Cotation du 15/10/2021 à 22h46 Dow Jones Industrial +1,09% 35 294,76
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Clôture de Wall Street : Dow Jones et Nasdaq pénalisés par le pétrole

Clôture de Wall Street : Dow Jones et Nasdaq pénalisés par le pétrole
Clôture de Wall Street : Dow Jones et Nasdaq pénalisés par le pétrole
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street a reculé lundi, en attendant les chiffres de l'inflation en septembre aux Etats-Unis, qui seront publiés mercredi, et alors que la saison des résultats d'entreprises pour le 3e trimestre démarre ces jours-ci avec les grandes banques. L'envolée des cours du pétrole s'est poursuivie, pesant sur la tendance. Les cours du brut WTI ont ainsi fini au-dessus de 80$ le baril pour la première fois depuis près de 7 ans, entretenant les craintes de stagflation de l'économie.

A la clôture, l'indice Dow Jones a reculé de 0,72% à 34.496 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 0,69% à 4.361 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a fléchi de 0,64% à 14.486 pts. La semaine dernière, les trois indices étaient parvenus à progresser, respectivement de 1,2%, de 0,8% et d'un petit 0,1% pour le Nasdaq. Le relèvement temporaire, jusqu'au 3 décembre, du plafond de la dette aux Etats-Unis avait enlevé une partie de la pression sur les marchés financiers.

Neuf des 11 indices sectoriels du S&P 500 pointent dans le rouge lundi soir, dont celui des services collectifs (-1,3%), des services de communication (-1,4%) et des financières (-1%). L'énergie a cédé 0,4% malgré la hausse des cours du pétrole.

A noter que ce lundi était célébré "l'Indigenous Peoples Day" (ex-"Columbus Day") aux Etats-Unis. Si les Bourses sont ouvertes, les marchés obligataires américains sont restés fermés, ainsi que les banques et les bureaux fédéraux.

L'inflation US attendue autour de 5,3% en septembre

Vendredi soir, les taux d'intérêts s'étaient tendus après les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis en septembre. Le rendement du T-Bond à 10 ans avait gagné 4 pb pour atteindre 1,61%, au plus haut depuis début juin. Il était autour de 1,3% le 22 septembre juste avant que la Fed n'annonce son intention de commencer son "tapering". Côté devises, l'indice du dollar progressait lundi soir de 0,32% à 94,37 points face à un panier de devises, au plus haut depuis juillet 2020, tandis que l'euro cédait 0,1% à 1,1555$.

Malgré l'annonce, vendredi, de créations d'emploi très inférieures aux attentes en septembre (194.000) pour le 2e mois consécutif, les experts continuent de penser que la Réserve fédérale américaine annoncera en novembre son intention de réduire ses achats d'actifs (actuellement de 120 milliards de dollars).

Dans ce contexte incertain, les investisseurs sont impatients de prendre connaissance, mercredi, des derniers chiffres de l'inflation aux Etats-Unis, qui devrait se maintenir à un niveau élevé. Le consensus s'attend à ce que l'indice des prix à la consommation (CPI) ait augmenté de 0,3% sur un mois et de 5,3% sur un an, au même rythme annuel qu'en août. Si l'inflation accélérait davantage, cela accentuerait encore la crainte d'un resserrement monétaire plus rapide que prévu.

Le pétrole WTI au plus haut depuis 7 ans, l'aluminium sur des sommets de 13 ans

Les prix sont notamment soutenus des derniers mois par l'envolée des cours du pétrole, qui s'est poursuivie ce lundi, profitant de la reprise économique mondiale mais aussi de la crise énergétique qui touche plusieurs régions de la planète. Le baril de brut léger américain WTI s'est adjugé lundi soir 1,5% à 80,52$ (après +4,6% la semaine dernière) pour le contrat à terme de novembre sur le Nymex. Le baril de Brent de la Mer du Nord a pris 1,5% à 83,65$ (contrat de décembre). Le WTI évolue au plus haut depuis novembre 2014, tandis que le Brent tutoie ses sommets de trois ans.

Les cours du gaz naturel ont corrigé de 4% en Europe et de 3% aux Etats-Unis, après leurs sommets de la semaine passée. Mais d'autres matériaux de base ont grimpé, dont l'aluminium (+2,7%), qui a atteint un plus haut depuis 13 ans sur fond de pénuries d'électricité en Chine, et le cuivre (+1,7%), qui s'échange non loin de ses plus hauts depuis 10 ans.

L'or a fini lundi en recul de 0,1%, à 1.755,70$ l'once pour le contrat à terme de décembre sur le marché Comex. Le bitcoin s'échangeait en soirée autour des 57.278$, en hausse de 3,3% sur 24h, selon le site Coindesk.

Une demande mondiale de pétrole accrue de 500.000 à 1 million de barils par jour ?

