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Clôture de Wall Street : Donald Trump fait plonger la Bourse !

Clôture de Wall Street : Donald Trump fait plonger la Bourse !
Clôture de Wall Street : Donald Trump fait plonger la Bourse !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les indices boursiers américains ont sombré jeudi soir dans la dernière heure de cotations, après la signature par Donald Trump d'un décret présidentiel instaurant des barrières douanières sur 50 à 60 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis.

A la clôture, le Dow Jones s'est replié de plus de 700 points (-2,93%) retombant sous le seuil des 24.000 points, à 23.957 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 2,52% à 2.643 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a lâché 2,43% à 7.166 pts.

L'aversion au risque s'est emparée des investisseurs, déjà ébranlés par la hausse des taux de la Fed annoncée mercredi. Les obligations d'Etat et l'or ont servi de valeurs-refuges. Les valeurs chinoises cotées à New York ont bu la tasse, dont Alibaba (-5,4%) et Tencent (-5%). Facebook a rechuté de 2,6% malgré les excuses de son patron, Mark Zuckerberg, après le scandale concernent l'utilisation frauduleuse des données personnelles des abonnés du réseau social.

Offensive commerciale contre la Chine

Les marchés ont été ébranlés par l'offensive commerciale de Donald Trump, qui a donc signé jeudi un décret imposant des barrières douanières sur 50 à 60 Mds$ de produits chinois importés aux Etats-Unis. Il a estimé que l'excédent commercial de la Chine avec les Etats-Unis était "hors de contrôle", et a ajouté que l'idée de taxer les produits chinois "couvait depuis longtemps".

En revanche, au moment même Washington durcissait le ton vis-à-vis de Pékin, l'administration Trump a au contraire réduit la pression sur les autres pays, qui avaient été menacés le 9 mars de subir de lourdes taxes sur leurs exportations d'acier (25%) et d'aluminium (10%) vers les Etats-Unis.

Ainsi, l'Union européenne fera partie des pays exemptés, avec le Mexique, le Canada, l'Australie et la Corée du Sud, l'Argentine et le Brésil, a indiqué jeudi le représentant américain au Commerce (USTR) Robert Lighthizer, lors d'une audition devant le Congrès américain.

Obligations et or font office de valeurs-refuges

Sur le marché des changes, le dollar s'est stabilisé jeudi après avoir piqué du nez la veille suite aux annonces de la Fed. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence, grappillait 0,04% jeudi soir 89,81. L'euro cédait de son côté 0,23% à 1,2310$ dans les échanges interbancaires à New York.

Les obligations étaient recherchées en tant que valeurs-refuges, faisant baisser les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des prix). Le rendement des taux des bons de trésor américains (T-Bond) à 10 ans, a plongé de 6 points de base pour revenir à 2,84% alors qu'il avait culminé la veille à 2,95% en séance, avant les annonces de la Fed.

L'or, qui avait déjà bondi de 1,6% mercredi, est resté sous le feu des projecteurs jeudi. Le prix de l'once d'or a gagné 0,45% à 1.333,10$ sur le marché Comex à Chicago (contrat à terme de juin). En revanche, le pétrole a mis fin à deux séances de hausse : le cours du baril de brut WTI a corrigé jeudi de 1,33%, à 64,30$ pour le contrat à terme de mai. Le Brent de mer du nord a reculé de 0,76%, à 68,95$.

La Fed durcit un peu le ton, mais pas avant 2019...

Les annonces de Donald Trump ont quelque peu estompé les effets des annonces de la Fed, mercredi soir, qui a relevé ses taux (une décision largement anticipée) et a délivré pour l'avenir un message qui a été diversement interprété par les investisseurs. Le nouveau président de la Fed, Jerome Powell, s'est ainsi montré un peu plus ferme que son prédécesseur Janet Yellen, mais il n'a pas été jugé aussi "faucon" que certains le redoutaient.

Ainsi, la Fed n'a pas prévu de procéder à 4 hausses de taux cette année, mais reste sur l'hypothèse de trois tours de vis. Elle prévoit cependant trois autres hausses des taux en 2019, contre seulement deux anticipé jusqu'à présent...

VALEURS A SUIVRE

Les valeurs chinoises cotées à Wall Street ont bu la tasse jeudi, à l'instar d'Alibaba (-5,4%) et de Tencent (-5%). Mauvaise journée aussi pour les entreprises américaines très exposées à la Chine, et donc à d'éventuelles représailles chinoises aux barrières douanières annoncées par Donald Trump. Parmi les valeurs du Dow Jones les plus touchées figurent Boeing (-5,2%), Caterpillar (-5,7%) et 3M (-4,7%).

