes marqués par des ventes inférieures aux attentes pour la période des fêtes. Sur le trimestre clos fin janvier 2019, le bénéfice net est ressorti à 205 millions de dollars soit 1,67$ par titre, contre 62 millions de dollars et 50 cents par action un an avant. Le bénéfice ajusté par action de ce quatrième trimestre s'est élevé à 1,60$, conforme au consensus de place. Les revenus ont en revanche quelque peu déçu, à 1,32 milliard de dollars contre 1,33 milliard de consensus. L'activité à comparable a reculé quant à elle de 1%.
Le groupe américain de luxe avait déjà prévenu d'une telle faiblesse de la demande il y a deux mois de cela, du fait de la faiblesse économique en Europe et sur le marché domestique.

Cintas (-6,5%) a corrigé, alors que la société a présenté hier soir ses comptes pour le troisième trimestre de l'exercice 2019. Les revenus de Cintas s'élèvent à 1,68 milliard de dollars, soit une hausse de 5,9% par rapport à l'an dernier, contre un consensus de 1,69 Md$. Le bénéfice net s'est quant à lui élevé à 200,9 millions de dollars sur le trimestre, soit 1,83 dollar par action contre 2,66$ l'année dernière. Le fournisseur d'uniformes basé dans l'Ohio bat donc le consensus de profit (1,71$), mais rate de peu celui de chiffre d'affaires.

Cintas a réduit le haut de fourchette de sa guidance de revenus, mais renforce ses estimations annuelles de bénéfices. "Les fermetures chez les clients, causées par les intempéries et le calendrier des vacances au cours du trimestre, ont créé des difficultés pour nos itinéraires. Malgré ces difficultés, nous avons tout de même enregistré une croissance organique solide pour le trimestre", a déclaré la société.

BlackRock (-3%), géant de la gestion d'actifs, a confirmé ce jour l'acquisition du Français eFront, spécialiste des logiciels d'investissement, pour 1,3 milliard de dollars en numéraire, auprès du fonds Bridgepoint et des salariés d'eFront. BlackRock entend intégrer eFront à sa plateforme Aladdin, utilisée par de nombreuses institutions pour le contrôle et la surveillance des risques, ainsi que les décisions d'investissement.

Avon Products (+10%!) a grimpé après un article du 'Wall Street Journal'. Le WSJ croit savoir qu'Avon envisagerait d'être racheté par un concurrent brésilien, Natura & Co, dans le cadre d'une opération où Natura récupèrerait la branche nord-américaine d'Avon scindée il y a trois ans.
Johnson & Johnson (-0,3%), colosse pharmaceutique et médical américain, va comptabiliser une charge de près de 700 millions de dollars au premier trimestre suite à l'arrêt du développement du traitement AL-8176 contre le virus respiratoire syncytial et le métapneumovirus.

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