Les consommateurs d'énergie se ruent vers le pétrole en réaction à l'envolée des prix des autres combustibles tels que le charbon et le gaz naturel en Europe et en Asie, alors que les stocks s'épuisent avant l'hiver en hémisphère nord. Face à cette situation, les opérateurs se tournent vers les produits pétroliers tels que le diesel et le kérosène.

La compagnie nationale saoudienne Saudi Aramco estime que la pénurie de gaz a déjà augmenté la demande de pétrole d'environ 500.000 barils par jour, tandis que Goldman Sachs Group voit la consommation de brut grimper encore plus haut. Rystad, une société de conseil en énergie, pense que la demande de pétrole pourrait croître de près d'un million de barils par jour cet hiver en raison du passage du gaz au pétrole pour la production d'électricité et le chauffage.

La crise énergétique commence à alimenter les inquiétudes quant à ses implications pour la croissance économique mondiale. Cependant, les analystes ont fait valoir que la crise énergétique pourrait être moins grave pour les Etats-Unis, où les prix du gaz naturel ont augmenté moins qu'en Europe compte tenu de l'offre plus importante. Les chèques de relance ont permis aux ménages de se constituer une épargne, les mettant dans une meilleure position pour absorber les coûts plus élevés des services publics.

Goldman Sachs un peu moins optimiste pour la croissance US

De son côté, Goldman Sachs a abaissé sa prévision de croissance du PIB américain pour 2021 à un taux annualisé de 5,6% contre une estimation précédente de 5,7%. La banque d'investissement a également abaissé sa prévision de croissance pour 2022 à 4,0% contre 4,4%. Les spécialistes de la banque ne citent pas les prix élevés de l'énergie, mais évoquent une reprise économique plus lente que précédemment anticipé, en raison du variant delta du coronavirus, des pénuries de composants, et de la fin des mesures d'aides gouvernementales, un cocktail qui va peser sur les dépenses de consommation outre-Atlantique.

La semaine qui s'ouvre marque le coup d'envoi des résultats d'entreprises avec les comptes des grandes banques pour le troisième trimestre. Ainsi, JP Morgan Chase (-2,1%) annoncera mercredi, suivie de Citigroup (-0,9%), Bank of America (-1,2%), Wells Fargo (-1,5%) et Morgan Stanley (-2,7%) jeudi, puis de Goldman Sachs (-1,9%) vendredi. La récente remontée des taux d'intérêts devrait avoir profité au secteur bancaire. Les vents contraires devraient être atténués par des revenus de commissions meilleurs que prévu, une qualité des actifs très favorable et une poursuite des libérations de réserves, ainsi que des rachats d'actions et des augmentations de dividendes élevés. Globalement, selon les analystes, la majeure partie des grandes banques américaines devraient dépasser les anticipations en termes de bénéfices sur le troisième trimestre.

Bénéfices attendus en hausse de 35% au 3e trimestre

Selon le consensus FactSet publié le 8 octobre, les analystes tablent sur une hausse de 27,6% des bénéfices du S&P 500 par rapport au 3e trimestre de 2020. Le chiffre d'affaires croîtrait de son côté de 14,9% au 3e trimestre par rapport à la même période de 2020.

Le cabinet d'analyse précise toutefois que compte-tenu du fait que les résultats publiés sont d'habitude plus élevés que prévu, il est raisonnable d'envisager une hausse finale des profits de 35%. Ce serait alors le 3e trimestre d'affilée où les profits bondissent de plus de 30% sur un an... Les plus fortes hausses sont attendues des secteurs de l'énergie, des matériaux de base, des services de communication et des technologiques.

VALEURS A SUIVRE

Apple (-0,06%) fait appel dans l'affaire confrontant le groupe californien à la pomme à l'éditeur du jeu Fortnite, Epic Games. Citant des représentants de l'entreprise et des documents déposés vendredi, CNBC rapporte qu'Apple a déposé un avis d'appel dans l'affaire Epic Games, demandant une suspension de l'injonction qui permet aux développeurs d'ajouter des liens intégrés vers des sites Web de paiement. Si Apple l'emporte, un changement de règle permettant potentiellement aux développeurs de contourner les frais de l'App Store de 15% à 30% pourrait ne pas entrer en vigueur tant que le processus d'appel dans l'affaire n'est pas terminé, ce qui pourrait prendre des années. Cette injonction est actuellement supposée entrer en vigueur le 9 décembre.