Les cours des valeurs sidérurgiques ont elles aussi décroché, en raison des exemptions de taxes d'importation annoncées pour la plupart des pays, malgré les menaces faites le 8 mars par Donald Trump. United States Steel a plongé de 9%, Alcoa a perdu 5%, tandis qu'AK Steel Holding (-8,7%), Nucor (-6,5%) et Century Aluminum (-17,8% !) étaient en chute libre...

Facebook est reparti en baisse, cédant 2,6%, ce qui porte son recul à plus de 10% en 4 séances. Mark Zuckerberg, patron et fondateur du réseau social s'est excusé platement après le scandale des donnés d'abonnés utilisées frauduleusement par Cambridge Analytica. Il reconnaît que Facebook "a fait des erreurs", tout en assurant que des actions pour prévenir ce type de situation ont été engagées. Zuckerberg a tenté d'expliquer les raisons de cette affaire : les données ont été récupérées en 2013 grâce à une application développée par un chercheur, Aleksandr Kogan, puis transmises à Cambridge Analytica à des fins non commerciales. Le cabinet d'analyse de "big data" aurait dû détruire ces données en 2015, mais il ne l'a pas fait. Mark Zuckerberg a dénoncé un abus de confiance majeur et a accepté l'idée d'être entendu par une commission d'enquête du Congrès américain. Des enquêtes réglementaires ont été ouvertes au Royaume-Uni (où est basé Cambridge Analytica) et aux Etats-Unis.

Tesla (-2,3%). Les actionnaires du groupe ont finalement approuvé mercredi soir le plan de rémunération controversé d'Elon Musk, PDG et fondateur du constructeur californien d'automobiles électriques. Compte-tenu des sommes en jeu, ce vote était considéré comme un test de confiance vis-à-vis d'Elon Musk, principal actionnaire de Tesla avec 20% de son capital. Le nouveau système de rémunération ne prévoit plus de salaire fixe pour le milliardaire de la Silicon Valley, mais dépendra en totalité de l'évolution du cours de Bourse et de la réalisation d'objectifs opérationnels. Sur 10 ans, Elon Musk se verra attribuer des stocks-options en 12 tranches, ce qui au cours actuel représente une rémunération de 2,6 milliards de dollars, selon Tesla. Mais si tous les objectifs sont atteints dans 10 ans, Musk pourrait alors empocher jusqu'à... 56 Mds$!

Conagra (+0,3%) a dévoilé ses comptes du troisième trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 362,8 M$ (0,90$ par action), contre 179,7 M$ (0,41$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 0,61$. Les revenus s'élèvent à 1,99 Md$, contre 1,98 Md$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,56$, pour des revenus de 2 Mds$. Sur l'exercice 2018, le groupe vise désormais un bpa compris entre 2,03 et 2,05$, contre une précédente fourchette de 1,95/2,02$.

Accenture (-7,3%) a annoncé ses résultats du second trimestre fiscal. Les bénéfices ressortent à 901,1 M$ (1,37$ par action), contre 876,7 M$ (1,33$ par action) un an avant. Le bpa ajusté s'affiche à 1,58$. Les revenus s'élèvent à 9,59 Mds$, contre 8,32 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,49$, pour des revenus de 9,3 Mds$. Sur l'exercice, le groupe vise désormais une croissance de ses revenus comprise entre 7 et 9% (contre une précédente fourchette de +6/8%), pour un bpa entre 6,61 et 6,70$ (contre une précédente fourchette de 6,48/6,66$.

Darden Restaurants (-7,9%) a révélé ses comptes du troisième trimestre fiscal. Les profits sont de 217,8 M$ (1,73$ par action), contre 165,6 M$ (1,32$ par action) un an avant. Le bpa ajusté s'affiche à 1,71$. Les ventes montent de 13,3% à 2,13 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,64$, pour des ventes de 2,15 Mds$. Les ventes "comparables" sont en croissance de 2%, contre 2,5% de consensus. Sur l'exercice, le groupe vise désormais un bpa compris entre 4,75 et 4,80$, contre une précédente fourchette de 4,70/4,78$.

Guess (+28,3%!) publie ses résultats du quatrième trimestre. Les bénéfices sont de 1 M$ (0,01$ par action), contre 6,6 M$ (0,08$ par action) un an avant. En base ajustée, le bpa ressort à 0,62$, contre 0,43$ un an plus tôt. Les revenus grimpent de 17,5% en glissement annuel, à 792,2 M$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,54$, pour des revenus de 755 M$. Sur le premier trimestre, le groupe vise une perte par action comprise entre 0,27 et 0,24$, pour des revenus en hausse de 11 à 12,5%.

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