Walt Disney (-1,8%) fait face à des obstacles pour sortir des films en Chine au milieu de controverses politiques. Selon le Wall Street Journal, les responsables de la distribution ont déclaré que le film Marvel 'Eternals' devait sortir début novembre, mais que l'incertitude entourait sa sortie en Chine, après que la réalisatrice chinoise du film, Chloé Zhao, a récemment été critiquée pour ses commentaires concernant la Chine remontant à 2013. Une personne proche du dossier indique que Disney a soumis des films inédits aux autorités chinoises pour examen, mais n'a pas encore reçu de réponse sur plusieurs titres, dont 'Eternals'. En dehors d'Eternals', un autre film Marvel 'Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux", n'avait pas encore obtenu de sortie chinoise, tandis que l'année dernière 'Mulan' avait connu un sort similaire après les révélations concernant l'envoi d'équipes de tournage dans une province controversée et des plaintes de spectateurs à propos d'inexactitudes historiques.

Netflix (-0,89%), le géant de la vidéo en streaming, s'allie au leader américain de la grande distribution Walmart (stable) via le 'Netflix Hub at Walmart', qui établit Walmart comme LA destination Netflix pour les expériences de divertissement familial. Une source proche du dossier a précisé à Insider que Netflix allait probablement vendre des survêtements Squid Game plus tard cette année, mais qu'ils ne seraient pas lancés sur le hub. Grâce à ce nouveau partenariat entre Netflix et le groupe de l'Arkansas, Walmart offrira non seulement des produits qui concrétiseront l'imagination des créateurs de Netflix, mais les clients de Walmart et les 'superfans' de Netflix "trouveront également une nouvelle destination de divertissement passionnante".

Netflix profite par ailleurs ce jour d'une recommandation de Credit Suisse, qui vient de confirmer son conseil à 'surperformance' et de doper son objectif de cours à 740$, contre 643$ auparavant. Le broker évoque le succès de la mini-série coréenne 'Squid Game', qui devrait doper la croissance des abonnés aux troisième et quatrième trimestres. Rappelons que fort du succès de la série, le titre Netflix a atteint la semaine dernière de nouveaux sommets historiques à Wall Street pour une capitalisation boursière de 280 milliards de dollars.

Merck & Co (-0,8%) et Ridgeback annoncent ce jour la soumission d'une demande d'autorisation d'utilisation d'urgence à la FDA des États-Unis pour le molnupiravir, un médicament antiviral oral expérimental, pour le traitement du Covid-19 léger à modéré chez les adultes à risque. S'il est autorisé, le molnupiravir pourrait être le premier médicament antiviral oral pour le traitement du covid. Des soumissions aux organismes de réglementation du monde entier sont en cours.

Merck, connu sous le nom de MSD en dehors des États-Unis et du Canada, et Ridgeback Biotherapeutics, ont annoncé aujourd'hui que Merck avait soumis une demande d'autorisation d'utilisation d'urgence (EUA) à la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis pour le molnupiravir, un médicament oral expérimental médicament antiviral, pour le traitement du Covid-19 léger à modéré chez les adultes à risque d'évoluer vers un Covid-19 sévère et/ou d'être hospitalisé. Les sociétés travaillent activement avec les agences de réglementation du monde entier pour soumettre des demandes d'utilisation d'urgence ou d'autorisation de mise sur le marché dans les mois à venir.

Emerson (-2,5%) et Aspen Technology (+12,3%) ont annoncé un deal valorisé 11 milliards de dollars en vue de la création d'une nouvelle compagnie software de plus grandes échelle et capacité. Dans le cadre du deal, Emerson apportera 6 milliards de dollars en cash en échange d'une participation de 55% dans le nouvel ensemble. Les actionnaires d'Aspen Technology recevront 87$ et 0,42 titre de l'entité combinée pour chacune de leurs actions. Le deal implique OSI Inc et Geological Simulation Software, deux petites activités de l'unité automatisation d'Emerson. La nouvelle entité doit retenir le nom d'AspenTech, et sera dirigée par le CEO d'Aspen, Antonio Pietri.

Tesla (+0,8%) fait encore et toujours l'actualité. Elon Musk, le directeur général du constructeur de véhicules électriques, a annoncé durant le week-end que la nouvelle usine du groupe en Allemagne devrait sortir ses premiers modèles dès le mois prochain. Il a néanmoins indiqué qu'il faudrait sans doute plus de temps pour atteindre une production de masse. Le feu vert pour l'entrée en service de cette méga-usine du groupe près de Berlin est attendu dans les prochaines semaines, après une dernière consultation publique prévue jeudi. Samedi, le groupe de Musk célébrait sur le chantier presque terminé de l'usine berlinoise la naissance de ce nouveau site majeur de production.

Hasbro (-1,6%), géant américain du jouet, a annoncé que son président et directeur général, Brian Goldner, allait se mettre en retrait pour raisons médicales. Il est remplacé à titre provisoire par Rich Stoddart, principal administrateur indépendant. Goldner avait précédemment confié qu'il suivait un traitement médical constant depuis 2014. Stoddart était CEO de la firme marketing InnerWorkings Inc jusqu'à l'an dernier.

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